jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 21 juin 2016, L'ÉTAT DE MONACO c/ j. p. SI. épouse FA.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 21 juin 2016, n° 15016 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 21 juin 2016, n° 15016 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2016/06-21-15016)) ## Faits et procédure Par acte du 28 juillet 1989, l'État de Monaco a vendu à M^me^ SI. un appartement de deux pièces en rez-de-jardin, situé au sein des Résidences Monte-Carlo Sun, pour 967 000 francs. Le contrat comportait une clause de rachat, par laquelle l'État pouvait racheter le bien, à un prix devant être fixé par la commission prévue à l'article 18 du règlement publié le 16 décembre 1977, selon les modalités de l'article 17 du même règlement. En septembre 2013, la propriétaire a proposé le bien à l'acquisition en priorité au Domaine de l'État. Le 30 octobre 2013, l'État lui a notifié son intention d'acquérir l'appartement au prix de 316 000 euros, fixé par la commission lors de sa séance du 22 octobre 2013. La propriétaire a contesté cette offre et saisi le Tribunal de première instance. Par jugement du 28 mai 2015, le tribunal a jugé que la commission n'était pas un tiers indépendant et impartial au sens de l'article 1434, alinéa 2, du Code civil, et a invité les parties à désigner un nouveau tiers. Il a rejeté la demande d'expertise de la propriétaire et ses demandes de dommages-intérêts. L'État a interjeté appel partiel. Il soutenait notamment, pour la première fois en appel, que le contrat présentait une nature administrative, et il contestait l'exigence d'impartialité du tiers. La propriétaire a formé appel incident. Elle demandait la confirmation du jugement sur la qualité de tiers de la commission, ainsi qu'une condamnation de l'État à réparer le préjudice résultant d'une sous-évaluation fautive, avec expertise à l'appui. ## Question de droit La Cour devait résoudre plusieurs questions successives. **Recevabilité.** Les demandes de la propriétaire tendant à consacrer la responsabilité de l'État et à obtenir des dommages-intérêts étaient-elles recevables en cause d'appel, au regard de l'article 431 du Code de procédure civile ? **Nature du contrat.** Le contrat de vente de 1989 relevait-il du droit privé ou du droit administratif ? Cette qualification commandait en effet le régime de la clause de fixation du prix. **Validité de la clause de détermination du prix.** La clause de fixation du prix par un tiers était-elle opposable aux parties, et la commission pouvait-elle être regardée comme un tiers apte à fixer le prix ? **Exécution du mandat.** Le tiers désigné avait-il rempli l'office dont il était investi, c'est-à-dire fixé le prix conformément aux stipulations contractuelles et au règlement ? ## Solution et dispositif La Cour statue en trois temps. **1. Irrecevabilité des demandes nouvelles.
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