STSJAD ANDORRA, a 29 de novembre del 2019 - ROJ: STSJAD 277/2019
Cassation partielle
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé29 novembre 2019
Numéro102/19
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 29 novembre 2019, n° 46-2019, STSJAD 277/2019
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 29 novembre 2019, n° de pourvoi TSJP 0000102/2019, affaire n° 6000064/2019, arrêt n° 46-2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:277 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le 12 décembre 2018, le prévenu, M. Pina (désigné également par l'initiale R. dans les motifs de la décision), faisait l’objet d’un contrôle douanier et policier de routine au poste-frontière du Riu Runer, point de passage routier reliant le Royaume d'Espagne à la Principauté d'Andorre, alors qu’il se trouvait au volant de son véhicule de marque Saab, modèle 9-3 2.2 TDI.
Interrogé par les agents du Service de police sur l’éventuelle détention de produits stupéfiants ou sur son statut d'usager de drogues, l'intéressé répondit par la négative, niant tant la possession que la consommation de telles substances. La fouille subséquente du coffre du véhicule permit néanmoins la découverte, à l'intérieur d'un nécessaire de toilette placé parmi ses effets personnels, de quatre paquets contenant un poids net total de 56 grammes de cocaïne. La marchandise avait été acquise dans la région de Castelló (Espagne), zone géographique dont le prévenu est originaire.
Les emballages saisis présentaient des caractéristiques matérielles homogènes : la substance illicite était conditionnée sous une première couche de plastique transparent, doublée d’une enveloppe de plastique blanc scellée par un fil métallique vert. En outre, deux de ces paquets portaient des inscriptions manuscrites distinctives, respectivement les lettres « S » et « J », tracées avec une encre et une épaisseur similaires.
Sur le plan personnel et professionnel, il était initialement retenu que l'intéressé se rendait en Principauté pour un court séjour de deux jours, tout en conservant sa résidence habituelle auprès de sa famille à Vinaròs (Espagne). Toutefois, l'instruction et les débats d'appel ont précisé la réalité de sa situation : M. Pina exerçait en réalité une activité professionnelle continue en Andorre du lundi au vendredi en qualité de gestionnaire d'une entreprise du secteur de l'hôtellerie, était affilié à la Caisse andorrane de sécurité sociale (CASS), y possédait un appartement donné à bail, et ne regagnait Vinaròs que les fins de semaine pour rejoindre son foyer familial.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Poursuivi du chef de délit majeur de trafic de drogue toxique (*delicte major de tràfic de droga tòxica*), le prévenu a comparu devant le Tribunal de Corts (juridiction pénale de première instance de la Principauté d'Andorre).
Par un jugement rendu le 17 juillet 2019 (cause TC-6000064/2019), le Tribunal de Corts a déclaré M. Pina pénalement responsable dudit délit majeur, sans retenir de circonstances modifiant la responsabilité pénale. En répression, la juridiction l'a condamné :
- à une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux ans fermes et le solde avec sursis probatoire assorti d’un délai de suspension de quatre ans ;
- à une peine d'amende d'un montant de 3 000 euros ;
- à la peine complémentaire d'expulsion du territoire de la Principauté pour une durée de quinze ans ;
- à la confiscation (*comís*), au profit de l'État andorran, du véhicule automobile Saab 9-3 ayant servi au transport ;
- ainsi qu'au paiement des frais de justice.
Contre cette décision, la défense de M. Pina a interjeté appel devant la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (enrôlé sous le numéro TSJP 0000102/2019). À l'appui de son recours, l'appelant a soulevé plusieurs griefs :
1. *La contestation de l'établissement des faits :* la défense a dénoncé l'affirmation de faits non prouvés dans le jugement de première instance (notamment la prétendue nervosité lors du contrôle, l'odeur de parfum censée masquer la drogue, le caractère spécifiquement « dissimulé » du produit, ainsi que la description du mode de vie de l'appelant).
2. *L'absence d'éléments constitutifs de l'infraction :* il était soutenu que la détention de la cocaïne ne relevait pas d'une intention de trafic mais d'une logique exclusive d'autoconsommation (*autoconsum*), justifiée par l'obligation de vider en urgence un domicile loué en Espagne, sans volonté de céder le produit sur le territoire national. L'appelant sollicitait dès lors son acquittement pur et simple.
3. *À titre subsidiaire, la révision des peines :* l'appelant requerrait la réduction de la peine privative de liberté à trois ans dont la partie ferme serait limitée au temps déjà purgé en détention provisoire, le surplus étant assorti du sursis avec délai de suspension de quatre ans, la minoration de l'amende à 1 000 euros, la levée pure et simple de la mesure d'expulsion du territoire en raison de son enracinement, et le rejet de la confiscation de son véhicule.
À l'opposé, le ministère public (*Ministeri Fiscal*) a conclu à la confirmation intégrale du jugement entrepris. Il soutenait que les déductions des premiers juges reposaient sur des motifs cohérents et congruents, que les allégations de l'appelant quant à l'accumulation de stupéfiants pour convenance personnelle étaient dépourvues de toute vraisemblance, que la répression prononcée était strictement proportionnée à la gravité des faits, et que l'automobile, ayant servi d'instrument direct à l'introduction illicite de la drogue dans la Principauté, devait obligatoirement faire l'objet d'une confiscation.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'appel interjeté soumettait à la juridiction supérieure plusieurs questions juridiques déterminantes, articulées autour de l'administration de la preuve, de la qualification matérielle et intentionnelle de l'infraction de trafic de stupéfiants, et de la proportionnalité des sanctions pénales principales et accessoires :
1. **Sur l'établissement de la matérialité des faits et l'appréciation des indices :** Dans quelle mesure le juge répressif peut-il retenir des circonstances factuelles à charge (nervosité, dissimulation active, odeur masquante) en l'absence de support probatoire précis au dossier ou lorsque les dépositions des agents verbalisateurs s'avèrent imprécises ou contradictoires ? Corrélativement, quelle est la force probante de déclarations informelles (« spontanées ») attribuées au prévenu par un témoin policier à l'audience, alors qu'elles ne figurent ni dans le rapport d'enquête initial ni dans l'ordonnance de poursuite (*aute de processament*) ?
2. **Sur la qualification du délit majeur de trafic de stupéfiants face à l'allégation d'autoconsommation :** La détention à l'entrée du territoire national d'une quantité de 56 grammes nets de cocaïne, conditionnée en plusieurs fractions homogènes portant des mentions alphabétiques distinctes, suffit-elle à caractériser la destination commerciale de la substance et à exclure la thèse d'une simple détention en vue d'un usage personnel échelonné dans le temps ?
3. **Sur la proportionnalité de la peine complémentaire d'expulsion (art. 38.1 du Code pénal andorran) :** L'exercice du pouvoir discrétionnaire conféré au tribunal d'ordonner l'expulsion d'un étranger condamné pour un délit majeur peut-il prévaloir lorsque le condamné justifie d'un enracinement professionnel, économique et familial préexistant et d'une résidence effective en Principauté durant la semaine ouvrée ?
4. **Sur la confiscation du véhicule automobile :** L'automobile ordinaire utilisée par l'auteur pour franchir la frontière routière avec les stupéfiants placés dans ses bagages constitue-t-elle un « instrument essentiel » de l'infraction justifiant son appréhension définitive au profit de l'État ?
5. **Sur l'individualisation de la peine d'emprisonnement :** Les garanties d'insertion, l'absence d'actes avérés de distribution effective et le statut de délinquant primaire autorisent-ils une modération substantielle de la partie ferme de la peine privative de liberté au regard des impératifs de prévention spéciale et de réinsertion sociale ?
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
#### 1. La rectification des faits provés et l'admissibilité des déclarations spontanées
La Sala Penal opère un contrôle rigoureux de l'exactitude matérielle des faits retenus en première instance. Elle relève que plusieurs éléments retenus à charge par le Tribunal de Corts ne reposaient sur aucun fondement probatoire :
- L'état de « nervosité » attribué au prévenu lors du contrôle n'est nullement étayé, les rapports policiers et les témoignages attestant qu'il s'agissait d'une interpellation purement aléatoire et routinière, la question relative aux stupéfiants ayant précédé la fouille.
- La notion de « dissimulation » (*droga amagada*) est requalifiée : la Cour distingue le fait de soustraire un objet à la vue directe de celui consistant à l'aménager dans une cachette spécifiquement conçue pour faire échec aux investigations. Le transport dans une trousse de toilette fermée par glissière parmi des bagages ne saurait être assimilé à une manœuvre frauduleuse d'occultation propre à caractériser une dissimulation aggravante.
- L'argument tiré d'une « forte odeur de parfum » censée neutraliser les effluves de la drogue est écarté comme inopérant et non démontré, la cocaïne n'émettant pas d'odeur végétale caractéristique comparable à celle du haschich ou de la marijuana, et la présence de parfum étant inhérente à l'usage d'une trousse de toilette.
- La Cour rectifie enfin la situation résidentielle : M. Pina n'était pas un simple visiteur temporaire, mais un travailleur stable exploitant une société hôtelière en Andorre depuis novembre 2017 (ayant déjà travaillé dans le pays de 2007 à 2012), propriétaire d'un bien immobilier, qui ne résidait en Espagne que durant ses repos hebdomadaires.
S'agissant des déclarations recueillies par la police, la juridiction d'appel consacre la validité du témoignage de l'agent PO306 ayant rapporté à l'audience des propos tenus spontanément par le prévenu – lequel avait affirmé qu'il s'exposerait à de graves ennuis s'il révélait les destinataires de la marchandise. La Cour juge que le silence du procès-verbal initial et de l'ordonnance de poursuite (*aute de processament*) sur cette confidence n'emporte pas sa nullité : l'instruction et le procès oral ont vocation à élargir et affiner les indices. Le tribunal de première instance ayant souverainement apprécié la crédibilité du témoin sous le bénéfice de l'immédiateté des débats, et aucun élément n'établissant une altération de la vérité, ces déclarations spontanées conservent leur valeur d'élément à charge, à la condition expresse d'être corroborées par d'autres indices concordants.
#### 2. La caractérisation du délit majeur de trafic de stupéfiants
Pour confirmer la qualification de trafic de drogue toxique, le Tribunal Superior s'appuie sur un faisceau d'indices matériels et logiques indiscutables :
- **Le critère quantitatif :** Les 56 grammes nets de cocaïne saisis excèdent manifestement le seuil admissible d'une réserve destinée à l'autoconsommation dans un horizon temporel raisonnable. Sur la base des déclarations mêmes du prévenu (qui évaluait sa consommation à 2 ou 3 grammes par week-end), cette quantité aurait couvert ses besoins personnels pendant une période minimale de 18 mois.
- **L'invraisemblance des justifications :** L'explication tirée de la nécessité de vider un logement en Espagne sans pouvoir déposer les stupéfiants ailleurs est jugée contraire aux règles élémentaires de l'expérience humaine. La Cour souligne que le prévenu, résident de longue date, ne pouvait ignorer la sévérité proverbiale de la législation andorrane en matière de stupéfiants ; dès lors, seule la perspective d'un profit économique substantiel justifiait la prise de risque consistant à franchir la frontière avec un tel volume de produit prohibé.
- **Le mode de conditionnement :** L'expertise matérielle des paquets révèle un emballage identique (doubles plastiques, ligatures métalliques vertes) et des annotations manuscrites tracées par une même main (« S » et « J »), ce qui dément la version d'une accumulation progressive et désordonnée de drogues issues d'origines diverses, et corrobore la destination commerciale des lots.
- **L'absence d'éléments disculpants contraires :** La circonstance que les perquisitions n'aient révélé aucun matériel de pesée ou de trafic informatique, que le prévenu bénéficie de revenus licites ou qu'il exprime des regrets, n'énerve en rien la déduction nécessaire de la finalité de cession ou de distribution déduite des constatations précitées.
#### 3. L'infirmation de la peine d'expulsion au visa de la proportionnalité et de l'enracinement
L'apport fondamental de la décision réside dans l'application de
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 29 de novembre del 2019 - ROJ: STSJAD 277/2019
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 29 novembre 2019, n° 46-2019, STSJAD 277/2019
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 29 novembre 2019, n° de pourvoi TSJP 0000102/2019, affaire n° 6000064/2019, arrêt n° 46-2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:277 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le 12 décembre 2018, le prévenu, M. Pina (désigné également par l'initiale R. dans les motifs de la décision), faisait l’objet d’un contrôle douanier et policier de routine au poste-frontière du Riu Runer, point de passage routier reliant le Royaume d'Espagne à la Principauté d'Andorre, alors qu’il se trouvait au volant de son véhicule de marque Saab, modèle 9-3 2.2 TDI.
Interrogé par les agents du Service de police sur l’éventuelle détention de produits stupéfiants ou sur son statut d'usager de drogues, l'intéressé répondit par la négative, niant tant la possession que la consommation de telles substances. La fouille subséquente du coffre du véhicule permit néanmoins la découverte, à l'intérieur d'un nécessaire de toilette placé parmi ses effets personnels, de quatre paquets contenant un poids net total de 56 grammes de cocaïne. La marchandise avait été acquise dans la région de Castelló (Espagne), zone géographique dont le prévenu est originaire.
Les emballages saisis présentaient des caractéristiques matérielles homogènes : la substance illicite était conditionnée sous une première couche de plastique transparent, doublée d’une enveloppe de plastique blanc scellée par un fil métallique vert. En outre, deux de ces paquets portaient des inscriptions manuscrites distinctives, respectivement les lettres « S » et « J », tracées avec une encre et une épaisseur similaires.
Sur le plan personnel et professionnel, il était initialement retenu que l'intéressé se rendait en Principauté pour un court séjour de deux jours, tout en conservant sa résidence habituelle auprès de sa famille à Vinaròs (Espagne). Toutefois, l'instruction et les débats d'appel ont précisé la réalité de sa situation : M. Pina exerçait en réalité une activité professionnelle continue en Andorre du lundi au vendredi en qualité de gestionnaire d'une entreprise du secteur de l'hôtellerie, était affilié à la Caisse andorrane de sécurité sociale (CASS), y possédait un appartement donné à bail, et ne regagnait Vinaròs que les fins de semaine pour rejoindre son foyer familial.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Poursuivi du chef de délit majeur de trafic de drogue toxique (delicte major de tràfic de droga tòxica), le prévenu a comparu devant le Tribunal de Corts (juridiction pénale de première instance de la Principauté d'Andorre).
Par un jugement rendu le 17 juillet 2019 (cause TC-6000064/2019), le Tribunal de Corts a déclaré M. Pina pénalement responsable dudit délit majeur, sans retenir de circonstances modifiant la responsabilité pénale. En répression, la juridiction l'a condamné :
à une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux ans fermes et le solde avec sursis probatoire assorti d’un délai de suspension de quatre ans ;
à une peine d'amende d'un montant de 3 000 euros ;
à la peine complémentaire d'expulsion du territoire de la Principauté pour une durée de quinze ans ;
à la confiscation (comís), au profit de l'État andorran, du véhicule automobile Saab 9-3 ayant servi au transport ;
ainsi qu'au paiement des frais de justice.
Contre cette décision, la défense de M. Pina a interjeté appel devant la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (enrôlé sous le numéro TSJP 0000102/2019). À l'appui de son recours, l'appelant a soulevé plusieurs griefs :
La contestation de l'établissement des faits : la défense a dénoncé l'affirmation de faits non prouvés dans le jugement de première instance (notamment la prétendue nervosité lors du contrôle, l'odeur de parfum censée masquer la drogue, le caractère spécifiquement « dissimulé » du produit, ainsi que la description du mode de vie de l'appelant).
L'absence d'éléments constitutifs de l'infraction : il était soutenu que la détention de la cocaïne ne relevait pas d'une intention de trafic mais d'une logique exclusive d'autoconsommation (autoconsum), justifiée par l'obligation de vider en urgence un domicile loué en Espagne, sans volonté de céder le produit sur le territoire national. L'appelant sollicitait dès lors son acquittement pur et simple.
À titre subsidiaire, la révision des peines : l'appelant requerrait la réduction de la peine privative de liberté à trois ans dont la partie ferme serait limitée au temps déjà purgé en détention provisoire, le surplus étant assorti du sursis avec délai de suspension de quatre ans, la minoration de l'amende à 1 000 euros, la levée pure et simple de la mesure d'expulsion du territoire en raison de son enracinement, et le rejet de la confiscation de son véhicule.
À l'opposé, le ministère public (Ministeri Fiscal) a conclu à la confirmation intégrale du jugement entrepris. Il soutenait que les déductions des premiers juges reposaient sur des motifs cohérents et congruents, que les allégations de l'appelant quant à l'accumulation de stupéfiants pour convenance personnelle étaient dépourvues de toute vraisemblance, que la répression prononcée était strictement proportionnée à la gravité des faits, et que l'automobile, ayant servi d'instrument direct à l'introduction illicite de la drogue dans la Principauté, devait obligatoirement faire l'objet d'une confiscation.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'appel interjeté soumettait à la juridiction supérieure plusieurs questions juridiques déterminantes, articulées autour de l'administration de la preuve, de la qualification matérielle et intentionnelle de l'infraction de trafic de stupéfiants, et de la proportionnalité des sanctions pénales principales et accessoires :
Sur l'établissement de la matérialité des faits et l'appréciation des indices : Dans quelle mesure le juge répressif peut-il retenir des circonstances factuelles à charge (nervosité, dissimulation active, odeur masquante) en l'absence de support probatoire précis au dossier ou lorsque les dépositions des agents verbalisateurs s'avèrent imprécises ou contradictoires ? Corrélativement, quelle est la force probante de déclarations informelles (« spontanées ») attribuées au prévenu par un témoin policier à l'audience, alors qu'elles ne figurent ni dans le rapport d'enquête initial ni dans l'ordonnance de poursuite (aute de processament) ?
Sur la qualification du délit majeur de trafic de stupéfiants face à l'allégation d'autoconsommation : La détention à l'entrée du territoire national d'une quantité de 56 grammes nets de cocaïne, conditionnée en plusieurs fractions homogènes portant des mentions alphabétiques distinctes, suffit-elle à caractériser la destination commerciale de la substance et à exclure la thèse d'une simple détention en vue d'un usage personnel échelonné dans le temps ?
Sur la proportionnalité de la peine complémentaire d'expulsion (art. 38.1 du Code pénal andorran) : L'exercice du pouvoir discrétionnaire conféré au tribunal d'ordonner l'expulsion d'un étranger condamné pour un délit majeur peut-il prévaloir lorsque le condamné justifie d'un enracinement professionnel, économique et familial préexistant et d'une résidence effective en Principauté durant la semaine ouvrée ?
Sur la confiscation du véhicule automobile : L'automobile ordinaire utilisée par l'auteur pour franchir la frontière routière avec les stupéfiants placés dans ses bagages constitue-t-elle un « instrument essentiel » de l'infraction justifiant son appréhension définitive au profit de l'État ?
Sur l'individualisation de la peine d'emprisonnement : Les garanties d'insertion, l'absence d'actes avérés de distribution effective et le statut de délinquant primaire autorisent-ils une modération substantielle de la partie ferme de la peine privative de liberté au regard des impératifs de prévention spéciale et de réinsertion sociale ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
1. La rectification des faits provés et l'admissibilité des déclarations spontanées
La Sala Penal opère un contrôle rigoureux de l'exactitude matérielle des faits retenus en première instance. Elle relève que plusieurs éléments retenus à charge par le Tribunal de Corts ne reposaient sur aucun fondement probatoire :
L'état de « nervosité » attribué au prévenu lors du contrôle n'est nullement étayé, les rapports policiers et les témoignages attestant qu'il s'agissait d'une interpellation purement aléatoire et routinière, la question relative aux stupéfiants ayant précédé la fouille.
La notion de « dissimulation » (droga amagada) est requalifiée : la Cour distingue le fait de soustraire un objet à la vue directe de celui consistant à l'aménager dans une cachette spécifiquement conçue pour faire échec aux investigations. Le transport dans une trousse de toilette fermée par glissière parmi des bagages ne saurait être assimilé à une manœuvre frauduleuse d'occultation propre à caractériser une dissimulation aggravante.
L'argument tiré d'une « forte odeur de parfum » censée neutraliser les effluves de la drogue est écarté comme inopérant et non démontré, la cocaïne n'émettant pas d'odeur végétale caractéristique comparable à celle du haschich ou de la marijuana, et la présence de parfum étant inhérente à l'usage d'une trousse de toilette.
La Cour rectifie enfin la situation résidentielle : M. Pina n'était pas un simple visiteur temporaire, mais un travailleur stable exploitant une société hôtelière en Andorre depuis novembre 2017 (ayant déjà travaillé dans le pays de 2007 à 2012), propriétaire d'un bien immobilier, qui ne résidait en Espagne que durant ses repos hebdomadaires.
S'agissant des déclarations recueillies par la police, la juridiction d'appel consacre la validité du témoignage de l'agent PO306 ayant rapporté à l'audience des propos tenus spontanément par le prévenu – lequel avait affirmé qu'il s'exposerait à de graves ennuis s'il révélait les destinataires de la marchandise. La Cour juge que le silence du procès-verbal initial et de l'ordonnance de poursuite (aute de processament) sur cette confidence n'emporte pas sa nullité : l'instruction et le procès oral ont vocation à élargir et affiner les indices. Le tribunal de première instance ayant souverainement apprécié la crédibilité du témoin sous le bénéfice de l'immédiateté des débats, et aucun élément n'établissant une altération de la vérité, ces déclarations spontanées conservent leur valeur d'élément à charge, à la condition expresse d'être corroborées par d'autres indices concordants.
2. La caractérisation du délit majeur de trafic de stupéfiants
Pour confirmer la qualification de trafic de drogue toxique, le Tribunal Superior s'appuie sur un faisceau d'indices matériels et logiques indiscutables :
Le critère quantitatif : Les 56 grammes nets de cocaïne saisis excèdent manifestement le seuil admissible d'une réserve destinée à l'autoconsommation dans un horizon temporel raisonnable. Sur la base des déclarations mêmes du prévenu (qui évaluait sa consommation à 2 ou 3 grammes par week-end), cette quantité aurait couvert ses besoins personnels pendant une période minimale de 18 mois.
L'invraisemblance des justifications : L'explication tirée de la nécessité de vider un logement en Espagne sans pouvoir déposer les stupéfiants ailleurs est jugée contraire aux règles élémentaires de l'expérience humaine. La Cour souligne que le prévenu, résident de longue date, ne pouvait ignorer la sévérité proverbiale de la législation andorrane en matière de stupéfiants ; dès lors, seule la perspective d'un profit économique substantiel justifiait la prise de risque consistant à franchir la frontière avec un tel volume de produit prohibé.
Le mode de conditionnement : L'expertise matérielle des paquets révèle un emballage identique (doubles plastiques, ligatures métalliques vertes) et des annotations manuscrites tracées par une même main (« S » et « J »), ce qui dément la version d'une accumulation progressive et désordonnée de drogues issues d'origines diverses, et corrobore la destination commerciale des lots.
L'absence d'éléments disculpants contraires : La circonstance que les perquisitions n'aient révélé aucun matériel de pesée ou de trafic informatique, que le prévenu bénéficie de revenus licites ou qu'il exprime des regrets, n'énerve en rien la déduction nécessaire de la finalité de cession ou de distribution déduite des constatations précitées.
3. L'infirmation de la peine d'expulsion au visa de la proportionnalité et de l'enracinement
L'apport fondamental de la décision réside dans l'application de
Sentència
Núm. de Rotlle: TSJP 0000102/2019 Núm. de Causa: 6000064/2019
SENTÈNCIA 46-2019
PARTS:
Apel·lant: Sr. Pina
Advocat: Sr. Pastor
Apel·lat: Ministeri Fiscal
Magistrades: Sra. Marie Conte
Sra. Fátima Ramírez Souto
Andorra la Vella, vint-i-nou de novembre de dos mil dinou.
En el recurs d'apel·lació interposat contra la sentència de data 17 de juliol de 2019 dictada pel Tribunal de Corts en la Causa i Rotlle de referència, seguida per un delicte major de tràfic de droga tòxica. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Fátima Ramírez Souto.
ANTECEDENTS DE FET
I.-RESULTANT: Que el Tribunal de Corts dictà sentència de data 17 de juliol de 2019 amb la següent part dispositiva: "Decidim,
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 102/19 — Décision commentée
Condemnar Pina, com a autor penalment responsable del delicte major de tràfic de droga tòxica, sense que concorrin circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a la pena de TRES ANYS DE PRESÓ, DELS QUALS DOS ANYS FERMS, i la resta condicional, amb un termini de suspensió de la pena de 4 anys, MULTA EN L'IMPORT DE TRES MIL EUROS (3.000 EUR) i EXPULSIÓ DEL PRINCIPAT per un període de QUINZE ANYS.
S'acorda el comís del vehicle Saab 9-3 2.2 TDI, matrícula XXXX, propietat del condemnat, a favor de l'Estat Andorrà.
Es condemna també a Pina al pagament de les despeses processals causades, a acreditar en període d'execució".
II.-RESULTANT: El precedent fallo es recolza en els següents fets que declara provats en el seu primer Resultant: són fets provats i així es declaren que,
"el 12 de desembre del 2018, Pina fou objecte d'un control rutinari a la frontera del riu Runer, quan conduïa el seu vehicle Saab 9-3 2.2 TDI, matrícula xxx. En observar els agents que R. es posava nerviós, li demanaren si duia algun tipus de producte estupefaent. R. negà als agents esser posseïdor o consumidor de cap tipus de producte estupefaent.
Efectuat un registre al maleter del vehicle, entre divers equipatge hi havia un necesser en el quin R. intentava introduir al Principat quatre embolcalls contenint 56 grams de cocaïna, en pes net. La droga havia estat adquirida a la zona de Castelló, d'on és originari R., i es trobava amagada dins el folre del necesser, on duia els productes d'higiene personal, i amb fort olor de perfum. Els embolcalls estaven fets amb una bossa de plàstic blanca amb l'anagrama vermell d'un centre comercial. Un dels embolcalls anava marcat amb una lletra S i l'altre amb la lletra J.
R. es dirigia al Principat per passar només dos dies a Andorra, doncs malgrat té interessos econòmics al país, resideix habitualment amb la seva família a Vinarós, desplaçant-se els caps de setmana a Vinaròs per a passar-los amb la seva família.
III.-RESULTANT: que contra l'esmentada sentència interposa recurs d'apel·lació la defensa del Sr. Pina, al·legant que la sentència d'instància considera provats uns fets que no ho són i per quant no queda constituït el delicte major de tràfic de droga tòxica cocaïna, així com també es mostra en desacord respecte a que s'hagi acordat el comís del vehicle del seu defensat.
Sol·licita que es declari l'absolució del seu defensat i subsidiàriament si es considera autor del delicte, es modifiqui la pena imposada per la de 3 anys de presó, dels quals ferms la pena ja complerta de manera provisional i la resta condicional, amb un termini de suspensió de la pena de 4 anys i una multa de 1.000 euros, no imposant-li la pena complementària d'expulsió del principat, ni el comís del seu vehicle.
IV.-RESULTANT: que el Ministeri Fiscal s'oposa al recurs, al·legant que les conclusions a les que arriba el tribunal a quo, assentades en uns raonaments i unes motivacions totalment coherents i congruents, són plenament ajustades a dret, així com que resulten inversemblants les explicacions que dona el condemnat sobre l'origen de la droga.
Respecte a la pena imposada considera que és proporcional a la gravetat dels fets pels quals es condemna a R., i pel que fa al comís del vehicle, considera que essent el vehicle un instrument del delicte, resulta obligat el seu comís.
V.- RESULTANT: Que s'accepten els fets provats amb les següents modificacions:
1.- en el primer paràgraf es substitueix "En observar els agents que ROMEU es posava nerviós li demanaren..."" per "Quan els agents li demanaren...";
2.- En el segon paràgraf s'elimina la paraula "amagada" i "amb l'anagrama vermell d'un centre comercial".
3.- El tercer paràgraf s'elimina i es substitueix per: R. es dirigia al Principat on habitualment treballa de dilluns a divendres en els negocis dels què es titular i es propietari d'un pis, desplaçant-se els caps de setmana a Vinaròs per a passar-los amb la seva família.
FONAMENTS DE DRET
I.-CONSIDERANT: que la representació de Pina interposa recurs contra la sentència, impugnant, en primer lloc alguns del pronunciaments del fets provats perquè considera que no es sustenten en cap prova, el que és així respecte a la major part dels fets qüestionats, tot i que, com s'exposarà, no afecta a la comissió pel recurrent del delicte pel qual ha estat condemnat.
Que el Sr. R. negà quan fou controlat, ser consumidor de productes estupefaents consta a l'informe policial -foli 8- i ho va declarar l'agent PO348 al judici, però no succeeix igual amb la resta dels fets.
Així, que al Sr. R. se li va demanar si portava algun tipus de substància estupefaent perquè es posés nerviós no té suport probatori. Consta a l'informe policial i també ho van declarar el agents actuants, que es va tractar d'un control aleatori o rutinari i que se li va preguntar si portava algun tipus de droga o si n'era consumidor abans de procedir al registre.
La droga la portava el recurrent dintre del folre del necesser al què s'accedia, segons l'agent PO348, obrint una cremallera. Consta en l'acta del judici que els dos agents que van declarar es van contradir sobre l'extrem de si es veien o no els embolcalls en obrir el necesser. Si per amagar entenem posar una cosa en un lloc on no sigui visible a simple vista, sí que es pot dir que la droga es trobava amagada. Però si entenem que amagar és col·locar- la en un lloc on sigui difícil de trobar no es pot considerar que la droga la portés el recurrent amagada, ja que és lògic que la droga sigui pel propi consum o pel tràfic no es trobi a la vista. Portar-la en el compartiment interior d'un necesser, en no tractar-se d'un espai específicament habilitat per introduir la droga, no equival a portar-la amagada per a impedir el seu descobriment.
El fort olor de perfum del necesser ignorem en què ho sustenta el Tribunal de Corts, però en qualsevol cas, considerem que és una dada irrellevant perquè és normal que un necesser pugui fer olor de perfum en tractar-se d'un espai en què habitualment es guarden colònies o perfums i perquè, en principi, la cocaïna no després cap olor característic que la pugui identificar, com succeeix amb la marihuana i el haixix.
El que els embolcalls en què estava la droga fossin fets amb la bossa de plàstic d'un centre comercial, ignorem en què es sustenta tot i que en les fotografies dels folis 71, 72 i 73 es veu que una part del plàstic és de color vermell, sobre tot en l'embolcall del foli 73 i es pugui concloure la similitud entre tots els embolcalls, tal com s'exposarà.
Finalment, no és del tot cert que el recurrent resideixi habitualment amb la seva família a Vinaròs, sinó que seria més correcte dir que resideix amb la seva família a Vinaròs els caps de setmana i que la resta dels dies ho fa al Principat on treballa en els seus negocis, ja que així en ressurt de les seves manifestacions, les de la seva esposa i la informació sobre la seva activitat laboral aportada per la seva representació.
II.-CONSIDERANT: que la conclusió a la que arriba el Tribunal de Corts sobre el destí de la droga que portava el recurrent resulta correcta i, per tant, correctament constituït el delicte pel què ha estat condemnat.
Així, la quantitat de droga posseïda pel recurrent -56 grams nets de cocaïna- supera la que es pot considerar destinada a satisfer el seu autoconsum en un temps raonable. Si, segons el recurrent, consumia entre 2 i 3 grams els caps de setmana, amb la droga intervinguda cobriria el seu consum de 18 mesos com a mínim. Es tracta d'un període de temps massa llarg tenint en compte que no es troba justificat el portar a sobre la quantitat de droga intervinguda, ja que, como exposa el Tribunal de Corts, l'explicació donada pel Sr. R. no resulta versemblant.
I no ho és perquè no resulta lògic, i és contrari al que l'experiència ensenya que constitueix la forma normal de comportar-se de les persones, portar a sobre tanta quantitat de cocaïna i tractar d'introduir-la al Principat per a després tornar-la a treure, només perquè havia de buidar una casa que volia llogar i no va tenir temps de deixar-la en un altre lloc. El recurrent ha residit durant molt de temps a Andorra i no pot ser aliè a l'estricta legislació en matèria de repressió del tràfic de drogues i, per tant, només la possibilitat de obtenir un benefici econòmic pot justificar que s'arrisqués a introduir la quantitat de droga que portava.
Que el Sr. R. estigués nerviós, que no portés la droga a la vista o que negués als policies ser consumidor de drogues ni portar-ne són fets equívocs, en el sentit de que tant poden obeir a la possessió de la droga pel autoconsum com pel tràfic, ja que, en la primera hipòtesi, el fet de portar tanta quantitat de droga, encara que fos pel seu propi consum li podria comportar problemes i és lògic que volgués eludir-los, evitant el seu descobriment.
Pel que fa a les característiques dels embolcalls, independentment de si la bossa de plàstic utilitzada per a fer-los era d'un supermercat, la descripció que dels mateixos consta al dictamen pericial -foli 62- permet comprovar que tenen les mateixes característiques, doncs la droga apareix embolcallada amb un plàstic transparent i un plàstic de color blanc tancat amb un filferro verd i a més en dos de les bossetes apareix una lletra que, sense ser un expert cal·lígraf -foli 69- es pot apreciar que presenten les mateixes característiques en quant a color i gruix de la lletra. El que les bossetes fossin de les mateixes característiques tampoc és per sí sol demostratiu del destí de la droga, però sí que evidència que la versió del processat sobre l'acumulació de drogues de diverses procedències no respon a la realitat, constituint un element de corroboració de la voluntat de tràfic.
Les manifestacions que el recurrent va fer als agents del Servei de Policia també són rellevants per a sustentar la intenció de tràfic de la droga posseïda. El Tribunal de Corts ha pogut valorar les declaracions de l'agent PO306 efectuades a l'acte del judici sobre les manifestacions fetes pel recurrent en relació a que tindria problemes si deia per qui era la droga. És cert que aquestes manifestacions no consten a l'informe policial, però això no constitueix motiu per negar la seva validesa així com tampoc que l'altra agent no es consignés a l'acta que les hagués ratificat, ni molt menys que no apareguin a l'aute de processament.
Així, l'aute de processament no limita els indicis de criminalitat als consignats en dita resolució sinó que, lògicament, aquets indicis es poden anar ampliant durant la fase instructora i el judici oral, en funció del resultat de les proves practicades. D'altra banda, no consta que a l'agent PO306 se li preguntés pel fet de no constar les manifestacions del processat a l'informe policial ni tampoc que a l'agent PO308 se li preguntés sobre aquesta qüestió,
de forma que no es pot dir que els agents es contradiguessin sobre aquest extrem. El Tribunal de Corts va poder percebre amb immediació la declaració de l'agent PO306 i, no existint dades objectives que demostrin que el processat no va fer les manifestacions que li va atribuir, ni motius per a considerar que l'agent va faltar a la veritat, la Sala no pot modificar la credibilitat atorgada pel Tribunal de Corts.
S'ha de tenir en compte, a més, que les manifestacions espontànies del processat efectuades fora de les seves declaracions oficials, tot i que té validesa com a prova de càrrec, el seu contingut ha de estar corroborada per altres proves o indicis i per sí mateixa seria insuficient per a acreditar-lo.
Finalment, el que no es trobessin en els seus aparells informàtics o en els registres efectuats elements per a relacionar al recurrent amb el tràfic de drogues, que aquest no tingués problemes econòmics o que es mostri penedit per haver tractar d'introduir la droga, encara que fos pel seu propi consum, són circumstàncies que no demostren el destí al autoconsum de la droga posseïda.
La comissió pel recurrent del delicte pel qual ha estat condemnat es sustenta en prova de càrrec suficient i correctament valorada i la impugnació ha de ser desestimada.
III.-CONSIDERANT: que s'impugna la imposició de la pena d'expulsió amb uns arguments que han de ser estimats.
L'article 38.1 del Codi Penal preveu com una facultat del Tribunal la imposició de la pena complementària d'expulsió temporal o definitiva de la persona de nacionalitat estrangera condemnada per un delicte major.
No diu el precepte el criteris a tenir en compte per imposar aquesta pena, però considerem que davant de la realitat de l'afectació que pot tenir en drets fonamentals de les persones, s'ha de valorar la gravetat y naturalesa del fets i les circumstàncies d'arrelament del condemnat en el Principat per a evitar que la pena sigui desproporcionada.
Malgrat la gravetat del delicte comés pel recurrent, considerem que el seu arrelament al Principat és prou important com per determinar la improcedència de la imposició de la pena d'expulsió, què resulta desproporcionada.
Així, ha resultant documentalment acreditat que el Sr. R. ha treballat al Principat entre els anys 2007 i 2012 i en la actualitat treballa des de novembre del 2017 -segons full de cotització a la CASS- regentant una empresa de serveis d'hostaleria què constitueix la seva principal font d'ingressos. També és propietari d'un habitatge què té llogat i resideix en Andorra des de dilluns a divendres de cada setmana, traslladant-se els caps de setmana a Vinaròs per a passar-los amb la seva família.
El recurrent té un arrelament personal, econòmic i laboral d'entitat suficient per determinar que no hagi de ser sancionat amb la pena d'expulsió.
IV.- CONSIDERANT: que el comís del vehicle ha estat correctament acordat ja que, en contra del criteri del recurrent, sí que constitueix un instrument essencial per a la comissió del delicte en atenció a les particularitats que presenta l'accés al Principat. Encara que la droga no fos transportada en algun espai del vehicle específicament realitzat per amagar-la o aprofitant algún espai natural del mateix, sí que va ser utilitzat per transportar el necesser en què estava depositada la droga e introduir-la al Principat, el què, tenint en compte que la forma d'accés normal al seu territori és per carretera, converteix al vehicle en un medi essencial per a la comissió del delicte.
V.- CONSIDERANT: que finalment s'impugnen les penes imposades amb uns arguments que han de ser parcialment estimats.
Així, l'extensió de tres anys en què ha estat imposada la pena de presó és adequada en atenció a la quantitat de droga posseïda, però valorant que no ha arribat a fer cap acte de transmissió de la droga i les seves possibilitats de reinserció, tenint en compte que és el primer delicte que ha comès, que té feina i família i que la seva trajectòria penitenciària és correcta, considerem que el període de presó ferma ha de ser reduït a un any i la resta condicional amb un termini de suspensió de quatre anys. Un any de presó ferma és una pena que considerem que en el cas del recurrent compleix adequadament les finalitats de prevenció especial i retribució de la pena.
La pena de multa és adequada en atenció al valor de la droga i les possibilitats econòmiques del recurrent.
VI.- CONSIDERANT: Que el recurs ha de ser parcialment estimat amb la imposició de les costes processals causades, al recurrent.
Decisio
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
DECISIÓ
La Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
1.- ESTIMAR PARCIALMENT el recurs interposat per la representació de Pina.
2.- REVOCAR PARCIALMENT la sentència dictada pel Tribunal de Corts en data 17 de juliol del 2019 en la causa TC-6000064/2019 i, en conseqüència: a) es modifiquen els fets provats en el sentit exposat en l'antecedent V d'aquesta resolució; b) es suprimeix la pena d'expulsió del territori andorrà; i c) es fixa la pena de presó ferma en un any i la resta condicional amb un termini de suspensió de quatre anys.
3.- MANTENIR tots el pronunciaments que no hagin estat modificats per aquesta resolució.
4.- Imposar al recurrent les despeses processals causades pel recurs.
Declarar d'ofici les despeses processals causades pel recurs.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.