STSJAD ANDORRA, a 22 de juny del 2020 - ROJ: STSJAD 87/2020
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé22 juin 2020
Numéro161/19
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 de juny del 2020, n° 050-2020
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 de juny del 2020, n° 050-2020, recurs 161/19, ROJ : STSJAD 87/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:87 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de relations d'affaires suivies nouées au cours des années 2016 et 2017 entre un entrepreneur individuel et une société commerciale établie en Principauté d'Andorre. Le créancier poursuivant, M. Plana, exerçait son activité sous l'enseigne commerciale « B » et fournissait à la société Sainz des prestations de fourniture et de réparation de diverses machines industrielles.
La réalité de ce courant d'affaires est admise par les deux parties contractantes. Toutefois, un différend comptable substantiel est apparu quant au montant total des prestations commandées et exécutées, ainsi qu'au reliquat demeuré impayé.
Selon les prétentions et la comptabilité de M. Plana, le montant global des travaux et fournitures réalisés au profit de la société Sainz au titre des années 2016 et 2017 s'élevait à la somme de 70 679,52 euros. Sur ce montant, le créancier reconnaissait avoir perçu un acompte à hauteur de 31 415,85 euros, laissant apparaître un solde débiteur non régularisé de 39 263,67 euros. Pour justifier sa créance, M. Plana produisait une série de factures émises au fur et à mesure de ses interventions, accompagnées d'échanges de courriels relatant les relances adressées à la débitrice.
À l'opposé, la société Sainz contestait la matérialité de cette créance globale. Tout en concédant l'existence des relations commerciales passées et en reconnaissant être débitrice d'un reliquat de 5 205,48 euros, la société affirmait que le volume total des prestations commandées n'avait représenté que 36 205,48 euros, répartis sur un ensemble limitativement fixé à 24 factures, figurant sur son propre grand-livre ou extrait de compte fournisseur. Elle soutenait avoir d'ores et déjà procédé au règlement de la somme de 31 000 euros, ce dont elle déduisait que sa dette résiduelle était strictement circonscrite aux 5 205,48 euros confessés. Faute d'accord amiable et face à la résistance de la société débitrice, le créancier a porté le litige devant les juridictions andorranes.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Le 16 janvier 2018, la représentation procédurale de M. Plana a introduit une demande en paiement (*demanda en reclamació de quantitat*) devant le Tribunal de Batlles d'Andorre à l'encontre de la société Sainz. L'action tendait à la condamnation de la défenderesse au paiement du principal de 39 263,67 euros au titre des factures impayées des exercices 2016 et 2017, assorti des intérêts au taux légal à compter du jour où la dette était devenue liquide et exigible, ainsi qu'à la prise en charge des dépens comprenant les honoraires d'avocat et de procureur (*procurador*).
La société Sainz a déposé ses conclusions en défense (*contesta a la demanda*) le 6 février 2018. Elle y sollicitait le rejet des prétentions excédant sa reconnaissance de dette de 5 205,48 euros. Fustigeant le caractère téméraire de l'action initiée par M. Plana, elle concluait à la condamnation de ce dernier aux entiers dépens de première instance. Les parties ont ensuite échangé leurs mémoires de réplique et de duplique, respectivement les 27 février et 20 mars 2018, maintenant leurs positions respectives.
À l'issue de l'instruction probatoire et du dépôt des conclusions récapitulatives, le Tribunal de Batlles a rendu son jugement le 19 mars 2019. La juridiction de première instance a fait droit à l'intégralité des demandes de M. Plana : elle a condamné la société Sainz à lui verser la somme en principal de 39 263,67 euros, assortie des intérêts légaux courus à compter de la date de la contestation de la demande, et a mis à la charge de la débitrice les dépens d'instance incluant les honoraires d'avocat et de procureur, liquidables en phase d'exécution.
Par déclaration et conclusions d'appel déposées le 14 mai 2019, la société Sainz a déféré cette décision devant la Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre. L'appelante limitait son recours à une demande de réformation partielle : elle sollicitait que sa condamnation soit ramenée à la somme de 5 205,48 euros, sans prononcé de condamnation aux dépens. Au soutien de son appel, elle articulait principalement deux griefs :
1. L'absence d'efficacité probatoire des factures versées par M. Plana, qualifiées de documents unilatéraux n'ayant jamais été notifiés avant l'introduction de l'instance, non étayées par des déclarations de douane ou des bons de livraison signés, et rédigées en langue anglaise en méconnaissance du statut officiel du catalan.
2. L'inexactitude de l'assiette de la créance, affirmant avoir démontré, par l'extrait de compte fournisseur produit par ses soins, que le montant total des prestations s'élevait à 36 205,48 euros et qu'un paiement partiel de 31 000 euros était déjà intervenu. Elle prétendait en outre que le créancier avait refusé de percevoir le solde de 5 205,48 euros.
Le 11 juillet 2019, la représentation de M. Plana a notifié ses conclusions en réponse (*escrit de contesta a les conclusions*), tendant à la confirmation intégrale du jugement entrepris et à la condamnation de la société Sainz aux dépens des deux instances, honoraires d'avocat et de procureur inclus.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'affaire soumettait à la Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre deux problématiques majeures relevant du droit des obligations commerciales et du droit processuel de la preuve.
La première interrogation portait sur l'admissibilité et la valeur probante de factures établies unilatéralement par un créancier dans le cadre d'un litige commercial. Il s'agissait de déterminer si de telles pièces comptables, contestées dans leur montant par le débiteur, rédigées en langue étrangère (en l'espèce, l'anglais) et dépourvues de pièces justificatives douanières ou de récépissés de livraison émargés, pouvaient valablement suffire à emporter la conviction du juge quant à la réalité et à l'étendue des prestations matérielles exécutées.
La seconde interrogation, articulée à la première, concernait la charge et la répartition du fardeau de la preuve (*onus probandi*) relatives à l'exécution et à l'extinction des obligations contractuelles. Dès lors que le créancier établissait la consistance de son droit de créance par un faisceau d'éléments matériels et contextuels, incombait-il au débiteur poursuivi de rapporter la preuve formelle et circonstanciée des faits extinctifs allégués (en l'occurrence, le paiement libératoire partiel d'un montant de 31 000 euros et la limitation du volume contractuel à 24 factures) ? Le litige interrogeait ainsi les conséquences processuelles découlant de la simple production par le défendeur d'un extrait unilatéral de sa propre comptabilité interne.
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
La Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, sous la plume du magistrat rapporteur Vincent Aniére, écarte successivement l'ensemble des griefs développés par l'appelante et confirme rigoureusement la décision des premiers juges.
#### 1. La force probante des factures corroborées par un faisceau d'indices concordants
En premier lieu, le Tribunal Superior neutralise l'argument tiré de la rédaction des factures en langue anglaise. La cour relève que, si la langue officielle de la Principauté d'Andorre est le catalan, l'appelante ne justifie d'aucun préjudice concret ni d'aucune atteinte aux droits
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 22 de juny del 2020 - ROJ: STSJAD 87/2020
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 de juny del 2020, n° 050-2020
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 22 de juny del 2020, n° 050-2020, recurs 161/19, ROJ : STSJAD 87/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:87 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de relations d'affaires suivies nouées au cours des années 2016 et 2017 entre un entrepreneur individuel et une société commerciale établie en Principauté d'Andorre. Le créancier poursuivant, M. Plana, exerçait son activité sous l'enseigne commerciale « B » et fournissait à la société Sainz des prestations de fourniture et de réparation de diverses machines industrielles.
La réalité de ce courant d'affaires est admise par les deux parties contractantes. Toutefois, un différend comptable substantiel est apparu quant au montant total des prestations commandées et exécutées, ainsi qu'au reliquat demeuré impayé.
Selon les prétentions et la comptabilité de M. Plana, le montant global des travaux et fournitures réalisés au profit de la société Sainz au titre des années 2016 et 2017 s'élevait à la somme de 70 679,52 euros. Sur ce montant, le créancier reconnaissait avoir perçu un acompte à hauteur de 31 415,85 euros, laissant apparaître un solde débiteur non régularisé de 39 263,67 euros. Pour justifier sa créance, M. Plana produisait une série de factures émises au fur et à mesure de ses interventions, accompagnées d'échanges de courriels relatant les relances adressées à la débitrice.
À l'opposé, la société Sainz contestait la matérialité de cette créance globale. Tout en concédant l'existence des relations commerciales passées et en reconnaissant être débitrice d'un reliquat de 5 205,48 euros, la société affirmait que le volume total des prestations commandées n'avait représenté que 36 205,48 euros, répartis sur un ensemble limitativement fixé à 24 factures, figurant sur son propre grand-livre ou extrait de compte fournisseur. Elle soutenait avoir d'ores et déjà procédé au règlement de la somme de 31 000 euros, ce dont elle déduisait que sa dette résiduelle était strictement circonscrite aux 5 205,48 euros confessés. Faute d'accord amiable et face à la résistance de la société débitrice, le créancier a porté le litige devant les juridictions andorranes.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Le 16 janvier 2018, la représentation procédurale de M. Plana a introduit une demande en paiement (demanda en reclamació de quantitat) devant le Tribunal de Batlles d'Andorre à l'encontre de la société Sainz. L'action tendait à la condamnation de la défenderesse au paiement du principal de 39 263,67 euros au titre des factures impayées des exercices 2016 et 2017, assorti des intérêts au taux légal à compter du jour où la dette était devenue liquide et exigible, ainsi qu'à la prise en charge des dépens comprenant les honoraires d'avocat et de procureur (procurador).
La société Sainz a déposé ses conclusions en défense (contesta a la demanda) le 6 février 2018. Elle y sollicitait le rejet des prétentions excédant sa reconnaissance de dette de 5 205,48 euros. Fustigeant le caractère téméraire de l'action initiée par M. Plana, elle concluait à la condamnation de ce dernier aux entiers dépens de première instance. Les parties ont ensuite échangé leurs mémoires de réplique et de duplique, respectivement les 27 février et 20 mars 2018, maintenant leurs positions respectives.
À l'issue de l'instruction probatoire et du dépôt des conclusions récapitulatives, le Tribunal de Batlles a rendu son jugement le 19 mars 2019. La juridiction de première instance a fait droit à l'intégralité des demandes de M. Plana : elle a condamné la société Sainz à lui verser la somme en principal de 39 263,67 euros, assortie des intérêts légaux courus à compter de la date de la contestation de la demande, et a mis à la charge de la débitrice les dépens d'instance incluant les honoraires d'avocat et de procureur, liquidables en phase d'exécution.
Par déclaration et conclusions d'appel déposées le 14 mai 2019, la société Sainz a déféré cette décision devant la Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre. L'appelante limitait son recours à une demande de réformation partielle : elle sollicitait que sa condamnation soit ramenée à la somme de 5 205,48 euros, sans prononcé de condamnation aux dépens. Au soutien de son appel, elle articulait principalement deux griefs :
L'absence d'efficacité probatoire des factures versées par M. Plana, qualifiées de documents unilatéraux n'ayant jamais été notifiés avant l'introduction de l'instance, non étayées par des déclarations de douane ou des bons de livraison signés, et rédigées en langue anglaise en méconnaissance du statut officiel du catalan.
L'inexactitude de l'assiette de la créance, affirmant avoir démontré, par l'extrait de compte fournisseur produit par ses soins, que le montant total des prestations s'élevait à 36 205,48 euros et qu'un paiement partiel de 31 000 euros était déjà intervenu. Elle prétendait en outre que le créancier avait refusé de percevoir le solde de 5 205,48 euros.
Le 11 juillet 2019, la représentation de M. Plana a notifié ses conclusions en réponse (escrit de contesta a les conclusions), tendant à la confirmation intégrale du jugement entrepris et à la condamnation de la société Sainz aux dépens des deux instances, honoraires d'avocat et de procureur inclus.
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II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'affaire soumettait à la Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre deux problématiques majeures relevant du droit des obligations commerciales et du droit processuel de la preuve.
La première interrogation portait sur l'admissibilité et la valeur probante de factures établies unilatéralement par un créancier dans le cadre d'un litige commercial. Il s'agissait de déterminer si de telles pièces comptables, contestées dans leur montant par le débiteur, rédigées en langue étrangère (en l'espèce, l'anglais) et dépourvues de pièces justificatives douanières ou de récépissés de livraison émargés, pouvaient valablement suffire à emporter la conviction du juge quant à la réalité et à l'étendue des prestations matérielles exécutées.
La seconde interrogation, articulée à la première, concernait la charge et la répartition du fardeau de la preuve (onus probandi) relatives à l'exécution et à l'extinction des obligations contractuelles. Dès lors que le créancier établissait la consistance de son droit de créance par un faisceau d'éléments matériels et contextuels, incombait-il au débiteur poursuivi de rapporter la preuve formelle et circonstanciée des faits extinctifs allégués (en l'occurrence, le paiement libératoire partiel d'un montant de 31 000 euros et la limitation du volume contractuel à 24 factures) ? Le litige interrogeait ainsi les conséquences processuelles découlant de la simple production par le défendeur d'un extrait unilatéral de sa propre comptabilité interne.
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
La Chambre civile du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, sous la plume du magistrat rapporteur Vincent Aniére, écarte successivement l'ensemble des griefs développés par l'appelante et confirme rigoureusement la décision des premiers juges.
1. La force probante des factures corroborées par un faisceau d'indices concordants
En premier lieu, le Tribunal Superior neutralise l'argument tiré de la rédaction des factures en langue anglaise. La cour relève que, si la langue officielle de la Principauté d'Andorre est le catalan, l'appelante ne justifie d'aucun préjudice concret ni d'aucune atteinte aux droits
Sentència
TSJC.- 0000161/2019 ORIGEN: 2000526/2017 - 00
NIG: 5300542120170003562
PARTS:
Apel·lant : Sainz
Procurador : Sra. Recio
Advocat : Sra. Alcalá
Apel·lat : Sr. Plana
Procurador : Sra. Escudero
Advocat : Sr. Moliner
SENTÈNCIA 050-2020
Andorra la Vella, el 22 de juny del 2020. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Vincent Anière, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 161/19 — Décision commentée
Primer.- En data 16-1-2018, la representació processal del Sr. Plana interposà demanda en reclamació de quantitat contra la societat Sainz, interessant l'abonament de la suma de 39.263,67 EUR en concepte de pagament pendent de factures generades els anys 2016 i 2017 pel subministrament i reparació de maquinària, interessant així mateix el pagament dels interessos al tipus legal a comptar del dia en què el deute va esdevenir líquid i exigible i el pagament de les costes judicials, inclosos els honoraris d'advocat i procurador.
Segon.- El dia 6-02-2018 la representació processal de la societat Sainz contestà la demanda articulada de contrari, oposant-se a la pretensió de l'agent tot argumentant que a conseqüència de les relacions comercials mantingudes durant els anys 2016 i 2017 només li adeutava la suma de 5.205,48 EUR, i sol·licitant així mateix la seva condemna a satisfer les costes judicials, inclosos els honoraris d'advocat i procurador en considerar temerària la seva demanda.
Tercer.- En dates 27-2-2018 i 20-3-2018 les parts agent i defenent van replicar i duplicar, respectivament, tal i com esdevé acostumat.
Quart.- Una volta practicades les proves proposades i evacuats els respectius escrits de conclusions, el Tribunal de Batlles va dictar Sentència en data 19-03-2019 amb la següent part decisòria :
"Estimar la demanda presentada per la representació processal del Sr. Plana i condemnar a la societat Sainz a abonar a la part actora la quantitat de 39.263,67 euros, juntament amb els interessos legals devengats des de la data de contesta a la demanda, fent imposició a la part defenent de les costes ocasionades arran de la tramitació del present litigi inclosos els honoraris d'advocat i procurador, a acreditar en període d'execució de sentència."
Cinquè.- Contra l'esmentada resolució formula recurs d'apel·lació la representació processal de la societat Sainz i, en virtut dels arguments que exposa en les seves conclusions de data 14-05-2019, demana la seva revocació parcial, sol·licitant que per part d'aquest Tribunal es dicti nova resolució condemnant-la a satisfer l'import de 5.205,48 EUR, i sense fer especial condemna en costes.
Sisè.- En data 11-07-2019, la representació processal del senyor Plana presentava escrit de contesta a les conclusions demanant la confirmació de la sentència de primera instància amb imposició a la contrapart de les costes judicials de les dues instàncies inclosos els honoraris d'advocat i procurador.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La part apel·lant reconeix haver mantingut durant els anys 2016 i 2017 una relació comercial amb el Sr. Plana, quin girava sota el nom comercial "B", el qual li subministrava i reparava diferent maquinària industrial.
Reconeix també la part apel·lant que a conseqüència de l'esmentada relació comercial, a data d'avui encara adeuta l'import de 5.205,48 EUR al Sr. Plana.
Per contra, nega el que la sentència d'instància considera acreditat, que és que els treballs efectuats pel Sr. Plana durant aquests dos anys ascendeixin a 70.679,52 EUR; haver-li abonat un acompte de 31.415,85 EUR; i deure-li encara a data d'avui la suma de 39.263,67 EUR.
En tràmit de rèplica i dúplica cada part manté el seu respectiu posicionament.
El Tribunal a quo estima íntegrament la demanda principal formulada pel demandant condemnant a la societat Sainz a satisfer al Sr. Plana la suma reclamada de 30.263,67 EUR, més els interessos legals devengats des de la contesta a la demanda i les costes ocasionades, inclosos els honoraris d'advocat i procurador.
Segon.- Contra aquesta decisió s'alça la societat condemnada, interessant la seva revocació parcial, amb fonament als greuges que seguidament detallem.
El primer greuge que invoca la part apel·lant es centra en la manca de força probatòria de les factures aportades pel senyor Plana i en què sustenta la seva reclamació econòmica, en considerar que no són més que documents confeccionats unilateralment, que mai li foren tramesos abans de la interposició de la demanda, i que no acrediten ni l'entrada del material pretesament lliurat a Andorra ni tampoc la realització del pretès servei, en no anar acompanyades ni dels documents de duana ni dels pertinents albarans signats. Es queixa també la part apel·lant que les factures estan redactades en anglès malgrat ser el català l'idioma oficial del Principat.
En relació a aquest darrer punt, la Sala ha de posar de relleu que malgrat la queixa efectuada, la part apel·lant no invoca cap perjudici per raó d'aquest fet ni molt menys que li hagi pogut provocar alguna mena d'indefensió, sobre tot quan dels e-mails adjuntats (folis 120 a171 ) i que evidencien la relació entre ambdues parts, es deriva que la seva llengua vehicular era, precisament, l'anglesa.
Pel que respecta a la força probatòria de les factures aportades per la part apel·lada, aquesta ve confirmada per diversos elements objectius i col·laterals a les mateixes:
En primer lloc, per la pròpia realitat de la relació comercial mantinguda entre la part apel·lant i la part apel·lada durant els anys 2016 i 2017, reconeguda per ambdues parts litigants i confirmada pels e-mails adjuntats als autes.
Segonament, perquè malgrat la part apel·lant es queixa de què a les factures no s'hi adjunta cap document acreditatiu de què les mercaderies subministrades haguessin passat la duana, de l' e-mail obrant al foli 123 (revers) es deriva que és la pròpia societat recurrent la que fixa l'adreça de recepció de les mercaderies a la Seu d'Urgell (Espanya), i no a Andorra.
En tercer lloc, pels també reconeguts i confirmats pel contingut dels e- mails, problemes de la societat A per fer front al pagament de les factures reclamades pel Sr. ENTITY_7; per les constants promeses incomplertes de pagament de la pròpia societat; i per l'evident interès de la societat apel·lant de què Plana es desplacés al Principat per efectuar les tasques que se li encomanaven, malgrat ell no volia per no haver cobrat (foli 145).
En quart lloc, perquè en les mateixes reclamacions del Sr. Plana, aquest en diverses ocasions hi adjunta factures i fins i tot explica els perjudicis que li ocasiona a nivell de la seva empresa el fet de no cobrar les factures i continuar treballant per la societat recurrent.
Així mateix, la realitat dels treballs efectuats i de l'import reclamat (i doncs la veracitat de les factures) ve confirmat també per la prova testifical practicada en la instància i, sobre tot, l'efectuada en la persona de Duque, Director de producció i de compres de la societat apel·lant entre els anys 2015 i 2017, que afirma que al 2017 ell va constatar perquè va veure les factures, que al Sr. Plana se li adeutaven uns 30.000 EUR. Sense obviar que el Sr. Duque apareix com a punt de contacte amb el Sr. Plana en molts dels e-mails d'autes.
Havent-se també de destacar de la seva declaració, que amb anterioritat al Sr. Plana, aquesta tasca la realitzava una empresa de Barcelona que va deixar de fer-la, precisament, per manca de pagament per part de la societat apel·lant.
En tot cas, aquest testimoni, respecte del qual la part recurrent no ha acreditat que tingués cap mena d'interès en perjudicar-la amb la seva declaració, i qui va ser juramentat a dir veritat, en cap moment no dubta de la veracitat de les factures emeses i reclamades pel Sr. Plana, manifestant que ell treballava molt bé i que fins i tot creu que l'empresa se n'hauria aprofitat.
Finalment, és també apreciat per la Sala que en cap dels e-mails adjuntats no es posa en dubte ni la feina feta pel Sr. Plana ni els imports per ell reclamats.
En conseqüència, aquest greuge no pot prosperar.
Tercer.- El segon greuge que invoca la societat apel·lant és que considera acreditat amb el llistat adjuntat a l'escrit de contesta a la demanda (que ella mateixa qualifica d'extracte del compte de proveïdor) que només han existit les 24 factures que afirma que s'hi descriuen i que la suma d'aquestes, és a dir, 36.205,48 EUR, constitueix la totalitat de l'import generat els treballs efectuats per la part apel·lada, del qual ja va pagar 31.000 EUR, adeutant-li avui 5.205,48 EUR.
Cap d'aquestes afirmacions té suport probatori. Res avala la realitat del document adjuntat ni del seu contingut, tot negat per la contrapart. No tan sols no aporta les factures que afirma que s'han generat, sinó que tampoc aporta cap acreditatiu de l'import que també afirma haver pagat ni, en el seu cas, a quines factures correspondrien els pagaments.
En aquest sentit, cal recordar que tal i com estableix la jurisprudència d'aquesta Sala, entre altres la Sentència de data 5-02-2015, rotlle TSJC- 265/2014: "Essencialment caldrà acudir als principis de càrrega probatòria que podríem sintetitzar en els següents: 1) la càrrega de la prova cal distribuir-la segons es reclami el compliment d'una obligació (en aquest cas li correspon al demandant aquella càrrega relativa als denominats fets "constitutius") o es proclami l'extinció d'una obligació (en aquest cas li correspon al demandat els denominats fets "extintius" o "impeditius"). 2) Ara bé, l'aplicació d'aquest principi ha anat adquirint matisos jurisprudencials per tal d'adaptar-lo a les exigències constitucionals i a la flexibilitat necessària en tot anàlisi de les controvèrsies litigioses derivades de les relacions humanes. No s'escapa a ningú que la distribució de la càrrega de la prova té sentit quan hi ha prova suficient i, aleshores, cal decidir quina part ha de suportar les conseqüències de la manca de prova. Quan existeix prova suficient, resulta indiferent quina part l'hagi proporcionat al Tribunal. Dit en altres paraules, la càrrega probatòria és transcendental només quan manca la prova perquè, quan aquesta existeix, resulta irrellevant qui l'hagi proporcionada al Tribunal.
Així resulta que s'ha vingut interpretant sobre càrrega de la prova, tant doctrinalment com jurisprudencial, en el sentit que la tutela judicial efectiva (art. 10 CA), la justícia material i la realitat social han recomanat recórrer 3) als criteris de normalitat (cal demostrar allò que és anormal, i per consegüent "impeditiu");
presumir allò que és normal en unes relacions humanes, o bé en l'estat normal o natural de les coses o en situacions de fet o de dret; 5) cal tenir present la facilitat o proximitat (disponibilitat) de cada part als mitjans probatoris per evitar situacions desproporcionades de manca d'igualtat processal o bé que denotin una manca absoluta de bona fe processal en l'establiment de la veritat material; i finalment com a conseqüència de tot això, 6) la necessària flexibilitat en l'aplicació de les normes de distribució de la càrrega probatòria".
En el mateix sentit es pronuncia la Sentència dictada en data 9 de juny de 2015, rotlle TSJC-413-2014, quina encara afegeix:
"Però si el demandant és el primer, no és el sol sobre qui recau la càrrega de la prova.
En efecte, passat la primera etapa que acabem de descriure, el defenent no pot adoptar una posició passiva, ja que i de manera recíproca al principi regulant l'obligació de prova del demandant, és un principi general que qui al·lega, sigui en posició de demandant o de defenent, ha de provar el que al·lega.
És el sentit de la regla recordada moltes vegades per aquesta Sala, i segon la qual el defenent ha de provar els fets extintius, obstatius i excloents que contradiuen el dret invocat i que fan que la situació acreditada el demandant no pot tenir els efectes de dret que es pretenien.
En resumit, el demandant ha de provar els fets que fan possible i admissible el seu dret, mentre que el demandat ha de provar els fets que ho contradiuen."
Front a l'activitat probatòria desenvolupada a instància de la part apel·lada, s'ha de constatar la inexistència de prova suficient de la part apel·lant per acreditar les seves afirmacions. I això malgrat la facilitat d'aportar els justificants dels pagaments efectuats i d'acreditar -ja sigui amb testificals o qualsevol altre mitjà probatori- el seu descontentament per la manca de realització dels treballs reclamats pel senyor Plana.
I això sense perdre de vista que aquesta Sala ha manifestat de forma reiterada que la prova del pagament correspon efectuar-la al deutor, que és qui l'invoca (cfr. TSJC 192/14, TSJC 311/2014 i TSJC 57/2017, entre altres).
Quart.- En un altre ordre d'idees, front a l'afirmació de la part apel·lant de què la part apel·lada no ha volgut cobrar els 5.205,48 EUR que la primera reconeix deure-li, la Sala constata no només la manca de prova acreditativa d'aquest extrem, sinó que aquesta afirmació ve contradita pel manifest interès per cobrar del Sr. Plana, documentalment acreditat en autes.
Cinquè.- En conseqüència, procedeix confirmar la sentència d'instància en tots els seus extrems i, en virtut del principi del venciment objectiu, la desestimació del recurs determina la condemna de la recurrent a pagar les costes judicials d'aquesta alçada, incloses les derivades d'advocat i procurador.
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas, la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, ha pres la següent
DECISIÓ
Primer.- DESESTIMAR íntegrament el recurs d'apel·lació interposat per la societat Sainz, confirmant íntegrament la Sentència d'instància en tots els seus extrems.
Segon.- IMPOSAR a la societat Sainz, les costes judicials d'aquesta alçada, inclosos els honoraris d'advocat i de procurador.
Aquesta resolució és ferma i executiva.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.-
DECISIÓ
Primer.- DESESTIMAR íntegrament el recurs d'apel·lació interposat per la societat Sainz, confirmant íntegrament la Sentència d'instància en tots els seus extrems.
Segon.- IMPOSAR a la societat Sainz, les costes judicials d'aquesta alçada, inclosos els honoraris d'advocat i de procurador.
Aquesta resolució és ferma i executiva.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.