jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 6 mai 2014, l. DE KA. c/ c. m. AM. veuve FE et p. s. v. FE.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 06 mai 2014, n° 12158 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 06 mai 2014, n° 12158 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2014/05-06-12158)) ## Faits et procédure Les propriétaires d'un local commercial à Monaco l'avaient donné à bail à une commerçante, l. DE KA., qui y exploitait un fonds de vente au détail d'objets d'art, de décoration et d'accessoires. Par acte sous seing privé du 16 mars 2011, les bailleurs ont promis de vendre ce local à la SCI MARIE BLEUE DE LORRAINE au prix de 445 000 euros. La promesse était assortie d'une condition suspensive : que le locataire n'exerce pas son droit de préemption. Les bailleurs ont notifié la promesse au preneur par acte extrajudiciaire du 17 mars 2011. Par acte du 12 avril 2011, le preneur a manifesté son intention d'exercer ce droit, sans donner suite à cette notification dans le délai d'un mois. Les bailleurs ont saisi le Tribunal de première instance le 29 septembre 2011, aux fins de voir prononcer la nullité de la préemption et dire que le compromis valait vente. Le notaire, Me Henry REY, était également attrait à la procédure. Par jugement du 8 mai 2013, le tribunal a dit que le preneur n'avait pas exercé régulièrement son droit de préemption, que la condition suspensive s'était réalisée et que la promesse devait être constatée par acte authentique. Il a condamné la preneuse à 10 000 euros de dommages-intérêts au profit des bailleurs et à 5 000 euros au profit de la SCI pour résistance abusive. La preneuse a interjeté appel le 19 juillet 2013. Elle demandait notamment à la Cour de constater la caducité de la promesse, subsidiairement la défaillance de la condition suspensive pour non-réalisation dans le délai contractuel, et, à titre infiniment subsidiaire, le rejet de toute demande indemnitaire. Les bailleurs et la SCI sollicitaient la confirmation, tandis que le notaire demandait à être mis hors de cause et l'indemnisation de sa mise en cause. ## Question de droit La question centrale est de savoir si le droit de préemption du preneur d'un local commercial, régi par l'article 32 ter de la loi n° 490 du 24 novembre 1948, est régulièrement exercé lorsque le preneur notifie son intention de préempter dans le délai légal, mais ne réitère pas la vente devant notaire dans le mois suivant cette notification. Il s'agit, corrélativement, de déterminer si la condition suspensive de non-exercice du droit de préemption, stipulée dans la promesse de vente au tiers, se trouve alors réalisée. Accessoirement, la Cour devait statuer sur la régularité de la mise en cause du notaire et sur les demandes indemnitaires réciproques pour appel ou résistance abusifs. ## Solution et dispositif La Cour confirme le raisonnement du premier juge. Elle relève que le preneur bénéficiait d'un délai d'un mois pour notifier son intention d'exercer le droit de
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