STSJAD ANDORRA, a 18 de desembre del 2020 - ROJ: STSJAD 192/2020
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé18 décembre 2020
Numéro21/20
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 18 décembre 2020, n° 43-2020 (ROJ : STSJAD 192/2020)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, Sentència n° 43-2020, 18 de desembre del 2020, núm. de rotlle TSJA-0000021/2020, recurs 21/20, núm. de protocol 1000097/2017, ROJ : STSJAD 192/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:192 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre du contrôle administratif et fiscal exercé par les autorités paroissiales (*Comuns*) de la Principauté d'Andorre sur l'exploitation des hébergements touristiques, plus particulièrement des appartements meublés de vacances (*apartaments moblats per a vacances*).
La société commerciale Toll (désignée ci-après « la société Toll ») est titulaire et propriétaire d'un établissement de commerce dénommé « M. », ouvert à une adresse déterminée (mentionnée « à l'XXXX » dans la décision). Selon les inscriptions figurant au Registre de commerce du gouvernement d'Andorre (*Registre de Comerç del Govern d'Andorra*, folios 229 à 231 du dossier), cette société a pour objet social et pour activité déclarée l'exploitation d'appartements touristiques.
Il ressort en outre d'une certification délivrée le 29 mai 2018 par le ministre du Tourisme (folios 218 à 228 du dossier) que la société Toll assurait, à compter du 10 octobre 2016, la gestion et l'exploitation d'un ensemble d'appartements meublés pour vacances (répertoriés aux folios 227 et 228) situés dans une localité désignée par la mention « au x » au sein du territoire de la paroisse administrée par le *Comú* défendeur (anonymisé sous la dénomination « COMÚ X »). L'exploitation de ces unités d'hébergement avait été précédemment assurée par une autre entreprise, la société dénommée TCM, avant que la société Toll n'en reprenne la gestion effective en octobre 2016.
Toutefois, la société Toll a entrepris et poursuivi cette exploitation sans avoir sollicité ni obtenu au préalable d'autorisation administrative d'établissement ou d'ouverture auprès du *Comú* COMÚ X. Par ailleurs, alors que la réglementation sectorielle lui imposait de communiquer annuellement à l'administration communale les certifications issues du registre ministériel relatives aux appartements meublés pour vacances situés sur le territoire paroissial, la société Toll ne s'est acquittée de cette transmission que le 23 janvier 2017 pour l'exercice 2016.
Face à ces constatations, les organes du *Comú* COMÚ X ont engagé une procédure de sanction à l'encontre de la société exploitante. Une ordonnance d'ouverture d'une procédure administrative de sanction (*providència d'incoació*) a été formalisée par l'administration communale à la date du 28 décembre 2016. Cet acte d'incoation a été formellement notifié à la société Toll le 10 janvier 2017.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
À l'issue de l'instruction administrative, la commission de gouvernement (*Junta de Govern*) du *Comú* COMÚ X a adopté, le 26 juillet 2017, une résolution portant condamnation de la société Toll à deux sanctions administratives pécuniaires :
1. Une première sanction, fixée à son degré minimal pour un montant de 1 001 euros, infligée sur le fondement de la contravention aux dispositions de l'article 33 de la loi 23/2008 du 20 novembre régissant les appartements meublés de vacances et les entreprises qui les exploitent (*Llei 23/2008, de 20 de novembre, de regulació dels apartaments moblats per a vacances i de les empreses que els exploten*), en raison du défaut de transmission dans le délai légal des certifications du registre relatives aux unités d'hébergement exploitées ;
2. Une seconde sanction d'un montant de 1 000 euros, qualifiée d'infraction simple, prononcée en application des articles 108 et 110 de l'ordonnance fiscale paroissiale du *Comú* COMÚ X pour l'année 2016 (*Ordinació tributària del Comú COMÚ X de l'any 2016*), sanctionnant l'exercice d'une activité économique sans déclaration d'implantation ni accomplissement des obligations fiscales afférentes.
Cette résolution municipale du 26 juillet 2017, qui accordait à la société un délai d'un mois pour s'acquitter desdites sommes, a été confirmée sur recours gracieux par une résolution du conseil de la paroisse (*Consell de l'esmentat Comú*) en date du 30 août 2017.
Contestant ces décisions punitives, la société Toll a introduit un recours contentieux devant la juridiction administrative de première instance, le Tribunal de Batlles (section administrative, dossier n° 1000097/2017). Par un jugement n° 12/2020 (date exacte non précisée dans la décision), le Tribunal de Batlles a accueilli partiellement les prétentions de la demanderesse. Les premiers juges ont estimé que les résolutions communales n'étaient que partiellement conformes au droit et aux finalités légitimant l'action administrative. Dès lors, le tribunal a annulé la sanction de 1 001 euros infligée pour manquement à l'article 33 de la loi 23/2008, tout en maintenant la sanction de 1 000 euros liée aux obligations tributaires et d'autorisation locale. Le motif retenu en première instance reposait sur la chronologie de la poursuite : l'incoation de la procédure ayant été arrêtée au 28 décembre 2016 alors que l'assujetti disposait légalement jusqu'au 31 décembre 2016 pour déposer ses attestations annuelles, l'administration avait poursuivi un comportement avant même la consommation de l'infraction.
Cette décision d'annulation partielle a suscité un double appel devant la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (*Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa*) :
- D'une part, la société Toll a interjeté appel principal pour solliciter l'infirmation du jugement en ce qu'il avait validé la sanction fiscale de 1 000 euros. Elle faisait valoir, en substance, que l'article 4.5 de la loi qualifiée sur les compétences des *Comuns* du 4 novembre 1993 (*Llei qualificada de delimitació de competències dels Comuns*) subordonne l'action des paroisses au cadre de la législation nationale, laquelle ne lie nullement l'octroi d'une autorisation de commerce à un quelconque fractionnement territorial. Soutenant qu'elle s'acquittait de l'impôt d'implantation (*impost de radicació*) au lieu du siège social de son entreprise (situé dans une autre paroisse mentionnée « à x »), elle affirmait que son titre d'exploitation commercial national l'autorisait à opérer sur tout le territoire de la Principauté sans obligation d'obtenir une licence communale dans chaque paroisse d'implantation des appartements. Elle ajoutait que la nouvelle loi 16/2017 générale de l'hébergement touristique (*Llei 16/2017, del 13 de juliol, general de l'allotjament turístic*) ne prescrivait pas davantage une telle exigence cumulative.
- D'autre part, le *Comú* COMÚ X a formé un appel dirigé contre l'annulation de la première sanction de 1 001 euros. L'autorité paroissiale soutenait que si l'ordonnance d'ouverture avait certes été rédigée le 28 décembre 2016, celle-ci n'avait été notifiée à la société que le 10 janvier 2017. Or, la notification conditionnant l'efficacité juridique des actes administratifs, l'infraction était bel et bien constituée et consommée au moment où la procédure a produit ses effets, le manquement perdurant d'ailleurs jusqu'au 23 janvier 2017. En défense sur l'appel de la société, le *Comú* soutenait que l'exercice d'une activité d'exploitation de meublés sur le sol paroissial déclenche impérativement l'assujettissement à l'impôt d'implantation locale en vertu de l'article 32 de la loi sur les finances communales (*Llei de finances comunals*) et impose l'obtention préalable d'une autorisation communale propre en vertu de l'article 61 de l'ordonnance de police (*Ordinació d'Arrestos*) et de l'ordonnance fiscale de 2016.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'affaire soumise à la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'Andorre soulevait deux difficultés juridiques distinctes, touchant respectivement au pouvoir de police économique et fiscale des collectivités locales paroissiales, et au régime contentieux des actes préparatoires des procédures administratives de sanction.
1. **Sur l'articulation entre autorisations commerciales nationales et autorisations administratives paroissiales :**
L'exploitation économique d'hébergements touristiques (en l'espèce, des appartements meublés de vacances) situés dans le ressort territorial d'une paroisse peut-elle s'exercer sous le seul couvert d'une autorisation nationale de commerce délivrée par le gouvernement central au titre du Registre de commerce, ou requiert-elle l'obtention préalable d'une autorisation administrative d'établissement émanant du *Comú* sur le territoire duquel sont situés les immeubles, justifiant par là-même l'assujettissement à la fiscalité d'implantation locale (*impost de radicació*) et aux taxes paroissiales ?
2. **Sur la régularité temporelle de l'engagement des poursuites administratives pour infraction d'omission :**
L'adoption interne par l'administration d'une ordonnance d'incoation de poursuites (*providència d'incoació*) à une date antérieure à l'expiration du délai légal imparti à l'administré pour exécuter son obligation déclarative vicie-t-elle la sanction administrative, dès lors que cet acte d'ouverture n'a été notifié à l'intéressé qu'après l'expiration dudit délai et que le comportement omissif reproché s'est prolongé au-delà de cette notification en tant qu'infraction continue (*infracció continuada*) ?
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Sur le premier moyen d'appel (rejeté), la cour conforte pleinement la compétence régulatrice et fiscale des *Comuns* face aux prétentions de décloisonnement territorial formées par l'opérateur économique.
Le Tribunal supérieur s'appuie d'abord sur la systématique de la loi 12/2013 du commerce (*Llei 12/2013, del comerç*). L'article 5 de cette loi énonce le principe selon lequel toute personne physique ou morale doit se pourvoir des autorisations administratives préalables requises et que l'exercice de l'activité commerciale doit scrupuleusement se conformer à l'objet, au nom commercial et surtout au lieu (*lloc*) autorisés. La juridiction d'appel en déduit qu'une autorisation de commerce n'a jamais une portée purement abstraite ou déterritorialisée : elle est intimement circonscrite à un local ou à un lieu matériel déterminé. Dès lors, le déploiement ou l'extension d'une activité commerciale sur un site nouveau impose nécessairement la sollicitation d'une nouvelle autorisation administrative préalable afférente à ce nouvel emplacement. Cette exigence est justifiée par la nécessité impérieuse de vérifier que les locaux d'exploitation répondent aux normes spécifiques d'ordre public applicables à chaque catégorie d'activité (superficie minimale, sécurité contre l'incendie, normes sanitaires, capacité d'accueil).
Cette lecture est confortée par l'article 12 de la même loi de 2013, qui subordonne la délivrance par le ministère du Commerce du titre autorisant l'ouverture ou la modification d'un établissement — ainsi que son immatriculation au registre — à l'obtention préalable de l'autorisation délivrée par le *Comú* territorialement compétent. La cour rappelle également que l'article 4.5 de la loi qualifiée sur les compétences des *Comuns* du 4 novembre 1993, applicable *ratione temporis*, confère expressément aux administrations paroissiales la compétence pour réglementer, autoriser et enregistrer les conditions d'ouverture et d'établissement des activités commerciales, industrielles, professionnelles et de services sur leur territoire. Au niveau paroissial, cette prérogative est mise en œuvre par l'article 61 de l'ordonnance de police du 3 février 2016 (*Ordinació d'Arrestos del Comú COMÚ X*), qui contraint toute personne désireuse d'établir une industrie, un commerce ou un bureau à solliciter l'autorisation communale correspondante.
Sur le plan fiscal, la cour applique de manière distributive la loi sur les finances communales (notamment son article 32) et l'ordonnance communale de 2016 (article 31). L'impôt paroissial d'implantation d'activités commerciales, entrepreneuriales et professionnelles (*impost de radicació*) est un impôt direct dont le fait générateur réside dans l'exercice matériel d'une activité productive ou de distribution sur le sol de la paroisse, sans égard pour le lieu du siège principal de l'entreprise. L'exploitation d'appartements de vacances constituant une activité d'ordre économique de mise à disposition de facteurs productifs, la société Toll en était le redevable légal, tout comme elle était assujettie aux taxes de salubrité publique (*taxa del servei d'higiene pública*) et d'éclairage public (*taxa pel servei d'enllumenat públic*) prévues à l'article 14 de l'ordonnance fiscale communale. N'ayant ni demandé l'autorisation paroissiale ni satisfait à ses obligations de déclaration et de paiement, la société a commis une infraction fiscale justifiant le rejet de son appel et le maintien de la sanction de 1 000 euros.
Sur le second moyen d'appel (accueilli), le Tribunal supérieur censure l'analyse opérée par le tribunal de première instance relative à la validité temporelle de la procédure répressive.
La cour analyse les obligations issues de l'article 33 de la loi 23/2008 du 20 novembre régissant les meublés touristiques. Ce texte astreint les exploitants d'appartements de vacances à délivrer annuellement au *Comú* territorialement compétent un certificat d'inscription ministérielle reflétant fidèlement les entrées et sorties d'unités immobilières survenues au cours de l'exercice. Ayant pris en charge l'exploitation des appartements en octobre 2016, la société Toll devait obligatoirement communiquer cet état certificatif avant le terme de l'année civile, soit au plus tard le 31 décembre 2016. Elle n'a cependant satisfait à cette diligence que le 23 janvier 2017.
Certes, le juge d'appel constate que l'administration paroissiale a formalisé son acte d'incoation dès le 28 décembre 2016, soit trois jours avant l'échéance légale, moment où le débiteur pouvait encore valablement exécuter son obligation. Toutefois, la cour dénoue la difficulté par une double qualification doctrinale :
- Premièrement, sur
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 18 de desembre del 2020 - ROJ: STSJAD 192/2020
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 18 décembre 2020, n° 43-2020 (ROJ : STSJAD 192/2020)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, Sentència n° 43-2020, 18 de desembre del 2020, núm. de rotlle TSJA-0000021/2020, recurs 21/20, núm. de protocol 1000097/2017, ROJ : STSJAD 192/2020, ECLI:AD:TSJADAD:2020:192 (Lire sur source officielle)
⁂
I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre du contrôle administratif et fiscal exercé par les autorités paroissiales (Comuns) de la Principauté d'Andorre sur l'exploitation des hébergements touristiques, plus particulièrement des appartements meublés de vacances (apartaments moblats per a vacances).
La société commerciale Toll (désignée ci-après « la société Toll ») est titulaire et propriétaire d'un établissement de commerce dénommé « M. », ouvert à une adresse déterminée (mentionnée « à l'XXXX » dans la décision). Selon les inscriptions figurant au Registre de commerce du gouvernement d'Andorre (Registre de Comerç del Govern d'Andorra, folios 229 à 231 du dossier), cette société a pour objet social et pour activité déclarée l'exploitation d'appartements touristiques.
Il ressort en outre d'une certification délivrée le 29 mai 2018 par le ministre du Tourisme (folios 218 à 228 du dossier) que la société Toll assurait, à compter du 10 octobre 2016, la gestion et l'exploitation d'un ensemble d'appartements meublés pour vacances (répertoriés aux folios 227 et 228) situés dans une localité désignée par la mention « au x » au sein du territoire de la paroisse administrée par le Comú défendeur (anonymisé sous la dénomination « COMÚ X »). L'exploitation de ces unités d'hébergement avait été précédemment assurée par une autre entreprise, la société dénommée TCM, avant que la société Toll n'en reprenne la gestion effective en octobre 2016.
Toutefois, la société Toll a entrepris et poursuivi cette exploitation sans avoir sollicité ni obtenu au préalable d'autorisation administrative d'établissement ou d'ouverture auprès du Comú COMÚ X. Par ailleurs, alors que la réglementation sectorielle lui imposait de communiquer annuellement à l'administration communale les certifications issues du registre ministériel relatives aux appartements meublés pour vacances situés sur le territoire paroissial, la société Toll ne s'est acquittée de cette transmission que le 23 janvier 2017 pour l'exercice 2016.
Face à ces constatations, les organes du Comú COMÚ X ont engagé une procédure de sanction à l'encontre de la société exploitante. Une ordonnance d'ouverture d'une procédure administrative de sanction (providència d'incoació) a été formalisée par l'administration communale à la date du 28 décembre 2016. Cet acte d'incoation a été formellement notifié à la société Toll le 10 janvier 2017.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
À l'issue de l'instruction administrative, la commission de gouvernement (Junta de Govern) du Comú COMÚ X a adopté, le 26 juillet 2017, une résolution portant condamnation de la société Toll à deux sanctions administratives pécuniaires :
Une première sanction, fixée à son degré minimal pour un montant de 1 001 euros, infligée sur le fondement de la contravention aux dispositions de l'article 33 de la loi 23/2008 du 20 novembre régissant les appartements meublés de vacances et les entreprises qui les exploitent (Llei 23/2008, de 20 de novembre, de regulació dels apartaments moblats per a vacances i de les empreses que els exploten), en raison du défaut de transmission dans le délai légal des certifications du registre relatives aux unités d'hébergement exploitées ;
Une seconde sanction d'un montant de 1 000 euros, qualifiée d'infraction simple, prononcée en application des articles 108 et 110 de l'ordonnance fiscale paroissiale du Comú COMÚ X pour l'année 2016 (Ordinació tributària del Comú COMÚ X de l'any 2016), sanctionnant l'exercice d'une activité économique sans déclaration d'implantation ni accomplissement des obligations fiscales afférentes.
Cette résolution municipale du 26 juillet 2017, qui accordait à la société un délai d'un mois pour s'acquitter desdites sommes, a été confirmée sur recours gracieux par une résolution du conseil de la paroisse (Consell de l'esmentat Comú) en date du 30 août 2017.
Contestant ces décisions punitives, la société Toll a introduit un recours contentieux devant la juridiction administrative de première instance, le Tribunal de Batlles (section administrative, dossier n° 1000097/2017). Par un jugement n° 12/2020 (date exacte non précisée dans la décision), le Tribunal de Batlles a accueilli partiellement les prétentions de la demanderesse. Les premiers juges ont estimé que les résolutions communales n'étaient que partiellement conformes au droit et aux finalités légitimant l'action administrative. Dès lors, le tribunal a annulé la sanction de 1 001 euros infligée pour manquement à l'article 33 de la loi 23/2008, tout en maintenant la sanction de 1 000 euros liée aux obligations tributaires et d'autorisation locale. Le motif retenu en première instance reposait sur la chronologie de la poursuite : l'incoation de la procédure ayant été arrêtée au 28 décembre 2016 alors que l'assujetti disposait légalement jusqu'au 31 décembre 2016 pour déposer ses attestations annuelles, l'administration avait poursuivi un comportement avant même la consommation de l'infraction.
Cette décision d'annulation partielle a suscité un double appel devant la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa) :
D'une part, la société Toll a interjeté appel principal pour solliciter l'infirmation du jugement en ce qu'il avait validé la sanction fiscale de 1 000 euros. Elle faisait valoir, en substance, que l'article 4.5 de la loi qualifiée sur les compétences des Comuns du 4 novembre 1993 (Llei qualificada de delimitació de competències dels Comuns) subordonne l'action des paroisses au cadre de la législation nationale, laquelle ne lie nullement l'octroi d'une autorisation de commerce à un quelconque fractionnement territorial. Soutenant qu'elle s'acquittait de l'impôt d'implantation (impost de radicació) au lieu du siège social de son entreprise (situé dans une autre paroisse mentionnée « à x »), elle affirmait que son titre d'exploitation commercial national l'autorisait à opérer sur tout le territoire de la Principauté sans obligation d'obtenir une licence communale dans chaque paroisse d'implantation des appartements. Elle ajoutait que la nouvelle loi 16/2017 générale de l'hébergement touristique (Llei 16/2017, del 13 de juliol, general de l'allotjament turístic) ne prescrivait pas davantage une telle exigence cumulative.
D'autre part, le Comú COMÚ X a formé un appel dirigé contre l'annulation de la première sanction de 1 001 euros. L'autorité paroissiale soutenait que si l'ordonnance d'ouverture avait certes été rédigée le 28 décembre 2016, celle-ci n'avait été notifiée à la société que le 10 janvier 2017. Or, la notification conditionnant l'efficacité juridique des actes administratifs, l'infraction était bel et bien constituée et consommée au moment où la procédure a produit ses effets, le manquement perdurant d'ailleurs jusqu'au 23 janvier 2017. En défense sur l'appel de la société, le Comú soutenait que l'exercice d'une activité d'exploitation de meublés sur le sol paroissial déclenche impérativement l'assujettissement à l'impôt d'implantation locale en vertu de l'article 32 de la loi sur les finances communales (Llei de finances comunals) et impose l'obtention préalable d'une autorisation communale propre en vertu de l'article 61 de l'ordonnance de police (Ordinació d'Arrestos) et de l'ordonnance fiscale de 2016.
⁂
II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'affaire soumise à la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'Andorre soulevait deux difficultés juridiques distinctes, touchant respectivement au pouvoir de police économique et fiscale des collectivités locales paroissiales, et au régime contentieux des actes préparatoires des procédures administratives de sanction.
Sur l'articulation entre autorisations commerciales nationales et autorisations administratives paroissiales :
L'exploitation économique d'hébergements touristiques (en l'espèce, des appartements meublés de vacances) situés dans le ressort territorial d'une paroisse peut-elle s'exercer sous le seul couvert d'une autorisation nationale de commerce délivrée par le gouvernement central au titre du Registre de commerce, ou requiert-elle l'obtention préalable d'une autorisation administrative d'établissement émanant du Comú sur le territoire duquel sont situés les immeubles, justifiant par là-même l'assujettissement à la fiscalité d'implantation locale (impost de radicació) et aux taxes paroissiales ?
Sur la régularité temporelle de l'engagement des poursuites administratives pour infraction d'omission :
L'adoption interne par l'administration d'une ordonnance d'incoation de poursuites (providència d'incoació) à une date antérieure à l'expiration du délai légal imparti à l'administré pour exécuter son obligation déclarative vicie-t-elle la sanction administrative, dès lors que cet acte d'ouverture n'a été notifié à l'intéressé qu'après l'expiration dudit délai et que le comportement omissif reproché s'est prolongé au-delà de cette notification en tant qu'infraction continue (infracció continuada) ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Sur le premier moyen d'appel (rejeté), la cour conforte pleinement la compétence régulatrice et fiscale des Comuns face aux prétentions de décloisonnement territorial formées par l'opérateur économique.
Le Tribunal supérieur s'appuie d'abord sur la systématique de la loi 12/2013 du commerce (Llei 12/2013, del comerç). L'article 5 de cette loi énonce le principe selon lequel toute personne physique ou morale doit se pourvoir des autorisations administratives préalables requises et que l'exercice de l'activité commerciale doit scrupuleusement se conformer à l'objet, au nom commercial et surtout au lieu (lloc) autorisés. La juridiction d'appel en déduit qu'une autorisation de commerce n'a jamais une portée purement abstraite ou déterritorialisée : elle est intimement circonscrite à un local ou à un lieu matériel déterminé. Dès lors, le déploiement ou l'extension d'une activité commerciale sur un site nouveau impose nécessairement la sollicitation d'une nouvelle autorisation administrative préalable afférente à ce nouvel emplacement. Cette exigence est justifiée par la nécessité impérieuse de vérifier que les locaux d'exploitation répondent aux normes spécifiques d'ordre public applicables à chaque catégorie d'activité (superficie minimale, sécurité contre l'incendie, normes sanitaires, capacité d'accueil).
Cette lecture est confortée par l'article 12 de la même loi de 2013, qui subordonne la délivrance par le ministère du Commerce du titre autorisant l'ouverture ou la modification d'un établissement — ainsi que son immatriculation au registre — à l'obtention préalable de l'autorisation délivrée par le Comú territorialement compétent. La cour rappelle également que l'article 4.5 de la loi qualifiée sur les compétences des Comuns du 4 novembre 1993, applicable ratione temporis, confère expressément aux administrations paroissiales la compétence pour réglementer, autoriser et enregistrer les conditions d'ouverture et d'établissement des activités commerciales, industrielles, professionnelles et de services sur leur territoire. Au niveau paroissial, cette prérogative est mise en œuvre par l'article 61 de l'ordonnance de police du 3 février 2016 (Ordinació d'Arrestos del Comú COMÚ X), qui contraint toute personne désireuse d'établir une industrie, un commerce ou un bureau à solliciter l'autorisation communale correspondante.
Sur le plan fiscal, la cour applique de manière distributive la loi sur les finances communales (notamment son article 32) et l'ordonnance communale de 2016 (article 31). L'impôt paroissial d'implantation d'activités commerciales, entrepreneuriales et professionnelles (impost de radicació) est un impôt direct dont le fait générateur réside dans l'exercice matériel d'une activité productive ou de distribution sur le sol de la paroisse, sans égard pour le lieu du siège principal de l'entreprise. L'exploitation d'appartements de vacances constituant une activité d'ordre économique de mise à disposition de facteurs productifs, la société Toll en était le redevable légal, tout comme elle était assujettie aux taxes de salubrité publique (taxa del servei d'higiene pública) et d'éclairage public (taxa pel servei d'enllumenat públic) prévues à l'article 14 de l'ordonnance fiscale communale. N'ayant ni demandé l'autorisation paroissiale ni satisfait à ses obligations de déclaration et de paiement, la société a commis une infraction fiscale justifiant le rejet de son appel et le maintien de la sanction de 1 000 euros.
Sur le second moyen d'appel (accueilli), le Tribunal supérieur censure l'analyse opérée par le tribunal de première instance relative à la validité temporelle de la procédure répressive.
La cour analyse les obligations issues de l'article 33 de la loi 23/2008 du 20 novembre régissant les meublés touristiques. Ce texte astreint les exploitants d'appartements de vacances à délivrer annuellement au Comú territorialement compétent un certificat d'inscription ministérielle reflétant fidèlement les entrées et sorties d'unités immobilières survenues au cours de l'exercice. Ayant pris en charge l'exploitation des appartements en octobre 2016, la société Toll devait obligatoirement communiquer cet état certificatif avant le terme de l'année civile, soit au plus tard le 31 décembre 2016. Elle n'a cependant satisfait à cette diligence que le 23 janvier 2017.
Certes, le juge d'appel constate que l'administration paroissiale a formalisé son acte d'incoation dès le 28 décembre 2016, soit trois jours avant l'échéance légale, moment où le débiteur pouvait encore valablement exécuter son obligation. Toutefois, la cour dénoue la difficulté par une double qualification doctrinale :
Premièrement, sur
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Administrativa
Núm. de Protocol: 1000097/2017 Núm. Rotlle: TSJA-0000021/2020
SENTÈNCIA 43-2020
PARTS :
Apel·lant: Toll
Representant: Sr. Zurita
Advocada: Sra. Salcedo
Apel·lant: COMÚ X
Representant: Sra. Marti
Advocat: Sr. Guerrero
Andorra la Vella, el divuit de desembre de dos mil vint.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000097/2017.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Elsa Puig Muñoz, la qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 21/20 — Décision commentée
1.- La societat Toll va interposar demanda jurisdiccional contra la resolució de la Junta de Govern del Comú COMÚ X, de data 26/07/2017, posteriorment confirmada per Resolució del Consell de l'esmentat Comú, de data 30/08/2017, per la qual es va acordar:
"1) Imposar a Toll una sanció per la contravenció del que disposa l'article 33 de la Llei 23/2008, de 20 de novembre, de regulació dels apartaments moblats per a vacances i de les empreses que els exploten, en grau mínim, per import de 1.001 euros,
Imposar a Toll una sanció per infracció simple d'acord amb els articles 108 i 110 de l'Ordinació tributària del Comú COMÚ X de l'any 2016, per import de 1.000 euros."
A la mateixa resolució es va atorgar el termini d'un mes per fer efectives les referides sancions.
2.- En la sentència 12/2020 el Tribunal de Batlles va estimar parcialment la demanda interposada, tot declarant que les resolucions impugnades no eren parcialment ajustades a Dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa i, va anul·lar la sanció de 1.001 imposada per contravenció del què disposa l'article 33 de la Llei 23/2008, de 20 de novembre, de regulació dels apartaments moblats per a vacances i de les empreses que els exploten.
3.- En el seu escrit d'apel·lació la societat agent estima, en substància, que:
L'art. 4.5 de la Llei qualificada de competències dels Comuns de data 04/11/1993 establia que les competències sobre regulació, autorització i registre de les condicions d'obertura i establiment d'activitats comercials, industrials, professionals i de serveis s'han d'exercir dins el marc de la legislació nacional, que no vincula la concessió d'una autorització de comerç a l'establiment de cap limitació de caràcter territorial.
La societat pagava l'impost de radicació allà on tenia domiciliada la seva empresa, és a dir, a x, sense que existeixi l'obligació d'obtenció d'una autorització de comerç per a desenvolupar l'activitat autoritzada al territori de cada parròquia.
Tampoc la Llei 16/2017, del 13 de juliol, general de l'allotjament turístic (en endavant LGAT), imposa l'obligació d'obtenir una autorització de comerç a cada parròquia.
La societat ha confirmat els seus arguments en el seu escrit de conclusions.
4.- En la seva contesta al recurs d'apel·lació de la societat agent, el Comú estima, en substància, que:
L'art. 64 de la LGAT estableix l'obligació de disposar d'autoritzacions administratives (en plural) previsió de la qual s'infereix que cal disposar d'una autorització administrativa a cada Comú.
L'art. 32 de Llei de Finances Comunals (en endavant LFC) estableix que l'impost de radicació d'activitats comercials, empresarials i professionals grava l'exercici d'aquestes activitats realitzada en el territori d'una parròquia.
L'art. 61 de l'Ordinació d'Arrestos del Comú COMÚ X i l'art. 31 de l'Ordinació comunal del 2016 obliguen a la societat agent al pagament de l'impost de radicació d'activitats, i, en conseqüència, ha de disposar de la corresponent autorització prèvia que preveu l'art. 32 de la LFC.
5.- D'altra banda, en el recurs d'apel·lació interposat pel Comú, aquest al·lega que la sentència del Tribunal de Batles anul·la una de les dues sancions imposades en entendre que la providència d'incoació del procediment sancionador és de data 28/12/2016 -encara que es va notificar el 10/01/2017-, i que la societat agent podia haver lliurat al Comú el certificat del Registre d'altes i baixes fins el 31/12/2016, però, d'una banda, el requisit no es complí en termini, i, a més, aquest plantejament oblida que la notificació és requisit per l'eficàcia de l'acte.
6.- I la societat agent es va oposar al referit recurs al·legant que:
La providència d'incoació del procediment sancionador que es va dictar el 28/12/2016 es refereix a l'incompliment d'una obligació que en aquell moment encara es podia complir (era possible fer-ho fins el 31/12/2016), ço que suposa que es va iniciar un procediment sancionador quan no es podia imputar aquesta infracció.
El Comú tenia perfecte coneixement de quins eren els apartaments moblats que gestionava, primer l'empresa TCM i desprès Toll (se suposa que en mèrits de la comunicació que en el seu moment va fer l'anterior explotadora en compliment de les seves obligacions), i a partir de l'assumpció per l'agent de l'activitat -al mes d'octubre de 2016- cap canvi es va produir, la qual cosa comporta que el Comú no ha sofert cap perjudici.
7.- Ambdues parts han reiterat les seves posicions en els respectius escrits de conclusions.
8.- Trameses les actuacions a aquesta Sala, s'ha designat la magistrada ponent i han quedat vistes les actuacions per a deliberar i decidir.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- Competència
El Tribunal Superior, Sala Administrativa, és competent per conèixer del recurs, en aplicació de l'article 39.3 de la Llei qualificada de la Justícia.
Segon.- Prèviament, s'ha de presentar un breu resum dels fets a l'origen del litigi:
La societat Toll, propietària del comerç M. obert a l'XXXX, es dedica -segons les dades que consten en el Registre de Comerç del Govern d'Andorra (folis 229-231)- a l'explotació d'apartaments turístics i, pel què aquí interessa -i segons certifica el M.I. Ministre de Turisme en data 29 de maig del 2018 (folis 218-228)- dels apartaments moblats per a vacances relacionats als folis 227 i 228 situats al x, Parròquia x i, això d'ençà el 10 d'octubre del 2016.
La societat no gaudia de cap prèvia autorització administrativa del Comú COMÚ X per exercir aquesta activitat, i no va ser fins el 23/01/2017 que va lliurar al Comú COMÚ X les certificacions dels apartaments moblats per a vacances que es situaven en el seu terme parroquial.
Tercer.- Les posicions de les parts es poden resumir així: mentre que el Comú COMÚ X considera que cal una llicència per exercir l'activitat de lloguer d'apartaments turístics a la seva parròquia, la societat agent manté que l'autorització de comerç de la que gaudeix ho era per a desenvolupar la seva activitat a nivell nacional.
Per resoldre la controvèrsia plantejada cal partir de la dada que l'art. 5 de la Llei 12/2013, de comerç (en endavant LC) disposa que per exercir el comerç o qualsevol activitat comercial, tota persona física o jurídica ha d'obtenir les autoritzacions administratives prèvies pertinents d'acord amb els procediments regulats en la pròpia LC, i que l'exercici de l'activitat comercial s'ha d'ajustar a l'objecte, el lloc i el nom comercial autoritzats i s'ha de realitzar per part de la persona titular de l'autorització.
D'aquesta regulació es deriva que una autorització per exercir l'activitat comercial es circumscriu a un lloc o local determinat, ço que comporta que si es vol exercir aquesta activitat en un altre lloc, cal que es sol·liciti una nova autorització administrativa prèvia en la nova ubicació. Aquesta regulació és del tot lògica ja que els locals on s'exerceix l'activitat han de complir els requisits que s'estableixin per a cada tipus d'activitat (superfície, compliment de mesures de seguretat, aforament, etc.).
Aquesta interpretació es reforça amb la lectura de l'art. 12 de la mateixa LC, que estableix que correspon al ministeri competent en matèria de comerç autoritzar l'obertura d'establiments comercials i l'exercici de les activitats comercials i la seva modificació, i ordenar-ne la inscripció al Registre de Comerç i Indústria, després que hagin obtingut l'escaient i prèvia autorització comunal.
D'altra banda, l'article 4.5 de la Llei qualificada de delimitació de competències dels Comuns del 04/11/1993 -vigent en el moment d'incoar-se el procediment sancionador-, reconeix la competència d'aquests per a la regulació, autorització i registre de les condicions d'obertura i establiment d'activitats comercials, industrials, professionals i de serveis en el terme de la Parròquia, dins el marc de la legislació nacional.
En aquest àmbit, l'article 61 de l'Ordinació d'Arrestos del Comú COMÚ X, del 3 de febrer del 2016, disposa que:
"La persona que vulgui establir un comerç o indústria, despatx, oficina o qualsevol altre activitat d'ordre econòmic ha de sol·licitar la corresponent autorització administrativa, amb menció de tots els requisits que estableixi la legislació vigent."
I l'article 31 de l'Ordinació comunal del 2016 estableix que l'impost de radicació d'activitats comercials, empresarials i professionals és un impost de naturalesa directa que grava l'exercici d'una activitat comercial, empresarial o professional realitzada en el territori de la parròquia, sent el fet generador de l'impost l'exercici d'una activitat comercial, empresarial o professional al terme de la parròquia, i que són activitats comercials, empresarials i professionals, les que impliquin l'ordenació per compte propi de factors de producció materials i humans o d'algun d'ells, amb la finalitat d'intervenir en la producció, realització o comercialització de béns i serveis.
A l'últim, la mateixa Ordinació disposa que és obligat tributari la persona física o jurídica titular administrativa de l'autorització de radicació de l'activitat comercial, empresarial i/o professional.
De la regulació que s'ha destacat es conclou, com va fer encertadament el Tribunal de Batlles, que la societat agent havia de disposar de la preceptiva autorització administrativa per dur a terme la seva activitat en la Parròquia COMÚ X, i que l'explotació d'apartaments moblats és una activitat d'ordre econòmic que està gravada per l'impost de radicació d'activitats comercials, empresaris i, professionals.
A l'últim, cal dir que també l'explotació d'apartament moblats és subjecte a la taxa del servei d'higiene pública i de la taxa pel servei d'enllumenat públic, d'acord amb el subsegüent article 14 de la Ordinació tributària del Comú COMÚ X.
Por tot això es conclou que la societat agent va incomplir les seves obligacions tributàries, per la qual cosa s'ha de desestimar el recurs d'apel·lació interposat per Toll.
Quart.- D'altra bada, pel que fa la segona de les sancions imposades, cal tenir en compte que l'article 33 de la Llei 23/2008, de 20 de novembre, de regulació dels apartaments moblats per a vacances i de les empreses que els exploten, vigent en el moment dels fets, disposa que tan aviat com hagi obtingut del ministeri competent l'enregistrament previst al capítol quart, cada empresa d'apartaments moblats ha de lliurar al comú corresponent una certificació del Registre pel que fa als apartaments moblats per a vacances que es troben radicats en el seu terme parroquial, i també que mentre exploti aquesta activitat, cada empresa ha de lliurar anyalment al comú corresponent una certificació del registre pel que fa les altes i les baixes dels apartaments moblats per a vacances que es troben radicats en el seu terme parroquial. El mateix precepte 33 disposava que aquestes obligacions a càrrec de les empreses d'apartament turístics s'entenen sense perjudici de la inscripció obligatòria de totes les unitats immobiliàries al registre de béns immobles del comú corresponent que recau sobre el seu propietari o titular de drets reals sobre les mateixes unitats.
Doncs bé, com s'ha dit anteriorment, no hi ha disconformitat entre les parts sobre el fet que no va ser fins el 23/01/2017 que la societat agent va lliurar al Comú COMÚ X les certificacions dels apartaments moblats per a vacances per ella explotats l'exercici 2016 que es situaven en el seu terme parroquial, quan ho havia d'haver fet dins de l'any natural, és a dir, com a data límit el 31/12/2016, compte tingut que es va fer càrrec de l'explotació dels apartaments a x en mes d'octubre de 2016.
Arribats a aquest punt la qüestió a resoldre es la relativa a si el fet que el procediment sancionador s'incoés el 28/12/2016 -encara que la provisió es va notificar a la societat agent el 10/01/2017-, comporta la nul·litat de la sanció imposada, com conclou el Tribunal de Batlles.
Doncs bé, si l'obligat tributari -la societat agent- podia haver donat compliment a l'obligació fins el 31/12/2016, l'il·lícit es va produir l'01/01/2017. Tanmateix, es tracta d'una infracció continuada, dit en altres paraules, la infracció es va continuar donant fins el 22/01/2017 -el dia abans de complir amb l'obligació legalment prevista-, per això, el fet que la providència d'incoació del procediment sancionador fos de data 28/12/2016 cap incidència ha de tenir, compte tingut que quan es va notificar -el 10/01/2017-, l'il·lícit continuava.
Per això, cal estimar el recurs d'apel·lació interposat pel Comú COMÚ X, i revocar la sentència del Tribunal de Batlles en aquest punt.
Quart.- No s'aprecien circumstàncies determinants d'una especial condemna al pagament de les despeses d'aquesta segona instància.
DECISIÓ
En atenció a tot el què s'ha exposat, la Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar el recurs d'apel·lació presentat per Toll, i estimar el recurs d'apel·lació interposat pel Comú COMÚ X.
Segon.- Revocar la sentència del Tribunal de Batlles, únicament en la part que anul·la la sanció imposada a la societat agent per la contravenció del que disposa l'article 33 de la Llei 23/2008, de 20 de novembre, de regulació dels apartaments moblats per a vacances i de les empreses que els exploten, en grau mínim, per import de 1.001 euros, i declarar que la resolució de la Junta de Govern del Comú COMÚ X, de data 26/07/2017, posteriorment confirmada per Resolució del Consell de l'esmentat Comú, de data 30/08/2017, és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa.
Tercer.- De no efectuar cap condemna en costes.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.