I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 176/2018 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 18 mai 2018)
Décision commentée : STSJAD 176/2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:176, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 18 mai 2018 (recours n° 94/17) (Lire sur source officielle)
Note méthodologique : la référence fournie dans la saisine (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence canonique retenue est celle figurant dans le texte intégral (ROJ STSJAD 176/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:176).
Faits et procédure
Le litige concerne le retrait, puis le refus de restitution, d'une autorisation de port d'arme délivrée à un ressortissant andorran, M. Moliner.
Par décision du 5 janvier 2009, le ministre de la Justice et de l'Intérieur a annulé les permis de port d'arme de l'intéressé. Cette décision a été confirmée par une résolution du Gouvernement d'Andorre du 25 mars 2009, au motif que « la conduite observée par l'intéressé représente un péril pour la sécurité des personnes ou pour le maintien de l'ordre public ». Le 9 décembre 2013, le ministre a rejeté la demande de délivrance de nouveaux permis. Le Gouvernement a confirmé ce rejet le 30 avril 2014.
M. Moliner a saisi la juridiction de première instance. Par jugement du 1er septembre 2017, le Tribunal de Batlles a fait droit à sa demande. Le Gouvernement d'Andorre a interjeté appel le 10 novembre 2017.
L'appelant soutient qu'il appartient à l'administration d'apprécier un risque futur au regard de l'ensemble des comportements antérieurs à l'annulation, qu'elle n'était pas tenue de fonder sa décision sur une condamnation pénale, et que la conduite de l'intéressé suffit à caractériser un péril potentiel. L'intimé conteste l'existence de tout lien entre une conduite sous l'emprise de l'alcool et la détention d'une arme de chasse, dénonce une mesure disproportionnée et conteste la compétence du ministre pour retirer les permis.
La juridiction retient, au titre des faits établis par le dossier : une saisie de produits stupéfiants les 13 janvier et 5 mars 2009 ; une arrestation le 22 septembre 2011 pour une infraction contre l'intégrité physique et morale ; une interpellation le 17 septembre 2013 pour conduite d'un véhicule avec un taux d'alcoolémie de 1,72 g/l ; et une condamnation pénale prononcée le 13 mai 2014 pour conduite sous l'emprise de l'alcool, assortie d'une privation de permis de conduire de douze mois.
Question de droit
La question centrale est de savoir si le comportement de l'intéressé, postérieur à l'annulation de ses permis, peut caractériser le « péril pour la sécurité des personnes ou pour le maintien de l'ordre public
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Apel·lant: GOVERN D'ANDORRA Representant: Sr. Seco Advocada: Sra. Querol »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 18 de maig del 2018 - ROJ: STSJAD 176/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000050/2014. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Aquesta sentència és ferma i executiva. Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal. Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 18 mai 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: 1000050/2014 Núm. de Rotlle: TSJA-0000094/2017
SENTÈNCIA 39-2018
PARTS:
Apel·lant: GOVERN D'ANDORRA Representant: Sr. Seco Advocada: Sra. Querol
Apel·lat: Sr. Moliner
Representant: Ídem Advocat: Sr. Tejera
M. I. Sra. Elsa Puig Muñoz
Andorra la Vella, divuit de maig de dos mil divuit.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000050/2014.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Bernard Plagnet, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- El Sr. Moliner va interposar demanda jurisdiccional contra la resolució del GOVERN D'ANDORRA del 30 d'abril del 2014 sol·licitant la revocació de la decisió i que es declarés el seu dret a obtenir la llicència de port d'arma.