STSJAD ANDORRA, a 07 de novembre del 2024 - ROJ: STSJAD 246/2024
Cassation partielle
JuridictionTribunal Superior de Justícia d’Andorra
Niveaucassation
Date du prononcé7 novembre 2024
Numéro85/2024
Juridictions couvertes
AD
Matière(s)jurisprudence
Publié sur Korpus5 novembre 2026
Résumé éditorial
# STSJAD 246/2024 - Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), 7 novembre 2024
> Décision commentée : **Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 7 novembre 2024, n° 28-2024, recours n° 85/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:246** ([Lire sur source officielle](https://jurisprudencia.poderjudicial.es/andorra/))
---
## I. Le contexte factuel et procédural
### A. Les faits à l'origine du litige
Les faits à l'origine de la présente espèce s'inscrivent dans un contexte d'altération psychique sévère et d'assuétude poly-toxique. Le prévenu, identifié sous le nom de Marcos, présentait depuis l'enfance un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) combiné, assorti d'une dépendance chronique au cannabis contractée dès l'âge de 19 ans. Cette consommation régulière avait périodiquement engendré des manifestations cliniques délirantes sous forme d'idées autoréférentielles. Au cours des jours précédant le passage à l'acte, son tableau clinique s'était considérablement dégradé, caractérisé par un abattement profond, un repli à domicile, un état anxieux aigu et une insomnie rebelle.
Environ deux semaines avant la commission des infractions, l'intéressé avait sollicité une assistance psychiatrique. Une nouvelle médication lui avait été prescrite, mais celle-ci n'avait pas produit les effets escomptés et son état d'abattement s'était aggravé. Dans ce contexte de décompensation psychique, le prévenu avait associé de manière compulsive le traitement médicamenteux à des prises massives d'alcool et de cannabis, ingérant des doses largement supérieures aux prescriptions médicales en dérobant des plaquettes d'anxiolytiques et de benzodiazépines conservées par sa mère, sans parvenir pour autant à trouver le sommeil.
Le 3 mars 2023, le prévenu se trouvait depuis deux jours en état de manque aigu de cannabis (*craving*), faute de ressources financières pour s'en procurer, et n'avait bénéficié que de deux heures de repos au petit matin. Face à un sentiment de détresse psychique intense, il a ingéré une surdose de benzodiazépines mélangée à du gin. Totalement désinhibé et déprimé, il s'est emparé, au domicile familial, d'un couteau de cuisine pourvu d'une lame de 21,5 centimètres (mesurant 33 centimètres au total), qu'il a dissimulé dans la ceinture de son pantalon, tout en se munissant d'un sac en plastique. Après s'être infligé des scarifications superficielles au bras le long d'une rivière, il s'est rendu vers 11 heures 30 à la station-service isolée située à proximité de son domicile.
Après avoir épié les lieux afin de s'assurer de l'absence de clients, il a masqué son visage à l'aide d'un tour de cou noir (*buff*), s'est introduit derrière le comptoir et a intimé à l'employée présente de lui remettre les fonds disponibles en déclarant : « *Esto es un atraco* ». Devant l'incrédulité de la victime, qui estimait initialement faire l'objet d'une plaisanterie et lui signalait la présence de caméras, l'assaillant a exhibé son arme blanche, a martelé avec violence le comptoir avec le manche ou la lame du couteau et a prononcé des paroles intimidantes (« *¿Te vale la pena arriesgarte por la empresa?* »). En réaction, et sur recommandation d'un collègue tout juste entré dans la boutique, la salariée a remis dans le sac en plastique la somme de 415 euros en liquide. L'auteur a alors quitté les lieux à pied, invitant les employés à alerter immédiatement les forces de l'ordre tout en formulant des regrets verbaux. Il a utilisé l'argent pour acquérir sur-le-champ de la marijuana (pour un montant de 50 euros) et de l'alcool avant de regagner son domicile afin de consommer ces substances.
Sur le plan médical, l'agression a généré chez la caissière principale un syndrome de stress post-traumatique ainsi qu'un trouble dépressif réactionnel, tandis que son collègue a subi pendant un mois des cauchemars répétés et une appréhension persistante lors de la tenue de la caisse.
### B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
À la suite de la diffusion publique d'extraits issus du dispositif de vidéoprotection de la station-service, les membres de la famille du prévenu ont formellement reconnu ce dernier et ont pris l'initiative d'en informer les services de police. L'intéressé a subséquemment été interpellé à son domicile sans avoir opposé de résistance, reconnaissant l'intégralité des faits lors des auditions et confirmant ses déclarations à l'audience.
Par un jugement prononcé le 28 juin 2024, le *Tribunal de Corts* d'Andorre a retenu la culpabilité du prévenu des chefs de :
- délit majeur de vol qualifié par l'usage d'une arme (art. 203.1.a du Code pénal andorran) ;
- délit mineur de port d'arme prohibé (art. 263, al. 1, du Code pénal) ;
- contravention pénale de détention de marijuana (art. 499 du Code pénal).
Retenant l'existence d'une circonstance atténuante hautement qualifiée tenant à l'action sous l'emprise d'une addiction et de substances toxiques (art. 29.3 du Code pénal), le tribunal de première instance a condamné le prévenu à une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont trois années fermes et deux années assorties de la mesure de substitution par dix ans d'expulsion du Principat d'Andorre. Pour la contravention de détention de stupéfiants, la juridiction a prononcé une peine d'un mois d'arrêt nocturne conditionnel (avec un délai de suspension d'un mois) et 500 euros d'amende. Enfin, le tribunal a ordonné la confiscation et la destruction des stupéfiants saisis, la confiscation des sommes et objets issus de l'infraction, tout en allouant des dommages-intérêts aux victimes au titre de la responsabilité civile (415 euros à l'exploitant de la station-service, 5 000 euros à l'employée agressée et 3 000 euros à son collègue).
Le condamné a interjeté appel de ce jugement devant la chambre pénale du *Tribunal Superior de Justícia d'Andorra*. Au soutien de son recours, la défense a fait valoir :
1. Une demande d'application accrue des circonstances atténuantes, sollicitant le jeu combiné des paragraphes 3, 5 et 6 de l'article 29 du Code pénal : d'une part, en insistant sur l'altération majeure de ses facultés cognitives due à l'action conjuguée du TDAH, de l'alcool et des benzodiazépines ; d'autre part, en revendiquant le bénéfice de l'atténuante de collaboration ou d'aveu, dans la mesure où son identification a été permise par l'initiative de sa famille ayant pris contact avec la police.
2. Une révision substantielle du quantum de la peine privative de liberté, proposant qu'elle n'excède pas un an de prison (dont six mois fermes et le surplus avec sursis), ainsi que quinze jours d'arrêt nocturne avec sursis et 500 euros d'amende pour la contravention.
3. Une contestation énergique de la mesure d'expulsion du territoire national, en invoquant sa situation familiale et la présence sur le territoire de la Principauté de ses parents et de l'un de ses frères.
À l'opposé, le *Ministeri Fiscal* a conclu à la confirmation pure et simple du jugement entrepris, estimant que la peine et l'expulsion prononcées étaient rigoureusement proportionnées à la gravité exceptionnelle des faits et au risque social manifeste généré par le prévenu.
---
## II. La question de droit et la solution de la juridiction
### A. Le problème juridique posé
L'appel soumis au *Tribunal Superior de Justícia* soulevait trois interrogations directrices relatives à l'individualisation des peines et au régime des circonstances atténuantes en droit pénal andorran :
1. L'initiative civique de tiers proches (en l'espèce, les parents et la fratrie du suspect) dénonçant l'auteur d'une infraction aux autorités après avoir visionné des enregistrements vidéo peut-elle être juridiquement assimilée à un aveu spontané ou à une collaboration active du prévenu au sens des articles 29.5 et 29.6 du Code pénal andorran ?
2. Quels sont les critères régissant l'application de l'article 56 du Code pénal lors de l'étalonnage de la peine d'emprisonnement, lorsque se heurtent la dangerosité objective d'un vol à main armée ayant causé un traumatisme psychologique avéré aux victimes et un état de vulnérabilité psychiatrique préexistant (TDAH combiné à une intoxication involontaire/subie) ?
3. La substitution d'une partie de la peine d'emprisonnement par une mesure d'expulsion du territoire national est-elle compatible avec les attaches familiales du condamné dès lors que ce dernier ne dispose pas d'un ancrage professionnel ou économique autonome en Andorre, et dans quelle mesure la durée de cette mesure d'éloignement (dix années en première instance) doit-elle demeurer proportionnée au profil de l'intéressé ?
### B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Sur la matérialité et la qualification juridique des faits, la chambre pénale relève d'emblée que les qualifications de vol qualifié par l'usage d'une arme (art. 203.1.a CP), de port illégal d'arme (art. 263 CP) et de détention de stupéfiants (art. 499 CP) ne sont pas contestées par l'appelant. Ces infractions sont par ailleurs corroborées par les éléments objectifs du dossier, notamment les enregistrements de vidéoprotection visionnés à l'audience, les dépositions concordantes des témoins et les aveux réitérés du prévenu.
Examinant ensuite les circonstances atténuantes, le *Tribunal Superior* opère une distinction technique rigoureuse entre l'addiction décompensée et la collaboration avec la justice :
- **Sur l'atténuante de toxicomanie et trouble mental (art. 29.3 CP) :** La cour confirme l'appréciation des premiers juges. L'expertise psychiatrique et les témoignages médicaux démontrent que le prévenu souffrait d'un TDAH structurel depuis l'enfance. La perte de contrôle de ses impulsions lors du passage à l'acte ne procédait pas d'une consommation récréative ou ponctuelle de toxiques, mais d'une tentative désespérée de soigner une souffrance psychique aiguë et d'une décompensation consécutive à l'inefficacité d'un nouveau traitement prescrit, sur fond d'assuétude chronique. Cette diminution sévère de sa capacité d'agir de manière réfléchie justifie pleinement l'application de la circonstance atténuante qualifiée de l'article 29.3.
- **Sur l'atténuante d'aveu et de collaboration (art. 29.5 et 29.6 CP) :** La cour rejette fermement la prétention de l'appelant. Elle affirme le caractère strictement personnel de cette circonstance atténuante : l'identification de l'auteur découle exclusivement du sens civique et de la responsabilité des membres de sa famille, qui ont spontanément contacté la police après avoir visionné les
Korpus — Jurisprudence
STSJAD ANDORRA, a 07 de novembre del 2024 - ROJ: STSJAD 246/2024
STSJAD 246/2024 - Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), 7 novembre 2024
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 7 novembre 2024, n° 28-2024, recours n° 85/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:246 (Lire sur source officielle)
⁂
I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Les faits à l'origine de la présente espèce s'inscrivent dans un contexte d'altération psychique sévère et d'assuétude poly-toxique. Le prévenu, identifié sous le nom de Marcos, présentait depuis l'enfance un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) combiné, assorti d'une dépendance chronique au cannabis contractée dès l'âge de 19 ans. Cette consommation régulière avait périodiquement engendré des manifestations cliniques délirantes sous forme d'idées autoréférentielles. Au cours des jours précédant le passage à l'acte, son tableau clinique s'était considérablement dégradé, caractérisé par un abattement profond, un repli à domicile, un état anxieux aigu et une insomnie rebelle.
Environ deux semaines avant la commission des infractions, l'intéressé avait sollicité une assistance psychiatrique. Une nouvelle médication lui avait été prescrite, mais celle-ci n'avait pas produit les effets escomptés et son état d'abattement s'était aggravé. Dans ce contexte de décompensation psychique, le prévenu avait associé de manière compulsive le traitement médicamenteux à des prises massives d'alcool et de cannabis, ingérant des doses largement supérieures aux prescriptions médicales en dérobant des plaquettes d'anxiolytiques et de benzodiazépines conservées par sa mère, sans parvenir pour autant à trouver le sommeil.
Le 3 mars 2023, le prévenu se trouvait depuis deux jours en état de manque aigu de cannabis (craving), faute de ressources financières pour s'en procurer, et n'avait bénéficié que de deux heures de repos au petit matin. Face à un sentiment de détresse psychique intense, il a ingéré une surdose de benzodiazépines mélangée à du gin. Totalement désinhibé et déprimé, il s'est emparé, au domicile familial, d'un couteau de cuisine pourvu d'une lame de 21,5 centimètres (mesurant 33 centimètres au total), qu'il a dissimulé dans la ceinture de son pantalon, tout en se munissant d'un sac en plastique. Après s'être infligé des scarifications superficielles au bras le long d'une rivière, il s'est rendu vers 11 heures 30 à la station-service isolée située à proximité de son domicile.
Après avoir épié les lieux afin de s'assurer de l'absence de clients, il a masqué son visage à l'aide d'un tour de cou noir (buff), s'est introduit derrière le comptoir et a intimé à l'employée présente de lui remettre les fonds disponibles en déclarant : « Esto es un atraco ». Devant l'incrédulité de la victime, qui estimait initialement faire l'objet d'une plaisanterie et lui signalait la présence de caméras, l'assaillant a exhibé son arme blanche, a martelé avec violence le comptoir avec le manche ou la lame du couteau et a prononcé des paroles intimidantes (« ¿Te vale la pena arriesgarte por la empresa? »). En réaction, et sur recommandation d'un collègue tout juste entré dans la boutique, la salariée a remis dans le sac en plastique la somme de 415 euros en liquide. L'auteur a alors quitté les lieux à pied, invitant les employés à alerter immédiatement les forces de l'ordre tout en formulant des regrets verbaux. Il a utilisé l'argent pour acquérir sur-le-champ de la marijuana (pour un montant de 50 euros) et de l'alcool avant de regagner son domicile afin de consommer ces substances.
Sur le plan médical, l'agression a généré chez la caissière principale un syndrome de stress post-traumatique ainsi qu'un trouble dépressif réactionnel, tandis que son collègue a subi pendant un mois des cauchemars répétés et une appréhension persistante lors de la tenue de la caisse.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
À la suite de la diffusion publique d'extraits issus du dispositif de vidéoprotection de la station-service, les membres de la famille du prévenu ont formellement reconnu ce dernier et ont pris l'initiative d'en informer les services de police. L'intéressé a subséquemment été interpellé à son domicile sans avoir opposé de résistance, reconnaissant l'intégralité des faits lors des auditions et confirmant ses déclarations à l'audience.
Par un jugement prononcé le 28 juin 2024, le Tribunal de Corts d'Andorre a retenu la culpabilité du prévenu des chefs de :
délit majeur de vol qualifié par l'usage d'une arme (art. 203.1.a du Code pénal andorran) ;
délit mineur de port d'arme prohibé (art. 263, al. 1, du Code pénal) ;
contravention pénale de détention de marijuana (art. 499 du Code pénal).
Retenant l'existence d'une circonstance atténuante hautement qualifiée tenant à l'action sous l'emprise d'une addiction et de substances toxiques (art. 29.3 du Code pénal), le tribunal de première instance a condamné le prévenu à une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont trois années fermes et deux années assorties de la mesure de substitution par dix ans d'expulsion du Principat d'Andorre. Pour la contravention de détention de stupéfiants, la juridiction a prononcé une peine d'un mois d'arrêt nocturne conditionnel (avec un délai de suspension d'un mois) et 500 euros d'amende. Enfin, le tribunal a ordonné la confiscation et la destruction des stupéfiants saisis, la confiscation des sommes et objets issus de l'infraction, tout en allouant des dommages-intérêts aux victimes au titre de la responsabilité civile (415 euros à l'exploitant de la station-service, 5 000 euros à l'employée agressée et 3 000 euros à son collègue).
Le condamné a interjeté appel de ce jugement devant la chambre pénale du Tribunal Superior de Justícia d'Andorra. Au soutien de son recours, la défense a fait valoir :
Une demande d'application accrue des circonstances atténuantes, sollicitant le jeu combiné des paragraphes 3, 5 et 6 de l'article 29 du Code pénal : d'une part, en insistant sur l'altération majeure de ses facultés cognitives due à l'action conjuguée du TDAH, de l'alcool et des benzodiazépines ; d'autre part, en revendiquant le bénéfice de l'atténuante de collaboration ou d'aveu, dans la mesure où son identification a été permise par l'initiative de sa famille ayant pris contact avec la police.
Une révision substantielle du quantum de la peine privative de liberté, proposant qu'elle n'excède pas un an de prison (dont six mois fermes et le surplus avec sursis), ainsi que quinze jours d'arrêt nocturne avec sursis et 500 euros d'amende pour la contravention.
Une contestation énergique de la mesure d'expulsion du territoire national, en invoquant sa situation familiale et la présence sur le territoire de la Principauté de ses parents et de l'un de ses frères.
À l'opposé, le Ministeri Fiscal a conclu à la confirmation pure et simple du jugement entrepris, estimant que la peine et l'expulsion prononcées étaient rigoureusement proportionnées à la gravité exceptionnelle des faits et au risque social manifeste généré par le prévenu.
⁂
II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'appel soumis au Tribunal Superior de Justícia soulevait trois interrogations directrices relatives à l'individualisation des peines et au régime des circonstances atténuantes en droit pénal andorran :
L'initiative civique de tiers proches (en l'espèce, les parents et la fratrie du suspect) dénonçant l'auteur d'une infraction aux autorités après avoir visionné des enregistrements vidéo peut-elle être juridiquement assimilée à un aveu spontané ou à une collaboration active du prévenu au sens des articles 29.5 et 29.6 du Code pénal andorran ?
Quels sont les critères régissant l'application de l'article 56 du Code pénal lors de l'étalonnage de la peine d'emprisonnement, lorsque se heurtent la dangerosité objective d'un vol à main armée ayant causé un traumatisme psychologique avéré aux victimes et un état de vulnérabilité psychiatrique préexistant (TDAH combiné à une intoxication involontaire/subie) ?
La substitution d'une partie de la peine d'emprisonnement par une mesure d'expulsion du territoire national est-elle compatible avec les attaches familiales du condamné dès lors que ce dernier ne dispose pas d'un ancrage professionnel ou économique autonome en Andorre, et dans quelle mesure la durée de cette mesure d'éloignement (dix années en première instance) doit-elle demeurer proportionnée au profil de l'intéressé ?
B. Le raisonnement et la motivation de la cour
Sur la matérialité et la qualification juridique des faits, la chambre pénale relève d'emblée que les qualifications de vol qualifié par l'usage d'une arme (art. 203.1.a CP), de port illégal d'arme (art. 263 CP) et de détention de stupéfiants (art. 499 CP) ne sont pas contestées par l'appelant. Ces infractions sont par ailleurs corroborées par les éléments objectifs du dossier, notamment les enregistrements de vidéoprotection visionnés à l'audience, les dépositions concordantes des témoins et les aveux réitérés du prévenu.
Examinant ensuite les circonstances atténuantes, le Tribunal Superior opère une distinction technique rigoureuse entre l'addiction décompensée et la collaboration avec la justice :
Sur l'atténuante de toxicomanie et trouble mental (art. 29.3 CP) : La cour confirme l'appréciation des premiers juges. L'expertise psychiatrique et les témoignages médicaux démontrent que le prévenu souffrait d'un TDAH structurel depuis l'enfance. La perte de contrôle de ses impulsions lors du passage à l'acte ne procédait pas d'une consommation récréative ou ponctuelle de toxiques, mais d'une tentative désespérée de soigner une souffrance psychique aiguë et d'une décompensation consécutive à l'inefficacité d'un nouveau traitement prescrit, sur fond d'assuétude chronique. Cette diminution sévère de sa capacité d'agir de manière réfléchie justifie pleinement l'application de la circonstance atténuante qualifiée de l'article 29.3.
Sur l'atténuante d'aveu et de collaboration (art. 29.5 et 29.6 CP) : La cour rejette fermement la prétention de l'appelant. Elle affirme le caractère strictement personnel de cette circonstance atténuante : l'identification de l'auteur découle exclusivement du sens civique et de la responsabilité des membres de sa famille, qui ont spontanément contacté la police après avoir visionné les
Sentència
TSJP.- Recurs General 0000085/2024
ORIGEN.- Delicte major 6000016/2024 - 0
NIG: 5300516220230000159
SENTÈNCIA 28-2024
PARTS:
Apel·lant: Sr. Marcos
Advocat: Sr. Carnero
Apel·lat: MINISTERI FISCAL
Andorra la Vella, a set de novembre de dos mil vint-i-quatre..
En el recurs d'apel·lació interposat contra la sentència de data 28 de juny del 2024 dictada pel Tribunal de Corts en la Causa i Rotlle de referència, seguida pel delicte major de robatori qualificat fent ús d'arma, pel delicte menor de port d'arma i per la contravenció penal de possessió de marihuana, concorrent la circumstància atenuant qualificada d'actuar a causa d'una addicció i sota l'efecte de tòxics. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves PICOD.
I.- RESULTANT: Per sentència de data 28 de juny del 2024, el Tribunal de Corts, decideix:
"Primer.- Condemnar a Marcos, com a autor penalment responsable del delicte major de robatori qualificat fent ús d'arma, del delicte menor de port d'arma i de la contravenció penal de possessió de marihuana, concorrent la circumstància atenuant qualificada d'actuar a causa d'una addicció i sota l'efecte de tòxics, a la pena de CINC ANYS DE PRESÓ, dels quals TRES ANYS FERMS, i la resta substituïda per DEU ANYS D'EXPULSIÓ del Principat d'Andorra, pels delictes i una pena d'UN MES D'ARREST NOCTURN CONDICIONAL, amb un termini de suspensió de la pena d'un mes, i MULTA DE CINC-CENTS EUROS per la contravenció penal.
Segon.- Fixar les indemnitzacions a càrrec d'Marcos en concepte de responsabilitat civil de: quatre-cents quinze euros (415 EUR) a favor d'E.E. C.Porras, SA, cinc mil euros (5.000 EUR) a favor de ORG_1 i tres mil euros (3.000 EUR) a favor d'ORG_2
Tercer.- Comissar i destruir la marihuana continguda a la bossa precintada PPP063654, per ser de comerç il·lícit, i el comís de l'ampolla de ginebra (bossa núm. PO044520), i dels diners en efectiu que es trobaren a la cambra de l'acusat durant la perquisició, en ser producte del delicte; i retornar la resta d'objectes personals segrestats en el marc de la present causa.
Es condemna també a Marcos al pagament de les despeses processals causades".
II.- RESULTANT: La Sentència es recolza en els següents fets provats:
"que Marcos pateix des de la infància TDAH combinat, amb addicció al cànnabis des dels 19 anys, consum que durant certs períodes li ha comportat clínica delirant en formes d'autoreferencialitat. La seva situació psíquica havia empitjorat en els dies previs als fets d'autes amb un important decaïment, aïllament a domicili, ansietat i insomni.
Aproximadament dues setmanes abans dels fets, havia acudit al psiquiatra demanant ajuda, i li havia pautat una nova medicació, que no estava fent l'efecte desitjat, doncs el seu estat anímic s'anava agreujant. En aquest context feia diversos dies que Barba combinava la medicació receptada amb alcohol i cànnabis de manera compulsiva, i prenia dosis més altes de les prescrites, en haver pres part dels blisters que la seva mare guardava i li anava donant segons prescripció mèdica, però que no aconseguien que dormís.
El 3 de març del 2023 Barba portava dos dies sense fumar cànnabis, atès que no tenia diners, i estava en craving (manca de tòxic). No havia aconseguit dormir en tota la nit, tret de dues hores entre 6 i 8 aproximadament. En trobar-se malament prengué una dosi d'ansiolítics i benzodiazepines més alta de la receptada que barrejà amb una ampolla de ginebra. En aquest estat, decidí sortir al carrer, doncs es trobava especialment descompensat i deprimit. Davant la manca de diners per comprar marihuana, agafà un ganivet de cuina de casa seva, de 21'5 cm de fulla i 33 cm en total, i l'amaga dins la cintura dels pantalons, així com una bossa de plàstic que es posà a la butxaca. Caminà primer al voltant del riu i en algun moment del matí s'efectuà talls superficials al braç, fruit del seu malestar.
Cap a les 11.30 anà fins a la benzinera ORG_0 d'XXXX que es troba aïllada del nucli urbà, però prop del domicili de Barba, i després d'esperar a fora mirant que no hi hagués ningú a la botiga, es tapà el rostre amb un buff negre que duia posat, entrà i es dirigí darrera el taulell on es trobava l'empleada ORG_1
Barba li digué "Esto es un atraco", però Porras no el cregué, pensant que era una broma. Llavors Barba tragué el ganivet mostrant-li a Porras, li tornà a demanar els diners i ella respongué que era ple de càmeres. En veure que Porras no reaccionava Barba donà diversos cops forts amb el ganivet sobre el taulell, dient "te vale la pena arriesgarte por la empresa?". A.agafà por i li demanà al seu company Pulido que acabava d'entrar a la botiga "que hago?". Cañellas li digué de donar-li el que demanés i Porras li posà els diners de la caixa dins la bossa de plàstic que Barba li donà, tot i prèviament comptar-los, essent 415 EUR. Un cop Barba tingué els diners marxà a peu del lloc, dient a Cañellas "lo siento mucho, llama a la policia ahora".
Barba anà directament a comprar 50 EUR de marihuana i una ampolla de ginebra i després tornà al seu domicili on consumí una part important del tòxic.
Arran dels fets d'autes, Porras pati un trastorn d'estres post-traumàtic i un trastorn depressiu reactiu i Cañellas, durant el mes posterior als fets patí malsons i tenia por d'estar a caixa".
III.- RESULTANT: El Ministeri Fiscal, en el decurs de la vista oral del Tribunal de Corts, considerà els fets constitutius del delicte major de robatori qualificat fent ús d'arma, del delicte menor de port il·legal d'arma, i de la contravenció penal de possessió de marihuana, il·lícits tipificats i penats, respectivament, als articles 203, apartat 1.a, 263, apartat 1, i 499 del Codi Penal. Pel que sol·licità que li sigui imposada una pena de 7 anys de presó, dels quals 4 anys ferms, i la resta substituïts per expulsió d'Andorra durant 15 anys, pels delictes, i un mes d'arrest nocturn condicional, amb un termini de suspensió de la pena d'un mes i 600 EUR de multa per la contravenció penal, així com que li sigui comissada la droga segrestada, el ganivet de cuina, els diners en efectiu requisats i l'ampolla de ginebra trobada a la seva cambra, i que sigui condemnat al pagament de les despeses processals causades.
Pel que fa a la responsabilitat civil, sol·licità que indemnitzi a la societat E.E.C.Porras, SA, en l'import de 415 EUR, a Porras en l'import de 5.000 EUR i a Cañellas en l'import de 3.000 EUR.
IV.- RESULTANT: El lletrat Sr. Carnero formula recurs: sol·licita que s'apreciï més la concurrència de les atenuants previstes als apartats 3 i 6, atès que cal tenir en compte el TDHA que pateix l'acusat, així com que es trobava sota els efectes de les benzodiazepines i l'alcohol, i que si fou identificat fou gràcies a la família que es posà en contacte amb la policia. Sol·licita que la pena no sigui superior a un any de presó, del qual 6 mesos ferms i la resta condicional, pel que fa als delictes, i 15 dies d'arrest nocturn condicional amb un termini de suspensió de la pena de 15 dies i multa de 500 EUR, pel que fa a la contravenció penal. Protesta contra la decisió d'expulsió, exposant la situació personal i familiar del recurrent.
V.- RESULTANT: El Ministeri Fiscal interessa la confirmació de la resolució objecte de recurs.
Fonaments de dret
FONAMENTS DE DRET
I.- CONSIDERANT: Com l'observa el Tribunal de Corts, els fets declarats provats són legalment constitutius d'un delicte major de robatori qualificat fent ús d'arma, tipificat i penat a l'article 203.1.a) del Codi penal, d'un delicte menor de port d'arma, tipificat i penat a l'article 263 del Codi penal, i de la contravenció penal de possessió de marihuana, tipificada i penada a l'article 499 del Codi penal.
La qualificació jurídica, no essent discutida pel recurrent, es fonamenta la sentència en varis elements probatoris, en particular l'enregistrament de l'atracament efectuat per les càmeres de videovigilància de l'establiment i que es visionà íntegrament durant la vista oral del Tribunal de Corts, on es veu clarament a Barba, com mostrà el ganivet i colpejà amb el puny del mateix el taulell de manera insistent, la declaració constant i reiterada de l'acusat, que ratificà en la vista oral, reconeixent la totalitat dels fets imputats, la declaració dels dos testimonis presencials, Porras i Cañellas, coincident amb la de l'acusat així com la declaració del representant d'E.E.C.Porras, SA, respecte a l'import furtat.
II.- CONSIDERANT: En quant a les atenuants invocades, la sentència observa pertinaçment que ha quedat acreditat a través de la testifical de la Dra. P. i dels informes obrant en autes, que Barba pateix un trastorn TDAH combinat des de la infància, però que a la data dels fets estava especialment descompensat. És cert que havia acudit al psiquiatra demanant ajuda i que prenia la medicació prescrita, però malgrat això, el tractament no feu l'efecte recercat, i no podia descansar, el que provocà que Barba abusés de les pròpies benzodiazepines, l'alcohol i el cànnabis. Observa que presentava mancances en el control dels impulsos i dificultats per la presa correcta de decisions, situació que el va portar a cometre els fets d'autes.
Aquesta reducció de les seves capacitats per dirigir les seves accions de manera reflexiva no és fruït d'una ingesta de psicofàrmacs puntual, sinó d'un trastorn existent des de la infància, que Barba intentava tractar amb el suport familiar i psiquiàtric, malgrat el que patí un moment de crisi molt important que desencadenà en els fets d'autes. Per tant, la sentència va apreciar en conseqüència la concurrència de la circumstància atenuant d'obrar a causa d'una addicció a drogues tòxiques, substàncies psicotròpiques i alcohol, prevista a l'article 29.3 del Codi penal.
III.- CONSIDERANT: En quant a la concurrència de la circumstància atenuant de col·laborar amb les autoritats i/o confessar els fets abans que el procediment es dirigeixi contra ell, prevista a l'article 29.5 i .6 del Codi penal, no es pot apreciar de cap manera la mateixa. En efecte, és la seva família que li va reconèixer en les imatges publicades. No es va denunciar ell mateix. Per tant, Barba no pot beneficiar-se de l'actuació molt responsable dels seus pares i germans, sinó de la seva pròpia: no va reconèixer els fets o facilitar la investigació fins a la seva detenció al domicili desprès de la denúncia.
IV.- CONSIDERANT: L'article 56 del Codi Penal disposa que "El tribunal fixa la pena de manera raonada, dins els límits establerts per la llei, segons el que resulti de l'aplicació dels articles anteriors, valorant les circumstàncies atenuants i agreujants concurrents i, en general, la gravetat del fet, les circumstàncies personals i la reinserció social assolida pel condemnat o les expectatives que afavoreixin una futura reinserció (...)".
La sentència recorreguda valora en primer lloc la gravetat dels fets: malgrat que no va existir violència, existeix una important situació d'intimidació i es tracta d'un robatori amb arma, fets molt greus i no freqüents en el Principat; d'altra banda, pren en consideració la concurrència de l'atenuant exposada, les dificultats de Barba d'ençà la infància i els esforços per modificar la seva conducta, la manca d'antecedents penals computables, i les possibilitats de reinserció atesa la seva edat.
En conseqüència, la decisió d'imposar-li la pena de 5 anys de presó, dels quals tres ferms, i la resta substituïts per expulsió és molt ponderada i no excessiva. Cal recordar sobretot els efectes que van tenir envers C.Porras, la perjudicada: atacs d'ansietat, estrès hagut, shock emocional...
V.- CONSIDERANT: Pel que fa a la pena d'expulsió a la que s'oposa rotundament la defensa, és veritat que els pares i un dels seus 5 germans del recurrent resideixen al Principat. Però Barba no ha viscut a Andorra de manera estable, sinó que ha marxat a Espanya a fer estades de varis mesos per a treballar a la província de Girona, on passà la seva infància i manté arrelament familiar. Al Principat no treballa, i per tant, l'argument que els seus pares resideixin a Andorra no és motiu suficient per a descartar la mesura d'expulsió.
Convé prendre en consideració la particular gravetat dels fets d'autes i, com ho menciona la sentència, l'absència d'arrelament propi. Com insisteix el Ministeri Fiscal, el recurrent ha demostrat sobretot suposar un risc important per la societat andorrana per la natura dels fets comesos.
Malgrat això, la sala penal estima que una pena d'expulsió de 5 anys seria suficient i més proporcionada als fets d'autes que una llarga pena de 10 anys, donat la seva situació familiar, anteriorment esmentada.
Pronuncia doncs la pena de CINC ANYS DE PRESÓ, dels quals TRES ANYS FERMS, i la resta substituïda per CINC ANYS D'EXPULSIÓ del Principat d'Andorra, pels delictes i una pena d'UN MES D'ARREST NOCTURN CONDICIONAL, amb un termini de suspensió de la pena d'un mes, i MULTA DE CINC-CENTS EUROS per la contravenció penal.
Vistes la Constitució, El Codi Penal, el Codi de Procediment Penal, la jurisprudència d'aplicació, i altres fonts del Dret del Principat d'Andorra,
Decisio
DECISIÓ
La Sala Penal del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, en nom del poble andorrà, decideix:
1.- ESTIMAR PARCIALMENT el recurs interposat per la representació lletrada del Sr. Marcos contra la sentència del Tribunal de Corts de data 28 de juny de 2024.
2.- Modificar la pena imposada, que quedarà com segueix:
CINC ANYS DE PRESÓ, dels quals TRES ANYS FERMS, i la resta substituïda per CINC ANYS D'EXPULSIÓ del Principat d'Andorra, pels delictes i una pena d'UN MES D'ARREST NOCTURN CONDICIONAL, amb un termini de suspensió de la pena d'un mes, i MULTA DE CINC-CENTS EUROS per la contravenció penal.
3.- Confirmar la resta de pronunciaments que no han estat modificats per aquesta resolució.
4- No fer especial condemna en costes en aquesta segona instància, en haver estat parcialment estimat el recurs formulat.
Aquesta sentència és ferma i executiva.
Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem.
Subir
Diccionario RAE
[1]
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, n° 85/2024 — Décision commentée