jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 29 juin 2015, Ministère public c/ c. TI.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 29 juin 2015, n° 13423 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 29 juin 2015, n° 13423 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2015/06-29-13423)) ## Faits et procédure Par un jugement contradictoire du 10 mars 2015, le Tribunal correctionnel de la Principauté de Monaco a déclaré c. TI. coupable de dénonciation calomnieuse et d'importation et livraison de stupéfiants (cocaïne et amphétamines). Il l'a condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis, assortis de l'avertissement prévu par l'article 395 du Code pénal, et a ordonné la confiscation du contenu de plusieurs fiches saisies sous scellé. Le ministère public a interjeté appel principal le 11 mars 2015. La Cour d'appel correctionnelle, après débats du 1er juin 2015, a rendu son arrêt le 29 juin 2015. Les faits, tels qu'exposés par la Cour, se déroulent entre décembre 2013 et janvier 2014. Une ancienne compagne du prévenu, employée d'une banque monégasque, fait l'objet de dénonciations anonymes adressées au Gouvernement, à la Direction de la Sûreté publique, à l'employeur et à l'Institut monégasque de la Principauté (I. P. A.). Ces dénonciations mettent en cause la salariée pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et pour des fraudes bancaires. Elle reçoit en outre, à deux reprises, des envois anonymes d'Allemagne contenant de la cocaïne. Une enquête établit que les appels litigieux ont été passés depuis des cabines situées en territoire français et depuis une ligne attribuée à un proche du prévenu. Placé en garde à vue, c. TI. reconnaît être l'auteur des dénonciations, des envois et des appels, ainsi que de la commande de stupéfiants réalisée sur un site du « darknet » et payée en monnaie virtuelle. Il déclare avoir agi seul, dans l'intention de nuire à la victime après une rupture, et dans l'espoir de la reconquérir. Les expertises psychiatrique (docteur JULLIER, 27 février 2014) et psychologique (expert SARAGOSSI, 13 février 2014) concluent à l'absence de trouble ayant aboli ou altéré le discernement, à l'accessibilité à une sanction pénale et à une probabilité de réitération qualifiée de faible. Le casier judiciaire du prévenu ne porte aucune mention de condamnation. Devant la Cour, le ministère public a requis la réformation du jugement sur la peine, à hauteur de huit mois d'emprisonnement sans sursis. Le prévenu a sollicité la confirmation de la décision. Son conseil a soutenu qu'une peine mixte, partiellement assortie du sursis simple, serait la plus adaptée, tout en reconnaissant que la législation pénale monégasque ne la prévoit pas. ## Question de droit Deux questions se trouvaient posées à la Cour. La première porte sur la **quotité et le régime de la peine**. Le ministère public soutenait qu'une peine plus lourde, non assortie de sursis, était nécessaire compte tenu de la gravité des faits, de leur répétition sur plusieurs semaines et du caractère délibéré du stratagème. Le prévenu, au contraire, invoquait l'absence d'antécédents judiciaires
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