I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 143/2022 (Tribunal de Corts d'Andorre, 19 mai 2022)
Décision commentée : STSJAD 143/2022, Tribunal de Corts, 19 mai 2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:143) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits retenus comme établis se sont déroulés le 19 octobre 2020, vers 11 heures. Vaquero, sœur de l'accusée Sarabia, s'est présentée sur le lieu de travail de celle-ci, à Andorre-la-Vieille, afin de lui demander des explications sur la mise en marche du chauffage de l'immeuble. Les deux sœurs entretenaient une relation conflictuelle liée à une affaire successorale.
Au moment où Sarabia a ouvert la porte, une discussion s'est engagée. Elle a tenté de refermer la porte, que Vaquero a bloquée avec son pied et son bras, recevant une égratignure au visage. Vaquero est néanmoins entrée dans le local. Après un bref échange de paroles, elle a saisi sa sœur par les cheveux, l'a fait tomber au sol, lui a arraché une mèche, a fait tomber ses lunettes et l'a mordue au bras. L'accusée lui a alors également tiré les cheveux et fait tomber ses lunettes.
Les lésions de Vaquero consistaient en des érosions nasales, auriculaires et mandibulaires, causées par frottement. Celles de Sarabia consistaient en une érosion frontale, un hématome périlésionnel et un érythème du cuir chevelu. Aucune de ces lésions n'a nécessité de soins médicaux. Le même jour, par ordonnance pénale du 19 octobre 2020, Vaquero a été condamnée pour un délit mineur de maltraitance dans le cadre domestique et pour une contravention de lésions dolosives (les circonstances de cette condamnation ne sont pas détaillées dans la décision).
Le ministère public a qualifié les faits de délit mineur de maltraitance dans l'ambito domestique (art. 114.1 du Code pénal) et de contravention de lésions dolosives (art. 476 du même code). Il a requis une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un délai d'épreuve de deux ans, ainsi que quinze jours d'arrêt nocturne avec sursis. La défense a soutenu que l'accusée avait seulement repoussé une agression et a conclu à son acquittement pur et simple au titre de la légitime défense.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si la réaction de l'accusée, qui a consisté à tirer les cheveux de sa sœur à la suite de l'agression subie, pouvait être couverte par la cause d'exclusion de responsabilité pénale de la légitime défense prévue à l'article 27.1 du Code pénal. Il lui fallait pour cela vérifier si les conditions jurisprudentielles de cette cause d'exclusion étaient réunies, en particulier l
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Delicte Menor 6000111/2021 ORÍGEN: 1000831/2020 - 00 NIG: 5300543220200003489 »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 19 de maig del 2022 - ROJ: STSJAD 143/2022 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
- Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
- Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
« VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000111/2021 seguida per un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic i contravenció penal de lesions doloses. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Contra aquesta resolució es pot interposar recurs d'apel·lació per davant d'aquest Tribunal de Corts, en el termini de quinze dies següents a la seva notificació. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
- Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
- Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
- Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 19 mai 2022 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Tribunal de Corts
Delicte Menor 6000111/2021 ORÍGEN: 1000831/2020 - 00 NIG: 5300543220200003489
SENTENCIA
Magistrats.
Enric Anglada Fors
Concepció Baron Mora (Ponent)
Canòlic Mingorance Cairat
Andorra la Vella, 19 de maig de 2022
VIST en judici oral i públic pel Tribunal de Corts, la causa núm. 6000111/2021 seguida per un delicte menor de maltractaments en l'àmbit domèstic i contravenció penal de lesions doloses.
Acusada:
Sarabia, nascuda el 25 d'abril de 1975 a Tortosa (Tarragona - Espanya), filla de L. i de T., de nacionalitat andorrana, defensada per la Lletrada Sra. Tur,
És part acusadora el Ministeri Fiscal representat pel Sr. Girona.
És ponent la magistrada Sra. Concepció Baron Mora.