I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 59/2018 (Tribunal superior de justice d'Andorre, Sala Administrativa, 19 février 2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:59)
Décision commentée : STSJAD 59/2018, Tribunal superior de justice d'Andorre, Sala Administrativa, 19 février 2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:59, recours n° 72/17 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige naît de la détermination des limites du fleuve Gran Valira, au passage de la zone de la Parroquia de Sant Julià de Lòria. Par la résolution n° 575 du 14 avril 2011, prise dans ce cadre, l'autorité administrative a fixé la limite analytique du fleuve. Les appelantes, Mmes Morillo et Sanç, ont formé un recours en reposition le 22 décembre 2015 contre cette résolution. Par une décision du 16 mars 2016, le Gouvernement d'Andorre n'a pas admis ce recours à la procédure.
Les intéressées ont saisi la juridiction contentieuse administrative contre cette décision de non-admission. Par jugement du 8 juin 2017, le Tribunal de batlles a rejeté la demande. Elles ont interjeté appel le 18 septembre 2017, soutenant qu'elles ne pouvaient pas attaquer la résolution de 2011 tant que la procédure judiciaire engagée dans une autre instance (n° 2000044/2012) n'était pas tranchée. Le Gouvernement a conclu au rejet, en faisant valoir que l'arrêt antérieur de la Sala Administrativa du 20 novembre 2015 n'avait pas ouvert à nouveau la voie administrative.
Il convient de relever que le résumé automatique (« Resum I.A. ») figurant en tête de la décision affirme que les recourantes n'avaient pas attaqué la résolution « dans le délai établi ». Ce point ne figure pas en termes identiques dans la motivation et sert ici de simple indication. L'analyse qui suit s'appuie sur les fondements de droit.
Question de droit
Le problème posé était double. D'une part, il fallait déterminer si la résolution n° 575 de 2011 pouvait faire l'objet d'un recours contentieux, alors qu'elle n'avait pas été notifiée aux intéressées dans les formes légales. D'autre part, il fallait apprécier si la décision de non-admission du recours en reposition, prise en 2016, était conforme au droit.
Le tribunal écarte d'abord la qualification de la résolution comme acte affectant des droits subjectifs. Il la décrit comme un « document technique », dont l'objet est de respecter les résolutions antérieures n° 93 et n° 107 et dont les ajustements sont sans « répercussion significative ». Il en déduit qu'elle « n'affecte pas les droits subjectifs des administrés ». Le raisonnement reprend une citation du ministre de l'Économie et du Territoire en date du 9 janvier 2012 (folio 64).
Le tribunal rappelle ensuite sa jurisprudence (sentence n° 74-2015 du 20 novembre 2015), selon laquelle il n'est pas possible d'examiner la légalité de la résolution n° 575 de 2011, « qui n'a pas fait l'objet d'un recours administratif préalable ». Il reprend enfin, en la citant longuement, la sentence n° 97-38 du 1er octobre 1997. Celle-ci relève que le droit positif laisse indéterminé le point de départ du délai de recours pour les intéressés qui ne sont pas titulaires d'un droit subjectif parfait et qui n'ont pas été not
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000021/2016. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 19 de febrer del 2018 - ROJ: STSJAD 59/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 février 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: 2000021/2016 Núm. de Rotlle: TSJA-0000072/2017
SENTÈNCIA 10-2018
PARTS:
Apel·lants: Sra. Morillo
Sra. Sanç
Representant i advocada: Sra. Sanç
Apel·lat: GOVERN D'ANDORRA
Representant: Sr. Romeu
Advocada: Sra. Ferrer
M. I. Sra. Elsa Puig Muñoz
Andorra la Vella, dinou de febrer de dos mil divuit.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000021/2016.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.