STSJAD ANDORRA, a 17 de juny del 2020 - ROJ: STSJAD 127/2020
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé17 juin 2020
Numéro417/18
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 127/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:127)
> Décision commentée : STSJAD 127/2020, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 juin 2020, Recurs n° 417/18 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note de référence : l'intitulé canonique fourni (« Juridiction andorrane, — ») est incomplet. La référence retenue ci-dessus figure dans le texte intégral de la décision (ROJ et ECLI).*
## Faits et procédure
Le divorce des époux Sainz et Morillo a été prononcé en France par une décision du 15 février 2000 (date reproduite telle quelle dans la décision ; la juridiction est anonymisée dans le texte).
Deux décisions françaises successives sont à l'origine du litige :
- **Tribunal de grande instance de Perpignan, 12 mars 2009** : condamnation de Mme Morillo à verser à M. Sainz 500 000 euros, correspondant à la moitié de la valeur d'un chalet, avec intérêts au taux légal à compter du jour de la décision, ainsi que 1 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile et les dépens de première instance.
- **Cour d'appel de Montpellier, 23 février 2010** : confirmation intégrale du jugement de première instance, assortie d'une condamnation à 500 euros pour appel abusif, 3 000 euros au titre de l'article 700 et les dépens d'appel.
Le 26 novembre 2018, M. Sainz saisit la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre d'une demande d'exequatur tendant à faire déclarer exécutoires en Principauté les deux décisions. Mme Morillo, citée par voie d'édit, ne comparaît pas et est déclarée en rébellion par ordonnance du 22 octobre 2019. Le ministère public conclut à l'octroi de l'exequatur. Les échanges écrits (réplique du 8 novembre 2019, duplique du 26 novembre 2019) puis les conclusions finales ont confirmé cette position.
## Question de droit
La question posée à la Cour était de savoir si les conditions cumulatives de l'article 49 de la Loi transitoire de procédures judiciaires du 21 décembre 1993 étaient réunies pour reconnaître et rendre exécutoires en Andorre deux décisions judiciaires étrangères à caractère pécuniaire.
Cet article dispose que la procédure d'exequatur a pour objet de vérifier que la décision à exécuter satisfait cumulativement à cinq exigences : la compétence de la juridiction d'origine, la régularité de la procédure suivie devant elle, l'application de la loi compétente selon les règles nationales de conflit de lois, la conformité à l'ordre public national et international, et l'absence de fraude à la loi.
## Solution et dispositif
La Cour examine successivement chacune des conditions. Elle relève qu'« aucun élément ne permet de contredire » la compétence des juridictions françaises, ni la régularité de la procédure, ni le fait que celles-ci ont appliqué la loi compétente, en l'occurrence la loi française. Elle écarte la fraude à la loi en se référant à sa propre jurisprudence (SSTSJA des 18 décembre 1997 et 17 juillet 2003), qui définit la fraude comme l'application d'une loi étrangère destinée à échapper à l'application d'une norme nationale contraire. Elle constate enfin la conformité des décisions à l'ordre public national. Le point relatif aux dépens est tranché par référence à l'usage : « en matière d'exequatur, il est d'usage de ne pas prononcer de condamnation spéciale aux dépens ».
Le dispositif est ainsi rédigé
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 17 de juny del 2020 - ROJ: STSJAD 127/2020
STSJAD 127/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:127)
Reproduction verbatim
Décision commentée : STSJAD 127/2020, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 17 juin 2020, Recurs n° 417/18 (Lire sur source officielle)
Note de référence : l'intitulé canonique fourni (« Juridiction andorrane, — ») est incomplet. La référence retenue ci-dessus figure dans le texte intégral de la décision (ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Le divorce des époux Sainz et Morillo a été prononcé en France par une décision du 15 février 2000 (date reproduite telle quelle dans la décision ; la juridiction est anonymisée dans le texte).
Deux décisions françaises successives sont à l'origine du litige :
Tribunal de grande instance de Perpignan, 12 mars 2009 : condamnation de Mme Morillo à verser à M. Sainz 500 000 euros, correspondant à la moitié de la valeur d'un chalet, avec intérêts au taux légal à compter du jour de la décision, ainsi que 1 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile et les dépens de première instance.
Cour d'appel de Montpellier, 23 février 2010 : confirmation intégrale du jugement de première instance, assortie d'une condamnation à 500 euros pour appel abusif, 3 000 euros au titre de l'article 700 et les dépens d'appel.
Le 26 novembre 2018, M. Sainz saisit la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre d'une demande d'exequatur tendant à faire déclarer exécutoires en Principauté les deux décisions. Mme Morillo, citée par voie d'édit, ne comparaît pas et est déclarée en rébellion par ordonnance du 22 octobre 2019. Le ministère public conclut à l'octroi de l'exequatur. Les échanges écrits (réplique du 8 novembre 2019, duplique du 26 novembre 2019) puis les conclusions finales ont confirmé cette position.
Question de droit
La question posée à la Cour était de savoir si les conditions cumulatives de l'article 49 de la Loi transitoire de procédures judiciaires du 21 décembre 1993 étaient réunies pour reconnaître et rendre exécutoires en Andorre deux décisions judiciaires étrangères à caractère pécuniaire.
Cet article dispose que la procédure d'exequatur a pour objet de vérifier que la décision à exécuter satisfait cumulativement à cinq exigences : la compétence de la juridiction d'origine, la régularité de la procédure suivie devant elle, l'application de la loi compétente selon les règles nationales de conflit de lois, la conformité à l'ordre public national et international, et l'absence de fraude à la loi.
Solution et dispositif
La Cour examine successivement chacune des conditions. Elle relève qu'« aucun élément ne permet de contredire » la compétence des juridictions françaises, ni la régularité de la procédure, ni le fait que celles-ci ont appliqué la loi compétente, en l'occurrence la loi française. Elle écarte la fraude à la loi en se référant à sa propre jurisprudence (SSTSJA des 18 décembre 1997 et 17 juillet 2003), qui définit la fraude comme l'application d'une loi étrangère destinée à échapper à l'application d'une norme nationale contraire. Elle constate enfin la conformité des décisions à l'ordre public national. Le point relatif aux dépens est tranché par référence à l'usage : « en matière d'exequatur, il est d'usage de ne pas prononcer de condamnation spéciale aux dépens ».
Le dispositif est ainsi rédigé
Sentència
TSJC.- 0000417/2018
EXEQUATUR
NIG: 5300531120180000019
PARTS:
Demandant: Sr. Sainz
Procurador : Sra. Carranza
Advocat : Sra. Tejada
Demandat : Sra. Morillo
Part : MINISTERI FISCAL
SENTÈNCIA 036-2020
Andorra la Vella, el 17 de juny del 2020. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el procediment d'exequàtur interposat.
La tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Vincent Anière, el qual expressa el parer del Tribunal.
Primer.- Per sentència de data 15-02-2000, la ORG_1, França, va pronunciar el divorci dels consorts Sainz i Morillo.
Segon.- Per sentència de data 12-03-2009, el Tribunal de grande instance de Perpinyà, França, va condemnar a la Sra. Morillo a pagar al Sr. Sainz l'import de 500.000.-euros corresponent a la meitat del valor del xalet X a XXXX, amb interessos al tipus legal a comptar del dia de la sentència, i l'import de 1.000.-euros en aplicació de l'article 700 del codi de procediment civil més les costes judicials de primera instància.
Per Sentència de data 23-02-2010, la ORG_1 va confirmar íntegrament la resolució d'instància afegint-hi una condemna de la Sra. Morillo a pagar al Sr. Sainz l'import de 500.-euros per recurs abusiu i l'import de 3.000.-euros en aplicació de l'article 700 del codi de procediment civil més les costes judicials de segona instància.
Tercer.- Per escrit de data del Registre 26-11-2018, la representació processal del Sr. Sainz va presentar davant d'aquesta Sala demanda d'exequàtur a fi i efecte que es declarin executòries a Andorra les resolucions estrangeres esmentades al punt segon.
Quart.- Citada per via d'Edicte la Sra. Morillo no va comparèixer i per Providència del 22-10-2019, se la va declarar en rebel·lia processal.
Cinquè.- El Ministeri Fiscal va concloure en l'atorgament de l'exequàtur esmentat.
Sisè.- En data 08-11-2019, la representació processal del Sr. Sainz va presentar un escrit de rèplica, mantenint la seva petició d'exequàtur.
Per escrit de dúplica de data 26-11-2019, el Ministeri Fiscal va mantenir la seva posició favorable a l'atorgament de l'exequàtur.
Evacuat el tràmit de proves, la representació processal del Sr. Sainz i el Ministeri Fiscal van presentar el seu respectiu escrit de conclusions, mantenint la seva posició.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- L'article 49 de la Llei transitòria de procediments judicials disposa que el procediment d'exequàtur té per objecte la verificació i el control que la sentència a executar compleixi cumulativament amb els requisits següents:
. la competència de la jurisdicció que l'ha dictat.
. la regularitat del procediment seguit davant dita jurisdicció.
. l'aplicació de la llei competent segons les regles nacionals de conflicte.
. la conformitat a l'ordre públic nacional i internacional.
. l'absència de tot frau a la llei nacional
Segon.- En el present cas, no existeix cap element per contradir ni la competència de les jurisdiccions franceses que van dictar les sentències sotmeses a la nostra verificació, ni la regularitat del procediment seguit davant dites jurisdiccions o que les mateixes van aplicar la llei competent, és a dir la llei francesa.
Tampoc apareix un frau a la llei que la jurisprudència d'aquesta Sala (SSTSJA 18-12-1997 i 17-07-2003) ha definit com l'aplicació d'una normativa nacional estrangera per a escapar a l'aplicació d'una normativa nacional contrària.
L'estudi de les resolucions en qüestió permet constatar llur conformitat amb l'ordre públic nacional.
Per consegüent, s'han de declarar executòries al Principat d'Andorra la sentència dictada pel Tribunal de Grande Instance de Perpinyà en data 12-03-2009, i la sentència dictada la ORG_0 en data 23-02-2010.
Tercer.- En matèria d'exequàtur, és costum de no fer especial condemna en costes processals.
Vistos la legislació vigent i els Usos i Costums aplicables al present cas, la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, ha pres la següent
DECISIÓ
Primer.- Estimar la demanda d'exequàtur del Sr. Sainz i declarar executives a Andorra la sentència dictada pel Tribunal de Grande Instance de Perpinyà en data 12-03-2009 (Autes 06/00621), i la sentència dictada per la Cour d'Appel de Montpellier en data 23-02-2010 (Autes 09/03208);
Segon.- No efectuar especial condemna en costes judicials.
Aquesta resolució és ferma i executiva.
Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.