STSJAD 125/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:125), Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 juin 2020
Décision commentée : STSJAD 125/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:125 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux Badía et Gálvez ont divorcé par un jugement espagnol du 13 avril 2011, rendu par le Juzgado de Primera Instancia nº 4 de « R », Espagne (localité complète non précisée dans la décision). Ce jugement a fait droit à une demande conjointe fondée sur un convenio regulador du 3 février 2011, qui a été approuvé dans tous ses termes. Il a prononcé la dissolution, par divorce, du mariage célébré à Andorre le 25 mars 2004, « sans condamnation expresse aux dépens ».
Le 2 décembre 2018, M. Badía a saisi le Tribunal superior de justícia d'une demande d'exequatur, afin que la décision étrangère soit déclarée exécutoire en Andorre. Le 9 janvier 2020, Mme Gálvez a déclaré acquiescer (« aplanar-se ») et a demandé que soit rendu un jugement faisant droit à la demande, sans autre procédure. Le ministère fiscal a conclu à l'octroi de l'exequatur.
La décision ne précise pas les motifs du délai écoulé entre le jugement espagnol (2011) et la saisine de la juridiction andorrane (2018). Elle ne mentionne pas non plus l'existence d'éventuelles procédures parallèles.
La formation de jugement comprenait MM. Vincent Anière (président et rapporteur), Carles Cruz Moratones et Jaume Tor Porta.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil était de savoir si une décision de divorce rendue à l'étranger remplit les conditions fixées par l'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials du 21 décembre 1993, pour être déclarée exécutoire en Andorre. Ce texte sert de fondement unique à la décision.
Un second point se pose, plus discret : quel est l'effet de l'acquiescement du défendeur sur l'examen des conditions d'exequatur, et en particulier sur le contrôle exercé par le juge ? La décision ne traite pas cette question de manière explicite. Elle relève toutefois que la défenderesse s'est aplanée, et que le ministère fiscal a conclu dans le même sens.
Solution et dispositif
La Sala Civil répond par l'affirmative. Elle juge que la décision espagnole remplit l'ensemble des conditions de l'article 49, à savoir :
- la compétence de la juridiction ayant rendu la décision ;
- la régularité de la procédure suivie devant elle ;
- l'application de la loi désignée par les règles nationales de conflit de lois ;
- la conformité à l'ordre public national et international ;
- l'absence de fraude à la loi nationale.
Le motif est bref et procède par affirmation : « Realitzades les verificacions escaients, és palès que la sentència estrangera… compleix tots els requisits establerts en l'art. 49 ». La décision ne développe aucune appréciation distincte de chacune de ces conditions.
Le dispositif est reproduit ci-après dans une traduction française fidèle de l'original catalan :
« Premier.- Estimer la demande d'exequatur de M. Badía et déclarer exécutoire en Andorre le jugement rendu le 13 avril 2011 par le Juzgado de Primera Instancia nº 4 de R, Espagne ;
Second.- Ne prononcer aucune condamnation spéciale aux dépens judiciaires. La présente décision est définitive et exécutoire. »
Le juge précise en outre que la décision « es farà testimoni à la Batllia », c'est-à-dire qu'une copie en sera transmise au tribunal de bailliage pour sa connaissance et pour les effets utiles. La décision est rendue en d
Sentència
PARTS:
Demandant: Sr. Badía
Advocat : Sra. Andrade
Demandat : Sra. Gálvez
Part : MINISTERI FISCAL
TSJC.- 0000367/2019
EXEQUÀTUR
NIG: 5300531120190000003
SENTÈNCIA 039-2020
Andorra la Vella, el 17 de juny del 2020. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el procediment d'exequàtur interposat.
La tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Vincent Anière, el qual expressa el parer del Tribunal.