jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 17 janvier 2012, Époux V. c/ Unicrédit banca SPA
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 17 janvier 2012, n° 8217 > **Décision commentée :** Cour d'Appel de Monaco, 17 janvier 2012, n° 8217 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2012/01-17-8217)) ## Faits et procédure Les époux V, de nationalité italienne, étaient clients de la société de droit italien UniCredit Banca SpA. Leur relation contractuelle portait sur des opérations sur titres : selon leurs écritures, la vente d'obligations « Mexico » et l'achat d'obligations « Argentine » auraient donné lieu à des débits irréguliers sur leur compte courant, pour un montant supérieur à 680 000 euros. Ces griefs ne sont pas tranchés par la cour, qui s'arrête à une question préalable. Dans le cadre d'une opération de cession de branche d'activité, la branche « private » de UniCredit Banca SpA a été transférée à UniCredit Private Banking SpA. Selon la décision, le transfert a été publié au Journal officiel italien le 14 avril 2003, avec effet au 1er janvier 2003 (la décision mentionne par ailleurs une parution « du 14 avril 2002 » dans le résumé du jugement de première instance, date manifestement erronée au regard de la suite du texte). Les époux V avaient été informés de la cession par courrier du 30 novembre 2002. Les époux V ont engagé en Italie une action contre UniCredit Private Banking SpA. Selon les écritures de l'intimée, reprises sans contestation dans les motifs de la cour, le tribunal de Trani les a déboutés le 21 mars 2006, décision confirmée par la cour d'appel de Bari le 2 décembre 2009 (non précisé dans la décision). Saisi au fond à Monaco, le tribunal de première instance, par jugement du 15 avril 2010 (R.3890), a déclaré les époux V irrecevables en leurs demandes à l'encontre de UniCredit Banca SpA et les a condamnés à lui verser 10 000 euros de dommages et intérêts. Les époux V ont interjeté appel le 15 octobre 2010. En cours d'instance, les appelants ont soutenu que la cédante avait été absorbée à la suite d'une fusion-acquisition du 30 septembre 2010 ; la cour a écarté ce moyen (cf. infra). ## Question de droit La décision soulève deux questions principales. **Première question : la loi applicable à la cession de créances entre banques.** Les appelants invoquaient l'article 2504 octies du Code civil italien, relatif aux scissions de sociétés, lequel exigerait une désignation précise, dans le projet de transfert, des éléments patrimoniaux transmis. L'intimée soutenait que la cession relevait de l'article 58 du Texte unique bancaire (TUB). La cour devait donc déterminer quel texte régit la cession de branche d'activité bancaire et, le cas échéant, si l'un déroge à l'autre. **Seconde question : la recevabilité de la demande et la responsabilité procédurale des appelants.** La cour devait apprécier si l'action dirigée contre la cédante était recevable au regard du régime de l'article 58 TUB, puis si l'introduction de l'appel, malgré une décision italienne défavorable sur le même objet, constituait une faute ouvrant droit à réparation. ## Solution et dispositif **Sur la loi applicable et le régime de la cession.** La cour retient que « les dispositions qu'une banque doit observer en cas de vente de l'entreprise ou d'une branche de l'entreprise à une autre banque sont réglementées par l'article 58 du TUB et non par l'article 2504 octies du Code civil italien qui ne peut y déroger ». Elle fonde cette solution sur le principe *lex specialis derogat legi generali* : l'article 2504 octies constitue la norme générale applicable aux scissions de sociétés, tandis que l'article 58 TUB régit la seule cession de sociétés bancaires. Elle relève que la publication au Journal officiel mentionnait les rapports contractuels qualifiés de « privés » identifiés « en bloc », ce qui permettait d'identifier la branche cédée, et que les époux V avaient été informés du transfert de leur position. Elle en déduit qu'il leur appartenait, selon l'article 58 TUB, « soit d'exiger de la UNICREDIT BANCA SPA (cédant) ou de la UNICREDIT PRIVATE BANKING SPA (cessionn
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