STSJAD ANDORRA, a 21 de febrer del 2020 - ROJ: STSJAD 2/2020
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé21 février 2020
Numéro60/19
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 2/2020 - ECLI:AD:TSJADAD:2020:2
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 21 février 2020, n° STSJAD 2/2020, recours n° 60/19 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de la mise en place et du déploiement du système fiscal direct en Principauté d'Andorre, plus particulièrement s'agissant de l'imposition des revenus issus d'activités économiques (ci-après « IRAE », *impost sobre la renda de les activitats econòmiques*) au titre des exercices fiscaux 2012, 2013 et 2014.
Le contribuable, M. Tejera, avait acquis par voie successorale (*mortis causa*) des biens immobiliers affectés à son activité économique avant la date d'entrée en vigueur et d'application effective du nouveau régime d'imposition directe des sociétés et des activités économiques, inauguré notamment par la loi 95/2010 du 29 décembre 2010 sur l'impôt sur les sociétés (*Llei de l'impost sobre societats*). Lors de l'assujettissement de ses revenus professionnels à l'IRAE pour les années 2012 à 2014, la détermination de l'assiette imposable a soulevé la question de la valorisation de cet actif immobilier d'exploitation et de la déductibilité des amortissements y afférents.
L'Administration fiscale andorrane a procédé à un redressement en retenant que les immeubles acquis avant l'entrée en vigueur du cadre fiscal devaient être évalués non pas à leur valeur de marché ou valeur vénale au jour de l'assujettissement, mais à leur valeur comptable résiduelle, déduction faite des amortissements linéaires théoriques accumulés depuis la date réelle de mise en service de chaque élément patrimonial. Constatant en outre que l'intéressé n'avait pas justifié à suffisance le prix ou coût d'acquisition effectif des biens, l'Administration a recouru à la méthode d'évaluation indirecte (*mètode d'estimació indirecta*) pour fixer la base d'amortissement et la liquidation correspondante.
Contestant cette approche, le contribuable a exercé le 13 octobre 2017 un recours administratif devant la Commission technique fiscale (*Comissió Tècnica Tributària*). Par une première résolution adoptée le 16 janvier 2018, ladite commission s'est prononcée sur ce recours. Néanmoins, quelques mois plus tard, le 27 avril 2018, la même Commission technique fiscale a pris l'initiative de révoquer sa décision antérieure du 16 janvier 2018 pour lui substituer une nouvelle résolution accueillant partiellement le recours de l'administré et établissant une nouvelle liquidation d'IRAE pour les exercices 2012, 2013 et 2014.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Insatisfait du maintien partiel du redressement et contestant la régularité même de la procédure suivie, M. Tejera a saisi la juridiction de première instance, la section administrative du Tribunal de Batlles (*Tribunal de Batlles, Secció Administrativa*), d'un recours contentieux administratif dirigé contre le gouvernement de la Principauté d'Andorre (*Govern d'Andorra*). Il y sollicitait l'annulation de la résolution de la Commission technique fiscale du 27 avril 2018.
Par un jugement rendu le 11 juin 2019, le Tribunal de Batlles a fait droit à la demande de M. Tejera. Les premiers juges ont prononcé la nullité de plein droit (*nul·litat de ple dret*) de la résolution administrative du 27 avril 2018, au motif tiré de l'incompétence manifeste de l'organe l'ayant édictée (*òrgan manifestament incompetent*). Selon l'analyse retenue en première instance, la Commission technique fiscale disposait uniquement d'attributions consultatives ou de règlement des recours administratifs, de sorte que le pouvoir de révocation et la fixation subséquente d'une nouvelle liquidation d'imposition relevaient de la compétence exclusive du directeur général du département des Impôts et des Frontières (*director general del Departament de Tributs i Fronteres*).
Le gouvernement d'Andorre a interjeté appel de cette décision devant la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice (*Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa*). Au soutien de son appel (enrôlé sous le numéro 60/19), le représentant de la puissance publique a articulé une double argumentation :
1. **Sur la compétence de l'organe administratif :** L'exécutif a fait valoir que le Tribunal de Batlles a commis une erreur de droit en méconnaissant l'article 23 du Règlement de révision en voie administrative des actes d'application des impôts (*Reglament de revisió en via administrativa dels actes d'aplicació dels tributs*), combiné avec l'article 146 de la loi générale des finances publiques et du système fiscal (*Llei de bases de l'ordenament tributari* – LBOT, modifiée par la loi 31/2012). Selon l'appelant, la Commission technique fiscale était pleinement habilitée à révoquer son propre acte décisionnel antérieur et, par voie de conséquence, à trancher le recours en fixant la liquidation rectifiée qui en découlait.
2. **Sur le fond du droit fiscal :** Le gouvernement a soutenu que l'article 15 de la loi sur l'impôt sur les sociétés (invoqué pour fonder une valorisation à la valeur normale de marché) n'était pas applicable au cas d'espèce, dans la mesure où cette disposition ne régit que les périodes d'imposition ouvertes à compter du 1er janvier 2012, alors que les biens litigieux avaient été transmis *mortis causa* avant cette date. Dès lors, il convenait d'appliquer les règles du Plan général de comptabilité et, spécifiquement, la disposition transitoire 2a de la loi 95/2010 sur l'impôt sur les sociétés, laquelle impose de retenir le prix d'acquisition amputé de l'amortissement linéaire accumulé depuis la mise en fonctionnement du bien. Faute de justificatif probant quant au coût initial d'acquisition, le recours subsidiaire à la méthode de détermination indirecte s'imposait légalement.
En réplique, l'intimé, M. Tejera, a sollicité la confirmation intégrale du jugement de nullité. Il a soutenu, au plan procédural, que la Commission technique fiscale avait outrepassé ses prérogatives en ne se bornant pas à révoquer l'acte, mais en opérant elle-même une nouvelle liquidation fiscale, tâche qui selon lui appartient à la direction des impôts.
Sur le fond, l'intimé a maintenu que la loi relative à l'impôt sur les sociétés s'applique par renvoi de l'article 12 de la loi relative à l'IRAE et que la valorisation des biens devait coïncider avec leur valeur vénale ou raisonnable (*valor raonable*), conformément aux règles comptables régissant les legs, donations et subventions (section 3 du chapitre premier du Plan général de comptabilité). Par ailleurs, il a réfuté la nécessité d'un recours à l'estimation indirecte pour fixer l'assiette imposable.
L'audience publique ayant été remplacée par la présentation de conclusions écrites récapitulatives, les parties y ont réitéré leurs positions respectives.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'arrêt d'appel soulève deux problématiques juridiques fondamentales, l'une tenant à la compétence administrative et aux pouvoirs de réexamen des organes fiscaux, l'autre portant sur les règles d'évaluation patrimoniale et de déduction transitoire des amortissements :
1. **Sur le plan procédural :** La Commission technique fiscale andorrane est-elle légalement compétente pour révoquer d'office ou sur réexamen une décision qu'elle a elle-même précédemment rendue sur recours gracieux ou hiérarchique, et peut-elle immédiatement assortir cette révocation d'une nouvelle liquidation d'imposition réduisant la dette du contribuable sans méconnaître les attributions des organes de gestion fiscale ?
2. **Sur le plan fiscal substantiel :** Comment doivent être évalués, au regard de l'impôt sur le revenu des activités économiques (et, par renvoi, du régime de l'impôt sur les sociétés), les biens immobiliers acquis par un contribuable avant l'entrée en vigueur de la législation fiscale moderne ? Doit-on admettre une valorisation de ces actifs à leur valeur de marché ou d'apport à la date d'effectivité de l'impôt, ou convient-il d'appliquer la disposition transitoire 2a de la loi 95/2010 imposant de déduire du coût historique l'amortissement linéaire accumulé depuis leur mise en service réelle ? Enfin, quelle est la sanction probatoire en cas de défaut de justification du prix d'acquisition initial ?
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal supérieur de justice d'Andorre, sous la plume de son président et magistrat rapporteur Albert Andrés Pereira, infirme le jugement rendu par la section administrative du Tribunal de Batlles et tranche l'entier litige en exerçant sa compétence de pleine juridiction.
#### 1. Sur la compétence de la Commission technique fiscale et la légalité de la procédure de révocation
La haute juridiction écarte le motif d'incompétence retenu par les premiers juges en articulant son analyse autour des dispositions combinées de la loi de bases de l'ordonnement tributaire (LBOT) et des règlements d'application :
* **Le régime de la révocation fiscale (art. 146 LBOT) :** La cour relève que la révocation des actes d'imposition constitue un mécanisme de retrait et de révision protecteur pour l'administré, encadré par deux garanties d'ordre public : d'une part, l'interdiction de révoquer des actes ou résolutions couverts par la prescription (art. 146.4 LBOT) ; d'autre part, la stricte interdiction de porter atteinte à la situation du redevable par une aggravation de sa position fiscale (*non reformatio in peius*, art. 146.2 LBOT).
* **L'attribution de compétence (*principe du parallélisme des formes*) :** L'article 146.5 de la LBOT attribue expressément le pouvoir de révoquer l'acte à l'organe même qui l'a édicté, ou à son supérieur hiérarchique, sur rapport conforme et contraignant de la Commission technique fiscale. Le tribunal en déduit avec rigueur que lorsque la décision initiale émane de la Commission technique fiscale elle-même – agissant comme organe de recours administratif –, c'est à cette dernière qu'incombe la compétence de la révoquer.
* **L'appui du droit réglementaire spécial :** Ce principe est formellement conforté par l'article 23 du Règlement de révision en voie administrative des actes d'application des impôts, lequel précise que la décision de révocation prise dans le cadre d'un recours administratif ou d'une procédure spéciale de révision doit être adoptée par la Commission technique fiscale.
* **L'indivisibilité de la révocation et de la liquidation subséquente :** Le Tribunal supérieur censure l'argumentation de l'intimé qui prétendait scinder matériellement la décision de révocation de l'acte de nouvelle liquidation. La cour juge que la révocation a débouché sur l'admission partielle du recours initial formé par l'administré. Or, l'adoption de la résolution finale tranchant le recours administratif et fixant l'issue de la réclamation appartient légalement et de plein droit à la Commission technique fiscale, en vertu de l'article 140.a de la LBOT. Dès lors, la compétence de l'organe était pleine et entière.
Constatant que la juridiction disposait de tous les éléments d'appréciation nécessaires, le tribunal décide de statuer au fond sans renvoyer l'affaire devant les premiers juges (*fundam-9*), garantissant ainsi l'exigence de célérité et la bonne administration de la justice.
#### 2. Sur l'évaluation de l'actif immobilier et le régime transitoire des amortissements
Abordant le fond du litige fiscal, la juridiction andorrane applique les principes déjà dégagés dans sa jurisprudence antérieure, tout particulièrement son arrêt de principe n° 98-2019 du 24 octobre 2019 :
* **La portée de la disposition transitoire 2a de la loi 9
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 21 de febrer del 2020 - ROJ: STSJAD 2/2020
STSJAD 2/2020 - ECLI:AD:TSJADAD:2020:2
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 21 février 2020, n° STSJAD 2/2020, recours n° 60/19 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de la mise en place et du déploiement du système fiscal direct en Principauté d'Andorre, plus particulièrement s'agissant de l'imposition des revenus issus d'activités économiques (ci-après « IRAE », impost sobre la renda de les activitats econòmiques) au titre des exercices fiscaux 2012, 2013 et 2014.
Le contribuable, M. Tejera, avait acquis par voie successorale (mortis causa) des biens immobiliers affectés à son activité économique avant la date d'entrée en vigueur et d'application effective du nouveau régime d'imposition directe des sociétés et des activités économiques, inauguré notamment par la loi 95/2010 du 29 décembre 2010 sur l'impôt sur les sociétés (Llei de l'impost sobre societats). Lors de l'assujettissement de ses revenus professionnels à l'IRAE pour les années 2012 à 2014, la détermination de l'assiette imposable a soulevé la question de la valorisation de cet actif immobilier d'exploitation et de la déductibilité des amortissements y afférents.
L'Administration fiscale andorrane a procédé à un redressement en retenant que les immeubles acquis avant l'entrée en vigueur du cadre fiscal devaient être évalués non pas à leur valeur de marché ou valeur vénale au jour de l'assujettissement, mais à leur valeur comptable résiduelle, déduction faite des amortissements linéaires théoriques accumulés depuis la date réelle de mise en service de chaque élément patrimonial. Constatant en outre que l'intéressé n'avait pas justifié à suffisance le prix ou coût d'acquisition effectif des biens, l'Administration a recouru à la méthode d'évaluation indirecte (mètode d'estimació indirecta) pour fixer la base d'amortissement et la liquidation correspondante.
Contestant cette approche, le contribuable a exercé le 13 octobre 2017 un recours administratif devant la Commission technique fiscale (Comissió Tècnica Tributària). Par une première résolution adoptée le 16 janvier 2018, ladite commission s'est prononcée sur ce recours. Néanmoins, quelques mois plus tard, le 27 avril 2018, la même Commission technique fiscale a pris l'initiative de révoquer sa décision antérieure du 16 janvier 2018 pour lui substituer une nouvelle résolution accueillant partiellement le recours de l'administré et établissant une nouvelle liquidation d'IRAE pour les exercices 2012, 2013 et 2014.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Insatisfait du maintien partiel du redressement et contestant la régularité même de la procédure suivie, M. Tejera a saisi la juridiction de première instance, la section administrative du Tribunal de Batlles (Tribunal de Batlles, Secció Administrativa), d'un recours contentieux administratif dirigé contre le gouvernement de la Principauté d'Andorre (Govern d'Andorra). Il y sollicitait l'annulation de la résolution de la Commission technique fiscale du 27 avril 2018.
Par un jugement rendu le 11 juin 2019, le Tribunal de Batlles a fait droit à la demande de M. Tejera. Les premiers juges ont prononcé la nullité de plein droit (nul·litat de ple dret) de la résolution administrative du 27 avril 2018, au motif tiré de l'incompétence manifeste de l'organe l'ayant édictée (òrgan manifestament incompetent). Selon l'analyse retenue en première instance, la Commission technique fiscale disposait uniquement d'attributions consultatives ou de règlement des recours administratifs, de sorte que le pouvoir de révocation et la fixation subséquente d'une nouvelle liquidation d'imposition relevaient de la compétence exclusive du directeur général du département des Impôts et des Frontières (director general del Departament de Tributs i Fronteres).
Le gouvernement d'Andorre a interjeté appel de cette décision devant la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa). Au soutien de son appel (enrôlé sous le numéro 60/19), le représentant de la puissance publique a articulé une double argumentation :
Sur la compétence de l'organe administratif : L'exécutif a fait valoir que le Tribunal de Batlles a commis une erreur de droit en méconnaissant l'article 23 du Règlement de révision en voie administrative des actes d'application des impôts (Reglament de revisió en via administrativa dels actes d'aplicació dels tributs), combiné avec l'article 146 de la loi générale des finances publiques et du système fiscal (Llei de bases de l'ordenament tributari – LBOT, modifiée par la loi 31/2012). Selon l'appelant, la Commission technique fiscale était pleinement habilitée à révoquer son propre acte décisionnel antérieur et, par voie de conséquence, à trancher le recours en fixant la liquidation rectifiée qui en découlait.
Sur le fond du droit fiscal : Le gouvernement a soutenu que l'article 15 de la loi sur l'impôt sur les sociétés (invoqué pour fonder une valorisation à la valeur normale de marché) n'était pas applicable au cas d'espèce, dans la mesure où cette disposition ne régit que les périodes d'imposition ouvertes à compter du 1er janvier 2012, alors que les biens litigieux avaient été transmis mortis causa avant cette date. Dès lors, il convenait d'appliquer les règles du Plan général de comptabilité et, spécifiquement, la disposition transitoire 2a de la loi 95/2010 sur l'impôt sur les sociétés, laquelle impose de retenir le prix d'acquisition amputé de l'amortissement linéaire accumulé depuis la mise en fonctionnement du bien. Faute de justificatif probant quant au coût initial d'acquisition, le recours subsidiaire à la méthode de détermination indirecte s'imposait légalement.
En réplique, l'intimé, M. Tejera, a sollicité la confirmation intégrale du jugement de nullité. Il a soutenu, au plan procédural, que la Commission technique fiscale avait outrepassé ses prérogatives en ne se bornant pas à révoquer l'acte, mais en opérant elle-même une nouvelle liquidation fiscale, tâche qui selon lui appartient à la direction des impôts.
Sur le fond, l'intimé a maintenu que la loi relative à l'impôt sur les sociétés s'applique par renvoi de l'article 12 de la loi relative à l'IRAE et que la valorisation des biens devait coïncider avec leur valeur vénale ou raisonnable (valor raonable), conformément aux règles comptables régissant les legs, donations et subventions (section 3 du chapitre premier du Plan général de comptabilité). Par ailleurs, il a réfuté la nécessité d'un recours à l'estimation indirecte pour fixer l'assiette imposable.
L'audience publique ayant été remplacée par la présentation de conclusions écrites récapitulatives, les parties y ont réitéré leurs positions respectives.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'arrêt d'appel soulève deux problématiques juridiques fondamentales, l'une tenant à la compétence administrative et aux pouvoirs de réexamen des organes fiscaux, l'autre portant sur les règles d'évaluation patrimoniale et de déduction transitoire des amortissements :
Sur le plan procédural : La Commission technique fiscale andorrane est-elle légalement compétente pour révoquer d'office ou sur réexamen une décision qu'elle a elle-même précédemment rendue sur recours gracieux ou hiérarchique, et peut-elle immédiatement assortir cette révocation d'une nouvelle liquidation d'imposition réduisant la dette du contribuable sans méconnaître les attributions des organes de gestion fiscale ?
Sur le plan fiscal substantiel : Comment doivent être évalués, au regard de l'impôt sur le revenu des activités économiques (et, par renvoi, du régime de l'impôt sur les sociétés), les biens immobiliers acquis par un contribuable avant l'entrée en vigueur de la législation fiscale moderne ? Doit-on admettre une valorisation de ces actifs à leur valeur de marché ou d'apport à la date d'effectivité de l'impôt, ou convient-il d'appliquer la disposition transitoire 2a de la loi 95/2010 imposant de déduire du coût historique l'amortissement linéaire accumulé depuis leur mise en service réelle ? Enfin, quelle est la sanction probatoire en cas de défaut de justification du prix d'acquisition initial ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal supérieur de justice d'Andorre, sous la plume de son président et magistrat rapporteur Albert Andrés Pereira, infirme le jugement rendu par la section administrative du Tribunal de Batlles et tranche l'entier litige en exerçant sa compétence de pleine juridiction.
1. Sur la compétence de la Commission technique fiscale et la légalité de la procédure de révocation
La haute juridiction écarte le motif d'incompétence retenu par les premiers juges en articulant son analyse autour des dispositions combinées de la loi de bases de l'ordonnement tributaire (LBOT) et des règlements d'application :
Le régime de la révocation fiscale (art. 146 LBOT) : La cour relève que la révocation des actes d'imposition constitue un mécanisme de retrait et de révision protecteur pour l'administré, encadré par deux garanties d'ordre public : d'une part, l'interdiction de révoquer des actes ou résolutions couverts par la prescription (art. 146.4 LBOT) ; d'autre part, la stricte interdiction de porter atteinte à la situation du redevable par une aggravation de sa position fiscale (non reformatio in peius, art. 146.2 LBOT).
L'attribution de compétence (principe du parallélisme des formes) : L'article 146.5 de la LBOT attribue expressément le pouvoir de révoquer l'acte à l'organe même qui l'a édicté, ou à son supérieur hiérarchique, sur rapport conforme et contraignant de la Commission technique fiscale. Le tribunal en déduit avec rigueur que lorsque la décision initiale émane de la Commission technique fiscale elle-même – agissant comme organe de recours administratif –, c'est à cette dernière qu'incombe la compétence de la révoquer.
L'appui du droit réglementaire spécial : Ce principe est formellement conforté par l'article 23 du Règlement de révision en voie administrative des actes d'application des impôts, lequel précise que la décision de révocation prise dans le cadre d'un recours administratif ou d'une procédure spéciale de révision doit être adoptée par la Commission technique fiscale.
L'indivisibilité de la révocation et de la liquidation subséquente : Le Tribunal supérieur censure l'argumentation de l'intimé qui prétendait scinder matériellement la décision de révocation de l'acte de nouvelle liquidation. La cour juge que la révocation a débouché sur l'admission partielle du recours initial formé par l'administré. Or, l'adoption de la résolution finale tranchant le recours administratif et fixant l'issue de la réclamation appartient légalement et de plein droit à la Commission technique fiscale, en vertu de l'article 140.a de la LBOT. Dès lors, la compétence de l'organe était pleine et entière.
Constatant que la juridiction disposait de tous les éléments d'appréciation nécessaires, le tribunal décide de statuer au fond sans renvoyer l'affaire devant les premiers juges (fundam-9), garantissant ainsi l'exigence de célérité et la bonne administration de la justice.
2. Sur l'évaluation de l'actif immobilier et le régime transitoire des amortissements
Abordant le fond du litige fiscal, la juridiction andorrane applique les principes déjà dégagés dans sa jurisprudence antérieure, tout particulièrement son arrêt de principe n° 98-2019 du 24 octobre 2019 :
**La portée de la disposition transitoire 2a de la loi 9
Sentència
Núm. de Protocol: 2000052/2018 Núm. de Rotlle: TSJA-0000060/2019
SENTÈNCIA 2-2020
PARTS:
Apel·lant: GOVERN D'ANDORRA
Representant: Sra. Diez
Advocada: Sra. Guerrero
Apel·lat: Sr. Tejera
Representant: Sr. Sevillano
Advocat: Sr. Espada
M. I. Sra. Elsa Puig Muñoz
Andorra la Vella, vint-i-ú de febrer de dos mil vint.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 2000052/2018.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 60/19 — Décision commentée
1.- La representació del Sr. Tejera va interposar demanda contra el GOVERN D'ANDORRA, en què impugnava la resolució de 27 d'abril de 2018 de la Comissió Tècnica Tributària, mitjançant la qual es va revocar una anterior resolució de 16 de gener de 2018 i, en el seu lloc, es va formular una nova liquidació per l'impost sobre la renda de les d'activitats econòmiques, corresponent als exercicis 2012, 2013 i 2014. Aquesta nova liquidació comportava l'estimació parcial del recurs interposat per l'agent davant de la Comissió Tècnica Tributària el 13 d'octubre de 2017.
La sentència de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles ha estimat la demanda i ha declarat la nul·litat de ple dret de la resolució impugnada, en considerar que havia estat dictada per un òrgan manifestament incompetent.
2.- La representació del GOVERN D'ANDORRA ha interposat recurs d'apel·lació contra l'esmentada sentència del Tribunal de Batlles, el qual es fonamenta, en síntesi, en les següents al·legacions:
La Comissió Tècnica Tributària és la competent per adoptar la resolució recorreguda, ja que es tractava de revocar un acte de la mateixa Comissió, i, en aquest sentit, la sentència no ha tingut en compte el contingut de l'article 23 del Reglament de revisió en via administrativa dels actes d'aplicació dels tributs.
Sobre el fons, no era aplicable en aquest cas l'article 15 de la Llei de l'impost sobre societats, ja que aquesta disposició només regeix per als períodes impositius iniciats a partir de l'1 de gener de 2012 i els béns van ser adquirits mortis causa pel Sr. Tejera amb anterioritat a aquesta data. En conseqüència, no corresponia valorar els béns segons el valor normal de mercat, sinó que calia aplicar les disposicions del Pla general de comptabilitat, segons el qual s'havia d'atendre al preu d'adquisició menys l'amortització acumulada.
Atès que l'interessat no va acreditar el preu d'adquisició, era necessari recórrer al sistema d'estimació indirecta, com a mètode de substitució.
3.- La representació del Sr. Tejera s'ha oposat al recurs i ha sol·licitat que es confirmi íntegrament la sentència impugnada. Com al·lega ens el seu escrit de contestació:
La Comissió Tècnica Tributària no s'ha limitat a revocar la seva pròpia resolució anterior, sinó que ha formulat una nova liquidació, el que corresponia al director general del Departament de Tributs i Fronteres, de manera que l'acte impugnat l'ha dictat un òrgan efectivament incompetent.
Resulta aplicable la Llei de l'impost sobre societats, per la remissió que en fa la Llei de l'impost sobre la renda de les activitats econòmiques, i, en concret, la seva disposició transitòria 2ª, que regula el valor dels béns immobles en funcionament a la data d'aplicació de l'impost i remet al valor d'adquisició dels immobles.
En el cas de recórrer a la norma comptable, el primer apartat de la Secció 3ª del Capítol primer del Pla general de comptabilitat estableix que les subvencions, donacions i llegats es registraran pel seu valor raonable, que la pròpia normativa refereix a un valor de mercat fiable.
No és necessari recórrer subsidiàriament al sistema d'estimació indirecta per quantificar la base de tributació.
4.- En haver estat acordada la substitució de la vista oral pel tràmit de conclusions, les parts van presentar els escrits corresponents, en els quals van reproduir substancialment les al·legacions que anteriorment havien formulat.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Com s'ha exposat en els antecedents, s'examina en aquest procés la legalitat de la resolució adoptada el 27 d'abril de 2018 per la Comissió Tècnica Tributària, que va revocar la decisió del propi òrgan del 16 de gener anterior, i va estimar parcialment el recurs que havia interposat amb anterioritat l'agent, aprovant una nova liquidació corresponent a l'impost sobre la renda de les activitats econòmiques i als exercicis 2012, 2013 i 2014.
Tercer.- La sentència apel·lada del Tribunal de Batlles ha conclòs que la resolució impugnada és nul·la de ple dret, en haver estat dictada per un òrgan manifestament incompetent, ja que la Comissió Tècnica Tributària només té atribuïdes facultats respecte de la resolució de recursos administratius i l'elaboració d'informes sobre qüestions plantejades pel Govern i, en conseqüència, l'acord de revocació havia d'haver estat adoptat pel director general del Departament de Tributs i Fronteres.
Aquesta argumentació no pot ser compartida pels següents motius:
El procediment de revocació procedeix en els supòsits que regula l'article 146.1 de la Llei de bases de l'ordenament tributari i comporta deixar sense efecte una resolució anteriorment adoptada per l'Administració, amb dues garanties fonamentals per al ciutadà: en primer lloc, només es poden revocar actes o resolucions que no hagin prescrit (apartat 4 de l'article 146) i, en segon, no es pot empitjorar la situació jurídica de l'obligat tributari (apartat 2).
El mateix article 146, en el seu apartat 5, disposa que la competència per dictar l'acte que resol aquest procediment de revocació correspon a l'òrgan que va dictar l'acte inicial, o al seu superior jeràrquic, amb informe preceptiu i vinculant de la Comissió Tècnica Tributària. En aplicació d'aquesta norma, si la resolució inicial emanava de la pròpia Comissió, la seva revocació corresponia resoldre-la a ella mateixa, com a òrgan que va dictar l'acte que es pretén revocar.
En el mateix sentit es pronuncia l'article 23 del Reglament de revisió en via administrativa dels actes d'aplicació dels tributs. Aquest precepte disposa expressament que "l'acord sobre la revocació d'un recurs administratiu o d'un procediment especial de revisió l'ha d'adoptar la Comissió Tècnica Tributària". Es tracta precisament del supòsit que es planteja en aquest procés, en què s'ha procedit a la revocació de l'acte que resol un recurs administratiu per part de la Comissió Tècnica Tributària, de manera que la competència està atribuïda a la mateixa Comissió.
No es pot separar l'acte de revocació i l'aprovació d'una nova liquidació, ja que la revocació dona lloc a l'estimació parcial del recurs interposat inicialment per l'agent, i aquesta resolució resolutòria d'un recurs administratiu també està legalment atribuït a la Comissió Tècnica Tributària, segons l'article 140.a) de la Llei de bases de l'ordenament tributari.
En conseqüència, procedeix revocar la sentència apel·lada, cosa que fa necessari resoldre la qüestió de fons, sense retornar prèviament les actuacions a la Batllia, atès que ja es disposa en aquest moment de tots els elements de judici necessaris per adoptar una resolució definitiva, sense més demora.
Quart.- La qüestió litigiosa consisteix en determinar la forma en què s'han de valorar els béns immobles adquirits pel Sr. Tejera abans de la data d'aplicació efectiva de la Llei de l'impost sobre societats, a la qual es remet expressament en aquest punt l'article 12 de la Llei de l'impost sobre la renda de les activitat econòmiques. Mentre que l'agent i avui apel·lat sosté que cal atendre al valor d'adquisició dels béns, que remet al valor de mercat, l'Administració considera aplicable el valor comptable que resulta d'aplicar les amortitzacions corresponents al període anterior a l'entrada en vigor de l'impost sobre societats, al qual es remet, com abans s'ha dit, la Llei de l'impost sobre la renda de les activitats econòmiques.
Assisteix la raó a l'agent, quan considera que cal atendre a la disposició transitòria 2ª de la Llei de l'impost sobre societats, que regula el valor de l'immobilitzat tangible, intangible i de les inversions immobiliàries que estiguin en funcionament de forma prèvia a la data d'aplicació efectiva de la Llei. Ara bé, la interpretació d'aquest precepte que proposa la part agent no pot ser compartida.
Aquesta Sala ja va examinar un supòsit de naturalesa similar, en què es plantejava igualment la interpretació i aplicació de l'esmentada disposició transitòria 2ª de la Llei de l'impost sobre societats, el qual va ser resolt per la sentència núm. 98-2019, de 24 d'octubre. En conseqüència, procedeix reproduir aquí els mateixos fonaments d'aquesta sentència, que van examinar una problemàtica equiparable a l'actual. Com es va dir en aquella resolució:
"Quant al fons de la qüestió litigiosa, aquesta depèn de la interpretació de la disposició transitòria 2ª de la Llei 95/2010, de 29 de desembre, que regula el valor de l'immobilitzat tangible, intangible i de les inversions immobiliàries en funcionament amb caràcter previ a l'aplicació efectiva de la Llei.
Aquest precepte pretén evitar que es prescindeixin de les amortitzacions ja realitzades abans de la vigència de l'impost sobre societats, com es desprèn de forma inequívoca del primer paràgraf de la referida disposició transitòria, segons el qual els elements de l'actiu a què es refereix el precepte, incloent les inversions immobiliàries en funcionament, només es poden amortitzar sobre la base del valor que tinguessin en aquella data, llevat que comptablement ja s'haguessin amortitzat completament. Aquesta previsió condueix a considerar aplicable el valor comptable obtingut després de deduir les amortitzacions corresponents al període anterior a l'entrada en vigor de l'impost.
En el mateix sentit, el paràgraf 2n de la mateixa disposició transitòria determina clarament que el valor del béns s'obté deduint del valor d'adquisició l'amortització lineal que correspongui als anys transcorreguts entre la posada en funcionament de l'element i la data de producció d'efectes de la llei. Com es pot veure, la dada essencial que cal tenir en compte és el moment de posada en funcionament de l'element, a partir del qual s'han pogut aplicar les amortitzacions corresponents.
Contra el que sosté la part apel·lada, s'ha de considerar que la Llei de l'impost sobre la renda de les persones físiques conté una regulació anàloga, ja que la seva disposició addicional 2ª també preveu que el valor dels béns immobles afectats a una activitat econòmica, que s'hagin adquirit abans de l'entrada en vigor de la llei, es determinarà deduint del cost d'adquisició o del valor de mercat l'amortització lineal que correspongui als anys transcorreguts entre la posada en funcionament de l'element i la data d'aplicació de la llei.
A més, en els dos casos, s'imposa al contribuent la càrrega de provar fefaentment la data de posada en funcionament d'aquests elements, el preu o cost d'adquisició i les amortitzacions o correccions valoratives realitzades comptablement abans de l'aplicació de la llei, previsió que també condueix a la conclusió de que s'ha de tenir en compte el valor comptable de l'immoble. Si no s'acrediten convenientment aquests aspectes, no s'admet l'amortització d'aquests elements amb posterioritat a l'entrada en vigor de la llei.
(...) En el cas que ara s'examina, les resolucions administratives impugnades han aplicat correctament la referida disposició transitòria 2ª de la Llei de l'impost sobre societats. En efecte, en els termes d'aquest precepte, els béns immobles que van ser aportats a la societat agent ja es trobaven "en funcionament" en aquell moment, de manera que l'amortització no podia iniciar-se quan es va fer l'aportació, sinó que calia deduir l'amortització lineal corresponent als anys transcorreguts entre la posada en funcionament de l'element i la data de producció d'efectes de la llei. En conseqüència, el valor comptable que ha aplicat l'Administració, establert pel sistema d'estimació indirecta i que, en realitat, no es discuteix quant al seu import en aquesta alçada, resulta ajustat a dret.
La sentència apel·lada ha atès especialment al contingut dels articles 15.2 i 56 de la Llei de l'impost sobre societats, però aquests preceptes generals no poden prevaler en supòsits com el present sobre la norma específica que conté la disposició transitòria 2ª del mateix text legal".
En definitiva, en aplicació d'aquests mateixos criteris, cal confirmar la resolució impugnada, que ha aplicat el valor comptable derivat de l'aplicació de les amortitzacions acumulades que procedien abans de la vigència de l'impost sobre societats, al qual es remet, com abans s'ha dit, la Llei de l'impost sobre la renda de les activitats econòmiques.
Per tot això, procedeix estimar el recurs d'apel·lació que formula el GOVERN i, correlativament, desestimar la demanda interposada per la part agent.
Cinquè.- No s'aprecia una especial temeritat ni mala fe que justifiqui la imposició de les costes causades en ambdues instàncies.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Estimar el recurs d'apel·lació que interposa el GOVERN contra la sentència dictada l'11 de juny de 2019 per la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, la qual es revoca i deixa sense efecte.
Segon.- Desestimar la demanda interposada pel Sr. Tejera i, en conseqüència, declarar que la resolució impugnada de la Comissió Tècnica Tributària de 27 d'abril de 2018 és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa.
Tercer.- No efectuar un especial pronunciament sobre les costes causades en les dues instàncies.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.