STSJAD ANDORRA, a 30 de gener del 2017 - ROJ: STSJAD 28/2017
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé30 janvier 2017
Numéro48/16
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 28/2017 (ROJ) : application répétée d'un décret d'indult en exécution d'une ordonnance pénale
> Décision commentée : STSJAD 28/2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:28) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par ordonnance pénale devenue ferme et exécutoire, faute d'opposition des parties, M. Suárez a été condamné pour plusieurs infractions de faible gravité : trois délits mineurs de lésions dolosives nécessitant une assistance médicale, un délit mineur continué de mauvais traitements dans le cadre domestique et un délit mineur continué de menaces non conditionnelles réitérées à l'encontre de son épouse, Mme Catalá. Les peines prononcées comprenaient des arrêts nocturnes conditionnels, des peines de prison conditionnelles assorties d'une interdiction de contact avec la victime et un suivi médical de désintoxication alcoolique.
Au stade de l'exécution, deux décisions successives ont révoqué partiellement le sursis : une première, par ordonnance de 7 octobre 2013 et une seconde, du 5 janvier 2014, ont fixé le terme de l'exécution à quatorze mois de prison et deux mois d'arrêts nocturnes fermes. Par ordonnance du 13 août 2014, un décret d'indult des Coprinces, daté du 1er août 2014 et entré en vigueur le 13 août 2014, a été appliqué au condamné pour la peine alors visée.
Par ordonnance du 4 août 2016, le juge de l'exécution (Batlle en funcions d'execució) a révoqué totalement deux peines d'arrêts nocturnes conditionnels (fixant l'exécution à quatre mois d'arrêts nocturnes fermes) et a appliqué à nouveau le décret d'indult à la même peine. Le ministère public a interjeté appel en sollicitant la révocation partielle de cette décision, au motif que l'indult avait déjà été appliqué à la même condamnation et qu'il convenait d'en faire une application stricte et non extensive. La défense de Suárez a conclu au rejet du recours, invoquant l'applicabilité de l'indult et l'absence d'avertissement ou de rapport constatant le non-respect du suivi médical. La représentation de Mme Catalá n'a pas comparu dans le délai légal.
La Sala Penal du Tribunal superior de justícia (TSJ) d'Andorre, composée des magistrats Yves Picod (rapporteur), Marie Conte et Fátima Ramírez Souto, était saisie de l'appel (recours n° 48/16).
*Observation sur la source* : l'ordonnance pénale initiale est datée du 21 août 2016 dans les antécédents I, alors que les antécédents III et les motifs la datent du 21 août 2013 ; l'intitulé du recours porte la mention « 48/16 ». Le texte ne permet pas de trancher cette discordance, qui n'affecte toutefois pas le raisonnement de la Cour.
## Question de droit
Le problème posé était double :
1. Un décret d'indult, appliqué une première fois à une condamnation dans le cadre de l'exécution, peut-il l'être de nouveau à la suite d'une révocation ultérieure d'une partie de cette même condamnation ?
2. Le suivi d'un traitement médical de désintoxication par le condamné suffit-il à justifier une dispense d'exécution de la peine ?
## Solution et dispositif
La Cour accueille l'appel du ministère public. Elle rappelle, au premier considérant, que « l'application du décret d'indult doit être stricte, compte tenu du caractère exceptionnel de cette mesure », en renvoyant à son arrêt n° 63-2014 du 5 novembre 2014 (cité dans la décision, non reproduit). Elle en déduit que l'indult s'applique à une condamnation et non à une peine ou à plusieurs peines distinctes. La condamnation prononcée par le juge d'instruction avait
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 30 de gener del 2017 - ROJ: STSJAD 28/2017
STSJAD 28/2017 (ROJ) : application répétée d'un décret d'indult en exécution d'une ordonnance pénale
Par ordonnance pénale devenue ferme et exécutoire, faute d'opposition des parties, M. Suárez a été condamné pour plusieurs infractions de faible gravité : trois délits mineurs de lésions dolosives nécessitant une assistance médicale, un délit mineur continué de mauvais traitements dans le cadre domestique et un délit mineur continué de menaces non conditionnelles réitérées à l'encontre de son épouse, Mme Catalá. Les peines prononcées comprenaient des arrêts nocturnes conditionnels, des peines de prison conditionnelles assorties d'une interdiction de contact avec la victime et un suivi médical de désintoxication alcoolique.
Au stade de l'exécution, deux décisions successives ont révoqué partiellement le sursis : une première, par ordonnance de 7 octobre 2013 et une seconde, du 5 janvier 2014, ont fixé le terme de l'exécution à quatorze mois de prison et deux mois d'arrêts nocturnes fermes. Par ordonnance du 13 août 2014, un décret d'indult des Coprinces, daté du 1er août 2014 et entré en vigueur le 13 août 2014, a été appliqué au condamné pour la peine alors visée.
Par ordonnance du 4 août 2016, le juge de l'exécution (Batlle en funcions d'execució) a révoqué totalement deux peines d'arrêts nocturnes conditionnels (fixant l'exécution à quatre mois d'arrêts nocturnes fermes) et a appliqué à nouveau le décret d'indult à la même peine. Le ministère public a interjeté appel en sollicitant la révocation partielle de cette décision, au motif que l'indult avait déjà été appliqué à la même condamnation et qu'il convenait d'en faire une application stricte et non extensive. La défense de Suárez a conclu au rejet du recours, invoquant l'applicabilité de l'indult et l'absence d'avertissement ou de rapport constatant le non-respect du suivi médical. La représentation de Mme Catalá n'a pas comparu dans le délai légal.
La Sala Penal du Tribunal superior de justícia (TSJ) d'Andorre, composée des magistrats Yves Picod (rapporteur), Marie Conte et Fátima Ramírez Souto, était saisie de l'appel (recours n° 48/16).
Observation sur la source : l'ordonnance pénale initiale est datée du 21 août 2016 dans les antécédents I, alors que les antécédents III et les motifs la datent du 21 août 2013 ; l'intitulé du recours porte la mention « 48/16 ». Le texte ne permet pas de trancher cette discordance, qui n'affecte toutefois pas le raisonnement de la Cour.
Question de droit
Le problème posé était double :
Un décret d'indult, appliqué une première fois à une condamnation dans le cadre de l'exécution, peut-il l'être de nouveau à la suite d'une révocation ultérieure d'une partie de cette même condamnation ?
Le suivi d'un traitement médical de désintoxication par le condamné suffit-il à justifier une dispense d'exécution de la peine ?
Solution et dispositif
La Cour accueille l'appel du ministère public. Elle rappelle, au premier considérant, que « l'application du décret d'indult doit être stricte, compte tenu du caractère exceptionnel de cette mesure », en renvoyant à son arrêt n° 63-2014 du 5 novembre 2014 (cité dans la décision, non reproduit). Elle en déduit que l'indult s'applique à une condamnation et non à une peine ou à plusieurs peines distinctes. La condamnation prononcée par le juge d'instruction avait
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Penal
Núm. de Causa: 4870187/2013 Núm. de Rotlle: TSJP-0000048/16
Andorra la Vella, trenta de gener de dos mil disset.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 4 d'agost de 2016 dictat per l'Hble. Batlle en el marc de l'execució de l'ordenança penal dictada en la causa de referència, seguida pels menors de lesions doloses que requereixen d'assistència mèdica per a la seva curació, menor continuat de maltractaments en l'àmbit domèstic i menor continuat d'amenaces no condicionals efectuades reiteradament i prop de la seva esposa, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent el M. I. Sr. Yves Picod.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 48/16 — Décision commentée
I.- RESULTANT: que per ordenança penal dictada en data 21 d'agost de 2016 per l'Hble. Batlle en funcions de guàrdia es condemnà a Suárez com autor responsable de:
tres delictes menors de lesions doloses que requereixen d'assistència mèdica per la seva curació, imposant-li la pena de dos mesos d'arrest nocturn condicional qualificat a seguiment de tractament mèdic per deshabituació a l'alcohol, amb un termini de suspensió de la pena de dos anys per cada una d'elles;
un delicte menor continuat de maltractaments en l'àmbit domèstic, imposant-li la pena de sis mesos de presó condicional qualificada a l'abstenció d'entrar en contacte amb Catalá i al seguiment de tractament mèdic per deshabituació a l'alcohol, amb un termini de suspensió de la pena de 4 anys, i la pena complementària d'abstenció d'entrar en contacte amb la perjudicada per un termini de 3 anys;
un delicte menor continuat d'amenaces no condicionals efectuades reiteradament i prop de la seva esposa, a la pena de vuit mesos de presó condicional qualificada a l'abstenció d'entrar en contacte amb la perjudicada i al seguiment de tractament mèdic per deshabituació a l'alcohol, amb un termini de suspensió de la pena de 4 anys i la pena complementària d'abstenció d'entrar en contacte amb la perjudicada per un termini de 3 anys.
Dita ordenança penal va esdevenir ferma i executòria en no formular- hi oposició cap de les parts.
II.- RESULTANT: que en el marc de l'execució de la present causa, per aute de 7 d'octubre de 2013 i per aute de data 5 de gener de 2014 s'acordà revocar la condemna condicional de 14 mesos de presó condicional i dos mesos d'arrest nocturn condicional, fixant el termini de compliment en catorze mesos de presó i dos mesos d'arrest nocturn ferms.
D'altra banda, per aute de 13 d'agost de 2014 es va fer aplicació sobre el condemnat el Decret d'Indult de SS.EE. els Coprínceps d'Andorra, de data 1 d'agost de 2014 i que entrà en vigor el posterior dia 13 d'agost de 2014, pel que fa a la pena imposada ans referida.
III.- RESULTANT: que per aute de 4 d'agost de 2016 l'Hble. Batlle en funcions d'execució acordà, entre altres, d'una banda revocar totalment la condemna imposada a Suárez de dos mesos d'arrest nocturn condicional qualificats per a cadascun dels dos delictes menors de lesions doloses que requereixen assistència mèdica per a la seva curació, imposats mitjançant Ordenança Penal de data 21 d'agost del 2013, fixant-se el termini de compliment de dites penes en un total de quatre mesos d'arrest nocturn ferm; i d'altra banda, fer aplicació pel que fa a la mateixa pena imposada del Decret d'Indult de SS.EE. els Coprínceps d'Andorra de data 1 d'agost de 2014.
IV.- RESULTANT: que el Mgfc. Ministeri Fiscal formula recurs d'apel·lació contra dit aute, tot sol·licitant la seva revocació parcial en el sentit que no es faci nova aplicació de l'indult a Suárez, havent de complir el condemnat el ròssec de la pena revocada per l'Aute objecte de recurs.
Sosté que la condemna imposada per l'ordenança penal de data 21 d'agost de 2013 ja fou objecte d'una anterior revocació a la qual ja li fou d'aplicació l'indult de data 1 d'agost de 2014 en tota la seva extensió i que és necessari efectuar una aplicació estricta i no extensiva del Decret d'indult.
V.- RESULTANT: que la defensa de Suárez s'oposa al recurs formulat, tot demanant-ne la seva desestimació i confirmació de la resolució recorreguda, bé per considerar que li ha de ser d'aplicació l'indult, bé per estimar que no hi va haver cap advertència a l'efecte ni cap informe on consti l'incompliment del seu defensat del tractament mèdic per a la deshabituació a l'alcohol, circumstàncies que impedeixen la revocació del ròssec de quatre mesos d'arrest nocturn condicional.
V.- RESULTANT: que la representació lletrada de la Sra. Catalá no ha comparegut davant la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia, en el termini legalment establert.
FONAMENTS DE DRET
I.- CONSIDERANT: que l'aplicació del Decret d'indult ha d'ésser estricta, compte tingut el caràcter excepcional d'aquesta mesura (veure aute núm. 63-2014 de 5 de novembre de 2014). Cal considerar que l'indult s'aplica a una condemna i no a una pena o vàries penes. En aquest sentit, la condemna que pronuncia el Batlle instructor ja fou objecte d'una altra revocació parcial per l'aute de 13 d'agost de 2014 a la qual ja se li feu aplicació de l'indult d'1 d'agost de 2014 en tota la seva extensió.
No es pot fer una nova aplicació de l'indult havent-se beneficiat el condemnat d'aquesta mesura per 6 mesos en relació als 4 mesos de presó ferma que li quedaven per complir quan es va decretar l'indult, així com els dos mesos d'arrest nocturn condicional revocats anteriorment en la present causa.
En conseqüència, li resta per complir al condemnat Suárez un ròssec de 4 mesos d'arrest nocturn condicional qualificat a seguir un tractament mèdic de deshabituació a l'alcohol amb un termini de suspensió de pena de dos anys que ha fet l'objecte de revocació mitjançant l'aute apel·lat al qual no se li pot aplicar de manera reiterada l'indult, tota vegada que aquesta mesura excepcional ja va ser aplicada al condemnat en el marc de la present execució de condemna.
II.- CONSIDERANT: que el fet que eventualment hagi seguit un tractament no justifica una dispensa d'execució de la pena donat que no ha satisfet la condició essencial de no reiterar els fets.
III.- CONSIDERANT: que, en aquestes condicions, cal revocar l'aute recorregut i dir que no hi ha lloc a l'aplicació de l'indult en els termes esmentats en la present resolució.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
DECISIÓ
La Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
1.- Estimar el recurs interposat pel Mgfc. Ministeri Fiscal.
2.- Revocar l'aute dictat per l'Hble. Batlle en funcions d'execució en data 4 d'agost de 2016 en la causa de referència en el sentit de no fer nova aplicació de l'indult al condemnat Suárez, havent de complir aquest el ròssec de la pena revocada per l'aute de 4 d'agost de 2016.
3.- Declarar d'ofici les despeses processals causades pel recurs. Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que, una vegada notificada la present sentència a totes les parts, es retorni la causa a l'Hble. Batllia, amb certificació de la present sentència, per al seu compliment i execució.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.