STSJAD ANDORRA, a 21 de febrer del 2019 - ROJ: STSJAD 38/2019
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé21 février 2019
Numéro129/18
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 38/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:38)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, sentence n° 11-2019, 21 février 2019, ROJ STSJAD 38/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:38 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue ci-dessus est celle figurant dans le texte de la décision.*
## Faits et procédure
Des agents (les Srs Pulido et Sainz selon l'en-tête de la décision ; le texte mentionne aussi le Sr JEC, substitué par son fils) avaient saisi le Col·legi d'Advocats d'Andorra d'une plainte visant un avocat en exercice, le Sr Campillo. Ils lui reprochaient d'être intervenu, dans un procès civil, en défense de la partie adverse, alors qu'il les avait conseillés dix-neuf ans plus tôt sur la même question.
La plainte fut rejetée par une résolution du 22 mai 2015, confirmée en seconde instance disciplinaire par une décision du 5 août 2015, le comportement de l'avocat n'étant pas considéré comme contraire aux normes déontologiques. Les agents saisirent alors la juridiction administrative d'une demande d'annulation de ces décisions.
Par sentence du 13 juillet 2018, la Sección Administrativa du Tribunal de Batlles déclara les agents dépourvus de légitimation active, au motif qu'ils ne retireraient aucun bénéfice de l'estimation de leur demande. Les agents interjetèrent appel. Ils soutenaient qu'un éventuel constat de responsabilité disciplinaire de l'avocat leur permettrait de demander la nullité ou l'annulabilité des procédures civiles dans lesquelles il était intervenu pour la partie adverse. Les défendeurs (le Col·legi d'Advocats et le Sr Campillo) concluaient à la confirmation intégrale du jugement. Ils faisaient valoir, d'une part, l'absence d'intérêt personnel et direct des agents, d'autre part, qu'un auto de la Sala Civil du 24 juillet 2018 excluait toute incidence d'une sanction disciplinaire sur le procès civil.
## Question de droit
La question posée était de savoir si des particuliers ayant dénoncé à un ordre professionnel les agissements d'un avocat possèdent la légitimation active requise pour contester devant le juge administratif la décision de classement des poursuites disciplinaires.
Cette question en comportait une seconde, incidente : une éventuelle sanction disciplinaire pouvait-elle produire des effets sur l'issue d'une instance civile, de sorte que le plaignant y aurait un intérêt indirect mais réel ? La question était en réalité celle de la portée de la notion d'intérêt direct au sens du contentieux administratif andorran.
## Solution et dispositif
Le Tribunal Superior de Justícia rappelle d'abord sa compétence en vertu de l'article 39.3 de la Llei qualificada de la Justícia. Il rappelle ensuite sa jurisprudence constante, issue de la sentence n° 24/1994 du 17 décembre, selon laquelle la légitimation appartient à celui qui possède un intérêt direct à l'annulation de l'acte attaqué, intérêt reconnu lorsque le particulier obtient un bénéfice ou évite un préjudice par la déclaration d'invalidité.
S'agissant spécifiquement de la procédure de sanction, le tribunal reprend la sentence n° 27/2003 du 16 juin. Celle-ci énonce que le droit de dénoncer les faits présumés constitutifs d'une infraction est « un hybride de droit et de devoir », qui « s'épuise précisément là », et ne constitue pas un droit subjectif générant une obligation corrélative de l'Administration d'ouvrir un dossier. Le tribunal en déduit que la procédure de sanction s'engage toujours d'office (article 123 quater, paragraphe 1, du Codi de l'Administració), y compris lorsqu'une dénonciation préalable a été faite. Le dénonciateur n'est, en principe, pas partie à cette procédure, sauf s'il justifie d'une atteinte directe à sa sphère d'intérêts au sens de l'article 107 du même code.
Appliquant ces principes, le tribunal retient que «
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 21 de febrer del 2019 - ROJ: STSJAD 38/2019
STSJAD 38/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:38)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, sentence n° 11-2019, 21 février 2019, ROJ STSJAD 38/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:38 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue ci-dessus est celle figurant dans le texte de la décision.
Faits et procédure
Des agents (les Srs Pulido et Sainz selon l'en-tête de la décision ; le texte mentionne aussi le Sr JEC, substitué par son fils) avaient saisi le Col·legi d'Advocats d'Andorra d'une plainte visant un avocat en exercice, le Sr Campillo. Ils lui reprochaient d'être intervenu, dans un procès civil, en défense de la partie adverse, alors qu'il les avait conseillés dix-neuf ans plus tôt sur la même question.
La plainte fut rejetée par une résolution du 22 mai 2015, confirmée en seconde instance disciplinaire par une décision du 5 août 2015, le comportement de l'avocat n'étant pas considéré comme contraire aux normes déontologiques. Les agents saisirent alors la juridiction administrative d'une demande d'annulation de ces décisions.
Par sentence du 13 juillet 2018, la Sección Administrativa du Tribunal de Batlles déclara les agents dépourvus de légitimation active, au motif qu'ils ne retireraient aucun bénéfice de l'estimation de leur demande. Les agents interjetèrent appel. Ils soutenaient qu'un éventuel constat de responsabilité disciplinaire de l'avocat leur permettrait de demander la nullité ou l'annulabilité des procédures civiles dans lesquelles il était intervenu pour la partie adverse. Les défendeurs (le Col·legi d'Advocats et le Sr Campillo) concluaient à la confirmation intégrale du jugement. Ils faisaient valoir, d'une part, l'absence d'intérêt personnel et direct des agents, d'autre part, qu'un auto de la Sala Civil du 24 juillet 2018 excluait toute incidence d'une sanction disciplinaire sur le procès civil.
Question de droit
La question posée était de savoir si des particuliers ayant dénoncé à un ordre professionnel les agissements d'un avocat possèdent la légitimation active requise pour contester devant le juge administratif la décision de classement des poursuites disciplinaires.
Cette question en comportait une seconde, incidente : une éventuelle sanction disciplinaire pouvait-elle produire des effets sur l'issue d'une instance civile, de sorte que le plaignant y aurait un intérêt indirect mais réel ? La question était en réalité celle de la portée de la notion d'intérêt direct au sens du contentieux administratif andorran.
Solution et dispositif
Le Tribunal Superior de Justícia rappelle d'abord sa compétence en vertu de l'article 39.3 de la Llei qualificada de la Justícia. Il rappelle ensuite sa jurisprudence constante, issue de la sentence n° 24/1994 du 17 décembre, selon laquelle la légitimation appartient à celui qui possède un intérêt direct à l'annulation de l'acte attaqué, intérêt reconnu lorsque le particulier obtient un bénéfice ou évite un préjudice par la déclaration d'invalidité.
S'agissant spécifiquement de la procédure de sanction, le tribunal reprend la sentence n° 27/2003 du 16 juin. Celle-ci énonce que le droit de dénoncer les faits présumés constitutifs d'une infraction est « un hybride de droit et de devoir », qui « s'épuise précisément là », et ne constitue pas un droit subjectif générant une obligation corrélative de l'Administration d'ouvrir un dossier. Le tribunal en déduit que la procédure de sanction s'engage toujours d'office (article 123 quater, paragraphe 1, du Codi de l'Administració), y compris lorsqu'une dénonciation préalable a été faite. Le dénonciateur n'est, en principe, pas partie à cette procédure, sauf s'il justifie d'une atteinte directe à sa sphère d'intérêts au sens de l'article 107 du même code.
Appliquant ces principes, le tribunal retient que «
Sentència
Núm. de Protocol: 1000100/2015 Núm. de Rotlle: TSJA-0000129/2018
SENTÈNCIA 11-2019
PARTS:
Apel·lants: Sr. Pulido
Sr. Sainz
Representant: Sr. Serra
Advocada: Sra. Martin
Apel·lat: Carranza
Representant: Sr. Codina
Advocat: Sr. Miró
Apel·lat: Sr. Campillo
Representant: Sra. Conde
Advocada: Sra. Ruiz
Andorra la Vella, vint-i-ú de febrer de dos mil dinou.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000100/2015.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 129/18 — Décision commentée
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- La representació dels Srs. JEC (avui substituït pel seu fill ENTITY_4) i Sainz van interposar demanda contra la decisió de 5 d'agost de 2015 de la Junta disciplinària en segona instància del Col·legi d'Advocats d'Andorra, que confirmava una prèvia resolució de 22 de maig de 2015, que va desestimar la queixa que havien formular els agents contra el col·legiat Sr. Campillo, en considerar que l'actuació d'aquest darrer no comportava una infracció de les normes deontològiques del Col·legi.
La sentència de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles de 13 de juliol de 2018 ha declarat la manca de legitimació activa dels agents, ja que no obtindrien cap benefici de l'estimació de la demanda.
2.- La part agent ha interposat recurs d'apel·lació contra l'esmentada sentència de la Batllia, en el qual es defensa que tenen interès en l'objecte del litigi, ja que consideren que, en el cas de que es declarés que l'advocat ha incorregut en responsabilitat disciplinària, podrien instar la nul·litat o l'anul·labilitat dels procediments en què els agents són part i en els quals ha intervingut el lletrat en defensa de la part contrària.
3.- Les respectives representacions del Col·legi d'Advocats d'Andorra i del Sr. Campillo s'han oposat al recurs i han sol·licitat que es confirmi íntegrament la sentència apel·lada. En la seva opinió, els agents no han acreditat cap interès personal i directe en la resolució de la queixa presentada davant del Col·legi, i la mera condició de denunciants no els legitima per a interposar la demanda.
A més, la representació del Sr. Campillo al·lega que l'aute de la Sala Civil d'aquest Tribunal de 24 de juliol de 2018, que invoquen els recurrents, no es pot interpretar com ho fan aquests, sinó que la resolució estableix clarament que la imposició d'una sanció disciplinària no comportaria l'anul·lació o la nul·litat dels procediments civils en que ha intervingut el lletrat.
4.- En l'acte de la vista oral, les parts compareixents van exposar les consideracions que van considerar més adients a la defensa de llurs interessos.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- La qüestió litigiosa que es planteja en aquesta instància consisteix en determinar si els agents tenen la legitimació necessària per interposar la demanda contra unes resolucions del Col·legi d'Advocats d'Andorra, que han desestimat la queixa formulada per aquells contra un advocat en exercici, en considerar que la seva actuació no era constitutiva d'una infracció de les normes deontològiques del Col·legi.
Com s'ha exposat en els antecedents, la sentència apel·lada del Tribunal de Batlles ha considerat que no concorre aquest requisit processal, ja que els interessats no obtindrien cap benefici d'una hipotètica sentència estimatòria de la demanda.
Tercer.- La jurisprudència d'aquesta Sala, a partir de la sentència núm. 24/1994, de 17 de desembre, ha declarat de forma reiterada que la legitimació correspon a aquelles persones que posseeixen un interès directe en l'anul·lació de l'acte impugnat i que, en termes generals, cal reconèixer l'existència d'aquest interès directe quan el particular obté qualsevol mena de benefici o evita un perjudici mitjançant la declaració d'invalidesa de l'acte administratiu.
Més específicament, pel que fa al procediment sancionador, la sentència núm. 27/2003, de 16 de juny, va afirmar que qualsevol ciutadà "té el dret a denunciar els fets presumptament constitutius d'una infracció, però aquest dret -que és un híbrid de dret i deure- s'esgota precisament aquí, doncs no és un dret subjectiu que generi la correlativa obligació de l'Administració d'iniciar l'expedient si de la denúncia no en resulten clarament fets constitutius d'alguna infracció administrativa".
En definitiva, el procediment sancionador s'inicia sempre d'ofici, com resulta actualment de l'article 123 quater, apartat 1, del Codi de l'Administració, i això encara que hagi intervingut la prèvia denúncia d'un particular. El denunciant no és, en termes generals, part en aquest tipus de procediment, excepte en els casos en què justifiqui una afectació directa a la seva esfera d'interessos, en els termes que preveu l'article 107 del mateix Codi, el que comporta que la imposició d'una sanció impliqui per a ell l'obtenció d'un benefici o l'evitació d'un perjudici.
Quart.- En el cas que ara s'examina, els agents van denunciar al Col·legi d'Advocats que el lletrat Sr. Campillo havia intervingut en un determinat procés civil en defensa de la seva contrapart, quan uns dinou anys abans els havia assessorat a tots ells en relació amb la mateixa qüestió que ara els oposava.
En aplicació de la doctrina abans exposada, s'ha de concloure que, tal com ha conclòs la sentència apel·lada, els agents no ostenten un interès directe en l'objecte del procediment sancionador, que els pugui legitimar per interposar la demanda contra la decisió d'arxivar les actuacions disciplinàries. En efecte, s'ha de considerar que una hipotètica resolució sancionadora no incidiria de cap manera en la seva situació personal, sinó que es limitaria a sancionar el lletrat, cosa que no els suposa en sí mateixa cap benefici concret.
S'ha de rebutjar, en especial, l'argument segons el qual la imposició d'una sanció incidiria d'alguna manera en el procés civil en que ha intervingut l'advocat denunciat. Així ho ha declarat ja la Sala Civil d'aquest Tribunal, en l'aute de 24 de juliol de 2018 que invoquen els recurrents, quan va denegar la suspensió del procediment civil per raó de prejudicialitat administrativa, recordant un precedent en què es ja es va denegar aquesta suspensió, perquè la decisió del procediment administratiu "en res afectava a la decisió del plet civil".
En conseqüència, és evident que una eventual resolució sancionadora no tindria cap incidència en el procés civil, la qual cosa comporta que els recurrents no obtindrien cap benefici de l'estimació de la seva demanda, de manera que s'ha de confirmar la declaració de falta de legitimació dels agents que ha efectuat la sentència apel·lada.
Cinquè.- No s'aprecia una especial temeritat ni mala que justifiqui la imposició de les costes d'aquesta instància.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar el recurs d'apel·lació que interposen els Srs. Pulido i Sainz contra la sentència dictada el 13 de juliol de 2018 per la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, la qual es confirma en els seus propis termes.
Segon.- No efectuar un especial pronunciament sobre les costes causades en aquesta instància.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.