STSJAD ANDORRA, a 22 d'abril del 2021 - ROJ: STSJAD 112/2021
Confirmation
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé22 avril 2021
Numéro76/20
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 22 avril 2021, n° 31-2021 (ROJ : STSJAD 112/2021)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 22 d'abril del 2021, Sentència 31-2021, Núm. de Rotlle TSJA-0000076/2020, ROJ : STSJAD 112/2021 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
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## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de l'exercice de la profession d'avocat en Principauté d'Andorre et met en jeu le respect des règles déontologiques cardinales encadrant les relations confraternelles et la production de pièces en justice.
À l'occasion d'une procédure civile pendante devant les juridictions andorranes, un avocat, M. Vaquero, a produit en justice des courriers électroniques échangés entre son propre cabinet professionnel et l'avocate représentant la partie adverse. En outre, au sein de deux écritures contentieuses déposées dans le cadre de cette même instance, le professionnel a formulé diverses allusions personnelles directes à l'encontre de la mandataire de la partie adverse, allant jusqu'à lui imputer des agissements illicites, voire la commission d'infractions pénales.
Pour justifier le versement aux débats de cette correspondance confraternelle confidentielle sans avoir préalablement sollicité ni obtenu l'accord de sa consœur, l'avocat a argué de la nécessité de faire échec à une manœuvre constitutive d'une fraude à la loi destinée, selon lui, à éluder la compétence des juridictions andorranes. Affirmant que les faits en cause étaient susceptibles de caractériser des délits de création médiate et d'usage de faux documents commis par un particulier, l'intéressé soutenait être tenu par l'obligation légale de dénoncer les infractions pénales poursuivables d'office, telle que prescrite par le Code de procédure pénale andorran. Par ailleurs, il faisait valoir qu'il ne disposait pas du temps matériel requis pour saisir la commission de l'Ordre aux fins d'obtenir une dispense d'obligation de réserve.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Saisie de ces agissements, la Junta de Govern du Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra (l'Ordre des avocats d'Andorre), constituée en Junta disciplinària de première instance, a rendu le 12 mars 2019 une décision prononçant à l'encontre de M. Vaquero deux sanctions disciplinaires consistant chacune en une amende de 1 001 euros. Ces condamnations ont été prononcées sur le fondement de l'article 25.4.b) de la loi 48/2014 du 18 décembre relative à l'exercice de la profession d'avocat et au barreau officiel d'Andorre (*Llei 48/2014, del 18 de desembre, de l'exercici de la professió d'advocat i del Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra*).
Les deux manquements retenus à la charge de l'avocat découlaient de la violation :
1. De l'obligation de réserve quant aux conversations et correspondances entretenues entre confrères, consacrée à l'article 13.2 *in fine* de la loi 48/2014, interdisant toute divulgation ou utilisation en justice sans consentement exprès ou sans autorisation motivée de l'Ordre pour motif grave justifié ;
2. De l'obligation de ne pas impliquer, directement ou indirectement, le conseil de la partie adverse dans le litige ou dans les intérêts en controverse, et d'éviter toute allusion personnelle à son égard, prescrite par l'article 13.3 de la même loi.
M. Vaquero a formé un recours hiérarchique (*recurs d'alçada*) contre cette décision. Par une résolution du 11 juillet 2019, la Junta disciplinària de seconde instance a intégralement rejeté son recours et confirmé les peines infligées.
L'avocat sanctionné a ensuite saisi la juridiction administrative de première instance. Par jugement du 10 septembre 2020, la Section administrative du Tribunal de Batlles a accueilli partiellement la demande de M. Vaquero. Le tribunal a annulé les résolutions disciplinaires attaquées et ordonné la rétroaction de la procédure au stade précédant le prononcé de la décision de première instance de la Junta disciplinària, afin que cette dernière motive spécifiquement la qualification juridique des infractions retenues en tant que fautes graves (*infraccions greus*) et non en tant que fautes légères (*infraccions lleus*).
Les deux parties ont interjeté appel de ce jugement devant la Chambre administrative du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra :
- M. Vaquero a sollicité l'infirmation du jugement en ce qu'il n'avait pas purement et simplement annulé les poursuites ou, subsidiairement, en ce qu'il n'avait pas ordonné la rétroaction dès l'origine de l'instruction. Il soutenait au fond l'absence d'infraction au regard de la prévalence de l'obligation de dénonciation pénale sur la loi 48/2014, l'urgence le dispensant de l'autorisation de l'Ordre, ainsi qu'un vice substantiel de procédure tiré de l'intervention de l'instructeur ayant rédigé une proposition de résolution non prévue par la loi, violant l'interdiction de participer au délibéré (art. 23.4 de la loi 48/2014). En défense sur l'appel du Barreau, il a soulevé l'irrecevabilité du recours de ce dernier pour défaut de production de la copie du jugement attaqué, en violation de l'article 57 de la loi sur la juridiction administrative et fiscale (LJAF).
- Le Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra a interjeté appel pour contester l'obligation de rétroaction, arguant que l'importance objective des faits et l'intentionnalité de leur auteur justifiaient pleinement la qualification de fautes graves sans nécessiter de motivation complémentaire.
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## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'instance d'appel soumettait au Tribunal Superior de Justícia plusieurs questions de droit matériel et procédural :
1. **Sur la recevabilité de l'appel :** L'omission par l'appelant de joindre à son acte d'appel une copie certifiée du jugement attaqué, exigée par l'article 57 de la LJAF, entraîne-t-elle l'irrecevabilité automatique du recours ou constitue-t-elle une irrégularité régularisable au regard du droit fondamental au procès équitable garanti par l'article 10 de la Constitution andorrane ?
2. **Sur le conflit de normes et la déontologie :** L'obligation générale imposée par le Code de procédure pénale de dénoncer les crimes et délits poursuivables d'office prime-t-elle le secret des correspondances professionnelles et le devoir de réserve imposés à l'avocat par l'article 13.2 de la loi 48/2014 ? L'avocat peut-il s'affranchir unilatéralement, pour cause d'urgence, de l'autorisation préalable de la Junta de Govern ?
3. **Sur l'implication personnelle du contradicteur :** L'imputation d'infractions pénales ou de malversations déontologiques au conseil adverse au sein d'écritures judiciaires caractérise-t-elle matériellement la violation de l'interdiction des allusions personnelles posée par l'article 13.3 de la loi 48/2014 ?
4. **Sur la régularité de la procédure disciplinaire ordinale :** L'émission par le membre instructeur d'une proposition de décision (*proposta de resolució*), non expressément mentionnée dans le texte de la loi 48/2014 mais consacrée par les statuts ordinaux et le droit administratif commun, méconnaît-elle l'article 23.4 de ladite loi qui prohibe la participation de l'instructeur aux délibérations de l'organe de jugement ?
5. **Sur l'obligation de motivation de la qualification disciplinaire :** L'autorité disciplinaire peut-elle se contenter de motiver la graduation du montant de la sanction financière sans motiver distinctement le choix préalable de subsumer les faits sous la qualification de faute « grave » plutôt que de faute « légère », lorsque les textes légaux prévoient ces deux alternatives pour un même manquement aux devoirs professionnels ?
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal Superior de Justícia d'Andorra rejette l'ensemble des moyens formulés tant par l'avocat sanctionné que par l'Ordre professionnel, confirmant point par point la décision des premiers juges.
#### 1. La proportionnalité des formalités d'appel et l'accès au juge (fondement 3)
La juridiction d'appel écarte l'exception d'irrecevabilité soulevée par M. Vaquero à l'encontre de l'appel du Barreau. Le Tribunal rappelle qu'une interprétation rigoureuse conforme au droit fondamental à la juridiction consacré à l'article 10 de la Constitution andorrane s'oppose à ce qu'une défaillance formelle – l'omission de joindre la copie de la sentence attaquée requise par l'article 57 de la LJAF – emporte l'irrecevabilité irrémédiable du recours. Ce vice présente un caractère rectifiable (*susceptible d'esmena*). De surcroît, la décision figurait déjà dans les actes transmis par la juridiction inférieure et avait été formellement notifiée aux parties, de sorte qu'aucune atteinte aux droits de la défense ou situation d'impuissance juridique (*indefensió*) n'était démontrée. Prononcer l'irrecevabilité eût été manifestement disproportionné.
#### 2. L'autonomie de la déontologie et la conciliation des normes (fondement 4)
Sur le plan matériel, la cour confirme sans équivoque la commission de la première infraction. Elle écarte la thèse d'un conflit normatif qui verrait le Code de procédure pénale primer sur la loi 48/2014. Le tribunal rappelle un principe fondamental d'architecture constitutionnelle : les rapports entre une loi qualifiée (*llei qualificada*) et une loi ordinaire (*llei ordinària*) ne sont pas régis par le principe hiérarchique, mais par le principe de compétence (*principi de competència*). L'une ne saurait empiéter sur le domaine réservé de l'autre, excluant tout postulat de supériorité hiérarchique générale.
Par ailleurs, le devoir générique incombant aux citoyens ou professionnels de dénoncer les infractions pénales ne saurait anéantir les exigences déontologiques particulières gouvernant le barreau. L'interdiction absolue de révéler des correspondances entre avocats sans consentement mutuel (art. 13.2 de la loi 48/2014) constitue une règle commune aux traditions juridiques des pays voisins, indispensable à la liberté de négociation et à la recherche d'accords transactionnels. La loi aménage expressément une voie de conciliation : l'avocat qui estime en conscience devoir dénoncer un délit reposant sur des échanges confraternels est légalement tenu d'en saisir la Junta de Govern afin d'obtenir une dispense motivée pour motif grave. N'ayant entrepris aucune démarche auprès de son Ordre et n'établissant l'existence d'aucun empêchement insurmontable, M. Vaquero a manifestement enfreint cette obligation.
#### 3. La matérialité de l'atteinte à la sérénité du débat judiciaire (fondement 5)
S'agissant de la seconde infraction, le juge d'appel constate que l'introduction dans des actes de procédure de reproches personnels attribuant des comportements illégaux et délictueux à l'avocate adverse heurte frontalement la prohibition édictée par l'article 13.3 de la loi 48/2014. L'avocat s'étant borné à dupliquer ses arguments inopérants tirés de l'état de nécessité pénale, la culpabilité disciplinaire est pleinement établie.
#### 4. La validité procédurale de la proposition de décision (fondement 6)
Concernant les griefs de procédure, la cour juge que l'émission formelle d'une proposition de résolution par le rapporteur de l'instance disciplinaire ne vicie aucunement l'instruction. Si la loi 48/2014 est muette sur cette phase intermédiaire, celle-ci est expressément prévue par les statuts du barreau, ainsi que par les règles générales de la procédure administrative répressive (article 123 *quinquies* du Code de l'administration et article 11 du règlement de procédure de sanction). Loin de léser le justiciable, cette formalité accroît ses garanties fondamentales en lui notifiant précisément les charges, leur qualification juridique et la peine envisagée avant le délibéré collégial.
Le fait que l'organe disciplinaire ait repris pour l'essentiel les motifs de l'instructeur n'emporte aucune irrégularité, dès lors que la règle d'ordre public posée à l'article 23.4 de la loi 48/2014 – interdisant à l'instructeur de siéger au sein de la juridiction disciplinaire et de prendre part à la décision finale – a été strictement respectée.
#### 5. L'exigence de motivation substantielle de la qualification de l'infraction (fondement 7)
Examinant l'appel incident du Barreau, la haute juridiction confirme l'annulation partielle pour défaut de motivation. L'article 25 de la loi 48/2014 classifie les manquements aux devoirs déontologiques selon une gradation bipartite : ils peuvent être qualifiés d'infractions graves (art. 25.4.b) ou d'infractions légères (art. 25.5.a).
Le tribunal censure la méthode suivie par les instances disciplinaires ordinales. Celles-ci ont motivé le montant des sanctions pécuniaires (la graduation de la peine), mais ont omis de motiver préalablement le choix de retenir une qualification de faute grave plutôt que de faute légère. La cour énonce une règle de méthode répressive : l'autorité de poursuite doit d'abord déterminer et justifier rigoureusement l'infraction retenue dans sa typologie légale, puis, dans un second temps autonome, fixer le quantum de la peine. Les justifications formulées *a posteriori* par le Barreau au stade du recours juridictionnel – relatives à l'intentionnalité de l'auteur et à la gravité matérielle des faits – ne sauraient pallier l'incurie rédactionnelle des décisions initiales. Dès lors, la rétroaction de la procédure ordonnée par le Tribunal de Batlles au jour de la délibération de première instance est confirmée, sans qu'il y ait lieu d'ordonner une reprise *ab initio* de la phase d'instruction.
### C. Le dispositif
Le Tribunal Superior de Justícia formule son arrêt dans les termes suivants :
> « Par ces motifs, le Tribunal Supérieur de Justice, Chambre administrative, au nom du peuple andorran, décide :
>
> Premier.- Rejeter les recours d'appel interjetés par M. Vaquero et par le Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra, tous deux dirigés contre le jugement rendu le 10 septembre 2020 par la Section administrative du Tribunal de Batlles, lequel est confirmé en ses propres termes.
>
> Deuxième.- Ne pas formuler de prononcé particulier sur les dépens de cette instance.
>
> Le présent jugement est définitif et exécutoire. »
---
## III. L'analyse et la portée jurisprudentielle
### A. L'inscription dans la jurisprudence nationale et européenne
#### 1. L'articulation entre loi qualifiée et loi ordinaire
La décision STSJAD 112/2021 apporte un éclairage structurel sur la hiérarchie des normes en droit andorran. Le requérant invoquait le bénéfice d'une hiérarchie implicite accordée au Code de procédure pénale (loi qualifiée) pour neutraliser les interdictions de la législation ordinale (loi ordinaire régissant le barreau). Le Tribunal Superior rappelle une règle fondamentale de droit constitutionnel : la distinction entre les lois qualifiées (adoptées à la majorité qualifiée du Conseil Général en vertu de l'article 57 de la Constitution d'Andorre de 1993) et les lois ordinaires ne consacre pas une subordination hiérarchique absolue au sens kelsénien, mais organise une séparation des compétences matérielles respectives assignées par le constituant
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 22 d'abril del 2021 - ROJ: STSJAD 112/2021
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 22 avril 2021, n° 31-2021 (ROJ : STSJAD 112/2021)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 22 d'abril del 2021, Sentència 31-2021, Núm. de Rotlle TSJA-0000076/2020, ROJ : STSJAD 112/2021 (Lire sur source officielle)
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I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de l'exercice de la profession d'avocat en Principauté d'Andorre et met en jeu le respect des règles déontologiques cardinales encadrant les relations confraternelles et la production de pièces en justice.
À l'occasion d'une procédure civile pendante devant les juridictions andorranes, un avocat, M. Vaquero, a produit en justice des courriers électroniques échangés entre son propre cabinet professionnel et l'avocate représentant la partie adverse. En outre, au sein de deux écritures contentieuses déposées dans le cadre de cette même instance, le professionnel a formulé diverses allusions personnelles directes à l'encontre de la mandataire de la partie adverse, allant jusqu'à lui imputer des agissements illicites, voire la commission d'infractions pénales.
Pour justifier le versement aux débats de cette correspondance confraternelle confidentielle sans avoir préalablement sollicité ni obtenu l'accord de sa consœur, l'avocat a argué de la nécessité de faire échec à une manœuvre constitutive d'une fraude à la loi destinée, selon lui, à éluder la compétence des juridictions andorranes. Affirmant que les faits en cause étaient susceptibles de caractériser des délits de création médiate et d'usage de faux documents commis par un particulier, l'intéressé soutenait être tenu par l'obligation légale de dénoncer les infractions pénales poursuivables d'office, telle que prescrite par le Code de procédure pénale andorran. Par ailleurs, il faisait valoir qu'il ne disposait pas du temps matériel requis pour saisir la commission de l'Ordre aux fins d'obtenir une dispense d'obligation de réserve.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Saisie de ces agissements, la Junta de Govern du Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra (l'Ordre des avocats d'Andorre), constituée en Junta disciplinària de première instance, a rendu le 12 mars 2019 une décision prononçant à l'encontre de M. Vaquero deux sanctions disciplinaires consistant chacune en une amende de 1 001 euros. Ces condamnations ont été prononcées sur le fondement de l'article 25.4.b) de la loi 48/2014 du 18 décembre relative à l'exercice de la profession d'avocat et au barreau officiel d'Andorre (Llei 48/2014, del 18 de desembre, de l'exercici de la professió d'advocat i del Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra).
Les deux manquements retenus à la charge de l'avocat découlaient de la violation :
De l'obligation de réserve quant aux conversations et correspondances entretenues entre confrères, consacrée à l'article 13.2 in fine de la loi 48/2014, interdisant toute divulgation ou utilisation en justice sans consentement exprès ou sans autorisation motivée de l'Ordre pour motif grave justifié ;
De l'obligation de ne pas impliquer, directement ou indirectement, le conseil de la partie adverse dans le litige ou dans les intérêts en controverse, et d'éviter toute allusion personnelle à son égard, prescrite par l'article 13.3 de la même loi.
M. Vaquero a formé un recours hiérarchique (recurs d'alçada) contre cette décision. Par une résolution du 11 juillet 2019, la Junta disciplinària de seconde instance a intégralement rejeté son recours et confirmé les peines infligées.
L'avocat sanctionné a ensuite saisi la juridiction administrative de première instance. Par jugement du 10 septembre 2020, la Section administrative du Tribunal de Batlles a accueilli partiellement la demande de M. Vaquero. Le tribunal a annulé les résolutions disciplinaires attaquées et ordonné la rétroaction de la procédure au stade précédant le prononcé de la décision de première instance de la Junta disciplinària, afin que cette dernière motive spécifiquement la qualification juridique des infractions retenues en tant que fautes graves (infraccions greus) et non en tant que fautes légères (infraccions lleus).
Les deux parties ont interjeté appel de ce jugement devant la Chambre administrative du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra :
M. Vaquero a sollicité l'infirmation du jugement en ce qu'il n'avait pas purement et simplement annulé les poursuites ou, subsidiairement, en ce qu'il n'avait pas ordonné la rétroaction dès l'origine de l'instruction. Il soutenait au fond l'absence d'infraction au regard de la prévalence de l'obligation de dénonciation pénale sur la loi 48/2014, l'urgence le dispensant de l'autorisation de l'Ordre, ainsi qu'un vice substantiel de procédure tiré de l'intervention de l'instructeur ayant rédigé une proposition de résolution non prévue par la loi, violant l'interdiction de participer au délibéré (art. 23.4 de la loi 48/2014). En défense sur l'appel du Barreau, il a soulevé l'irrecevabilité du recours de ce dernier pour défaut de production de la copie du jugement attaqué, en violation de l'article 57 de la loi sur la juridiction administrative et fiscale (LJAF).
Le Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra a interjeté appel pour contester l'obligation de rétroaction, arguant que l'importance objective des faits et l'intentionnalité de leur auteur justifiaient pleinement la qualification de fautes graves sans nécessiter de motivation complémentaire.
⁂
II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'instance d'appel soumettait au Tribunal Superior de Justícia plusieurs questions de droit matériel et procédural :
Sur la recevabilité de l'appel : L'omission par l'appelant de joindre à son acte d'appel une copie certifiée du jugement attaqué, exigée par l'article 57 de la LJAF, entraîne-t-elle l'irrecevabilité automatique du recours ou constitue-t-elle une irrégularité régularisable au regard du droit fondamental au procès équitable garanti par l'article 10 de la Constitution andorrane ?
Sur le conflit de normes et la déontologie : L'obligation générale imposée par le Code de procédure pénale de dénoncer les crimes et délits poursuivables d'office prime-t-elle le secret des correspondances professionnelles et le devoir de réserve imposés à l'avocat par l'article 13.2 de la loi 48/2014 ? L'avocat peut-il s'affranchir unilatéralement, pour cause d'urgence, de l'autorisation préalable de la Junta de Govern ?
Sur l'implication personnelle du contradicteur : L'imputation d'infractions pénales ou de malversations déontologiques au conseil adverse au sein d'écritures judiciaires caractérise-t-elle matériellement la violation de l'interdiction des allusions personnelles posée par l'article 13.3 de la loi 48/2014 ?
Sur la régularité de la procédure disciplinaire ordinale : L'émission par le membre instructeur d'une proposition de décision (proposta de resolució), non expressément mentionnée dans le texte de la loi 48/2014 mais consacrée par les statuts ordinaux et le droit administratif commun, méconnaît-elle l'article 23.4 de ladite loi qui prohibe la participation de l'instructeur aux délibérations de l'organe de jugement ?
Sur l'obligation de motivation de la qualification disciplinaire : L'autorité disciplinaire peut-elle se contenter de motiver la graduation du montant de la sanction financière sans motiver distinctement le choix préalable de subsumer les faits sous la qualification de faute « grave » plutôt que de faute « légère », lorsque les textes légaux prévoient ces deux alternatives pour un même manquement aux devoirs professionnels ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Le Tribunal Superior de Justícia d'Andorra rejette l'ensemble des moyens formulés tant par l'avocat sanctionné que par l'Ordre professionnel, confirmant point par point la décision des premiers juges.
1. La proportionnalité des formalités d'appel et l'accès au juge (fondement 3)
La juridiction d'appel écarte l'exception d'irrecevabilité soulevée par M. Vaquero à l'encontre de l'appel du Barreau. Le Tribunal rappelle qu'une interprétation rigoureuse conforme au droit fondamental à la juridiction consacré à l'article 10 de la Constitution andorrane s'oppose à ce qu'une défaillance formelle – l'omission de joindre la copie de la sentence attaquée requise par l'article 57 de la LJAF – emporte l'irrecevabilité irrémédiable du recours. Ce vice présente un caractère rectifiable (susceptible d'esmena). De surcroît, la décision figurait déjà dans les actes transmis par la juridiction inférieure et avait été formellement notifiée aux parties, de sorte qu'aucune atteinte aux droits de la défense ou situation d'impuissance juridique (indefensió) n'était démontrée. Prononcer l'irrecevabilité eût été manifestement disproportionné.
2. L'autonomie de la déontologie et la conciliation des normes (fondement 4)
Sur le plan matériel, la cour confirme sans équivoque la commission de la première infraction. Elle écarte la thèse d'un conflit normatif qui verrait le Code de procédure pénale primer sur la loi 48/2014. Le tribunal rappelle un principe fondamental d'architecture constitutionnelle : les rapports entre une loi qualifiée (llei qualificada) et une loi ordinaire (llei ordinària) ne sont pas régis par le principe hiérarchique, mais par le principe de compétence (principi de competència). L'une ne saurait empiéter sur le domaine réservé de l'autre, excluant tout postulat de supériorité hiérarchique générale.
Par ailleurs, le devoir générique incombant aux citoyens ou professionnels de dénoncer les infractions pénales ne saurait anéantir les exigences déontologiques particulières gouvernant le barreau. L'interdiction absolue de révéler des correspondances entre avocats sans consentement mutuel (art. 13.2 de la loi 48/2014) constitue une règle commune aux traditions juridiques des pays voisins, indispensable à la liberté de négociation et à la recherche d'accords transactionnels. La loi aménage expressément une voie de conciliation : l'avocat qui estime en conscience devoir dénoncer un délit reposant sur des échanges confraternels est légalement tenu d'en saisir la Junta de Govern afin d'obtenir une dispense motivée pour motif grave. N'ayant entrepris aucune démarche auprès de son Ordre et n'établissant l'existence d'aucun empêchement insurmontable, M. Vaquero a manifestement enfreint cette obligation.
3. La matérialité de l'atteinte à la sérénité du débat judiciaire (fondement 5)
S'agissant de la seconde infraction, le juge d'appel constate que l'introduction dans des actes de procédure de reproches personnels attribuant des comportements illégaux et délictueux à l'avocate adverse heurte frontalement la prohibition édictée par l'article 13.3 de la loi 48/2014. L'avocat s'étant borné à dupliquer ses arguments inopérants tirés de l'état de nécessité pénale, la culpabilité disciplinaire est pleinement établie.
4. La validité procédurale de la proposition de décision (fondement 6)
Concernant les griefs de procédure, la cour juge que l'émission formelle d'une proposition de résolution par le rapporteur de l'instance disciplinaire ne vicie aucunement l'instruction. Si la loi 48/2014 est muette sur cette phase intermédiaire, celle-ci est expressément prévue par les statuts du barreau, ainsi que par les règles générales de la procédure administrative répressive (article 123 quinquies du Code de l'administration et article 11 du règlement de procédure de sanction). Loin de léser le justiciable, cette formalité accroît ses garanties fondamentales en lui notifiant précisément les charges, leur qualification juridique et la peine envisagée avant le délibéré collégial.
Le fait que l'organe disciplinaire ait repris pour l'essentiel les motifs de l'instructeur n'emporte aucune irrégularité, dès lors que la règle d'ordre public posée à l'article 23.4 de la loi 48/2014 – interdisant à l'instructeur de siéger au sein de la juridiction disciplinaire et de prendre part à la décision finale – a été strictement respectée.
5. L'exigence de motivation substantielle de la qualification de l'infraction (fondement 7)
Examinant l'appel incident du Barreau, la haute juridiction confirme l'annulation partielle pour défaut de motivation. L'article 25 de la loi 48/2014 classifie les manquements aux devoirs déontologiques selon une gradation bipartite : ils peuvent être qualifiés d'infractions graves (art. 25.4.b) ou d'infractions légères (art. 25.5.a).
Le tribunal censure la méthode suivie par les instances disciplinaires ordinales. Celles-ci ont motivé le montant des sanctions pécuniaires (la graduation de la peine), mais ont omis de motiver préalablement le choix de retenir une qualification de faute grave plutôt que de faute légère. La cour énonce une règle de méthode répressive : l'autorité de poursuite doit d'abord déterminer et justifier rigoureusement l'infraction retenue dans sa typologie légale, puis, dans un second temps autonome, fixer le quantum de la peine. Les justifications formulées a posteriori par le Barreau au stade du recours juridictionnel – relatives à l'intentionnalité de l'auteur et à la gravité matérielle des faits – ne sauraient pallier l'incurie rédactionnelle des décisions initiales. Dès lors, la rétroaction de la procédure ordonnée par le Tribunal de Batlles au jour de la délibération de première instance est confirmée, sans qu'il y ait lieu d'ordonner une reprise ab initio de la phase d'instruction.
C. Le dispositif
Le Tribunal Superior de Justícia formule son arrêt dans les termes suivants :
Reproduction verbatim
« Par ces motifs, le Tribunal Supérieur de Justice, Chambre administrative, au nom du peuple andorran, décide :
Premier.- Rejeter les recours d'appel interjetés par M. Vaquero et par le Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra, tous deux dirigés contre le jugement rendu le 10 septembre 2020 par la Section administrative du Tribunal de Batlles, lequel est confirmé en ses propres termes.
Deuxième.- Ne pas formuler de prononcé particulier sur les dépens de cette instance.
Le présent jugement est définitif et exécutoire. »
⁂
III. L'analyse et la portée jurisprudentielle
A. L'inscription dans la jurisprudence nationale et européenne
1. L'articulation entre loi qualifiée et loi ordinaire
La décision STSJAD 112/2021 apporte un éclairage structurel sur la hiérarchie des normes en droit andorran. Le requérant invoquait le bénéfice d'une hiérarchie implicite accordée au Code de procédure pénale (loi qualifiée) pour neutraliser les interdictions de la législation ordinale (loi ordinaire régissant le barreau). Le Tribunal Superior rappelle une règle fondamentale de droit constitutionnel : la distinction entre les lois qualifiées (adoptées à la majorité qualifiée du Conseil Général en vertu de l'article 57 de la Constitution d'Andorre de 1993) et les lois ordinaires ne consacre pas une subordination hiérarchique absolue au sens kelsénien, mais organise une séparation des compétences matérielles respectives assignées par le constituant
Sentència
TRIBUNAL SUPERIOR DE JUSTÍCIA
Sala Administrativa
Núm. de Protocol: 1000057/2019 Núm. de Rotlle: TSJA-0000076/2020
SENTÈNCIA 31-2021
PARTS:
Apel·lant: Sr. Vaquero
Representant: Sra. Badía
Advocat: Sr. Garzón
Apel·lat: Carnero
Representant: Sra. Carnero
Advocat: Sr. Corbacho
Andorra la Vella, el vint-i-dos d'abril de dos mil vint-i-u.
El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions número 1000057/2019.
En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent el magistrat Sr. Albert Andrés Pereira, el qual expressa el parer del Tribunal.
Sources citées
1 référence
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Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 76/20 — Décision commentée
1.- La representació del Sr. Vaquero va interposar demanda contra el Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra, en què impugnava la resolució d'11 de juliol de 2019 de la Junta disciplinària de segona instància, desestimatòria del recurs d'alçada formulada contra una anterior resolució de 12 de març de 2019 de la Junta de Govern, constituïda en Junta disciplinària de primera instància, que va imposar a l'agent dues sancions de 1.001 EUR de multa, com a responsable de sengles infraccions greus de l'article 25.4.b) de la Llei 48/2014, de 18 de desembre, de l'exercici de la professió d'advocat i del Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra.
Les infraccions consisteixen en l'incompliment dels deures i obligacions que contempla l'article 13, apartats 2 i 3, de la mateixa Llei, respecte del deure de reserva sobre les converses i la correspondència mantingudes amb els altres advocats, i del deure de no implicar de manera directa o indirecta l'advocat de la contrapart en el litigi, i evitar tota al·lusió que s'hi refereixi.
2.- La sentència de 10 de setembre de 2020 de la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles va estimar parcialment la demanda i va anul·lar les resolucions impugnades, amb retroacció del procediment al moment de dictar-se la resolució de la Junta disciplinària de primera instància, per tal que aquesta motivi la qualificació jurídica de la infracció com a greu i no lleu.
3.- La representació del Sr. Vaquero ha interposat recurs d'apel·lació contra l'esmentada sentència de la Batllia, que es fonamenta, en síntesi, en les següents al·legacions:
L'agent va presentar en un procés civil la correspondència mantinguda amb la lletrada de la contrapart i va fer respecte d'aquesta determinades al·lusions, amb la finalitat d'evitar un frau de llei, que tenia per objecte evitar la competència dels tribunals andorrans en aquell litigi. Aquests fets podien constituir un delicte de creació mediata de document inveraç per particular i un altre delicte d'ús de document inveraç per particular, de manera que resulta prevalent el Codi de procediment penal sobre la Llei 48/2014, atesa l'obligació de denunciar els il·lícits penals perseguibles d'ofici.
L'agent no disposava de temps material per sol·licitar l'autorització de la Junta de Govern del Col·legi abans de presentar la correspondència amb l'altra advocada.
S'ha vulnerat el procediment, ja que l'instructor de l'expedient va formular una proposta de resolució que no està contemplada en la Llei 48/2014, i que han reproduït quasi íntegrament les dues Juntes disciplinàries, de primera i de segona instància, de manera que aquell ha intervingut en la decisió final, contra la prohibició de l'article 23.4 de la Llei 48/2014. Això ha d'implicar que, en el seu cas, la retroacció acordada per la Batllia s'hagi de remuntar a l'inici de l'expedient.
4.- La representació del Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra ha interposat igualment recurs d'apel·lació contra la sentència del Tribunal de Batlles.
En la seva opinió, l'entitat dels fets i la intencionalitat dels mateixos justifiquen que s'hagin de qualificar com a greus i no de caràcter lleu.
5.- Cadascuna de les parts s'ha oposat al recurs de la contrària, en el sentit que resulta de les actuacions.
6.- En l'acte de la vista oral, les parts compareixents van exposar les consideracions que van considerar més adients a la defensa de llurs interessos.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La Sala Administrativa del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs, segons l'article 39.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- Com s'ha exposat en els antecedents, l'objecte del procés versa sobre l'examen de la legalitat de les resolucions del Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra, en virtut de les quals es van imposar al demandant dues sancions de 1.001 EUR de multa cadascuna d'elles, com a responsable de sengles infraccions greus de l'article 25.4.b) de la Llei 48/2014, de 18 de desembre, de l'exercici de la professió d'advocat i del Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra.
Aquestes infraccions consisteixen en l'incompliment dels deures o de les obligacions professionals establertes en la pròpia Llei o en els estatuts del Col·legi, quan no es pugui qualificar com una infracció professional molt greu.
Són dos els incompliments que s'imputen a l'agent. Per una part, la infracció del deure de reserva sobre les converses i la correspondència mantingudes amb els altres advocats i procuradors, que estableix l'article 13.2 in fine de la Llei 48/2014, i que impedeix revelar-les o fer-ne ús, en judici o fora de judici, sense el seu consentiment exprés. Només en el cas de concórrer una causa greu justificada, la Junta de Govern del Col·legi por autoritzar de forma motivada la revelació o presentació en judici sense el consentiment esmentat.
D'altra banda, s'atribueix al demandant haver incomplert el deure previst en l'article 13.3 de la mateixa Llei 48/2014, segons el qual l'advocat no pot implicar de manera directa o indirecta l'advocat de la contrapart en el litigi o els interessos en controvèrsia, i ha d'evitar tota al·lusió personal que s'hi refereixi.
Tercer.- De forma prèvia, s'ha d'examinar la qüestió que planteja la part agent en el seu escrit de contesta al recurs del Col·legi d'Advocats d'Andorra, en què defensa que s'hauria d'inadmetre aquest recurs, ja que no es va acompanyar còpia de la sentència impugnada, com exigeix l'article 57 de la Llei de la jurisdicció administrativa i fiscal.
Encara que és cert que el Col·legi d'Advocats va ometre aquest requisit formal, una interpretació ajustada al dret fonamental que recull l'article 10 de la Constitució impedeix acordar la inadmissibilitat del recurs per aquest motiu. Es tracta d'un requisit susceptible d'esmena i, a més, la sentència es troba ja incorporada a les actuacions de primera instància, i va ser notificada en el seu dia a les dues parts, de manera que tots els intervinents en el recurs, tant el Tribunal com els recurrents, en tenen coneixement suficient i la omissió de la còpia no ha causat cap indefensió a la contrapart. En conseqüència, la inadmissió del recurs seria desproporcionada, per la qual cosa s'han de desestimar les pretensions de l'agent en aquest punt.
Quart.- Sobre la primera de les infraccions imputades a l'interessat, no és objecte de discussió que el mateix va presentar en un procés civil uns correus electrònics que el seu despatx professional havia intercanviat amb la lletrada de l'altra part, amb la qual cosa és evident que va incomplir el deure de reserva que estableix l'article 13.2 de la Llei 48/2014.
Aquest precepte incorpora una norma deontològica àmpliament estesa en l'àmbit professional en els països del nostre entorn, que té per objecte afavorir els contactes i les negociacions entre els advocats de les parts, sense que cap d'aquests pugui fer ús posteriorment de les converses o de la correspondència mantingudes en aquest àmbit, cosa que suposaria un obstacle per a la llibertat d'actuació dels professionals i per a la pròpia finalitat de la negociació.
Tot i que l'agent admet haver presentat en judici aquesta correspondència intercanviada entre els advocats de les parts, al·lega que va considerar que les actuacions de la contrapart eren constitutives de delicte, de manera que va complir amb l'obligació de denunciar que estableix el Codi de procediment penal, que prevaldria sobre la Llei de l'exercici de la professió d'advocat.
Aquestes al·legacions no poden ser compartides. En primer lloc, perquè la relació entre llei qualificada i llei ordinària no es regeix pel principi de jerarquia, sinó pel de competència, de manera que la segona no pot incidir en totes aquelles matèries reservades a la primera, sense que això impliqui un rang superior de l'una sobre l'altra.
A més, el deure genèric de denunciar els delictes que es poden perseguir d'ofici, que contempla el Codi de procediment penal, no suposa un obstacle a l'aplicació de la normativa específica de l'advocacia, ja que els professionals es troben subjectes a unes normes deontològiques concretes, decantades al llarg d'un llarg període.
En concret, si l'agent creia que havia de denunciar una infracció penal, estava obligat a posar-ho en coneixement de la Junta de Govern del Col·legi, com preveu l'article 13.2 de la Llei 48/2014, que podia autoritzar- ho de forma motivada. Aquest deure va ser incomplert per l'interessat, que no acredita cap impediment per a fer-ho, com afirma la sentència apel·lada.
En conseqüència, s'ha de concloure que ha quedat suficientment acreditat l'incompliment del deure de reserva que preveu el referit article 13.2 de la Llei 48/2014.
Cinquè.- La segona infracció consisteix en haver introduït en dos escrits processals diverses al·lusions personals a l'advocada de la contrapart, a la qual arriba a atribuir conductes il·lícites i fins i tot un delicte.
És obvi que aquesta actuació contradiu el deure establert en l'article 13.3 de la Llei 48/2014, segons el qual l'advocat no pot implicar de manera directa o indirecta l'advocat de la contrapart en el litigi o els interessos en controvèrsia, i ha d'evitar tota al·lusió personal que s'hi refereixi.
En el seu recurs, l'agent no fa menció específica a aquesta infracció, sinó que es limita a invocar els mateixos arguments ja examinats quant a la primera, i que han de seguir la mateixa sort.
Sisè.- Quant al procediment, el recurrent al·lega que l'instructor va formular una proposta de resolució que la Llei 48/2014 no contempla, la qual va ser recollida de forma pràcticament literal per les resolucions de les Juntes disciplinàries de primera i de segona instància. D'aquesta manera, s'hauria infringit la prescripció de l'article 23.4 de la referida Llei, segons el qual l'instructor, que és membre de la Junta de Govern, no pot formar part de la Junta disciplinària.
És cert que la Llei 48/2014 no contempla específicament la formulació d'una proposta de resolució per part de l'instructor, però si ho fan els estatuts del Col·legi, de la mateixa manera que ho fan de forma general l'article 123 quinquies del Codi de l'Administració i l'article 11 del Reglament regulador del procediment sancionador.
En conseqüència, el fet que s'hagi elaborat una proposta de resolució no suposa en cap cas un vici invalidant, sinó que, en realitat, comporta una major garantia per a l'interessat, que ha vist concretats el fets que hom l'imputa, la seva qualificació jurídica i la sanció que es proposava per part de l'instructor. En definitiva, el silenci de la Llei 48/2014 sobre aquest tràmit no impedeix l'aplicació de les disposicions més completes dels estatuts col·legials.
D'altra banda, el fet que la resolució sancionadora reculli més o menys àmpliament el contingut de la proposta de resolució no suposa tampoc cap vici invalidant. La regla essencial és que l'instructor no participi en l'adopció de la resolució de la Junta de Govern, constituïda en Junta disciplinària, i aquest principi ha estat respectat en aquest cas.
Procedeix, doncs, desestimar íntegrament el recurs d'apel·lació que interposa la part agent.
Setè.- El Col·legi d'Advocats impugna el pronunciament de la sentència del Tribunal de Batlles, que ha considerat que la resolució sancionadora no va motivar de forma suficient la qualificació jurídica de la infracció imputada a l'agent, ja que l'incompliment dels deures o de les obligacions professionals pot constituir una falta greu o lleu, segons l'article 25, apartats 4.b) i 5.a), i no s'ha justificat per què s'ha optat en aquest cas per la infracció greu.
L'examen de la resolució de la Junta disciplinària de primera instància, i també de la de segona, permet apreciar que s'ha fet referència en els dos casos a la graduació de la sanció, però no estrictament a la qualificació de la infracció. En bona tècnica, procedeix establir en primer lloc quin tipus d'infracció s'aprecia i, un cop fet això, determinar la sanció aplicable dins dels límits legals. Tanmateix, en aquest cas no es justifiquen les raons per les quals s'ha optat per considerar que es tracta d'una infracció greu. En el seu recurs, el Col·legi al·lega ara raons relatives a l'entitat dels fets i a la seva intencionalitat. Ara bé, aquests arguments havien d'haver-se incorporat a la resolució sancionadora per a poder ser valorats per part del Tribunal de Batlles.
En conseqüència, procedeix desestimar el recurs del Col·legi i confirmar la retroacció del procediment per tal que es dicti una nova resolució amb expressió dels motius que justifiquin la tipificació d'una o altra infracció. Tampoc poden prosperar les al·legacions de l'agent sobre el reinici del procediment, ja que el vici s'aprecia només en la resolució sancionadora, i per això és suficient retrotraure els tràmits al moment en què aquesta va ser dictada.
Vuitè.- No s'aprecia una especial temeritat ni mala fe que justifiqui la imposició de les costes causades en aquesta instància.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Desestimar els recursos d'apel·lació que interposen el Sr. Vaquero i el Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra, ambdós contra la sentència dictada el 10 de setembre de 2020 per la Secció Administrativa del Tribunal de Batlles, la qual es confirma en els seus propis termes.
Segon.- No efectuar un especial pronunciament sobre les costes causades.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Manem que una vegada s'hagi complert el que disposa l'article 76 de la Llei de la Jurisdicció Administrativa i Fiscal es lliurin els autes originals amb la certificació d'aquesta sentència al Tribunal de Batlles, Secció Administrativa del qual procedien, i que s'arxivin les actuacions del Tribunal.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.