I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 424/2017 (ECLI:AD:TSJADAD:2017:424)
Décision commentée : STSJAD 424/2017, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2017, recours n° 299/17 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral (ROJ STSJAD 424/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:424) a été retenue.
Faits et procédure
La société Sancho avait conclu avec la société Tejada un contrat d'entreprise portant sur des travaux de canalisation dans la paroisse d'Ordino, pour un montant de 16 054,93 euros. Une première certification de 2 696,31 euros étant demeurée impayée, Sancho a résilié unilatéralement le contrat par lettre du 12 mai 2014, puis a adressé à Tejada une mise en demeure de payer 5 003,85 euros au titre de dommages et intérêts (décision, fondement n° 1).
Sancho a saisi la justice d'une première demande, le 6 février 2015, tendant au paiement de cette somme, qui comprenait la certification impayée et 2 307,54 euros de bénéfice industriel non réalisé. Par jugement du 10 mars 2016, le Batlle a partiellement accueilli la demande : il a condamné Tejada à payer 2 723,01 euros, correspondant à la certification et aux frais extraprocessuels, mais a rejeté la demande d'indemnisation du lucre cessant (2 137,40 euros). Le rejet était motivé par la production tardive du rapport d'expertise, lequel avait été versé pendant la phase probatoire, empêchant la partie adverse de le contredire (décision, fondement n° 2).
Le 28 avril 2016, Sancho a formé une seconde demande contre Tejada, limitée au bénéfice industriel non perçu (2 045,36 euros), en s'appuyant sur un rapport d'expertise daté du 5 décembre 2014. Tejada a soulevé à titre préalable l'exception de chose jugée. Par sentence du 23 mai 2017, le Batlle a accueilli l'exception, rejeté l'intégralité de la demande et condamné Sancho aux dépens.
Sancho a interjeté appel, en soutenant une erreur d'appréciation de la preuve, l'absence de chose jugée faute d'identité de cause, et une condamnation injustifiée aux dépens pour temérité. La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia a rejeté l'appel et confirmé la sentence.
Question de droit
La question centrale était de savoir si une seconde action en paiement, fondée sur les mêmes faits contractuels et tendant à obtenir le même chef de préjudice déjà rejeté, se heurtait à l'autorité de la chose jugée lorsque le demandeur produisait, à l'appui de la seconde instance, le
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 22 de desembre del 2017 - ROJ: STSJAD 424/2017 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per escrit presentat en data 28 d'abril de 2016, la representació processal de la societat Sancho formulava demanda contra Tejada mitjançant la qual, i després d'exposar la relació fàctica i la fonamentació jurídica que entenia d'aplicació al cas, demanava de dictar sentència d'acord amb els següents pronunciaments: »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. President de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 22 décembre 2017 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC.- 0000299/2017 ORIGEN: 4000148/2016 - 00
NIG: 5300542120160001144
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, 22 de desembre del 2017
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit presentat en data 28 d'abril de 2016, la representació processal de la societat Sancho formulava demanda contra Tejada mitjançant la qual, i després d'exposar la relació fàctica i la fonamentació jurídica que entenia d'aplicació al cas, demanava de dictar sentència d'acord amb els següents pronunciaments:
"condemnant al demandat a satisfer a la nostra representada l'import de DOS MIL QUARANTA CINC EUROS AMB TRENTA-SIS CÈNTIMS D'EURO (2.045,36 Eur) en concepte del benefici industrial deixat de percebre de la obra en qüestió més una altra quantitat a determinar prudencialment per VVHHSS en concepte d'interessos legals, costes processals intrínseques i extrínseques del plet, inclosos els honoraris d'advocat, procurador i eventuals perits d'aquesta part que seran degudament acreditats en període d'execució de sentència."