jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 18 novembre 2008, K. c/ Mrs L., J. et les autres
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 18 novembre 2008, n° 27376 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 18 novembre 2008, n° 27376 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2008/11-18-27376)) ## Faits et procédure Les copropriétaires d'un appartement situé à Monaco, soumis à la loi n° 1.118 du 18 juillet 1988 relative aux conditions de location de certains locaux à usage d'habitation, ont loué ce bien à S.K. par un bail du 1^er^ février 1999, conclu pour une durée de six ans expirant le 31 janvier 2005. Le bail a été conclu sous l'empire de la loi de 1988, dans sa rédaction issue de la loi n° 1.159 du 20 décembre 1992. Le 19 juillet 2004, les bailleurs ont notifié à la locataire un congé pour le terme du bail. Celle-ci s'y est opposée en invoquant l'article 2, alinéa 2, de la loi de 1988, selon lequel les locaux relevant de ce texte doivent être offerts à la location pour deux périodes successives de six ans, en faveur des personnes appartenant aux catégories protégées. Elle se prévalait ainsi d'un droit acquis au renouvellement du bail pour une nouvelle période de six ans. Par jugement du Tribunal de première instance, le congé a été déclaré valable. Le tribunal a retenu que la locataire ne démontrait pas sa qualité de personne protégée lors de la conclusion du bail, que la qualité acquise en cours de bail par l'effet de la loi n° 1.235 du 28 décembre 2000 n'était pas rétroactive, et que la loi nouvelle ne prévoyait pas de droit au renouvellement. Le tribunal a en outre ordonné la libération des lieux, sous astreinte provisoire, et l'expulsion à défaut. La locataire a relevé appel. Elle demandait la réformation du jugement, la reconduction du bail de plein droit pour six ans, l'inopposabilité du congé et 5 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Les bailleurs concluaient à la confirmation, par appel incident portant sur l'indemnité d'occupation, et réclamaient 2 500 euros pour appel abusif. La décision est rendue par la Cour d'appel, qui infirme le jugement de première instance (la date de ce jugement est mentionnée comme « 26 octobre 2006 » dans les motifs et « 26 octobre 2005 » dans la note finale du texte fourni ; voir infra). ## Question de droit La Cour devait résoudre deux questions principales : 1. **La qualité de personne protégée** de la locataire, à la date de conclusion du bail, pouvait-elle être établie au regard de la loi de 1988, alors que les bailleurs contestaient à la fois cette qualité et la compétence de l'administration pour la reconnaître ? 2. **L'effet de la loi n° 1.235 du 28 décembre 2000**, qui a abrogé la loi de 1988, sur les baux en cours : le droit au renouvellement pour une seconde période de six ans, né de l'article 2, alinéa 2, pouvait-il être remis en cause par cette abrogation ? Subsidiairement, la stipulation d'un bail d'une seule durée de six ans valait-elle renonciation à ce droit ? Accessoirement, la Cour devait apprécier le caractère abusif, ou non, de la procédure engagée par les bailleurs. ## Solution et dispositif La Cour retient que la qualité de personne protégée est « établie » par le courrier du directeur de l'habitat du 20 février 2008, qui confirme l'inscription de la locataire sur le registre spécial depuis le 4 décembre 1992, date à laquelle elle a pu être logée dans le secteur protégé. Elle n'examine pas plus avant la contestation relative à la compétence de l'administration, ce qui revient à admettre implicitement la valeur probante de ce document. Sur
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