jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 26 février 2002, Sam Multiprint Monaco c/ P., Sam Ediprom Éditions G. C.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 26 février 2002, n° 26983 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 26 février 2002, n° 26983 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2002/02-26-26983)) *Note méthodologique : la date du 26 février 2002 est celle de l'intitulé transmis avec la décision ; elle ne figure pas dans le corps du texte reproduit.* ## Faits et procédure Un auteur, J.-P. P., avait conclu en 1987 un contrat d'édition avec les Éditions G. C. (société Ediprom) pour un ouvrage intitulé *Au soleil des derniers princes*, œuvre de collaboration dont la troisième partie, consacrée à la Principauté de Monaco, comporte des chapitres reprenant, selon la Cour, les thèmes et une partie de l'expression d'un ouvrage antérieur, *Histoire de Monaco*, publié en 1986-1987. La société Ediprom édita ensuite plusieurs guides *Monaco Quid* (1992, 1993-1994, 1995), dont l'impression fut assurée par la société anonyme Multiprint Monaco. L'édition 1995 fut publiée par cette seule société, qui invoquait une cession de la marque « Monaco Quid » intervenue en 1994. Après une mise en demeure restée sans effet, l'auteur obtint, par ordonnance du président du Tribunal de première instance du 15 mai 1996, l'autorisation de faire dresser un procès-verbal de constat. Ce constat, dressé le 27 juin 1996 par un huissier, ne comportait pas de description des ouvrages argués de contrefaçon, mais il révélait le tirage (3 200 exemplaires) et la distribution du guide. L'assignation en contrefaçon ne fut délivrée que le 28 janvier 1997. Par jugement du 3 octobre 1996, le Tribunal de première instance avait ouvert une procédure collective à l'encontre de la société Ediprom ; la demande dirigée contre celle-ci fut déclarée irrecevable par jugement du 20 janvier 2000, la créance devant être produite. En revanche, le même jugement retint la responsabilité de la société Multiprint Monaco et la condamna à 50 000 francs de préjudice patrimonial, 100 000 francs au titre du droit moral et 20 000 francs de frais. La société Multiprint Monaco interjeta appel, soulevant principalement la nullité du procès-verbal et de la procédure subséquente, et subsidiairement l'absence d'originalité de l'œuvre litigieuse. ## Question de droit La Cour devait résoudre deux séries de questions : 1. **Procédurale** : le procès-verbal de constat dressé sans assignation dans le délai légal, et la procédure qui en découle, peuvent-ils être annulés, et cette nullité peut-elle être invoquée pour la première fois en appel ? 2. **Substantielle** : une œuvre littéraire qui reprend, en partie, un ouvrage antérieur peut-elle bénéficier de la protection légale, et dans quelle mesure la reproduction de sa composition et de son expression constitue-t-elle une contrefaçon ? ## Solution et dispositif ### Sur la nullité du procès-verbal La Cour écarte d'abord l'ordonnance souveraine de 1889, abrogée par la loi n° 491 du 24 novembre 1948, et fonde son raisonnement sur l'article 33 de cette loi. Elle juge que les dispositions relatives à la nullité de plein droit « ne visent que l'éventuelle nullité de la description ou de la saisie » et ne concernent pas l'action au fond, « laquelle ne saurait s'éteindre à raison seulement d'une telle nullité ». La recevabilité de l'action n'est donc pas affectée. Sur la nature de la nullité, la Cour retient qu'elle « s'analyse seulement en une nullité absolue d'intérêt privé général », qui ne peut être mise en œuvre que dans l'intérêt privé des personnes concernées. Elle n'est donc pas d'ordre public et ne peut être relevée d'office par le ministère public ou par le juge. Enfin, l'article 264 du Code de procédure civile couvre toute nullité d'actes de procédure non proposée avant toute discussion au fond. Les parties ayant débattu contradictoirement du procès-verbal en première instance, la nullité « ne peut être actuellement ni invoquée ni prononcée en cause d'appel ». Les mentions du constat peuvent donc servir de preuve. ###
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