I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 74/2018 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 février 2018, recours n° 423/17)
Décision commentée : STSJAD 74/2018 (ECLI:AD:TSJADAD:2018:74), Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 février 2018 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une salariée, Mme Briones, exerçait depuis le mois de mars 2010 les fonctions de comptable au service de Mme Espada, titulaire d'une officine de pharmacie. Il n'est pas contesté que la salariée réalisait la comptabilité de l'officine, et que la relation de travail était qualifiée de « fixe » par les parties, la salariée travaillant toutefois depuis son domicile.
La salariée a reçu une lettre de licenciement que la décision date du 9-6-2015, tandis que la réception est située au 13 juin 2016 : la date de la lettre, telle que reproduite dans le texte, apparaît donc incohérente avec la chronologie retenue (non précisé dans la décision quant à l'explication de cet écart). Le motif invoqué est, selon la lettre, la survenance « des de maig » de l'absence de la salariée « cap dia » à son poste, l'employeur visant les articles 93.1 et 104.1 du Codi de relacions laborals (CRL), qui autorisent le licenciement sans préavis ni indemnité lorsque surviennent « trois ou plus » absences injustifiées au travail sur une période d'un mois.
Par demande enregistrée le 10 août 2016, la salariée a réclamé une indemnité de licenciement, une indemnité de préavis et une indemnité au titre de congés non pris. Le Batlle a, par jugement du 17 juillet 2017, estimé partiellement la demande et condamné la défenderesse au paiement de 4 712,33 EUR bruts, avec intérêts à compter du 10 août 2016, ainsi qu'aux dépens.
La défenderesse a interjeté appel. Par providence du 30 janvier 2018, la Sala a invité les parties à se prononcer sur une éventuelle caducité de l'action ; la Sala a relevé que la demande avait été formée dans le délai de soixante jours prévu à l'article 8 du CRL, de sorte que l'action n'était pas caduque.
Question de droit
La décision soulève principalement quatre questions :
- Le juge peut-il retenir un motif de licenciement autre que celui énoncé dans la lettre, ou examiner des griefs qui n'y figur
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Jaume Tor Porta, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de febrer del 2018 - ROJ: STSJAD 74/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per escrit de data de registre 10-8-2016, la Sra. Briones formulava demanda laboral contra la Sra. Espada, interessant es dictés Sentència condemnant a la defenent al pagament de 4.511,81EUR en concepte d'indemnització, 1.203,15EUR en concepte de preavís i 200,52EUR en concepte de vacances pendents no gaudides, incrementats amb els interessos legals generats a comptar des de la data de presentació de la demanda, o subsidiàriament des de la contesta de la demanda, i a cotitzar prop de la CASS les quantitats reclamades.… »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. Presidenta de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 février 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Civil
TSJC.- 0000423/2017 ORIGEN: 5000313/2016 - 00
NIG: 5300542120160002443
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 27 de febrer del 2018
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy, i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sr. Jaume Tor Porta, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit de data de registre 10-8-2016, la Sra. Briones formulava demanda laboral contra la Sra. Espada, interessant es dictés Sentència condemnant a la defenent al pagament de 4.511,81EUR en concepte d'indemnització, 1.203,15EUR en concepte de preavís i 200,52EUR en concepte de vacances pendents no gaudides, incrementats amb els interessos legals generats a comptar des de la data de presentació de la demanda, o subsidiàriament des de la contesta de la demanda, i a cotitzar prop de la CASS les quantitats reclamades.
II.- En data 7-10-2016, la demandada contestava la demanda interposada tot oposant-se a les pretensions de l'agent, sol·licitant que es dictés sentència desestimant íntegrament les pretensions plantejades per l'adversa, tot condemnant en costes a la part agent.