STSJAD ANDORRA, a 28 de maig del 2021 - ROJ: STSJAD 144/2021
Rejet du pourvoi
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé28 mai 2021
Numéro31/20
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 144/2021 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Ple, 28 mai 2021)
> Décision commentée : STSJAD 144/2021, ECLI:AD:TSJADAD:2021:144 ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
## Faits et procédure
La décision rendue par le Ple du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre le 28 mai 2021 (recours 31/20, origine 8000080/2015) porte sur une action en responsabilité patrimoniale de l'État pour fonctionnement anormal de l'administration de la justice, présentée par le représentant de M. Duque, partie civile dans une procédure pénale.
La plainte pénale a été déposée le 28 novembre 2011 dans le cadre des diligences DP-367-1/2007, puis enregistrée sous le numéro 8000080/2015. Le 26 juin 2017, la juge d'instruction (Batlle) a pris une providence, fondée sur l'article 121 du Code de procédure pénale, donnant vue aux parties et au ministère public des actes accomplis. Elles disposaient d'un délai de quinze jours pour demander la clôture de l'instruction ou la réalisation de nouveaux actes.
Le 20 décembre 2019, M. Duque a déposé un écrit « d'insistance » constatant qu'aucun acte d'instruction n'avait été accompli depuis la providence de 2017, alors qu'une autre partie civile avait sollicité de nouveaux actes. Le 8 avril 2020, il a formé un recours d'amparo devant le Tribunal constitutionnel pour violation du droit à un procès dans un délai raisonnable. Par sentence du 7 septembre 2020 (cause 215-2020), celui-ci a constaté la violation de ce droit fondamental et reconnu au requérant le droit à être indemnisé des préjudices subis.
La demande devant le Tribunal superior a été enregistrée le 4 décembre 2020. Elle tendait au constat du fonctionnement anormal de l'administration de la justice et à la condamnation de l'État au paiement de 3 000 euros. Le ministère public ne s'opposait pas au principe de l'indemnisation, mais estimait la somme excessive et proposait un montant maximal de 1 200 euros. Le Gouvernement d'Andorre considérait que l'indemnisation ne devait pas dépasser 1 000 euros par année de retard.
## Question de droit
La question posée était de savoir si, une fois la violation du droit à un délai raisonnable constatée par le Tribunal constitutionnel, le Tribunal superior de Justícia pouvait retenir un fonctionnement anormal de l'administration de la justice ouvrant droit à réparation, et dans quelle mesure le préjudice moral allégué devait être évalué.
Deux points étaient en discussion :
1. **L'existence d'un fonctionnement anormal.** Le litige ne portait plus sur la violation elle-même, tranchée par le Tribunal constitutionnel. La décision relève toutefois que le juge constitutionnel avait reconnu le droit à indemnisation, ce qui limitait l'office du Tribunal superior à la question du quantum (« el litigi versa únicament [...] sobre la indemnització »).
2. **La réparation du préjudice moral.** Il fallait déterminer si le retard constaté causait un préjudice indemnisable et comment en fixer le montant.
Le texte ne précise pas expressément le fondement légal de la responsabilité retenue au-delà de la référence à l'article 10 de la Loi qualifiée de la justice (LQJ), qui fixe la compétence du Ple. Le contenu de cette disposition n'est pas reproduit dans la décision (non précisé dans la décision).
## Solution et dispositif
Le Tribunal superior retient que, « des éléments figurant au dossier », il résulte qu'entre la providence du 26 juin 2017 et l'introduction de la demande, « quasi tres anys sense obtenci de cap pronunciament », les délais processuaux suspendus étant déduits. Il en déduit que ce retard a causé à M. Duque, victime des faits pénaux, « un perjudici psicològic i emocional » né de l'attente prolongée d'une décision nécessaire à la progression de la procédure. Il juge que la somme de 3 000 euros est « adaptada i proporcionada » pour compenser ce
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 28 de maig del 2021 - ROJ: STSJAD 144/2021
STSJAD 144/2021 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Ple, 28 mai 2021)
La décision rendue par le Ple du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre le 28 mai 2021 (recours 31/20, origine 8000080/2015) porte sur une action en responsabilité patrimoniale de l'État pour fonctionnement anormal de l'administration de la justice, présentée par le représentant de M. Duque, partie civile dans une procédure pénale.
La plainte pénale a été déposée le 28 novembre 2011 dans le cadre des diligences DP-367-1/2007, puis enregistrée sous le numéro 8000080/2015. Le 26 juin 2017, la juge d'instruction (Batlle) a pris une providence, fondée sur l'article 121 du Code de procédure pénale, donnant vue aux parties et au ministère public des actes accomplis. Elles disposaient d'un délai de quinze jours pour demander la clôture de l'instruction ou la réalisation de nouveaux actes.
Le 20 décembre 2019, M. Duque a déposé un écrit « d'insistance » constatant qu'aucun acte d'instruction n'avait été accompli depuis la providence de 2017, alors qu'une autre partie civile avait sollicité de nouveaux actes. Le 8 avril 2020, il a formé un recours d'amparo devant le Tribunal constitutionnel pour violation du droit à un procès dans un délai raisonnable. Par sentence du 7 septembre 2020 (cause 215-2020), celui-ci a constaté la violation de ce droit fondamental et reconnu au requérant le droit à être indemnisé des préjudices subis.
La demande devant le Tribunal superior a été enregistrée le 4 décembre 2020. Elle tendait au constat du fonctionnement anormal de l'administration de la justice et à la condamnation de l'État au paiement de 3 000 euros. Le ministère public ne s'opposait pas au principe de l'indemnisation, mais estimait la somme excessive et proposait un montant maximal de 1 200 euros. Le Gouvernement d'Andorre considérait que l'indemnisation ne devait pas dépasser 1 000 euros par année de retard.
Question de droit
La question posée était de savoir si, une fois la violation du droit à un délai raisonnable constatée par le Tribunal constitutionnel, le Tribunal superior de Justícia pouvait retenir un fonctionnement anormal de l'administration de la justice ouvrant droit à réparation, et dans quelle mesure le préjudice moral allégué devait être évalué.
Deux points étaient en discussion :
L'existence d'un fonctionnement anormal. Le litige ne portait plus sur la violation elle-même, tranchée par le Tribunal constitutionnel. La décision relève toutefois que le juge constitutionnel avait reconnu le droit à indemnisation, ce qui limitait l'office du Tribunal superior à la question du quantum (« el litigi versa únicament [...] sobre la indemnització »).
La réparation du préjudice moral. Il fallait déterminer si le retard constaté causait un préjudice indemnisable et comment en fixer le montant.
Le texte ne précise pas expressément le fondement légal de la responsabilité retenue au-delà de la référence à l'article 10 de la Loi qualifiée de la justice (LQJ), qui fixe la compétence du Ple. Le contenu de cette disposition n'est pas reproduit dans la décision (non précisé dans la décision).
Solution et dispositif
Le Tribunal superior retient que, « des éléments figurant au dossier », il résulte qu'entre la providence du 26 juin 2017 et l'introduction de la demande, « quasi tres anys sense obtenci de cap pronunciament », les délais processuaux suspendus étant déduits. Il en déduit que ce retard a causé à M. Duque, victime des faits pénaux, « un perjudici psicològic i emocional » né de l'attente prolongée d'une décision nécessaire à la progression de la procédure. Il juge que la somme de 3 000 euros est « adaptada i proporcionada » pour compenser ce
Sentència
TSJ 0000031/2020
Error Judicial ORIGEN : 8000080/2015
SENTÈNCIA 003-2021
PARTS:
Agent: Sr. Duque
Representant: Sra. Julián
Advocat: Sr. Alfaro
Defenent: MINISTERI FISCAL
Defenent: GOVERN D'ANDORRA
Representant: Sra. Julián
Advocada: Sra. Jover
Andorra la Vella, el 28 de maig del 2021.
El Ple del Tribunal Superior de Justícia, format pels Magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades per la representació lletrada del Sr. Duque, amb l'acció en responsabilitat patrimonial de l'Estat per causa de funcionament anormal de l'Administració de Justícia, en la qual són parts el Ministeri Fiscal i el Govern d'Andorra.
Ha estat ponent la magistrada Sra. Marie Conte qui expressa el parer del Tribunal.
1.- En data de registre 4-12-2020 la representació processal de Duque formula demanda en responsabilitat patrimonial de l'Estat per funcionament anormal de l'Administració de Justícia en el marc de la causa penal 8000080/2015 sol·licitant al Ple d'aquest Tribunal Superior de Justícia que reconegui l'anormal funcionament de l'Administració de Justícia i condemni l'Estat Andorrà al pagament d'una indemnització de 3.000 EUR a favor del seu representant pels danys que li han estat causats.
2.- El demanant exposa que:
En data 28-11-2011 Duque, client número 1127 de la Societat Mercantil de dret Andorra ORG_2 va presentar en el marc de les diligències DP-367-1/2007 (avui registrades amb el número 8000080/2015 un escrit de querella criminal contra Tur, Olmo, Vall, Amador, Téllez, el representant Legal de C, SA i totes les persones físiques que de forma directa van intervenir en l'administració i gestió de la seva filial a Andorra, els representants legal de ORG_0, els representants tècnics que van subscriure els informes d'auditoria de ORG_1 entre els anys 2005 i 2006), com a presumptes autors responsables dels delictes de falsejament de comptes, fallida delictiva, estafa, presumpte estafa qualificada i apropiació indeguda i falsedat documental.
En data 26 de juny de 2017, la Batlle Sra. X va dictar una providència en mèrits de la qual de conformitat amb l'article 121 del Codi de Procediment Penal, es donava vista a les parts i al Ministeri Fiscal de les actuacions practicades, les quals dins un termini de 15 dies podien sol·licitar la conclusió del sumari o la pràctica de noves diligències.
En data 20-12-2019 Duque va presentar un escrit dit "d'insistiment" sol·licitant la prossecució de la causa penal, observant que d'ençà la providència de data 26 de juny de 2017 no s'havia fet cap actuació d'instrucció, mentre que la representació lletrada d'un dels delictes personats en la causa penal (client núm. 1289) hagi presentat un escrit demanant la pràctica de noves diligències.
En data 8-04-2020 la representació processal de Duque va interposar un recurs d'empara contra la inactivitat de la Batlle instructora en la causa penal 8000080/2015 per vulneració del dret a una judici de durada raonada reconegut a l'article 10 de la Constitució.
La Sentència del Tribunal Constitucional de data 07-09-2020 recaiguda en el marc de la causa 215-2020 decideix, entre altres:
Declarar que s'ha vulnerat el dret fonamental de Duque a un judici de durada raonable.
Declarar que el recurrent té dret a ser indemnitzat pels perjudicis soferts.
3.- El Ministeri Fiscal no s'oposa en quant el fons, a l'estimació de la demanada, considerant nogensmenys que la indemnització reclamada és excessiva havent de ser fixada en una quantitat no superior a 1.200 EUR.
4.- La representació processal del Govern manifesta que la indemnització si procedeix atorgar-la, no ha de superar 1.000 EUR per any de dilació.
FONAMENTS DE DRET
Primer.- El Ple del Tribunal Superior de Justícia és competent per a conèixer del present recurs segons el que disposa l'article 10 de la Llei Qualificada de la Justícia.
Segon.- El Tribunal Constitucional mitjançant Sentència de 07-09-2020 estima el recurs d'empara interposat per la representació processal de Duque, declarant que s'ha vulnerat el seu dret a un procés degut de durada raonable reconegut a l'article 10.2 de la Constitució i als efectes de la demanada que ara ens ocupa declara que Duque té dret a ser indemnitzat pels perjudicis soferts.
Tercer.- Conseqüentment el litigi versa únicament en el cas d'autes sobre la indemnització, sol·licitant el demandant que se l'atorgui un import de 3.000 EUR a títol de reparació del danys moral.
El dany moral consisteix en la present causa, en els patiments emocionals soferts en conseqüència de la manca d'actuació de la secció d'Instrucció d'ençà la providència de data 26 de juny de 2017 i no obstant l'escrit d'insistiment presentat per la representació processal de Duque en data 20- 12-2019, essent observat d'una part que dictar dita providència en aplicació de l'article 121 del Codi de Procediment Penal, el Batlle instructor considerava que la conclusió del sumari podria ser sol·licitada, d'altra part que no s'ha contestat a la demanda de pràctica de noves diligències presentada per una altra part segons el que permet l'article 121 del Codi de Procediment Penal.
El Ministeri Fiscal considera la indemnització sol·licitada desproporcionada i la defensa proposa una indemnització de 1.000 EUR per any de dilació.
Se'n desprèn dels elements obrant en autes que des de la providència donant vista a les parts de data 26-06-2017, per tal que sol·licitin la conclusió del sumari o la pràctica de noves diligències efectuada per una persona diferent a la data d'interposició de la present demanda i descomptant el període en que el terminis processals van restar suspesos, quasi tres anys sense obtenció de cap pronunciament al respecte.
Resta evident que de l'esmentada demora resulta per Duque, víctima de fets penals, un perjudici psicològic i emocional, esperant aquesta part durant un llarg període que és resolgui una petició necessària a la tramitació de la causa penal.
La quantitat reclamada de 3.000 EUR apareix adaptada i proporcionada per compensar el perjudici moral sofert per Duque.
Decisio
En atenció a tot el que s'ha exposat, el Ple del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del Poble andorrà
DECIDEIX
Primer.- ESTIMAR l'acció en reconeixement del funcionament anormal de l'Administració de Justícia de l'article 10 de la Constitució presentada per la representació processal del Sr. Duque.
Segon.- Acordar pel Sr. Duque una indemnització de tres mil (3.000) euros.
Tercer.- No efectuar especial pronunciament sobre el pagament de les despeses d'aquest procediment.
Quart.- Notificar aquesta sentència a les parts interessades, fent-los saber que és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.