STSJAD ANDORRA, a 27 de març del 2019 - ROJ: STSJAD 76/2019
Cassation partielle
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé27 mars 2019
Numéro16/18
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 76/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:76)
> Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa (Ple), 27 mars 2019, STSJAD 76/2019 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
*Note éditoriale : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus a été reconstituée à partir des mentions figurant dans le texte intégral (ROJ STSJAD 76/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:76, recours n° 16/18, protocole P-016/2018).*
## Faits et procédure
La société Giner était créancière, en vertu d'une sentence civile rendue par la Section civile 5 de la Batllia le 22 décembre 2014, d'une condamnation prononcée contre un défendeur particulier, portant sur la résolution d'un contrat de location d'un appartement et de deux places de parking, ainsi que sur le paiement d'une somme de 3 000 euros.
Dans le cadre de l'exécution pécuniaire, le batlle de la Section d'exécutions civiles a, par ordonnance du 1er juin 2016, suspendu l'exécution en application de l'article 4 a) de la Llei 44/2014, du 18 décembre, de l'embargament, jusqu'à l'achèvement d'une autre exécution. La société a formé, le 16 juin 2016, un recours de réformation, estimant cette décision contraire à son droit à la jurisdicció. Elle a relancé la juridiction les 1er septembre 2017 et 7 février 2018. Selon le texte, la Batllia n'a statué qu'à la date du 20 mars 2018, par une sentence maintenant la suspension. Les actions ont ainsi été suspendues pendant 21 mois.
Le Tribunal constitutionnel avait préalablement constaté la violation du droit à un procès dans un délai raisonnable. Le texte mentionne deux dates pour cette décision : le 7 septembre 2017 (fundament quart) et le 4 juillet 2018 (antecedent 3), sans qu'il soit possible de trancher entre elles à la lecture de la seule décision.
Par demande enregistrée le 8 octobre 2018, la société Giner a sollicité la reconnaissance du fonctionnement anormal de l'administration de la justice et une indemnisation minimale de 3 000 euros, subsidiairement d'un montant jugé plus juste, outre les dépens. Le Ministère public a conclu au rejet : si un fonctionnement anormal est établi, aucun dommage certain, effectif et individualisé ne serait démontré, une personne morale ne pouvant éprouver de souffrances psychiques, et aucune perte d'une chance ne serait caractérisée. Le Gouvernement a proposé une indemnisation maximale de 1 000 euros par année de retard, soit 2 000 euros, et le rejet de la condamnation aux dépens.
## Question de droit
La juridiction devait déterminer si le retard de 21 mois affectant la procédure d'exécution constituait un fonctionnement anormal de l'administ
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 27 de març del 2019 - ROJ: STSJAD 76/2019
I. Faits, cadre procédural et contexte du litige
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 76/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:76)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa (Ple), 27 mars 2019, STSJAD 76/2019 (Lire sur source officielle)
Note éditoriale : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence ci-dessus a été reconstituée à partir des mentions figurant dans le texte intégral (ROJ STSJAD 76/2019, ECLI:AD:TSJADAD:2019:76, recours n° 16/18, protocole P-016/2018).
Faits et procédure
La société Giner était créancière, en vertu d'une sentence civile rendue par la Section civile 5 de la Batllia le 22 décembre 2014, d'une condamnation prononcée contre un défendeur particulier, portant sur la résolution d'un contrat de location d'un appartement et de deux places de parking, ainsi que sur le paiement d'une somme de 3 000 euros.
Dans le cadre de l'exécution pécuniaire, le batlle de la Section d'exécutions civiles a, par ordonnance du 1er juin 2016, suspendu l'exécution en application de l'article 4 a) de la Llei 44/2014, du 18 décembre, de l'embargament, jusqu'à l'achèvement d'une autre exécution. La société a formé, le 16 juin 2016, un recours de réformation, estimant cette décision contraire à son droit à la jurisdicció. Elle a relancé la juridiction les 1er septembre 2017 et 7 février 2018. Selon le texte, la Batllia n'a statué qu'à la date du 20 mars 2018, par une sentence maintenant la suspension. Les actions ont ainsi été suspendues pendant 21 mois.
Le Tribunal constitutionnel avait préalablement constaté la violation du droit à un procès dans un délai raisonnable. Le texte mentionne deux dates pour cette décision : le 7 septembre 2017 (fundament quart) et le 4 juillet 2018 (antecedent 3), sans qu'il soit possible de trancher entre elles à la lecture de la seule décision.
Par demande enregistrée le 8 octobre 2018, la société Giner a sollicité la reconnaissance du fonctionnement anormal de l'administration de la justice et une indemnisation minimale de 3 000 euros, subsidiairement d'un montant jugé plus juste, outre les dépens. Le Ministère public a conclu au rejet : si un fonctionnement anormal est établi, aucun dommage certain, effectif et individualisé ne serait démontré, une personne morale ne pouvant éprouver de souffrances psychiques, et aucune perte d'une chance ne serait caractérisée. Le Gouvernement a proposé une indemnisation maximale de 1 000 euros par année de retard, soit 2 000 euros, et le rejet de la condamnation aux dépens.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si le retard de 21 mois affectant la procédure d'exécution constituait un fonctionnement anormal de l'administ
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
Reproduction verbatim
« El Ple del Tribunal Superior de Justícia, format pels Magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades per la demanda formulada per la representació processal de la societat Giner, per l'acció de reconeixement de l'anormal funcionament de l'Administració de Justícia, en les quals ha estat part el MINISTERI FISCAL i el GOVERN D'XXX. »
B. Déroulement de l'instance et saisine de la juridiction
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens soulevés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 27 de març del 2019 - ROJ: STSJAD 76/2019 s'inscrit dans la jurisprudence constante visant à garantir la sécurité juridique des sujets de droit et la prévisibilité du contrôle juridictionnel.
II. Problème de droit et fondements textuels mobilisés
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations souveraines opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle.
B. Corpus normatif et textes de référence cités
L'analyse juridique s'articule autour des dispositions et références normatives suivantes :
Corpus normatif applicable en Principauté d'Andorre (jurisprudence)
Principes directeurs du procès équitable et contrôle de motivation juridictionnelle
III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la règle de droit applicable et les éléments matériels versés aux débats :
Reproduction verbatim
« Ha estat ponent el magistrat Sr. Vincent Anière, el qual expressa el parer del tribunal. »
B. Dispositif et sens de la décision
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
Reproduction verbatim
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Cette motivation met en évidence le soin apporté par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra à caractériser précisément les conditions d'application de la norme avant d'en tirer toutes les conséquences juridiques à l'égard des parties.
IV. Portée normative, sécurité juridique et repères pratiques
A. Apport à la cohérence jurisprudentielle (Principauté d'Andorre)
Sur le plan théorique et systémique, cet arrêt consolide l'interprétation retenue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en matière de jurisprudence. Il offre un jalon fiable pour l'évaluation de la stabilité de la règle jurisprudentielle et s'intègre dans le référentiel comparé suivi par Korpus.
B. Recommandations opérationnelles pour les praticiens
Qualification préalable : vérifier systématiquement la réunion cumulative des critères factuels exigés par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra avant d'engager l'action ou de soulever le moyen ;
Traçabilité probatoire : documenter par écrit l'ensemble des pièces justificatives correspondant aux textes visés (corpus légal applicable) ;
Anticipation procédurale : mobiliser cette décision du 27 mars 2019 comme précédent pertinent dans les écritures portant sur un litige analogue en Principauté d'Andorre.
Sentència
Núm. de Protocol: P-016/2018
SENTÈNCIA 2-2019
PARTS:
Agent: Giner
Representant: Sr. Macias
Advocada: Sra. Guerrero
Defenent: MINISTERI FISCAL
Defenent: GOVERN D'XXX
Representant: Sra. Ramirez
Advocada: Sra. Guerrero
Andorra la Vella, vint-i-set de març de dos mil dinou.
El Ple del Tribunal Superior de Justícia, format pels Magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades per la demanda formulada per la representació processal de la societat Giner, per l'acció de reconeixement de l'anormal funcionament de l'Administració de Justícia, en les quals ha estat part el MINISTERI FISCAL i el GOVERN D'XXX.
Ha estat ponent el magistrat Sr. Vincent Anière, el qual expressa el parer del tribunal.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 16/18 — Décision commentée
1.- En data de registre 8 d'octubre del 2018 la representació processal de la societat Giner formulà demanda en responsabilitat patrimonial de l'Estat per causa del funcionament anormal de l'Administració de Justícia sol·licitant al Ple d'aquest Tribunal Superior de Justícia que, estimant la demanda, reconegués l'anormal funcionament de l'Administració de Justícia en el marc de la causa civil B-0855-5/2014, i condemnés l'Estat andorrà al pagament d'una indemnització mínima de 3.000.-euros, i subsidiàriament la quantitat que s'estimi més justa, més les costes processals causades amb inclusió dels honoraris d'advocat i de procurador.
2.- La demanda es fonamenta en el fet que en el marc del procediment d'execució civil seguit per l'execució de la sentència pronunciada el 22 de desembre del 2014, i malgrat els escrits d'insistència de la part agent, les actuacions van quedar suspeses i paralitzades durant 21 mesos a partir del 1 de juny del 2016 sense que recaigui cap decisió pronunciant-se sobre l'escrit de reposició presentat el 16 de juny del 2016, ja que és només en data 20 de març del 2018 que la Batllia va dictar Sentència, decidint mantenir la suspensió.
La demanda es fonamenta també en la decisió del Tribunal Constitucional que va declarar que s'havia vulnerat el dret de la part agent a un procés de durada raonable (Sentència del 4 de juliol del 2018 dictada en la causa 2018-10-RE).
3.- Per escrit del 22 d'octubre del 2018 el MINISTERI FISCAL contestà a la demanda entenent que procedeix desestimar la demanda tota vegada que, si bé s'ha evidenciat un funcionament anormal de l'Administració de Justícia, no s'ha generat cap dany cert i efectiu, avaluable econòmicament i individualitzat puix, al seu parer, una persona jurídica no pot sofrir patiments emocionals o dolors psíquics, i que cap pèrdua d'oportunitat es pot apreciar.
4.- Per escrit de data 6 de novembre del 2018 la representació processal del GOVERN D'XXX formulà contesta a la demanda, manifestant que s'ha d'atorgar com a màxim una indemnització de 1.000.-euros per any de dilacions, sia un total de 2.000.-euros en base a 21 mesos escolats, i de rebutjar la pretensió de condemna en costes del present procediment.
5.- Les parts van degudament presentar els seus escrits de conclusions i es van ratificar en les seves pretensions.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- El Ple del Tribunal Superior de Justícia és competent per conèixer la present demanda, d'acord amb l'article 10.3 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- La demanda es va presentar dins del termini de tres mesos establert pel referit article.
Tercer.- La demanda formulada per la representació processal de la societat Giner s'emmarca en l'article 92 de la Constitució i l'article 10.1 de la Llei Qualificada de la Justícia que estableixen l'obligació de l'Estat de reparar els danys originats per error judicial o pel funcionament anormal de l'Administració de Justícia.
Quart.- El Tribunal Constitucional per Sentència del 7 de setembre del 2017 va declarar vulnerat el dret la societat Giner, a un procés de durada raonable.
Segons l'article 10.2 de la Llei Qualificada de la Justícia el dany al·legat haurà d'ésser sempre cert i efectiu, avaluable econòmicament i individualitzat en relació a una persona o grup de persones. És per això que els danys eventuals o hipotètics no són indemnitzables.
La representació processal la societat Giner, demana en concepte d'indemnització l'import total de 3.000.-euros.
Sosté que aquesta quantitat correspon, d'una part, al perjudici moral que ha sofert pel fet de no disposar d'una resolució en un termini raonable i, d'altra part, a la pèrdua d'oportunitat de disposar dels diners atorgats per la sentència ferma.
Ara bé, és molt clara la motivació del Tribunal Constitucional al respecte tota vegada que:
".1. El 22 de desembre del 2014, la Secció Civil 5 de la Batllia va dictar una sentència mitjançant la qual estimava substancialment la demanda formulada per la societat Giner contra el Sr. Durán, sobre la resolució del contracte d'arrendament d'un apartament i de dues places de pàrquing, condemnava el defenent a deixar lliures i vacus aquests béns i a pagar a la societat demandant 3.000,00 EUR i 2,22 EUR en concepte de despeses de retorn dels rebuts impagats, així com a pagar la quantitat mensual establerta en concepte de lloguer a comptar del mes de juliol del 2014 i fins a l'efectiu retorn de la possessió. També condemnava el defenent al pagament de les despeses processals ocasionades.
En el marc de l'execució pecuniària d'aquesta sentència, l'1 de juny del 2016, el batlle de la Secció d'Execucions Civils va dictar una providència en què, d'acord amb l'article 4 a) de la Llei 44/2014, del 18 de desembre, de l'embargament, decidia suspendre l'execució dels béns i/o drets continguts en la sentència esmentada fins a l'acabament d'una altra execució.
El 16 de juny del 2016, la representació processal de la societat Giner va formular un escrit d'oposició i/o recurs de reposició, per tal com considerava que aquesta decisió era irrespectuosa amb el dret a la jurisdicció. L'1 de setembre del 2017 i el 7 de febrer del 2018, la societat Giner va presentar sengles escrits d'insistiment en relació amb la seva petició.
(...)
A data d'avui, les demandes reiterades de petició d'activitat han quedat sense resposta i s'han escolat 21 mesos des de la data de la seva oposició i del seu recurs de reposició.
3.8. Per consegüent, cal estimar aquest recurs d'empara i declarar que s'ha vulnerat de manera manifesta el dret a un judici de durada raonable, reconegut a l'article 10 de la Constitució."·
Així les coses, s'ha d'indemnitzar el perjudici efectivament sofert i el fet danyós és la dilació que considera el Tribunal Constitucional com a origen de la vulneració del dret a un procés de durada raonable. Per consegüent, és el període de 21 mesos existint entre el mes de juny del 2016 i el mes de març del 2018 que dona lloc a reparació.
No s'ha de perdre de vista que el que s'ha d'avaluar són les conseqüències per l'administrat de la Justícia que es poden atribuir al funcionament anormal de la mateixa, a l'exclusió d'altres consideracions no directament imputables a aquest funcionament defectuós.
Pel que fa a la possibilitat d'indemnitzar el dany moral sofert per a persona jurídica com a conseqüència d'una dilatació anormal del funcionament de la justícia, recordarem que el dret a un judici de durada raonable pertany a tota persona que acudeix a la justícia, sigui una persona física o jurídica.
El dany dit "moral" no es limita als patiments emocionals o dolors psíquics sinó que concerneix tot dany extra patrimonial ("non pecuniary lost"). Una persona jurídica no només queda definida pel seu patrimoni i no es pot reduir un simple mecanisme de representació.
Tot i esser una persona jurídica i no física, pot, a l'igual que una persona humana, patir d'una dilatació indeguda del procediment judicial ja que té una personalitat, com a mínim social.
Per tant, sí que una persona jurídica pot patir un dany moral.
Així ho consideren la jurisprudència francesa (COM 15-05-2012 Nº 11-10278) i la espanyola (Tribunal Supremo STS 127/2002, 20 de febrer del 2002: "El daño moral es el infringido a la dignidad, a la estima moral y cabe en las personas jurídicas".)
Quant al TEDH, és d'interès citar la seva sentència Nº35382/97 del 6 de juny del 2000 "Comingersoll c/ Portugal", ja que la mateixa concerneix justament un cas d'execució per part d'una mercantil semblant al present cas, i que la jurisdicció europea motiva de manera molt aclaridora:
"un laps de temps de dix-sept ans et six mois pour obtenir une décision définitive, qui de surcroît n'est pas encore intervenue, au sujet d'une demande fondée sur un titre exécutoire appelant une décision rapide, ne peut passer pour raisonnable (...).
Article 41 - La société requérante ne saurait prétendre obtenir la valeur de sa créance à titre de dédommagement du préjudice matériel, d'autant que la procédure demeure pendante sans que l'on puisse spéculer à ce stade sur son issue. Quant au préjudice moral, à la lumière de sa propre jurisprudence et de la pratique de certains Etats contractants, la Cour ne peut écarter la possibilité d'octroyer une réparation pour le préjudice moral allégué par la société. Puisque la forme principale de réparation que la Cour peut octroyer est de nature pécuniaire, elle doit pouvoir octroyer une réparation pécuniaire aussi pour dommage moral, y compris à une société commerciale. Le préjudice autre que matériel subi par des sociétés peut comporter des éléments plus ou moins « objectifs » et « subjectifs ». Parmi ces éléments, il faut reconnaître la réputation de l'entreprise, mais également l'incertitude dans la planification des décisions à prendre, les troubles causés à la gestion de l'entreprise elle-même (dont les conséquences ne se prêtent pas à un calcul exact) et enfin, quoique dans une moindre mesure, l'angoisse et les désagréments soufferts par les membres des organes de direction de la société. Dans la présente affaire, le prolongement de la procédure litigieuse au-delà du délai raisonnable a dû causer, dans le chef de la société et de ses administrateurs et associés, des désagréments considérables et une incertitude prolongée, ne serait-ce que sur la conduite des affaires courantes de la société. Celle-ci s'est vue notamment privée de la possibilité de bénéficier plus rapidement du recouvrement de sa créance, situation qui subsiste à l'heure actuelle. On peut donc estimer que la société requérante a été laissée dans une situation d'incertitude qui justifie l'octroi d'une indemnité. La Cour alloue donc à la requérante 1 500 000 escudos pour le dommage subi."
Aquesta jurisprudència del TEDH apareix assentada puix, en la seva decisió del 2 d'agost del 2001 Nº 35972/97 "Grande Oriente d'Italia di palazzo Giustiniani", motivà:
"38. La Cour rappelle que selon sa jurisprudence, une personne morale, même une société commerciale, peut subir un dommage autre que matériel appelant une réparation pécuniaire (Comingersoll S.A. c. Portugal [GC], no 35382/97, §§ 31-37, CEDH 2000-IV). Toutefois, en l'espèce, compte tenu des circonstances de la cause, la Cour considère que le constat de violation de l'article 11 suffit à réparer le dommage allégué."
Pel que fa a l'existència d'una pèrdua d'oportunitat, certament, durant tot el termini on no va rebre cap resposta al seu escrit de reposició, la part executant no va poder exercitar útilment els seus drets per poder cobrar els imports que se li devien.
No obstant això, a falta d'altres elements més concrets aquest perjudici de pèrdua d'oportunitat apareix més com un dany hipotètic que cert i efectiu, avaluable econòmicament.
A més a més, si ens atenem a la motivació del TEDH més amunt citada constatem que els elements que la mercantil invoca per caracteritzar aquesta pèrdua d'oportunitat corresponen més aviat a uns elements del seu perjudici moral.
En consideració de tots aquets elements, s'ha d'estimar parcialment la pretensió de la part demandant i, a més del reconeixement solemne de la vulneració del dret fonamental pronunciat pel Tribunal Constitucional, de fixar una indemnització per danys morals a favor de la societat Giner, en la quantitat de 2.000.-euros, que és la que el Tribunal estima adequada en atenció a l'entitat de les dilacions sofertes en la tramitació del procediment.
Cinquè.- Pel que fa a les costes d'aquest procediment, no escau efectuar un pronunciament especial, ja que es produeix una estimació parcial de la demanda i no s'aprecia una actuació temerària o de mala fe que justifiqui la imposició de les costes al Govern.
DECISIÓ
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Estimar parcialment la demanda interposada per la representació processal de la societat Giner.
Segon.- Declarar la responsabilitat de l'Estat com a conseqüència d'un funcionament anormal de l'Administració de Justícia.
Tercer.- Acordar a la societat Giner una indemnització de 2.000.-euros.
Quart.- No efectuar especial pronunciament sobre el pagament de les despeses d'aquest procediment.
Notifiqui's la present Sentència a les parts interessades fent-los saber que aquesta Sentència és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.