jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 12 janvier 2016, Madame a. m. AL. épouse MA. et Monsieur m. MA. c/ La Société N et la Société M
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 12 janvier 2016, n° 14463 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 12 janvier 2016, n° 14463 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2016/01-12-14463)) ## Faits et procédure Le 29 mai 1992, M^me^ a. m. AL., épouse MA., ouvre dans les livres de la société C un compte n° 435380/1 et consent le même jour une procuration à son mari, M. m. MA., titulaire depuis 1980 d'un autre compte auprès du même établissement. M. MA. demande à la banque de ne lui adresser aucune correspondance ni aucun relevé, l'autorisant à détruire les documents non retirés au bout d'un an. Entre le 22 janvier 1993 et le 25 février 1994, onze opérations de débit sont réalisées sur le compte : virements, retraits en espèces, transferts vers d'autres comptes. Les époux MA. contestent avoir donné les ordres correspondants. Les opérations sont exécutées au moyen de documents transmis par télécopie, de cartes de visite ou de bordereaux portant une signature imitée, présentés par M. b. DI MAR., décrit par les époux comme leur chauffeur, puis comme leur « homme de confiance ». Celui-ci sera ultérieurement condamné pénalement pour faux en écriture, usage et escroquerie. Les époux MA. assignent la société C le 12 septembre 1994 en paiement de 850 000 000 lires italiennes ou de leur contre-valeur. Le tribunal ordonne un sursis à statuer dans l'attente de l'issue de la plainte pénale. Après reprise d'instance, la société C, devenue la SA N (France) puis absorbée par la société N, est mise en cause, de même que la société M, dont l'assignation est formée le 27 octobre 2011 et jointe à la première instance par jugement du 12 décembre 2013. Par jugement du 16 septembre 2014, le Tribunal de première instance déboute les époux MA. de l'intégralité de leurs prétentions et rejette les demandes reconventionnelles. Les époux MA. interjettent appel le 5 novembre 2014. La société N forme un appel incident aux fins de dommages-intérêts pour procédure abusive, et la société M conclut à la confirmation ainsi qu'à une demande reconventionnelle de même nature. ## Question de droit La Cour devait trancher deux questions principales. En premier lieu, le banquier dépositaire peut-il être tenu de restituer les fonds déposés lorsque ceux-ci ont été décaissés sur présentation d'un faux ordre de paiement revêtu d'une fausse signature ? Il s'agissait de déterminer l'étendue de son obligation de vigilance, c'est-à-dire la portée de son devoir de relever les anomalies apparentes dans le fonctionnement du compte. En second lieu, la faute du titulaire du compte ou de son préposé peut-elle exonérer le banquier de son obligation de restitution, et, le cas échéant, dans quelle mesure ? La question posée est celle du partage de responsabilité entre le déposant négligent et l'établissement. ## Solution et dispositif La Cour adopte une solution en deux temps. Elle confirme d'abord l'absence de manquement de la banque à son obligation de vigilance. Elle retient que les faux n'étaient pas décelables par un examen visuel, que l'expertise en écritures concluait à l'authenticité
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