I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 76/2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:76)
Décision commentée : STSJAD 76/2016, Sala Penal, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, 18 mars 2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:76) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par jugement du 27 novembre 2013, devenu définitif le 23 décembre 2013, la Tribunal de Corts a condamné Mme Agullo, comme autrice, pour deux infractions. La première est un délit majeur de lésions causées avec une arme, avec risque de mort ou de lésions plus graves pour la victime, sanctionné d'une peine d'un an de prison conditionnelle qualifiée. La seconde est un délit mineur de maltraitance dans le cadre domestique, sanctionné de six mois de prison conditionnelle qualifiée. Les deux peines étaient assorties d'une obligation de suivre un traitement médical de désintoxication alcoolique auprès de l'UCA, pour une durée de suspension de trois ans ou jusqu'à la sortie médicale éventuelle.
Par ordonnance du 23 avril 2014, confirmée le 12 septembre 2014 par le Tribunal supérieur, la suspension a été partiellement révoquée : quatre mois pour le délit majeur et deux mois pour le délit mineur. Le reliquat de la peine demeurait suspendu. Le même jour, le Tribunal de Corts a fait application d'un décret d'indult de six mois, limité à la peine du délit mineur. La condamnée a commencé à purger les quatre mois révoqués, un reliquat de huit mois restant à exécuter.
Le 19 octobre 2015, le ministère public a demandé la révocation du reliquat de la condamnation, sur le fondement de l'article 62 du Code pénal, combiné à l'article 64, paragraphes 3 et 4. Par ordonnance du 4 décembre 2015, le Tribunal de Corts a révoqué intégralement la suspension du reliquat, la condamnée devant accomplir huit mois d'emprisonnement.
La défense a formé appel, en sollicitant à titre principal le maintien de la suspension et, à titre subsidiaire, la limitation de la révocation à un mois. Elle faisait valoir que la condamnée présente un trouble de la personnalité lié à la dépendance et à l'abus d'alcool, nécessitant un suivi médical au long cours, et qu'elle se soumet aux rendez-vous programmés. Le ministère public s'est opposé au recours.
La Sala Penal du Tribunal supérieur de justice était saisie de cet appel. Elle a rejeté le recours et confirmé l'ordonnance attaquée.
Question de droit
La décision soulève, en
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 4 de desembre del 2015 dictat pel M.I. Tribunal de Corts en el marc de l'execució de la sentència dictada en la causa de referència, seguida pels delictes major de lesions causades amb arma amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima i menor de maltractament en l'àmbit domèstic, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la M. I. Sra. Marie Conte.… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 18 de març del 2016 - ROJ: STSJAD 76/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- RESULTANT: que per sentència de data 27 de novembre del 2013, esdevinguda ferma el dia 23 de desembre del 2013, es condemnà a Agullo com a responsable penalment en concepte d'autora, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, d'un delicte major de lesions causades amb arma amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, a la pena d'un any de presó condicional qualificada a seguir tractament mèdic de deshabituació a l'alcohol a l'UCA, amb un termini de suspensió de la condemna de tres anys o fins l'alta mèdica eventu… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 18 mars 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Causa: 3400132/2012 Núm. de Rotlle: TSJP-0000076/15
SENTÈNCIA 12-2016
PARTS:
Recorrent: Sra. Agullo (PRES)
Advocat: Sr. Vara
Recorregut: Mgfc. Ministeri Fiscal
M. I. Sr. Bernard Plagnet
Andorra la Vella, divuit de març del dos mil setze.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 4 de desembre del 2015 dictat pel M.I. Tribunal de Corts en el marc de l'execució de la sentència dictada en la causa de referència, seguida pels delictes major de lesions causades amb arma amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima i menor de maltractament en l'àmbit domèstic, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la M. I. Sra. Marie Conte.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que per sentència de data 27 de novembre del 2013, esdevinguda ferma el dia 23 de desembre del 2013, es condemnà a Agullo com a responsable penalment en concepte d'autora, sense la concurrència de circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, d'un delicte major de lesions causades amb arma amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, a la pena d'un any de presó condicional qualificada a seguir tractament mèdic de deshabituació a l'alcohol a l'UCA, amb un termini de suspensió de la condemna de tres anys o fins l'alta mèdica eventualment intervinguda, i d'un delicte menor de maltractament en l'àmbit domèstic, a la pena de sis mesos de presó condicional qualificada a seguir tractament mèdic de deshabituació a l'alcohol a l'UCA, amb un termini de suspensió de la condemna de tres anys o fins l'alta mèdica eventualment intervinguda i al pagament solidari de les despeses processals causades.