jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 23 juin 2015, La Société Anonyme Monégasque A c/ Monsieur g. BO.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 23 juin 2015, n° 13305 > **Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 23 juin 2015, n° 13305 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2015/06-23-13305))** ## Faits et procédure M. g. BO. a été engagé par la société anonyme monégasque A le 1er mai 2008, sous contrat à durée indéterminée, en qualité de pilote d'hélicoptère et de responsable adjoint des opérations aériennes. Par lettre recommandée avec accusé de réception du 18 juin 2010, à effet au 18 juillet 2010, il a démissionné. Cette démission s'inscrivait dans un mouvement collectif : six salariés de l'entreprise ont quitté celle-ci à la même période, pour rejoindre la société B, concurrente de la société A. L'employeur a saisi le Tribunal du Travail d'une demande d'indemnisation fondée sur la violation alléguée d'une clause de non-concurrence et sur un manquement à l'obligation de loyauté. Par jugement du 9 janvier 2014, ce tribunal a notamment déclaré nulle la clause de non-concurrence, faute de limitation dans le temps et dans l'espace et de contrepartie financière, débouté la société A de sa demande de dommages-intérêts et constaté son incompétence pour connaître des agissements postérieurs à la rupture. Il a retenu que le salarié n'avait commis aucun abus dans l'exercice de son droit de démissionner. La société A a relevé appel par exploit du 28 février 2014. Elle demandait la condamnation du salarié, pour faute grave équipollente à une faute lourde, à lui verser 150 000 euros de dommages-intérêts, puis, dans ses dernières écritures, 300 000 euros, ainsi que le remboursement de frais de formation de 9 449,10 euros. Elle sollicitait également la jonction de plusieurs instances. Le salarié a formé appel incident pour obtenir 15 000 euros au titre de la procédure et de l'appel abusifs. Par arrêt avant dire droit du 3 février 2015, la Cour a rejeté une demande de sursis à statuer formée par l'employeur. La société A s'appuyait sur l'arrêt rendu le 10 mars 2015 dans le litige l'opposant aux sociétés B et C, qui avait qualifié une entente préalable d'acte déloyal de concurrence. Le salarié opposait à cet argument l'absence d'autorité de chose jugée à son égard, puisqu'il n'était pas partie à cette instance. ## Question de droit La Cour d'appel devait trancher quatre questions : 1. **La recevabilité des demandes nouvelles** : les prétentions d'appel, portant sur 300 000 euros et sur les frais de formation, pou
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