I. Faits, cadre proc??dural et contexte du litige
A. Origine du litige et pr??tentions des parties
Cour d'Appel de Monaco, 13 mai 2014, n° 12193
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 13 mai 2014, n° 12193 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
M. d. MO. a été engagé par la SAM T, par contrat à durée indéterminée à compter du 14 mai 2007, en qualité de « Sales Manager », r
Par cette d??cision rendue par Cour d'Appel de Monaco (MC) sous la r??f??rence Cour d'appel, 13 mai 2014, Monsieur d. MO c/ La SAM T, la juridiction statue sur l'application des r??gles de droit positif gouvernant le litige soumis ?? son contr??le. Les ??l??ments factuels constat??s au fond s'inscrivent dans le contexte suivant :\n\n> ?? Licenciement – Faute grave (oui) – Comportement du salarié - Caractère abusif du licenciement (non) La faute grave résulte de tout fait ou ensemble de faits imputables au salarié, qui constitue une violation des obligations résultant du contrat de travail et des relations de travail d'une importance telle qu'elle rend impossible son maintien dans l'entreprise et exige son départ immédiat, ce, même pendant la durée du préavis. Elle n'est pas nécessairement fonction du préjudice qui en est découlé, mais peut résulter de la nature des fonctions oc??? ??
B. D??roulement de l'instance et r??gularit?? de la saisine
Saisie conform??ment aux r??gles de comp??tence et de proc??dure applicables dans l'ordre juridictionnel (MC), Cour d'Appel de Monaco devait v??rifier la recevabilit?? des pr??tentions ainsi que la pertinence des moyens de fait et de droit articul??s par les parties.\n\n## II. Probl??me de droit et fondements textuels mobilis??s
A. La question juridique centrale soumise au juge
La question d??terminante pos??e ?? Cour d'Appel de Monaco consistait ?? appr??cier si les constatations op??r??es et l'interpr??tation des textes vis??s justifiaient la solution retenue au regard des principes de l??galit??, de proportionnalit?? et de s??curit?? juridique.\n\n### B. Corpus normatif et textes de r??f??rence
- Dispositions l??gislatives et r??glementaires applicables en MC au litige ;\n- Principes directeurs du proc??s ??quitable, de la charge de la preuve et de l'obligation de motivation juridictionnelle.\n\n## III. Solution retenue et architecture de la motivation
A. L'articulation du syllogisme juridictionnel
Pour trancher le diff??rend, Cour d'Appel de Monaco proc??de ?? une confrontation m??thodique entre la norme applicable et les pi??ces vers??es aux d??bats :\n\n> ?? r la SAM T, - la condamner aux dépens. Au soutien de son appel, d. MO. fait valoir qu'il a été licencié pour faute grave pour avoir présenté deux dossiers d'ouverture de comptes pour deux clients présentant des risques de non conformité aux lois et règlements applicables en Principauté en matière de blanchiment de capitaux illicites alors : - qu'il n'entre pas dans sa mission de décider de l'acceptation de l'ouverture de compte, - qu'il ne pouvait prendre la liberté de donner un avis en l'état des informations contradictoires que ces documents révélaient. Il estime que la r??? ??
B. Dispositif et sens de la d??cision
Au terme de son examen, la juridiction arr??te son dispositif dans les termes suivants :\n\n> ?? SIOLI, Greffier en chef adjoint, Chevalier de l'Ordre de Saint-Charles, Après qu'il en ait été délibéré et jugé par la formation de jugement susvisée, Lecture est donnée à l'audience publique du 13 MAI 2014, par Monsieur Gérard FORET-DODELIN, Vice-Président, Chevalier de l'Ordre de Saint-Charles, assisté de Madame Laura SPARACIA-SIOLI, Greffier en chef adjoint, Chevalier de l'Ordre de Saint-Charles, en présence de Monsieur Gérard DUBES, Premier substitut du Procureur Général, Chevalier de l'Ordre de Saint-Charles. ??
IV. Port??e normative, s??curit?? juridique et rep??res pratiques
A. Apport ?? la coh??rence jurisprudentielle
Cette d??cision consolide la jurisprudence de Cour d'Appel de Monaco et offre un rep??re m??thodologique pr??cis pour l'interpr??tation des normes mobilis??es en MC.\n\n### B. Recommandations op??rationnelles pour les praticiens
- Qualification rigoureuse : v??rifier la r??union cumulative des conditions l??gales exig??es par la juridiction ;\n- Consolidation probatoire : documenter chaque all??gation factuelle par des pi??ces probantes soumises au d??bat contradictoire ;\n- R??f??rence jurisprudentielle : citer cet arr??t (Cour d'appel, 13 mai 2014, Monsieur d. MO c/ La SAM T) au soutien des ??critures dans tout contentieux pr??sentant une identit?? de question de droit.
Licenciement – Faute grave (oui) – Comportement du salarié - Caractère abusif du licenciement (non) La faute grave résulte de tout fait ou ensemble de faits imputables au salarié, qui constitue une violation des obligations résultant du contrat de travail et des relations de travail d'une importance telle qu'elle rend impossible son maintien dans l'entreprise et exige son départ immédiat, ce, même pendant la durée du préavis. Elle n'est pas nécessairement fonction du préjudice qui en est découlé, mais peut résulter de la nature des fonctions occupées et du risque encouru par l'employeur qui, par le comportement du salarié, peut se trouver en situation irrégulière. En outre, parmi les obligations inhérentes au contrat de travail, le salarié est notamment tenu d'une obligation générale de loyauté envers son employeur. En l'espèce, Monsieur d. MO. a été embauché par la SAM T par un contrat à durée indéterminée au poste de Sales Manager, puis comme conseiller clientèle sans changement de sa situation administrative. Il s'est vu notifier son licenciement pour faute grave, privative de toutes indemnités, par lettre recommandée avec accusé de réception, faisant suite à sa mise à pied conservatoire pour avoir présenté deux dossiers aux fins d'ouverture de comptes présentant des risques de non-conformité aux lois et règlements applicables en Principauté de Monaco en matière de blanchiment de capitaux illicites. Il est donc reproché à M. d. MO. d'avoir failli à ses obligations de vérification et de diligence en la matière, manquement ayant entraîné une perte de confiance pour l'employeur. En première instance, le Tribunal du Travail a jugé que le licenciement de M. d. MO. par la SAM T n'est pas justifié par une faute grave, mais qu'elle repose toutefois sur un motif valable. La société interjette appel de cette décision, tout comme Monsieur d. MO. La Cour d'Appel décide de réformer le jugement de première instance, en ce qu'il n'a pas jugé que le licenciement était justifié par une faute grave et considère qu'il ne revêt pas un caractère abusif. Pour rapporter la preuve qui lui incombe de la faute grave qu'elle invoque, la SAM T produit notamment les recherches sommaires disponibles sur internet concomitamment à la demande d'ouverture de comptes présentée par d. MO. Il apparait que les clients prospectés apparaissaient comme auteurs de fraudes ou d'infractions pénales. De plus, M. d. MO. ne fait pas état dans sa transmission d'aucun des renseignements négatifs mis en évidence par les recherches, pas davantage qu'il ne démontre avoir effectué les diligences complémentaires suggérées par son supérieur hiérarchique, malgré l'existence de risques suffisamment graves et précis, dont il ne prétend pas avoir ignoré l'existence. Ainsi, les circonstances notamment précitées démontrent que d. MO. a gravement contrevenu à son obligation de loyauté, en n'attirant pas l'attention de son employeur sur les renseignements défavorables explicites pourtant recueillis sur les personnes recommandées par ses soins et identifiées comme personnes à risques, et ce alors que son supérieur lui avait pourtant demandé de se montrer particulièrement vigilant et exhaustif, dans la mesure où toute mauvaise appréciation du risque encouru pouvait mettre la banque dans une situation délicate voire irrégulière. Ces négligences sont donc notamment constitutives pour la Cour d'un manquement lié à l'exécution de son travail et justifient la rupture immédiate de la relation de travail. Dès lors, le licenciement apparaît fondé sur un motif valable et est caractérisé par une faute professionnelle grave. COUR D'APPEL ARRÊT DU 13 MAI 2014 En la cause de :