I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD n° 303/2017, 29 juin 2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:303)
Décision commentée : STSJAD n° 303/2017, Civil, 29 juin 2017, recours n° 19/17 (ROJ STSJAD 303/2017 ; ECLI:AD:TSJADAD:2017:303) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le demandeur, M. Ruiz, avait souscrit le 20 juin 2008 une police d'assurance automobile « à tous risques » couvrant un véhicule dont son fils était propriétaire. Le 16 juillet 2011, le véhicule, stationné en Italie (localité désignée par une initiale dans la décision), a fait l'objet d'un acte de vandalisme.
Le 24 octobre 2012, l'assuré a assigné la compagnie d'assurances « Salamanca » en paiement de la facture de réparation, de frais de transfert du véhicule de Florence à Cannes et de dommages-intérêts, avec intérêts légaux et dépens. La défenderesse a opposé la prescription de l'action.
Par jugement du 7 décembre 2016, le Tribunal de batlles a fait droit à la demande à hauteur de 20 825,10 euros, en prenant en compte les frais de réparation et la TVA non recouvrable, et a rejeté la demande relative au transfert du véhicule. La compagnie a interjeté appel. La Sala Civil du Tribunal supérieur de justice d'Andorre a été saisie de l'appel, dans lequel la compagnie demandait la révocation du jugement, tandis que l'intimé concluait à son confirmation et à la condamnation de l'appelante aux dépens.
La juridiction d'appel était composée de MM. Joan Manel Abril Campoy (président), Yves Picod (magistrat rapporteur) et Carles Cruz Moratones.
Question de droit
Trois questions étaient soumises à la Cour :
- La prescription : l'action était-elle éteinte par l'effet d'un délai contractuel d'un an, stipulé au paragraphe 31 des conditions générales, et les actes interruptifs produits suffisaient-ils à interrompre ce délai ?
- L'exécution en dehors de la Principauté : l'assureur pouvait-il refuser le remboursement d'une réparation effectuée à l'étranger, alors que le contrat ne l'interdisait pas expressément ?
- **L'évaluation du préjudice
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Yves Picod i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 29 de juny del 2017 - ROJ: STSJAD 303/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- La representació processal del Sr. Ruiz va interposar demanda, de data 24-10-2012, envers la companyia d'Salamanca, segons la qual sol·licitava la condemna de la defenent a la satisfacció de la suma de 21.801,82 euros, corresponent a la factura de reparació del vehicle del seu patrocinat, augmentada dels interessos legals corresponents; la suma de mil cinc-cents euros (1.500.- EUROS) derivat del cost del trasllat del vehicle que ens ocupa des de Florència (Itàlia) a Cannes (França), també augmentada dels mateixos interessos legals; així com també al pagament de la indem… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 29 juin 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC.- 0000019/2017 ORIGEN: 3100627/2012 - 00
NIG: 5300542120150001095
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 29 de juny del 2017
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Yves Picod i M.I. Sr. Carles Cruz Moratones ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- La representació processal del Sr. Ruiz va interposar demanda, de data 24-10-2012, envers la companyia d'Salamanca, segons la qual sol·licitava la condemna de la defenent a la satisfacció de la suma de 21.801,82 euros, corresponent a la factura de reparació del vehicle del seu patrocinat, augmentada dels interessos legals corresponents; la suma de mil cinc-cents euros (1.500.- EUROS) derivat del cost del trasllat del vehicle que ens ocupa des de Florència (Itàlia) a Cannes (França), també augmentada dels mateixos interessos legals; així com també al pagament de la indemnització per danys i perjudicis que resultin acreditats a les actuacions, juntament amb els interessos legals produïts d'ençà la data de contesta a la demanda i fins que sigui íntegrament satisfeta, més les costes judicials, inclosos els honoraris d'advocat i procurador d'aquesta part.
La representació processal de la part defenent per escrit de 05-12-2012 va articular contesta a la demanda amb oposició a aquesta en interessar prosperés l'excepció peremptòria de prescripció de l'acció exercitada de contrari i, de no ser així, s'hi resistia pels motius esgrimits en el cos del present escrit d'al·legacions.