jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 27 juin 2011, S. c/ Ministère Public, P.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 27 juin 2011, n° 509127 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 27 juin 2011, n° 509127 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2011/06-27-509127)) ## Faits et procédure Un ressortissant, désigné dans la décision par « S. » (ou « A.S. »), s'est présenté à P., investisseur résidant en Suisse et promoteur en Hongrie, en qualité d'agent immobilier et de directeur administratif d'une société dénommée PRIVAT FINANCIAL AND INVESTMENT CONSULTING Ltd, dont le siège était présenté comme situé à Monaco. Un « contrat de commission exclusif » fut conclu entre les parties le 1er août 2007. Le 28 août 2007, P. vira 1 800 000 euros sur un compte ouvert par S. à la banque KB Luxembourg. Ces fonds devaient, selon la partie civile, démontrer sa capacité financière à l'égard des autorités monégasques dans le cadre d'un projet d'acquisition resté sans suite. Le 23 octobre 2007, S. adressa à P. deux factures, l'une émise au nom de la société PFIC, l'autre au nom de la société MICROPOLIS Limited, correspondant respectivement à 442 500 euros et 50 000 euros selon le corps de l'arrêt. La décision relève que ces factures ne correspondaient à aucune prestation contractuelle. Les dénominations des sociétés et les montants varient d'un passage à l'autre de la décision : les factures sont, dans le corps de l'arrêt, d'un montant de 442 500 et 50 000 euros, alors que la partie civile évoque un total de 492 500 euros. Saisi par P. d'une plainte avec constitution de partie civile le 15 janvier 2009, le juge d'instruction ouvrit une information le 18 mars 2009. Un réquisitoire supplétif du 18 novembre 2009 étendit la saisine à l'ouverture d'une succursale ou d'un bureau administratif d'une société étrangère sans autorisation, ainsi qu'à l'exercice de la profession d'expert-comptable ou de comptable agréé sans autorisation. Les investigations établirent que les annonces adressées à P. résultaient de montages destinés à faire croire que la société PFIC était autorisée à exercer à Monaco. La Direction de l'expansion économique attesta que l'activité de S. n'était pas autorisée. Les fonds furent ensuite transférés par S. vers d'autres comptes, en partie consommés, et une somme d'environ 100 000 euros fut transférée vers une société en Hongrie (non précisé dans la décision : identité et lien de cette société). Par jugement contradictoire du 15 février 2011, le Tribunal correctionnel déclara S. coupable d'escroquerie (article 330 du Code pénal), d'exercice non autorisé de l'activité (articles 5 et 12 de la loi n° 1144 du 26 juillet 1991), de faux en écritures privées de commerce ou de banque (articles 90 et 94 du Code pénal) et d'usage de faux (articles 94 et 95 du Code pénal). Il le condamna à deux ans d'emprisonnement et à 1 810 000 euros de dommages-intérêts. S. et le Ministère public interjetèrent appel, de même que P. sur les seules dispositions civiles. À l'audience, le Président invita les parties à s'expliquer sur une éventuelle requalification de l'escroquerie en abus de confiance. S. reconnut les faits de faux et d'ouverture
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