jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 12 décembre 2016, c. SA. c/ Le Ministère Public
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 12 décembre 2016, n° 15515 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 12 décembre 2016, n° 15515 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2016/12-12-15515)) ## Faits et procédure Une comptable, employée depuis novembre 1998 par une société à responsabilité limitée monégasque, disposait d'une délégation de signature sur les chéquiers de l'entreprise. Entre 2010 et 2013, selon la plainte déposée par le gérant de la société le 23 janvier 2014, elle a émis à son profit, ou au profit de proches, des chèques tirés sur deux comptes bancaires sociaux, sans contrepartie professionnelle. Les malversations ont été découvertes pendant une période de congés de la salariée. Un audit comptable, réalisé en mai 2015, a dénombré 1.082 chèques tirés sur le compte ouvert auprès de la banque D et 323 chèques tirés sur le compte ouvert auprès de la Société B, pour un montant total de 120.657,11 euros. La prévenue a reconnu les détournements lors de ses auditions, puis devant le tribunal. Elle a également admis avoir imité la signature du gérant sur certains chèques et avoir fait encaisser des chèques par des tiers en échange d'espèces. Un protocole transactionnel du 4 octobre 2013 prévoyait le remboursement d'une somme provisionnelle de 60.000 euros avant le 31 décembre 2013, remboursement qui n'a pas été effectué. Un chèque de 837,20 euros, tiré sur la banque D et remis pour des honoraires, s'est par ailleurs révélé sans provision. Par jugement du 24 mai 2016, le tribunal correctionnel a déclaré la prévenue coupable d'abus de confiance, de falsification de chèques et d'émission de chèque sans provision. Il l'a condamnée à trois mois d'emprisonnement et à verser à la société 130.000 euros de dommages-intérêts, et a ordonné la confiscation d'un scellé. La prévenue a interjeté appel le 7 juin 2016, et le ministère public a formé un appel incident le 8 juin 2016. En appel, la défense a sollicité la réformation de la peine, en faisant valoir la reconnaissance spontanée des faits, l'absence d'antécédents judiciaires et la situation familiale de la prévenue. Le ministère public a requis une peine de huit à neuf mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pendant cinq ans. La partie civile a demandé la confirmation du jugement sur les dispositions civiles. ## Question de droit La cour devait résoudre deux questions. La première portait sur la responsabilité pénale : un salarié comptable qui utilise une délégation de signature pour émettre, à des fins personnelles, des chèques tirés sur le compte de son employeur commet-il un abus de confiance au sens de l'article 337 du Code pénal monégasque, et la falsification de signature sur ces chèques constitue-t-elle une infraction distincte ? La seconde, qui constituait l'objet principal du recours, concernait l'individualisation de la peine : la cour devait déterminer si une peine d'emprisonnement assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve, assortie d'une obligation d'indemniser la victime, répondait aux exigences de la sanction et de la réparation. ## Solution et dispositif La cour confirme la culpabilité. Elle relève que la prévenue, « en trompant l'entière confiance accordée par son employeur », est « le seul auteur des détournements » réalisés « au moyen de multiples abus de confiance, de nombreuses falsifications de chèque et par l'émission d'un chèque sans provision ». Elle retient que les sommes reçues ont été « utilisées à des fins totalement étrangères à l'entreprise ». La responsabilité pénale n'étant pas contestée, la solution sur la qualification ne soulève pas de difficulté particulière. Sur la peine, la cour réforme le jugement. Elle se fonde, d'une part, sur « la personnalité de l'appelante et à s
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