STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2018 - ROJ: STSJAD 399/2018
Cassation partielle
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé19 décembre 2018
Numéro75/18
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, sentència 75-2018, 19 décembre 2018 (ROJ : STSJAD 399/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:399)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, sentència 75-2018, 19 décembre 2018 (ROJ : STSJAD 399/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:399) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Dans une procédure pénale pendante devant le Tribunal de Corts, M. Tejada est renvoyé pour blanchiment de capitaux ou de valeurs en qualité d'auteur, dans sa forme qualifiée : les faits auraient été commis en groupe organisé, au sein d'un établissement bancaire et de manière habituelle. Par ordonnance du 19 octobre 2017, le Tribunal de Corts a décidé de tenir l'accusation pour formulée et de réaliser le procès oral.
Par ordonnance du 16 juillet 2018, le Tribunal de Corts, relevant que le Ministère public sollicitait une peine d'amende de trois millions d'euros, a ordonné trois mesures : l'interdiction d'aliéner et la saisie de l'ensemble des biens immobiliers, valeurs mobilières et biens meubles figurant dans les registres administratifs de la Principauté et appartenant à l'accusé (premier point) ; l'information, par les notaires, sur d'éventuels actes de disposition effectués depuis le 24 juillet 2015 (deuxième point) ; et la communication, par le Département des tributs et frontières, des déclarations d'impôt sur le revenu des exercices récents (troisième point).
La défense de M. Tejada a interjeté appel. Elle soutenait, d'une part, que le Tribunal de Corts n'était ni compétent ni habilité à ordonner ces mesures, cette compétence relevant exclusivement du Batlle (juge d'instruction), et que le Code de procédure pénale ne prévoit une garantie réelle qu'au titre de la responsabilité civile. D'autre part, elle faisait valoir que le Tribunal de Corts, qui n'a pas de fonction d'instruction, ne pouvait accomplir les actes des deuxième et troisième points, et devait renvoyer les pièces au Batlle instructeur s'il estimait qu'une infraction avait pu être commise.
Le Ministère public s'est opposé au recours. Les avocats des parties civiles ont également conclu au rejet, estimant l'ordonnance conforme au droit.
Il convient de relever que la date de l'acte d'appel diffère selon les passages de la décision : le 21 août 2018 dans les antécédents, le 28 août 2018 dans le dispositif. La référence fournie lors de la saisie étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans le texte intégral.
## Question de droit
La Sala Penal devait trancher trois questions :
1. Le Tribunal de Corts, saisi du fond, dispose-t-il du pouvoir d'ordonner des mesures conservatoires de nature réelle, alors que le Code de procédure pénale attribue ces pouvoirs au Batlle instructeur (art. 100 et 103 à 111) et ne les mentionne pas expressément pour les actes préalables du Tribunal de Corts (art. 123 et 124) ?
2. Ces mesures peuvent-elles garantir le paiement d'une peine d'amende, et pas seulement la réparation civile ?
3. Les mesures d'investigation ordonnées par le Tribunal de Corts, portant sur les actes de disposition antérieurs et sur les déclarations fiscales de l'accusé, sont-elles légitimes au regard de l
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2018 - ROJ: STSJAD 399/2018
I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, sentència 75-2018, 19 décembre 2018 (ROJ : STSJAD 399/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:399)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, sentència 75-2018, 19 décembre 2018 (ROJ : STSJAD 399/2018 ; ECLI:AD:TSJADAD:2018:399) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Dans une procédure pénale pendante devant le Tribunal de Corts, M. Tejada est renvoyé pour blanchiment de capitaux ou de valeurs en qualité d'auteur, dans sa forme qualifiée : les faits auraient été commis en groupe organisé, au sein d'un établissement bancaire et de manière habituelle. Par ordonnance du 19 octobre 2017, le Tribunal de Corts a décidé de tenir l'accusation pour formulée et de réaliser le procès oral.
Par ordonnance du 16 juillet 2018, le Tribunal de Corts, relevant que le Ministère public sollicitait une peine d'amende de trois millions d'euros, a ordonné trois mesures : l'interdiction d'aliéner et la saisie de l'ensemble des biens immobiliers, valeurs mobilières et biens meubles figurant dans les registres administratifs de la Principauté et appartenant à l'accusé (premier point) ; l'information, par les notaires, sur d'éventuels actes de disposition effectués depuis le 24 juillet 2015 (deuxième point) ; et la communication, par le Département des tributs et frontières, des déclarations d'impôt sur le revenu des exercices récents (troisième point).
La défense de M. Tejada a interjeté appel. Elle soutenait, d'une part, que le Tribunal de Corts n'était ni compétent ni habilité à ordonner ces mesures, cette compétence relevant exclusivement du Batlle (juge d'instruction), et que le Code de procédure pénale ne prévoit une garantie réelle qu'au titre de la responsabilité civile. D'autre part, elle faisait valoir que le Tribunal de Corts, qui n'a pas de fonction d'instruction, ne pouvait accomplir les actes des deuxième et troisième points, et devait renvoyer les pièces au Batlle instructeur s'il estimait qu'une infraction avait pu être commise.
Le Ministère public s'est opposé au recours. Les avocats des parties civiles ont également conclu au rejet, estimant l'ordonnance conforme au droit.
Il convient de relever que la date de l'acte d'appel diffère selon les passages de la décision : le 21 août 2018 dans les antécédents, le 28 août 2018 dans le dispositif. La référence fournie lors de la saisie étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans le texte intégral.
Question de droit
La Sala Penal devait trancher trois questions :
Le Tribunal de Corts, saisi du fond, dispose-t-il du pouvoir d'ordonner des mesures conservatoires de nature réelle, alors que le Code de procédure pénale attribue ces pouvoirs au Batlle instructeur (art. 100 et 103 à 111) et ne les mentionne pas expressément pour les actes préalables du Tribunal de Corts (art. 123 et 124) ?
Ces mesures peuvent-elles garantir le paiement d'une peine d'amende, et pas seulement la réparation civile ?
Les mesures d'investigation ordonnées par le Tribunal de Corts, portant sur les actes de disposition antérieurs et sur les déclarations fiscales de l'accusé, sont-elles légitimes au regard de l
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
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« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 16 de juliol del 2018, dictat pel M.I. Tribunal de Corts en el marc de la causa número 60000173/2016, seguida pel presumpte delicte major de blanqueig de diners o valors, comés en el marc d'un establiment bancari, en grup organitzat i de manera habitual contra, entre altres, Tejada, els components de la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el M. I. Sr. Yves Picod.… »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2018 - ROJ: STSJAD 399/2018 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
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« I.- RESULTANT: que per Aute de data 19 d'octubre de 2017, el M.I. Tribunal de Corts decidí celebrar el judici oral tenint per formulada l'acusació del Ministeri Fiscal contra el processat Tejada, entre altres, com a responsable penalment en concepte d'autor d'un delicte major de blanqueig de diners, en el seu tipus qualificat, essent els fets comesos en grup organitzat, en establiment bancari i de manera habitual. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
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« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 décembre 2018 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Penal
Núm. de causa: 6000173/2016 Núm. de rotlle: TSJP-0000068/2018
Andorra la Vella, dinou de desembre del dos mil divuit.
En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 16 de juliol del 2018, dictat pel M.I. Tribunal de Corts en el marc de la causa número 60000173/2016, seguida pel presumpte delicte major de blanqueig de diners o valors, comés en el marc d'un establiment bancari, en grup organitzat i de manera habitual contra, entre altres, Tejada, els components de la Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el M. I. Sr. Yves Picod.
ANTECEDENTS DE FET
I.- RESULTANT: que per Aute de data 19 d'octubre de 2017, el M.I. Tribunal de Corts decidí celebrar el judici oral tenint per formulada l'acusació del Ministeri Fiscal contra el processat Tejada, entre altres, com a responsable penalment en concepte d'autor d'un delicte major de blanqueig de diners, en el seu tipus qualificat, essent els fets comesos en grup organitzat, en establiment bancari i de manera habitual.
II.- RESULTANT: que mitjançant Aute de data 16 de juliol de 2018, el M.I. Tribunal de Corts, i considerant que el Ministeri Fiscal en el seu escrit de qualificació provisional, sol·licitava per l'acusat una pena de multa en la quantia de tres milions (3.000.000) d'euros, va decidir als efectes de garantir l'eventual responsabilitat pecuniària;
Primer. Ordenar la prohibició d'alienació i l'embargament de tots els béns immobles, valors mobiliaris i béns mobles que constin en els registres administratius del Principat i dels que sigui titular l'acusat Tejada, oficiant als Notaris de les Colls i a la Cambra de Notaris.
Segon. Oficiar als Notaris de les Colls i a la Cambra de Notaris per a que informin si els consta que des de la data del 24 de juliol del 2015 fins a l'actualitat l'acusat Tejada va efectuar algun acte de disposició sobre béns immobles o valors mobiliaris.
Tercer. Oficiar al Departament de Tributs i Fronteres per a que informés de les declaracions de l'Impost sobre la Renda de les Persones Físiques dels darrers exercicis fiscals que hagi presentat l'acusat Tejada.
III.- RESULTANT: que contra l'esmentat aute i per escrit de data 21 d'agost del 2018, interposà recurs d'apel·lació l'advocat defensor de Tejada, sol·licitant la revocació íntegra de l'aute recorregut, acordant l'aixecament immediat de la prohibició d'alienació i d'embargament de tots els béns immobles, valors mobiliaris i béns immobles que constin als registres administratius del Principat i dels que sigui titular el Sr. G., anul·lant els oficis adreçats a Notaris i al Departament de Tributs i Fronteres i manifestant que:
D'una part, el M.I. Tribunal de Corts no té competència ni es troba legitimat per ordenar les mesures adoptades, compte tingut que aquesta competència la té atribuïda exclusivament el Batlle. El Codi de procediment penal no preveu aquesta facultat en relació a l'eventual pena de multa, sinó per garantir les possibles responsabilitats civils.
El Tribunal de Corts no pot actuar com a instructor, no tenint facultats per investigar la comissió de possibles delictes i no està facultat per practicar actes d'instrucció com els que acorda en els apartats Segon i Tercer de la seva decisió, i si estima que s'ha pogut cometre qualsevol fet delictiu, el que ha de fer és acordar el desglòs de les actuacions al Batlle instructor.
IV.- RESULTANT: que el Ministeri Fiscal s'oposa al recurs formulat, considerant que el M.I. Tribunal de Corts es troba habilitat per adoptar mesures cautelars de caràcter personal o real, per tal d'assegurar la decisió final que es pugui arribar a determinar per mitjà de sentència, i que existeix la possibilitat d'adopció de mesures cautelars de caràcter real amb la finalitat d'assegurar qualsevol responsabilitat pecuniària, la qual no es limita només a la responsabilitat civil. En aquest sentit, destaca que els articles 103 a 111 del Codi de procediment penal reconeix la possibilitat d'adoptar mesures de caràcter personal sobre els encausats, el que comporta que l'òrgan jurisdiccional competent en cada estadi del procediment pugui adoptar qualsevol mesura de caràcter real d'assegurament de la bona fi del propi procediment.
V.- RESULTANT: que també s'oposen al recurs formulat, el Sr. J. M. R.LL., advocat de les Sres. Zapata, Vélez i Galván, la Sra. S.B.A.advocada dels Srs. Alfaro, Morell i Vara, la Sra. Carranza advocada dels Srs. Pastor, Barberá i Morell, i el Sr. Escudero advocat dels Srs. Carnero, Puga, Porras, Plaza i Salcedo, en considerar que l'aute recorregut és ajustat a dret.
FONAMENTS DE DRET
I.- CONSIDERANT: que respecte a la competència del M.I. Tribunal de Corts per adoptar les mesures cautelars de prohibició d'alienació i d'embargament discutides, convé observar en primer lloc, que el principi de la interpretació estricta de la llei penal, no imposa una interpretació literal de la llei i que sí és evident que les jurisdiccions es refereixen en primer lloc a la lletra del text, també han d'emancipar-se d'aquest, quan llur escrupolós respecte condueix a un resultat il·lògic o absurd, per procedir a una interpretació teleològica recercant la "ratio legis", és a dir, la voluntat declarada o presumpta del legislador.
És cert que els articles 103 a 111 del Codi de procediment penal, que reconeixen al Batlle instructor la possibilitat d'adoptar mesures de caràcter personal sobre els encausats -com la presó provisional- o la possibilitat de substituir-la entre altres, per la prestació d'una fiança o d'ordenar mesures de naturalesa patrimonial -com el pagament d'una fiança o l'embargament de béns- essent també el Batlle instructor i durant la instrucció de la causa, competent per modificar les condicions de l'embargament, especialment a favor de l'encausat.
El Codi de procediment penal no inclou expressament la mateixa facultat en els articles 123 i 124, inclosos en el capítol I del Títol Tercer del mateix codi i relatius a les actuacions prèvies del M.I. Tribunal de Corts.
Nogensmenys, s'ha de considerar que una vegada tramés el procediment al M.I. Tribunal de Corts, aquest assumeix les facultats del Batlle instructor en quant a les mesures cautelars de caràcter real, així com a les mesures de caràcter personal que afectin a l'encausat.
Una altra interpretació de la llei, que atorgui únicament al Batlle instructor la competència d'ordenar mesures cautelars de caràcter real derivaria en una situació il·lògica i absurda, consistent en l'existència d'un buit jurídic entre l'acte de conclusió de sumari i la decisió sobre el fons, no trobant-se cap òrgan jurisdiccional habilitat durant aquest període, per l'adopció, l'extinció o les eventuals modificacions de les mesures cautelars a adoptar sobre les persones o els patrimonis dels encausats. A més, la competència del M.I. Tribunal de Corts per adoptar mesures cautelars de caràcter real, es dedueix de les disposicions de l'article 198.2 del Codi de procediment penal, relatiu als efectes del recurs d'apel·lació respecte de les decisions del M.I. Tribunal de Corts, atorgant la facultat al Tribunal competent per entendre del recurs, per modificar, en tot moment, les situacions relatives a la presó provisional o a les mesures d'assegurament real adoptades.
Finalment, procedeix posar de relleu que la mesura de caràcter real adoptada sigui pel Batlle instructor, sigui pel Tribunal, és una mesura cautelar destinada a garantir l'execució d'una eventual condemna i no constitutiva d'un prejutjament de la causa.
II.- CONSIDERANT: que l'avui recurrent discuteix també, la facultat del M.I. Tribunal de Corts d'adoptar mesures cautelars de caràcter real per garantir el pagament d'una pena de multa.
Nogensmenys, s'ha de considerar que existeix la possibilitat d'adopció de mesures cautelars de caràcter real amb la finalitat d'assegurar qualsevol responsabilitat pecuniària del encausats i no únicament la responsabilitat civil.
En efecte, i en aquest sentit, l'article 100 del Codi de procediment penal, que atorga la potestat al Batlle instructor de disposar que el processat preste fiança per assegurar les responsabilitats que puguin declarar-se procedents, no fa referència a la responsabilitat civil però sí de manera general a les responsabilitats. L'article 113 del mateix codi preveu que la fiança prestada per respondre de la compareixença del processat, també serveix per satisfer les despeses judicials causades, sense perjudici que respongui també de la responsabilitat civil "a més dels embargaments que es practiquen d'acord amb l'ordre establert a l'article 176". Ara bé, l'article 176 disposa que "si els béns del condemnat no són suficients per cobrir totes les responsabilitats pecuniàries, aquestes han de ser satisfetes per l'ordre següent: 1) la reparació dels danys i la indemnització del perjudici, 2) les despeses judicials i 3) les multes ", i se'n dedueix necessàriament d'aquest text, que una mesura cautelar de caràcter real, com un embargament, es troba també destinada a garantir el pagament d'un eventual multa imposada a l'encausat per la decisió sobre el fons.
III.- CONSIDERANT: que en quant a la decisió del M.I. Tribunal de Corts enunciada en els apartats Segon i Tercer del fallo de l'aute recorregut i consistents en verificar si l'acusat va efectuar, des del mes de juliol de 2015, altres actes de disposició sobre béns mobles, immobles o valors mobiliaris, i a l'obtenció d'informació sobre les declaracions d'impostos sobre la renda de les persones físiques dels darrers exercicis fiscals, convé recordar que només es troba enjudiciat davant el M.I. Tribunal de Corts, un delicte major de blanqueig de diners o valors i que la investigació ordenada consisteix en verificar unes eventuals conductes per part del processat en relació al seu patrimoni, no tenint cap relació amb el delicte perseguit.
No n'apareix en el marc de la decisió d'ordenar embargaments o altres mesures cautelars reals, la utilitat i la idoneïtat de les investigacions acordades. En la hipòtesi de l'existència d'un acte de disposició anterior, sobre els béns de l'encausat, només es podria constatar la comissió d'un eventual delicte diferent del delicte enjudiciat, fonamentada sobre informacions que el Tribunal no ostenta la potestat de buscar, per tant l'aute recorregut ha de ser reformat pel que fa a les mesures d'investigació acordades en els apartats Segon i Tercer de la decisió.
IV.- CONSIDERANT: que procedeix estimar parcialment el recurs i confirmar l'aute recorregut en el sentit expressat en l'anterior Considerant.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
DECISIÓ
La Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
1.- Estimar parcialment el recurs d'apel·lació interposat per la representació lletrada del Sr. Tejada, en data 28 d'agost de 2018.
2.- Reformar parcialment l'aute recorregut en el sentit de deixar sense efecte les mesures d'investigació acordades en els apartats Segon i Tercer de la decisió impugnada.
3.- Confirmar l'aute recorregut pel que fa a la prohibició d'alienació i l'embargament de tots els béns immobles, valors mobiliaris i béns mobles, ordenat.
4.- Declarar d'ofici les despeses processals causades pel present recurs.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.