I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 262/2016 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 28 juillet 2016)
Décision commentée : Juridiction andorrane, Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, STSJAD 262/2016, 28 juillet 2016 (ECLI:AD:TSJADAD:2016:262, recours n° 26/16) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une assurée, Mme Romeu, s'est vu refuser par la Caisse andorrane de sécurité sociale (CASS) le bénéfice d'une pension d'invalidité pour maladie commune. Par des décisions du 16 avril 2013, confirmées sur recours gracieux le 27 mai 2013 par le Conseil d'administration, la CASS a suspendu le versement des prestations pour incapacité temporaire et a refusé la pension d'invalidité, au motif que les pathologies de l'intéressée réduisaient sa capacité de gain de moins de 60 %.
Mme Romeu a saisi la juridiction administrative. Par jugement du 22 janvier 2016, le Tribunal unipersonnel du Batlle (section administrative) a rejeté sa demande. Elle a interjeté appel en soutenant, en substance, que les conditions d'octroi d'une pension d'invalidité de catégorie A, groupe 3, étaient réunies ; que le préjudice résultant du lupus érythémateux systémique, des séquelles du genou droit et du genou gauche ainsi que des séquelles neurologiques n'avait pas été évalué ; et que, selon l'annexe 1 du règlement relatif aux prestations d'invalidité, il convenait de majorer le taux d'IPP de 7,5 % en raison des circonstances personnelles.
La CASS s'est opposée à l'appel. Elle a fait valoir que les pathologies étaient consolidées à la date de la consolidation médicale, que le barème retenu prend en compte les conséquences fonctionnelles objectivables et non les maladies en elles-mêmes, que le taux de 50 % n'était pas atteint, et que, à titre subsidiaire, l'âge (46 ans non atteints) et la formation (certificat d'études) ne justifiaient qu'une majoration limitée.
Une demande de mesure probatoire formée par l'appelante a été rejetée par ordonnance du 22 avril 2016. Lors de l'audience, les parties ont développé leurs observations. La juridiction était composée de trois magistrats, dont M. Albert Andrés Pereira, rapporteur.
Question de droit
La décision pose une question de droit classique en matière d'invalidité : les allégations de l'appelante sont-elles de nature à remettre en cause l'évaluation pericial du taux d'invalidité et, partant, la conclusion selon laquelle le seuil de 60 % de réduction de la capacité de gain, exigé par l'article 166 de la Llei de la seguretat social, n'est pas atteint ?
Cette question implique deux sous-questions :
- La valeur probatoire de l'expertise judiciaire. La Sala rappelle que, si les juges ne sont pas liés par le résultat d'une expertise (article 47 de la Llei de la jurisdicció administrativa i fiscal), celle-ci constitue un élément d'appréciation d'une particulière import
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1100056/2013. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 28 de juliol del 2016 - ROJ: STSJAD 262/2016 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 28 juillet 2016 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: 1100056/2013 Núm. De Rotlle: TSJA-0000026/2016
SENTÈNCIA 53-2016
PARTS:
Apel·lant: Sra. Romeu
Representant: ídem
Advocat: Sr. Martin
Apel·lat: CAIXA ANDORRANA DE SEGURETAT SOCIAL (CASS)
Representant: Sra. Vendrell
Advocada: Sr. Duque
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, vint-i-vuit de juliol de dos mil setze.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1100056/2013.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.