Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), 22 décembre 2017, ROJ STSJAD 437/2017
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 décembre 2017, ROJ STSJAD 437/2017, ECLI:AD:TSJADAD:2017:437, recours n° 375/17 (Lire sur source officielle)
Note éditoriale : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le titre de la décision a été retenue.
Faits et procédure
La Comunitat de Propietaris de la Urbanització « A » a assigné Mme Mercader devant la Batllia d'Andorre le 1er avril 2016 en paiement de charges de copropriété impayées afférentes à un logement qu'elle possède à Sispony (La Massana). Le montant réclamé s'élevait à 3 653,90 EUR, avec intérêts et charges échues postérieurement. Le demandeur sollicitait en outre, sur le fondement de l'article 34.7 de la Llei de propietat horitzontal (LPH), un embargo préventif sur le bien, qui a été ordonné par ordonnance du 14 avril 2016. Le notariat a été avisé de cette mesure, qui fait obstacle à toute vente, cession ou charge sans autorisation de la Batllia. Il ressort de la décision que le bien est par ailleurs grevé de deux hypothèques au profit d'un établissement bancaire.
En défense, Mme Mercader reconnaissait devoir une partie des sommes réclamées. Elle soutenait toutefois que la copropriété ne lui avait pas remis les factures qui lui auraient permis de déduire, pour son activité commerciale, les dépenses correspondantes au titre de l'impôt général indirect (IGI), à la suite de l'entrée en vigueur du règlement de l'IGI le 2 juillet 2014. Elle invoquait également des difficultés avec la copropriété (abattage d'arbres, véhicule endommagé, différends avec le président) et sollicitait une condamnation aux dépens fondée sur la mauvaise foi de la partie adverse.
Par jugement du 8 mai 2017, le Batlle a accueilli majoritairement la demande et condamné la défenderesse au paiement de 3 567,30 EUR, augmentés des intérêts légaux courant depuis la date de la contestation (5 juillet 2016), ainsi que des quotes échues postérieurement, et aux dépens. Mme Mercader a interjeté appel en demandant la révocation du jugement en ce qu'il la condamne aux dépens des deux instances.
Question de droit
La Sala Civil était saisie de deux questions principales.
En premier lieu, le défaut de paiement de charges de copropriété peut-il être justifié par le refus allégué du syndicat de communiquer des pièces comptables utiles au copropriétaire pour ses besoins fiscaux, ou par l'existence de relations conflictuelles avec la copropriété ?
En second lieu, la procédure spéciale prévue à l'article 34 LPH peut-elle servir à faire valoir des prétentions autres que le recouvrement des charges communes impayées ?
Solution et dispositif
La Sala Civil écarte l'ensemble des moyens de l'appelante. Elle relève d'abord que ces moyens reprennent ceux déjà rejetés en première instance, sans critique précise du raisonnement du premier juge, ce qui suffirait à justifier le rejet du recours. Elle développe toutefois une réponse sur le fond en trois temps.
Sur la procédure, elle rappelle que l'article 34 LPH institue une procédure « spéciale et rapide » destinée au recouvrement des charges communes dues par les copropriétaires défaillants. Cette voie n'est pas adaptée à la réclamation, par le débiteur, d'autres obligations dont le copropriétaire pourrait être titulaire envers la copropriété. Cette limite n'emporte cependant aucune privation de droits : l'intéressée peut engager les actions qu'elle estime opportunes.
Sur le fond, la Cour juge que le non-paiement des charges ne saurait servir de moyen de pression pour obtenir des documents, dès lors que ces documents ne remettent pas en cause l'existence de la dette. Elle relève que la défenderesse reconnaissait le principe de la dette.
Enfin, elle estime que les relations conflictuelles alléguées ne constituent pas une cause suffisante de dispense du paiement des charges afférentes au logement. Elle
Sentència
TSJC.- 0000375/2017 ORIGEN: 2000168/2016 - 00
NIG: 5300542120160001143
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, 22 de desembre del 2017
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit presentat a la Batllia l'1 d'abril del 2016, la representació processal de la Comunitat de Propietaris de la Urbanització "A" formulava demanda en reclamació de quantitat contra la Sra. Mercader, exposant succintament que la defenent era propietària de la casa X radicada a la urbanització demandant, a la partida de Sispony, La Massana i que havia deixat de satisfer diverses despeses de copropietat per import total de 3.653,90 EUR, segons constava en el certificat adjunt, quantitat que li havia estat degudament notificada a la defenent, trobant-se els demandants en la obligació de procedir per via judicial i, desprès d'invocar els fonaments de dret que considerava pertinents, sol·licitava que fos dictada Sentència:
"condemnant la part demandada a pagar-li la quantitat total de 3.653,90 EUR, corresponent a diverses despeses de coproprietat relatives a la unitat immobiliària propietat de la demandada (casa X, urb. A, Sispony, La Massana), més els interessos acumulats, així com el pagament de tots aquells imports que es vagin generant per aquest concepte fins la data d'execució efectiva de la resolució que es dicti en la present causa juntament amb els seus interessos i la totalitat de les despeses judicials causades, incloses les derivades de la procuradora i de l'advocat d'aquesta part."