Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 26 avril 2017 (ROJ : STSJAD 135/2017)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 26 avril 2017, ROJ STSJAD 135/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:135, recours n° 499/2016 (Lire sur source officielle)
Note de rédaction : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus a été reconstituée à partir des seules mentions figurant dans le texte intégral. La décision est rédigée en catalan ; les citations sont données en traduction française, établie pour la présente fiche.
Faits et procédure
Une salariée, Mme Ropero, a saisi le juge de la juridiction laborale d'une demande dirigée contre la société Arnau, S.L., le 4 septembre 2013. Elle réclamait le paiement de salaires impayés pour un montant net de 5 707,61 euros, les intérêts légaux, ainsi que l'ensemble des dépens, y compris les honoraires d'avocat et de procureur.
La société défenderesse a opposé une exception de prescription portant sur les salaires antérieurs au 4 septembre 2012, et a contesté au fond l'existence de tout lien de travail. Elle soutenait avoir accepté de déclarer la salariée auprès de la sécurité sociale (CASS) par complaisance, sans que celle-ci ait réellement travaillé pour elle.
Par jugement du 15 juin 2016, le Tribunal unipersonnal del Batlle a retenu l'existence d'une relation de travail, celle-ci n'ayant pas été contestée en appel. Il a fait application de la prescription annale prévue par l'article 8 du Codi de relacions laborals (Llei 35/2008), ne retenant que les mensualités de septembre et octubre 2012. La société a été condamnée au paiement de 1 768,10 euros (1 144,92 et 623,18 euros nets), avec intérêts légaux. Le premier juge a en revanche décidé de ne prononcer « aucune condamnation spéciale aux dépens ».
La salariée a interjeté appel, ce recours ne portant que sur la question des dépens. Elle demandait que la société soit condamnée aux dépens de première instance, et aux dépens d'appel. La société a conclu au rejet du recours, avec condamnation de l'appelante aux dépens.
Question de droit
La question posée était la suivante : lorsqu'un salarié n'obtient que partiellement satisfaction en matière de salaires impayés, le juge peut-il s'abstenir de mettre les dépens à la charge de l'employeur et répartir les frais par moitié, alors que le lien de travail n'est pas contesté en appel et que la limitation de la condamnation résulte de la seule prescription ?
La Sala Civil devait ainsi articuler deux éléments : le principe jurisprudentiel selon lequel, en matière laborale, les dépens incombent à l'employeur même en cas d'estimation partielle, et le pouvoir d'appréciation du juge tiré de l'équité et des circonstances de l'espèce.
Solution et dispositif
La Sala estime le recours. Elle considère que le partage des dépens opéré en première instance ne respecte pas les principes applicables en matière de travail. Elle relève que la solution retenue par la jurisprudence andorrane, et en particulier par la Sala Civil, est que, « même en cas d'estimation partielle, les dépens doivent être imposés à l'employeur ». Elle en justifie le fondement par la situation de dépendance économique du salarié, contraint d'agir en justice pour obtenir l'exécution d'obligations essentielles de l'employ
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000499/2016 ORIGEN: 2001339/2013 - 00
NIG: 5300542120150001334
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 26 d'abril del 2017.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit de data del registre del 04-09-2013, la representació processal de la Sra. Ropero va presentar demanda laboral contra la societat Arnau, demanant que se la condemnés a satisfer-li la suma neta total de 5.707,61.-euros en concepte de salaris impagats, al pagament dels interessos legals corresponents, així com al pagament de totes les costes judicials inclosos els honoraris d'advocat i de procurador.
II.- La representació processal de la societat Arnau es va oposar a la demanda formulant una excepció peremptòria de prescripció dels salaris anteriors al 04-09-2012 i sobre el fons fent valer que no existia cap relació laboral.