jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 5 mai 2014, g. MA. c/ Ministère public
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 05 mai 2014, n° 12149 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 05 mai 2014, n° 12149 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2014/05-05-12149)) ## Faits et procédure La prévenue, fonctionnaire de nationalité monégasque, percevait depuis plusieurs années des prestations versées par l'État de Monaco au titre de sa qualité de parent isolé. Une plainte pour abandon de famille, déposée par l'ancien compagnon de la prévenue, conduisit les services de la Sûreté publique à enquêter sur sa situation. L'enquête établit que la prévenue percevait l'allocation de soutien de famille (ASF), servie par le Service des Prestations Médicales de l'État (SPME) sous condition de vivre seule, pour un montant total de 47 048,60 euros sur dix ans. Elle bénéficiait également de l'aide nationale au logement (ANL), versée par la Direction de l'Habitat et calculée sur les ressources du foyer, ainsi que de bourses d'études universitaires attribuées à ses filles par la Direction de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, dont le montant était également déterminé par les ressources du foyer. Les enquêteurs relevèrent plusieurs indices de la vie commune de la prévenue avec un lieutenant de police, selon des modalités telles que la présence quotidienne de ses effets personnels, l'usage de véhicules, la relation de son téléphone mobile avec une borne proche du domicile, et le caractère fictif de l'adresse qu'il indiquait en France. Lors de sa seconde audition, la prévenue reconnut l'existence de la relation, sans toutefois en avoir fait la déclaration aux administrations concernées. Le Tribunal correctionnel, par jugement du 21 janvier 2014, déclara la prévenue coupable de trois délits : la fraude à l'ASF, sur le fondement des articles 1 à 6 de la loi n° 486 du 17 juillet 1948 ; et deux escroqueries, sur le fondement des articles 26, 27 et 330 du Code pénal, l'une portant sur l'ANL, l'autre sur les bourses d'études. Il la condamna à la peine d'avertissement (article 404 du Code pénal), reçut l'État de Monaco, pris en ses trois services, en sa constitution de partie civile et renvoya l'examen des intérêts civils. La prévenue et le ministère public interjetèrent appel. La défense sollicita la réformation du jugement au titre de la règle *non bis in idem* et le renvoi des fins de la poursuite, en soutenant que les directions concernées n'ont pas la personnalité morale, de sorte que la fortune d'une personne inexistante ne pouvait être escroquée, et qu'il s'agissait d'un cumul idéal d'infractions. Le ministère public requit une condamnation à six mois d'emprisonnement avec sursis probatoire (« liberté d'épreuve »). ## Question de droit La Cour devait trancher deux questions. La première portait sur la qualification des faits : trois fraudes commises au détriment de l'État, par l'intermédiaire de trois directions dépourvues de personnalité morale, constituent-elles un concours réel ou un concours idéal d'infractions ? La seconde, corrélative, concernait la possibilité de retenir la prévention d'esc
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