I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 159/2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:159)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 20 avril 2017, STSJAD 159/2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:159) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
M. Alcalá bénéficiait d'une subvention périodique au loyer accordée par résolution ministérielle du 6 novembre 2013. Il sollicitait le paiement de cette aide pour les mois de mai, juin, juillet et août 2014. Le Govern d'Andorre a opposé à cette demande une décision tacite de rejet, née du silence de l'administration.
Par jugement du 3 octobre 2016, le Tribunal de Batlles a rejeté la demande de l'intéressé. Celui-ci a interjeté appel le 1er décembre 2016, en soutenant qu'un « léger manquement partiel » résultait d'une situation de force majeure, liée à la réduction de sa pension de retraite par la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS). Le Govern a conclu au rejet de l'appel. Il a soulevé plusieurs moyens : la tardiveté du recours de première instance ; le fait que la demande n'avait pas été rejetée par silence, une résolution ayant été remise au service des formalités le 5 mai 2015 ; l'absence de pièces justificatives pour le quatrième trimestre ; et l'inapplicabilité de la force majeure.
La Sala Administrativa du Tribunal Superior de Justícia a été saisie de l'appel sur le fond, le Govern n'ayant pas formé d'appel incident. Le juge rapporteur était M. Bernard Plagnet.
Deux points de la chronologie méritent d'être relevés. D'une part, la décision indique que la demande a été déclarée irrecevable (« no admetre a tràmit ») par une résolution du 28 avril 2015, au motif que les justificatifs du dernier trimestre subventionné n'avaient pas été présentés « en temps et forme ». D'autre part, le texte ne précise pas la date exacte de la décision tacite attaquée (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée au juge d'appel était de savoir si la survenance, pour le bénéficiaire d'une aide au loyer, d'une baisse de ressources imputable à un organisme de sécurité sociale constitue une force majeure de nature à l'exonérer de l'obligation de communiquer, dans un délai de trente jours, toute modification de sa situation. La réponse conditionnait la légalité de l'extinction de l'aide prévue par l'article 28 e) du Reglament, pour « omission de communication ».
Le juge devait également se prononcer, de manière implicite, sur la portée du moyen tiré de la tardiveté du recours, invoqué par le Govern en première instance et ré
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000052/2015. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 20 d'abril del 2017 - ROJ: STSJAD 159/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat M.I. Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa, del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 20 avril 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Administrativa
Núm. de Protocol: 1000052/2015 Núm. Rotlle: TSJA-0000121/2016
SENTÈNCIA 29-2017
PARTS:
Apel·lant: Sr. Alcalá
Representant: Ídem
Advocat: Sr. Amador
Apel·lat: GOVERN D'ANDORRA
Representant: Sr. Pulido
Advocada: Sra. Bernat
M. I. Sra. Marie Conte
Andorra la Vella, vint d'abril de dos mil disset.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000052/2015.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat M.I. Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.