I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 14/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:14)
Décision commentée : STSJAD 14/2019, Sala Civil, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, 24 janvier 2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:14 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux Sanç et Ribes, dont le mariage était inscrit au Registre civil du Principat d'Andorre, ont divorcé par consentement mutuel devant un notaire d'Eivissa (Espagne), M. Bernat, par acte du 14 mars 2018. Le 18 juillet 2018, ils ont formé une demande d'exequatur de cet acte notarial afin d'obtenir sa reconnaissance et son inscription au Registre civil andorran.
Le Ministère public s'est opposé à la demande. Il soutenait que l'escriptura pública ne pouvait faire l'objet d'un exequatur, les articles 47 et suivants de la Llei transitòria de procediments judicials (21 décembre 1993) n'admettant que l'exequatur d'une résolution judiciaire. Dans leur réplique, les demandeurs faisaient valoir qu'ils étaient divorcés depuis le 14 mars 2018 selon le droit espagnol, de sorte qu'il ne pouvait leur être imposé d'introduire une nouvelle procédure, ni en Espagne ni en Andorre. Le Ministère public a maintenu ses conclusions en duplique.
La décision est une sentence rendue par la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, composée de Mmes Eulàlia Amat Llari (magistrate rapporteure) et MM. Joan Manel Abril Campoy (président) et Vincent Anière. Le numéro de recours est indiqué comme « 259/16 » dans les métadonnées et comme « 0000259/2018 » dans l'en-tête ; l'écart n'est pas explicité dans la décision. Le texte mentionne en outre une certification du Consulat général d'Espagne en Principauté datée du 11 juillet 2018 (folio 13), dont le contenu précis n'est pas reproduit.
Question de droit
La question posée était double. Il s'agissait, en premier lieu, de savoir si un acte notarial étranger de divorce par consentement mutuel, qui n'est pas une décision judiciaire, peut être déclaré exécutoire en Andorre sur le fondement des articles 47 à 49 de la Llei transitòria. Il s'agissait, en second lieu, de déterminer si le juge peut, par voie d'interprétation, étendre le champ de ces dispositions à d'autres actes que les j
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats Sr. Vincent Anière i Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent: »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 24 de gener del 2019 - ROJ: STSJAD 14/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_totale), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« 1.- En data 18 de juliol del 2018 la representació processal del Sr. Sanç i de la Sra. Ribes van formular demanda d'exequatur de l'escriptura de divorci de mutu acord autoritzada pel notari d'Eivissa (Espanya), Sr. Bernat, en data 14 de març del 2018 als efectes de poder inscriure el citat divorci al Registre Civil del Principat d'Andorra, compte tingut que el matrimoni dels demandants consta inscrit al mateix. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 24 janvier 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
TSJC.- 0000259/2018
EXEQUATUR
NIG: 5300531120180000012
SENTÈNCIA
En nom del Poble Andorrà.-
A la vila d'Andorra la Vella, el 24 de gener del 2019.
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del magistrat Sr. Joan Manel Abril Campoy i els magistrats Sr. Vincent Anière i Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent:
ANTECEDENTS DE FET
1.- En data 18 de juliol del 2018 la representació processal del Sr. Sanç i de la Sra. Ribes van formular demanda d'exequatur de l'escriptura de divorci de mutu acord autoritzada pel notari d'Eivissa (Espanya), Sr. Bernat, en data 14 de març del 2018 als efectes de poder inscriure el citat divorci al Registre Civil del Principat d'Andorra, compte tingut que el matrimoni dels demandants consta inscrit al mateix.
En el seu informe el Ministeri Fiscal s'oposava a l'estimació de la demanda entenent que l'escriptura pública presentada pels sol·licitants no podia ser objecte d'exequàtur per quan no reunia la condició establerta pels articles 47 i següents de la Llei Transitòria de Procediments Judicials, en virtut dels quals només podia ser objecte d'exequàtur una resolució judicial.