I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 200/2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:200)
Décision commentée : STSJAD 200/2020, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 septembre 2020 (ECLI:AD:TSJADAD:2020:200) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société bancaire Pla SA a saisi la juridiction de première instance, selon la procédure abrégée (procediment abreujat), d'une demande tendant à la condamnation solidaire de deux défendeurs, les époux ou codébiteurs Codina et Vendrell, au paiement de 3 547,01 euros, assortis d'intérêts liquidés trimestriellement au taux des découverts, ainsi que des dépens. La demande a été présentée le 26 octobre 2018.
M. Codina a constesté la demande et soulevé une exception de prescription de l'action. Mme Vendrell n'a pas comparu. Par ordonnance (providència) du 26 octobre 2018, elle a été déclarée en rebellion processuelle. Cette ordonnance lui a été notifiée par voie d'édit, à trois reprises, les 15, 21 et 30 janvier 2019.
Le juge de première instance a rendu son jugement le 18 février 2019. Il a accueilli la demande et condamné solidairement les défendeurs. Ce jugement a été notifié personnellement au demandeur, mais notifié par édit à Mme Vendrell.
M. Codina a interjeté appel. Par ordonnance du 5 mars 2020, la Sala Civil a invité les parties à se prononcer sur une éventuelle mesure de retrait de la procédure (retroacció), sur le fondement de l'article 18 bis de la Llei transitòria de procediments judicials de 1993. Pla SA s'y est opposée par écrit du 23 juin 2020.
La procédure d'appel porte le numéro de recours 237/2019 (origine 5000319/2018, NIG 5300542120180002331). La décision est rédigée par le juge rapporteur Jaume Tor Porta, la formation comprenant également Vincent Anière (président) et Carles Cruz Moratones.
Observation formelle : l'intitulé de la décision indique une date du 30 septembre 2020, alors que le corps du texte est daté du 30 novembre 2020. La numérotation de la sentence est « 105-2020 ». Ces divergences ne sont pas explicitées dans le texte fourni ; la date retenue dans la présente fiche est celle de l'intitulé, sous réserve de vérification sur la source officielle.
Question de droit
La question posée à la Sala Civil était la suivante : la notification par voie d'édit d'une ordonnance déclarant une partie en rebellion processuelle, sans tentative préalable de notification personnelle au domicile de cette partie, alors que ce domicile était connu et avait été localisé quelques jours auparavant, est-elle compatible avec le droit à la juridiction et le droit de défense ? Si tel n'est pas le cas, quelle est la conséquence procédurale sur le jugement rendu en l'absence de la défenderesse ?
Le raisonnement s'articule en deux temps. La Sala rappelle d'abord le régime des notifications par édit. Elle reprend un arrêt antérieur (Aute du 13 mars 2003, recueil n° 2067) affirmant que les notifications par édit sont « des fictions de peu de réalisme » mais qu'elles ont une incidence déterminante sur la protection juridictionnelle garantie par la Constitution. Elle cite à cet égard l'article 10, paragraphes 1 et
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Andorra la Vella, el 30 de novembre del 2020. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 30 de setembre del 2020 - ROJ: STSJAD 200/2020 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 30 septembre 2020 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
PARTS:
Apel·lant : Sr. Codina
Advocat : Sr. Marcos
Apel·lat : Pla
Procurador : Sra. Alcalá
Advocat : Sra. Hoyos
Apel·lat : Sra. Vendrell
TSJC.- 0000237/2019 ORIGEN: 5000319/2018 - 00
NIG: 5300542120180002331
SENTÈNCIA 105-2020
Andorra la Vella, el 30 de novembre del 2020. En nom del Poble Andorrà.-
Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Jaume Tor Porta, el qual expressa el parer del Tribunal.