I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 257/2018 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 27 juillet 2018)
Décision commentée : STSJAD 257/2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:257 (Lire sur source officielle)
Note de référence : la référence canonique fournie avec la demande (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la présente fiche retient l'identifiant ROJ et l'ECLI figurant dans le texte intégral de la décision.
Composition et métadonnées : Tribunal Superior de Justícia, Sala Civil (Andorra la Vella). Recours n° 57/18 ; numéro d'origine 3000291/2017 ; NIG 5300542120170001841. Magistrate ponente : Mme Eulàlia Amat Llari ; magistrats Joan Manel Abril Campoy (président) et Vincent Anière. Type de résolution : sentence (arrêt d'appel). Date : 27 juillet 2018.
Faits et procédure
Par acte enregistré le 26 juillet 2017, Mme Salcedo a introduit une action civile selon la procédure abrégée contre M. Puig. Elle demandait la condamnation de celui-ci à lui verser 2 400 euros au titre des aliments dus à leurs filles, pour la période allant d'octobre 2016 à mars 2017. Le défendeur s'est opposé à la demande principale et, à titre subsidiaire, a limité toute condamnation éventuelle à 1 200 euros pour l'une des filles.
Par jugement du 10 janvier 2018, le Batlle a débouté Mme Salcedo de l'intégralité de sa demande et a mis les dépens à sa charge.
Mme Salcedo a interjeté appel. Elle sollicitait, à titre principal, la réformation de la décision, et à titre subsidiaire une clarification de ses motifs.
Les faits sont, pour l'essentiel, non contestés. Une ordonnance du 4 avril 2016 avait fixé, à titre de mesures provisoires, une obligation pour M. Puig de verser 400 euros mensuels au titre des aliments des filles communes, alors majeures. Ces mesures ont caduc au sens de l'article 51.2 de la Llei qualificada del matrimoni, la demande de citation en jugement ayant été présentée le 8 juin 2016, la demande en séparation le 11 juillet 2016 et le jugement rendu le 31 mars 2017. M. Puig a continué à payer jusqu'en septembre 2016, puis a cessé.
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes :
- Question de procédure : une créance alimentaire née après la caducité de mesures provisoires peut-elle être réclamée par une action distincte, ou doit-elle être présentée dans la demande de séparation, ou en exécution du jugement ?
- Question de fond : à partir de quel moment les aliments entre progéniteurs deviennent-ils exigibles, et quelle est la portée de la reconnaissance de cette exigibilité dans une procédure de crise familiale ?
La Sala ne répond pas expressément à la question de la « recevabilité » de l'action au sens strict. Elle en traite par le biais de l'exigibilité de la créance et de l'identification de la voie procédurale approp
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de juliol del 2018 - ROJ: STSJAD 257/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« I.- Per escrit enregistrat als vint-i-sis de juliol del 2017 la representació processal de la Sra. Salcedo formulà demanda en judici civil pel procediment abreujat contra el Sr. Puig sol·licitant que es dictés sentència condemnant al defenent a satisfer a la seva mandant la quantitat de dos mil quatre-cents euros (2.400.- EUROS) en concepte d'auxilis econòmics en favor de les seves filles pel període comprès entre el mes d'octubre del 2016 i el de març del 2017. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a l'Hble. Presidenta de la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 juillet 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC.- 0000057/2018 ORIGEN: 3000291/2017 - 00
NIG: 5300542120170001841
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 27 de juliol del 2018
Reunida la Sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats M.I. Sr. Vincent Anière i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
I.- Per escrit enregistrat als vint-i-sis de juliol del 2017 la representació processal de la Sra. Salcedo formulà demanda en judici civil pel procediment abreujat contra el Sr. Puig sol·licitant que es dictés sentència condemnant al defenent a satisfer a la seva mandant la quantitat de dos mil quatre-cents euros (2.400.- EUROS) en concepte d'auxilis econòmics en favor de les seves filles pel període comprès entre el mes d'octubre del 2016 i el de març del 2017.
II.- En data vint-i-set de setembre de dos mil disset la representació processal del Sr. Puig contestà a la demanda amb oposició enèrgica respecte de la pretensió condemnatòria exercitada de contrari i de prosperar l'acció entaulada. Subsidiàriament, entenia que únicament podria prosperar la reclamació de contrari fins al límit de mil dos-cents euros (1.200.- EUROS) respecte de la filla del seu patrocinat de nom Tur i demanava també el corresponent pronunciament respecte de les costes processals ocasionades en el present afer.