STSJAD ANDORRA, a 04 de novembre del 2019 - ROJ: STSJAD 284/2019
cassation_totale
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé4 novembre 2019
Numéro9/18
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 284/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:284)
> Décision commentée : STSJAD 284/2019, Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Ple, 4 novembre 2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:284) ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
Par un jugement du 14 avril 2015, le Tribunal de Batlles rejette le recours de la société T. SLU, devenue Criado, contre une décision du Gouvernement infligeant plusieurs sanctions pour infractions en matière de droit du travail, pour un montant total de 2 505 euros. Un arrêt d'exécution est rendu le 24 mars 2017. La société s'acquitte de la somme le 27 juin 2017 par virement bancaire à la Batllia, en indiquant la référence « REF. PROCEDIMENT 0000005 2017 ».
Le paiement est toutefois imputé, selon la décision, à la cause d'exécution du Tribunal de Corts, faute d'identification de la référence de la procédure pénale. Le 14 avril 2018, un édit publié au BOPA annonce un embargo sur les biens de la société pour un total de 3 221,53 euros (principal, intérêts, honoraires et frais), alors que les sommes avaient déjà été versées. Le fundament tercer de la décision mentionne une date différente, le 14 février 2018, pour cet édit ; le texte ne permet pas de trancher cette divergence, qui n'affecte pas le raisonnement. Le 16 avril 2018, le représentant de la société demande à la ORG_0 de réclamer le montant au Tribunal de Corts. L'embargo n'est pas levé. Le Tribunal de Corts reconnaît dans son arrêt du 10 mai 2018 l'existence d'une « erreur de caisse » imputable à l'Administration de la Justice (considérant deuxième, tel que cité par le Tribunal).
La société saisit alors le Tribunal supérieur sur le fondement de l'article 10 de la Llei qualificada de la Justícia (LQJ) pour obtenir réparation d'un fonctionnement anormal de la justice. Le Ministère public ne s'oppose pas à la demande. Le Gouvernement soutient que l'erreur a été provoquée par le comportement de la société, qui a mis deux ans et deux mois à s'acquitter de sa dette et a fourni des données incomplètes pour le virement. Il sollicite à titre subsidiaire une modulation de la responsabilité pour concurrence de fautes, et un plafond de 1 856,78 euros. La société demande enfin qu'il soit constaté une erreur judiciaire et que soient reconnus les honoraires d'avocat et de procureur.
## Question de droit
La décision soulève, en substance, deux questions.
**La première** porte sur la compétence et sur les conditions de la responsabilité. Le Ple du Tribunal supérieur retient sa compétence au titre de l'article 10.3 LQJ. La demanderesse invoque l'article 10.2 ; le texte de ces dispositions n'est pas reproduit dans la décision, de sorte que leur contenu exact ne peut être analysé ici (non précisé dans la décision). La question est de savoir si une erreur de caisse imputable à l'Administration de la Justice, qui conduit à une réclamation indue ayant entraîné un embargo, constitue un fonctionnement anormal engageant la responsabilité patrimoniale de l'État.
**La seconde** tient à l'incidence du comportement du justiciable. Le Gouvernement soutient que le retard de paiement et l'incomplétude des données bancaires ont concouru à l'erreur. Il se pose donc la question de savoir si cette faute du créancier, ou plutôt du débiteur de l'obligation, peut exonérer totalement l'État ou seulement modérer l'indemnisation.
## Solution et dispositif
Le Tribunal supérieur retient que le comportement de la société explique le contexte, mais ne saurait justifier « l'erreur manifeste » commise au préjudice du demandeur, laquelle doit donner lieu à une réparation intégrale. Le raisonnement est présenté en termes de réparation intégrale et ne comporte pas, dans le texte fourni, de développement détaillé sur les critères de la concurrence de fautes. Le Tribunal fixe ensuite le quantum du préjudice :
- 3 221,53 euros au titre de l
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 04 de novembre del 2019 - ROJ: STSJAD 284/2019
STSJAD 284/2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:284)
Reproduction verbatim
Décision commentée : STSJAD 284/2019, Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Ple, 4 novembre 2019 (ECLI:AD:TSJADAD:2019:284) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par un jugement du 14 avril 2015, le Tribunal de Batlles rejette le recours de la société T. SLU, devenue Criado, contre une décision du Gouvernement infligeant plusieurs sanctions pour infractions en matière de droit du travail, pour un montant total de 2 505 euros. Un arrêt d'exécution est rendu le 24 mars 2017. La société s'acquitte de la somme le 27 juin 2017 par virement bancaire à la Batllia, en indiquant la référence « REF. PROCEDIMENT 0000005 2017 ».
Le paiement est toutefois imputé, selon la décision, à la cause d'exécution du Tribunal de Corts, faute d'identification de la référence de la procédure pénale. Le 14 avril 2018, un édit publié au BOPA annonce un embargo sur les biens de la société pour un total de 3 221,53 euros (principal, intérêts, honoraires et frais), alors que les sommes avaient déjà été versées. Le fundament tercer de la décision mentionne une date différente, le 14 février 2018, pour cet édit ; le texte ne permet pas de trancher cette divergence, qui n'affecte pas le raisonnement. Le 16 avril 2018, le représentant de la société demande à la ORG_0 de réclamer le montant au Tribunal de Corts. L'embargo n'est pas levé. Le Tribunal de Corts reconnaît dans son arrêt du 10 mai 2018 l'existence d'une « erreur de caisse » imputable à l'Administration de la Justice (considérant deuxième, tel que cité par le Tribunal).
La société saisit alors le Tribunal supérieur sur le fondement de l'article 10 de la Llei qualificada de la Justícia (LQJ) pour obtenir réparation d'un fonctionnement anormal de la justice. Le Ministère public ne s'oppose pas à la demande. Le Gouvernement soutient que l'erreur a été provoquée par le comportement de la société, qui a mis deux ans et deux mois à s'acquitter de sa dette et a fourni des données incomplètes pour le virement. Il sollicite à titre subsidiaire une modulation de la responsabilité pour concurrence de fautes, et un plafond de 1 856,78 euros. La société demande enfin qu'il soit constaté une erreur judiciaire et que soient reconnus les honoraires d'avocat et de procureur.
Question de droit
La décision soulève, en substance, deux questions.
La première porte sur la compétence et sur les conditions de la responsabilité. Le Ple du Tribunal supérieur retient sa compétence au titre de l'article 10.3 LQJ. La demanderesse invoque l'article 10.2 ; le texte de ces dispositions n'est pas reproduit dans la décision, de sorte que leur contenu exact ne peut être analysé ici (non précisé dans la décision). La question est de savoir si une erreur de caisse imputable à l'Administration de la Justice, qui conduit à une réclamation indue ayant entraîné un embargo, constitue un fonctionnement anormal engageant la responsabilité patrimoniale de l'État.
La seconde tient à l'incidence du comportement du justiciable. Le Gouvernement soutient que le retard de paiement et l'incomplétude des données bancaires ont concouru à l'erreur. Il se pose donc la question de savoir si cette faute du créancier, ou plutôt du débiteur de l'obligation, peut exonérer totalement l'État ou seulement modérer l'indemnisation.
Solution et dispositif
Le Tribunal supérieur retient que le comportement de la société explique le contexte, mais ne saurait justifier « l'erreur manifeste » commise au préjudice du demandeur, laquelle doit donner lieu à une réparation intégrale. Le raisonnement est présenté en termes de réparation intégrale et ne comporte pas, dans le texte fourni, de développement détaillé sur les critères de la concurrence de fautes. Le Tribunal fixe ensuite le quantum du préjudice :
Andorra la Vella, quatre de novembre de dos mil dinou.
El Ple del Tribunal Superior de Justícia, format pels Magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades a demanda de la representació processal de la societat Criado, per al reconeixement d'un funcionament anormal de l'Administració de Justícia, en les quals han estat part el Ministeri Fiscal i el Govern.
Sources citées
1 référence
Jurisprudence (1)
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 9/18 — Décision commentée
Ha estat ponent el magistrat Sr. Yves Picod, el qual expressa el parer del Tribunal.
ANTECEDENTS DE FET
1.- El 14 d'abril de 2015, el Tribunal de Batlles va dictar sentència en el marc de la causa contenciosa administrativa 2000047/2014 desestimant la demanda de la societat T. SLU, avui denominada Criado, contra la decisió del Govern relativa a diverses sancions per infraccions laborals corresponent a un import total de 2.505 euros. Consegüentment, un aute d'execució va ser emès el dia 24 de març de 2017 dictant la execució de la sentència.
2.- La societat va acabar per satisfer aquesta quantitat el 27 de juny de 2017, mitjançant transferència bancària a la Batllia, donant compliment a les seves obligacions en conformitat amb la sentència i l'aute.
No obstant, el 14 d'abril de 2018, la ORG_0 va publicar al BOPA un edicte en el qual informava que havia acordat un embargament sobre els béns de la societat per un total de 3.221,53 euros (principal, més interessos, més honoraris i costes).
3.- El 16 d'abril de 2018, el representant de la societat formulà un escrit per demanar que la ORG_0 reclamés aquest import al Tribunal de Corts, atès l'error existent, el qual reconeix que hi ha efectivament un error de caixa.
Malgrat aquesta situació, la ORG_0 no ha aixecat l'embargament.
4.- En conseqüència, el representant de la societat al·lega un anormal funcionament de la justícia fonamentat en l'article 10.2 de la Llei Qualificada de la Justícia, en el present cas per part de la Batllia, disfuncionament reconegut, segons ell, pel Tribunal de Corts en el seu aute. Sol·licita una indemnització de 3.221,53 euros, més els interessos legals reclamats, en favor de la societat, així com totes les despeses originades a causa d'aquesta situació, imports que restaran acreditats en període d'execució de sentència.
El Ministeri Fiscal no s'oposa a la demanda i a que siguin retornats a la societat els diners ingressats, que s'han utilitzat per error per altres finalitats.
La representació del Govern estima per la seva part que aquest error ha sigut provocat per la societat que va trigar dos anys i dos mesos per pagar de manera dilatòria: "és el seu comportament el que va induir aquest error, a més de que va donar dades incompletes per fer la transferència bancària".
En efecte, l'únic número que constava amb la referència era el de la causa penal i per tant l'ingrés es va computar en la causa del Tribunal de Corts.
Sol·licita subsidiàriament una modulació de les responsabilitats, compte tingut una concurrència de culpes. De totes maneres, no pot excedir l'import un total de 1.856,78 euros, corresponent a l'excés de l'import principal que s'està executant via saig de forma fraccionada.
En el seu últim escrit, sol·licita la representació de la societat una resolució establint que s'ha produït un error judicial i que s'acreditaren en període d'execució de la dita resolució els honoraris d'advocat i procurador.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- La competència per conèixer d'aquest procés correspon al Ple del Tribunal Superior de Justícia, segons el que disposa l'article 10.3 de la Llei qualificada de la Justícia.
Segon.- en data 14 d'abril de 2015, el Tribunal de Batlles dictà sentència en el marc de a causa 2000047/2014, i dictà l'aute d'execució en data 24 de març de 2017 en el marc de la causa d'execució 0000005/2017.
En data 27 de juny de 2017, T. SLU (actual ENTITY_8) transfereix 2.505 euros al compte núm. XXXX amb la referència "REF. PROCEDIMENT 0000005 2017".
Tercer.- el 14 de febrer de 2018, la ORG_0 Sra. XXX publica un edicte al BOPA reclamant unes quantitats que ja haurien estat satisfetes per la societat T. SLU, i que no foren ingressades a Govern (instant de la execució) a causa "d'un error de caixa" imputable a l'Administració de Justícia, com reconeix el propi Tribunal de Corts en el seu aute del 10 de maig de 2018 (considerant segon).
És cert, com ho menciona la representació del Govern, que és la Criado la que va trigar dos anys i dos mesos per pagar les quantitats reclamades, és a dir de manera dilatòria. Aquest comportament i la manca de col·laboració en quant als números de compte per part de la societat explica el context, però no pot justificar l'error manifest que s'ha produït al perjudici del demandant i que mereix reparació íntegra, el que inclou naturalment els interessos legals així com els honoraris d'advocats.
Quart.- Les quantitats corresponents al perjudici degut a aquest error s'hauran de fixar de la manera següent: 3.221,53 euros corresponent a l'edicte d'embargament (principal i interessos, honoraris i costes) menys els interessos moratoris des del 14-10-2015 fins al 2-8-2017 per l'import de 97,82 euros, els quals són deguts per la societat, i que resulten la quantitat de 3.123,71 euros, més els interessos des de la data de notificació de la sentència, així com les costes i honoraris d'aquest procediment.
Decisio
En atenció a tot el què s'ha exposat, el Ple del Tribunal Superior de Justícia, en nom del poble andorrà, decideix:
Primer.- Estimar la demanda interposada per la representació processal de la societat Criado (antic T. SLU) i constatar l'existència d'una responsabilitat patrimonial de l'Estat per funcionament anormal de l'Administració de Justícia.
Segon.- Declarar el dret de l'agent a rebre del Govern una indemnització de 3.123,71 euros, més els interessos legals a partir de la data de notificació d'aquesta decisió, així com les costes processals i els honoraris d'advocat.
Notifiqueu aquesta sentència a les parts interessades, fent-los saber que és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.