I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (STSJAD 263/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:263)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (STSJAD 263/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:263) (Lire sur source officielle)
Juridiction : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil Date : 29 juin 2017 Numéro de recours : 363/16 (titre : exequatur, TSJC 363/2016) Magistrat rapporteur : Joan Manel Abril Campoy Formation : Joan Manel Abril Campoy, Eulàlia Amat Llari, Vincent Anière Type de résolution : Sentence
Faits et procédure
Le requérant, M. Hoyos, et la société Nuñez ont introduit, le 26 juillet 2016, une demande d'exequatur en Andorre d'un jugement rendu le 7 avril 2011 par le Juzgado de Primera Instancia núm. 1 de Martorell (Espagne), à l'encontre de Mme Somoza.
Mme Somoza s'est opposée à la demande par un écrit de contestation du 27 octobre 2016. Le ministère public a d'abord déclaré, dans un rapport du 14 octobre 2016, ne pas s'opposer à la demande, position qu'il a réitérée le 27 avril 2017. Après les répliques et dupliques, les parties ont produit leurs conclusions les 26 avril et 11 mai 2017, la preuve proposée ayant été admise et administrée.
Les faits pertinents, tels que relevés par la Cour, concernent la régularité de la procédure suivie en Espagne. L'acte de convocation à la contestation de la demande a été adressé à Mme Somoza par voie postale avec accusé de réception, à une adresse située à l'étranger. Le pli n'a pas été remis à la destinataire, qui était absente. Deux jours plus tard, le 13 octobre 2010, l'acte a été adressé par le même moyen à une tierce personne, sans que la relation de celle-ci avec la destinataire ni son obligation de lui remettre les documents ne soient mentionnées. Enfin, la sentence a été notifiée par voie d'édits et non personnellement, alors même que la Cour relève que la notification personnelle était requise en cas de défaut.
Il n'est pas précisé dans la décision (non précisé dans la décision) la nationalité espagnole ou andorrane de la défenderesse au moment de la procédure espagnole, ni la date exacte de l'accusé de réception, ni le contenu complet de l'acte de convocation.
Question de droit
La question posée à la Cour est double. Il s'agit, d'une part, de déterminer le cadre normatif applicable à la reconnaissance et à l'exécution en Andorre d'une décision civile étrangère. Il s'agit, d'autre part, de savoir si la signification de l'acte introductif, effectuée à l'étranger par voie postale, peut être regardée comme régulière au regard de l'ordre juridique andorran lorsque ni convention internationale en vigueur ni commission rogatoire internationale n'ont été mises en œuvre.
La Cour examine successivement les instruments susceptibles de s'appliquer. Elle relève que l'Andorre n'a pas
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 29 de juny del 2017 - ROJ: STSJAD 263/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal del Sr. Hoyos i de la mercantil Nuñez va interposar demanda d'exequàtur, en data 26-07-2016, de la sentència de 7- 04-2011 dictada pel Jutjat de Primera Instància núm. 1 de Martorell. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 29 juin 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC.- 0000363/2016
EXEQUATUR
NIG: 5300531120160000018
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 29 de juny del 2017.
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Hoyos i de la mercantil Nuñez va interposar demanda d'exequàtur, en data 26-07-2016, de la sentència de 7- 04-2011 dictada pel Jutjat de Primera Instància núm. 1 de Martorell.
II.- La representació processal de la Sra. Somoza va oposar-se a la demanda d'exequàtur, mitjançant escrit de contesta de data 27-10-2016.
III.- El Ministeri Fiscal va emetre informe de data 14-10-2016 en virtut del qual no s'oposava a la demanda d'exequàtur.