jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 9 février 2016, Monsieur j. PA. c/ Monsieur g. MU. et la SARL A
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 09 février 2016, n° 14607 > **Décision commentée :** Cour d'Appel de Monaco, 09 février 2016, n° 14607 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2016/02-09-14607)) ## Faits et procédure Un acquéreur de nationalité britannique, souhaitant acheter un bateau de plaisance, s'est adressé à une société de droit français, intermédiaire en vente de yachts, pour l'acquisition du yacht Y appartenant à un particulier monégasque. Les négociations ont été conduites par un courtier salarié de cette société, qui a adressé à l'acquéreur, le 27 décembre 2012, un courriel indiquant que « [v]otre offre d'achat du yacht Y pour le prix de 100.000 euros a été acceptée ». Une visite du navire a eu lieu à Imperia (Italie), en l'absence du vendeur. Aucun accord écrit n'a été signé. L'acquéreur a assigné le vendeur et la société intermédiaire aux fins de voir juger la vente parfaite et obtenir un jugement valant vente. Le Tribunal de première instance de Monaco, par jugement du 8 janvier 2015, l'a débouté de l'ensemble de ses demandes, l'a condamné à des dommages-intérêts au profit du vendeur (4.000 euros) et de la société (2.000 euros), et aux dépens. Les premiers juges ont retenu que l'acquéreur ne pouvait invoquer un mandat apparent, dès lors qu'il n'était pas un acheteur profane et que la société n'était intervenue qu'en qualité d'intermédiaire. L'acquéreur a relevé appel, principalement sur le fondement d'un mandat apparent de la société à l'égard du vendeur, et a formulé des demandes subsidiaires tendant notamment à la production du contrat de vente allégué avec un tiers et à l'indemnisation d'un préjudice moral. La société a formé appel incident sur le montant des dommages-intérêts, et sollicité une indemnisation pour procédure abusive. Le vendeur, par conclusions de son conseil, a indiqué ne disposer ni de pièces ni de moyens. ## Question de droit La question posée à la Cour d'appel était, au sens strict, la suivante : une société intermédiaire ayant négocié la vente d'un navire peut-elle engager le propriétaire vendeur à l'égard de l'acquéreur sur le fondement du mandat apparent, lorsque ce dernier a cru, à la lecture des échanges, à l'existence d'une acceptation de son offre au nom du vendeur ? La Cour rappelle le principe en ces termes : « le mandant peut être engagé sur le fondement d'un mandat apparent, même en l'absence d'une faute susceptible de lui être reprochée, si la croyance du tiers à
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