I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 70/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:70)
Décision commentée : STSJAD 70/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:70) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par des résolutions du Conseil d'administration de la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) du 24 février 2015, confirmant une décision du 30 décembre 2014, Mme Codina a été affiliée d'office en qualité de personne exerçant une activité économique pour son propre compte. Cette affiliation courait du 1er juillet 2013 au 8 janvier 2015. La CASS réclamait à l'intéressée deux sommes : 6 775,32 EUR pour la période du 1er juillet 2013 au « 31 de novembre de 2014 » (date ainsi libellée dans la décision, le mois de novembre ne comptant pas 31 jours), et 506,98 EUR pour la période du 1er décembre 2014 au 8 janvier 2015.
Le fondement de l'affiliation était l'inscription de l'intéressée au Registre de commerce et d'industrie du Gouvernement, en qualité de titulaire du commerce dénommé « M. ». Mme Codina a saisi la juridiction compétente le 17 avril 2015. Elle soutenait avoir déclaré la cessation de l'activité au Registre du Comú d'Andorra la Vella le 7 septembre 2005, et que l'inscription au Registre du Gouvernement n'avait pu être radiée en raison d'une saisie.
Par jugement du 21 septembre 2015, le Tribunal unipersonnel du Batlle (section administrative) a fait droit à la demande et annulé les résolutions attaquées. La CASS a interjeté appel. Elle soutenait, en substance, que la présomption de l'article 19 de la Loi sur la sécurité sociale, dans sa rédaction issue de la Loi 9/2013, devait prévaloir, que la cessation de l'activité n'était définitive qu'à la date de l'inscription de la radiation au Registre de commerce et d'industrie (8 janvier 2015), et que la saisie ne pouvait exonérer la personne concernée de son obligation de diligence.
Mme Codina a conclu au rejet de l'appel. Le recours a été examiné sur conclusions écrites, l'audience orale ayant été remplacée par cette procédure. L'arrêt a été rendu le 17 mars 2016 par la Sala Administrativa du Tribunal Superior de Justicia (recours n° 93/15, numéro de protocole 2000026/2015), le magistrat Albert Andrés Pereira étant rapporteur.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions liées.
La première porte sur la nature juridique de la présomption attachée à l'inscription au Registre de commerce et d'industrie. Il s'agissait de déterminer si l'article 19 de la Loi sur la sécurité sociale établit une présomption iuris tantum, susceptible de preuve contraire, ou une présomption iuris et de iure, qui exclurait toute contestation.
La seconde concerne les conditions de la perte de la qualité d'affilié. Il fallait savoir si la cessation effective de l'activité suffit, ou si elle doit être complétée par l'inscription de la cess
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000026/2015. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 17 de març del 2016 - ROJ: STSJAD 70/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 17 mars 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: 2000026/2015 Núm. De Rotlle: TSJA-0000093/2015
SENTÈNCIA 20-2016
PARTS:
Apel·lant: Caixa Andorrana de Seguretat Social
Representant: Sra. Soriano
Advocat: Sr. Bonet
Apel·lat: Sra. Codina
Representant: Sra. Nogués
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, disset de març de dos mil setze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000026/2015.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.