jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 11 novembre 2003, SAM Héli Air c/ État de Monaco
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 11 novembre 2003, n° 27085 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 11 novembre 2003, n° 27085 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2003/11-11-27085)) ## Faits et procédure Le 20 novembre 1996, la SAM Héli Air Monaco adresse au service de la circulation une demande de location d'emplacements de stationnement dans le parking des Écoles de Fontvieille. Selon la Cour, cette demande ne précisait pas la nature des « obligations » qui motivaient la demande, et aucun bail écrit n'a été rédigé. Un courrier du 14 janvier 1997 mentionne toutefois un accord avec le service de la circulation, qui a désigné les emplacements n° 164, 165 et 166. La relation s'exécute pendant plusieurs mois : la société occupe les emplacements et règle les redevances de janvier 1997 à juin 1998. Elle cesse ensuite de payer les redevances des troisième et quatrième trimestres 1998, puis des trois premiers trimestres 1999. Par lettre du 23 juillet 1999, l'État de Monaco dénonce le contrat avec effet au 30 septembre 1999. Le 14 février 2001, l'État fait délivrer à la société un commandement de payer. Le montant est indiqué comme étant de 50 121 francs dans le corps du texte et de 50 571 francs dans le rappel des demandes de l'État ; cette divergence figure dans la décision elle-même. Le commandement porte sur les loyers d'une surface de 125 m² dans le parking. La société saisit le Tribunal de première instance le 23 février 2001 d'une opposition, qu'elle fonde sur l'absence de titre exécutoire et de principe de créance. Elle invoque en outre des manquements de l'État à ses engagements : retards, impossibilité de réaliser l'atelier selon les normes administratives, et défaut de versement d'une subvention de 250 000 francs. Elle demande la résolution du contrat et 50 000 francs de dommages-intérêts. Par jugement du 16 mai 2002, le Tribunal déboute la société de l'ensemble de ses demandes, la condamne à payer à l'État 7 709,50 euros avec intérêts au taux légal à compter du 14 février 2001, ainsi que 800 euros de dommages-intérêts. La société interjette appel. L'État forme appel incident et sollicite 1 500 euros de dommages-intérêts pour appel abusif. La Cour d'appel confirme le jugement. ## Question de droit L'arrêt soulève quatre questions. En premier lieu, un contrat de location conclu verbalement, puis exécuté pendant plusieurs mois, lie-t-il les parties en l'absence de bail écrit ? La Cour répond par l'affirmative, en se fondant sur l'exécution effective et sur l'absence de contestation de la société. En deuxième lieu, l'État peut-il faire délivrer un commandement de payer sans s'appuyer sur un jugement de condamnation ou sur un titre exécutoire spécifique ? En troisième lieu, le locataire peut-il opposer une exception d'inexécution, ou obtenir la résolution du contrat, en invoquant des engagements de la personne publique qui ne figureraient pas dans le contrat, tels que la subvention ou les autorisations relatives à un atelier ? En quatrième lieu, l'appel formé par le locataire est-il abusif, ouvrant droit à dommages-intérêts au profit de l'État ? Le texte ne précise pas les dispositions légales ou réglementaires sur lesquelles la Cour fonde ces solutions (non précisé dans la décision). Le sommaire qualifie le contrat de « contrat administratif », mais les motifs ne développent pas ce point. ## Solution et dispositif **Sur la formation et l'exécution du bail.** La Cour retient que « les parties étaient liées par un bail verbal qui s'est exécuté et auquel l'État de Monaco a entendu mettre fin par son courrier adressé à la société Héli Air Monaco à compter du 30 septembre 1999 ». Elle se fonde sur plusieurs éléments : la demande écrite du 20 novembre 1996, l'accord rapporté dans le courrier du 14 janvier 1997, l'occupation effective des emplacements, le paiement des redevances jusqu'en juin 1998, et la lettre de la société du 20 octobre 2000, qui évoque une résiliation « d'un commun accord ». **Sur le commandement de payer.** La Cour juge que la société « ne peut valablement invoquer l'absence de principe de créance ou de titre exécutoire ». Elle ajoute que l'État « pouvait faire délivrer le commandement de payer litigieux sans avoir à fonder celui-ci sur un jugement de condamnation ou un titre exécutoire spécifique », de sorte que le commandement « ne peut, en l'espè
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