jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 15 mars 2016, Monsieur j. ME. et Monsieur m. ME. c/ Monsieur l. ME. et autres
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 15 mars 2016, n° 14746 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 15 mars 2016, n° 14746 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2016/03-15-14746)) ## Faits et procédure Le litige trouve son origine dans la succession de deux époux de nationalité belge, décédés à Kortenberg en 1982 et 1986 et laissant quatre enfants. Après le décès du père, la veuve et les enfants avaient choisi de maintenir l'indivision et de confier la gestion du patrimoine familial à une société, dont l'un des fils était administrateur délégué et dont son épouse était administratrice. Un différend s'est noué entre les héritiers. Deux des frères, appelants, reprochaient à leur frère et à la belle-sœur d'avoir détourné une part importante de l'héritage. Plusieurs procédures ont suivi : liquidation-partage ouverte par le tribunal de Louvain en 1990, désignation d'un séquestre par la cour d'appel de Bruxelles en 1992, procédures pénales dont aucune n'a abouti à condamnation, procédure d'arbitrage relative à la gestion d'une société, et procédures devant les juridictions belges en matière fiscale et de saisies. Par ordonnance du 28 mars 2007, rendue sur requête du 26 mars 2007, le président du tribunal de première instance de Monaco a autorisé les deux frères à pratiquer une saisie-arrêt à concurrence de 4 300 000 euros entre les mains de banques monégasques, sur les sommes dues à leur frère, à son épouse et à une société panaméenne dont le premier est présenté comme bénéficiaire économique. La saisie a été pratiquée le 10 avril 2007, suivie d'une assignation en validation et en paiement. L'affaire a été placée au rôle général jusqu'au début de l'année 2014. Par jugement du 16 avril 2015 (R.4921), le tribunal de première instance a rejeté la demande de sursis à statuer, déclaré la demande recevable, débouté les demandeurs de leurs prétentions en paiement, ordonné la mainlevée de la saisie-arrêt, rejeté les demandes indemnitaires au titre du préjudice économique, et condamné les demandeurs à 10 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Les deux frères ont relevé appel le 24 juin 2015. Ils sollicitaient un sursis à statuer dans l'attente de la liquidation-partage en Belgique, la validation de la saisie et la condamnation solidaire des défendeurs au paiement de 4 300 000 euros à titre provisionnel. Les intimés ont formé appel incident, demandant notamment la rétractation des ordonnances présidentielles, la mainlevée de la saisie et des dommages-intérêts pour procédure téméraire et vexatoire. ## Question de droit La cour devait trancher plusieurs questions : 1. Les héritiers qui ont fait pratiquer une saisie-arrêt dans le cadre d'une liquidation successorale ont-ils qualité et intérêt à agir, alors qu'ils ne détiennent pas de créance certaine à l'encontre des tiers ou des intimés ? 2. Le sursis à statuer, fondé sur une procédure de liquidation-partage pendante à l'étranger, peut-il être accordé dans le cadre d'une mainlevée de saisie-arrêt ? 3. La saisie-arrêt suppose-t-elle une créance liquide, exigible et certaine, et les appelants la rapportent-ils ? 4. La mise en œuvre d'une saisie-arrêt ordonnée en justice, puis le maintien d'une action infructueuse, sont-ils constitutifs d'une faute ouvrant droit à réparation ou d'un abus du droit d'agir ? ## Solution et dispositif La cour répond successivement : - **Qualité et int
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