jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 10 janvier 2017, Madame i. L c/ Monsieur l. A
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 10 janvier 2017, n° 15566 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 10 janvier 2017, n° 15566 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2017/01-10-15566)) ## Faits et procédure Les époux, de nationalité russe, se sont mariés à Moscou le 21 décembre 2010 sous le régime légal russe de la communauté réduite aux acquêts. Aucun enfant n'est issu de cette union. Les époux se sont séparés de fait. Par exploit du 6 décembre 2012, l'épouse a fait délivrer à son mari une sommation de payer 50 000 euros au titre de la contribution aux charges du mariage pour les mois de novembre et décembre 2012. Le mari n'a pas déféré à cette sommation. Par exploit du 25 avril 2013, l'épouse a assigné son mari devant le Tribunal de première instance de Monaco en paiement d'une contribution mensuelle de 25 000 euros à compter de l'assignation. Le mari a soulevé l'incompétence des juridictions monégasques au profit des juridictions russes. Par jugement du 9 janvier 2014, le tribunal a rejeté l'exception sur le fondement de l'article 3-2° du Code de procédure civile. Parallèlement, l'épouse a déposé, le 17 septembre 2013, une requête en séparation de corps. Par ordonnance du 6 décembre 2013, le magistrat conciliateur a constaté le maintien de la demande, autorisé l'assignation en séparation de corps et accordé à l'épouse, « à titre extrêmement provisoire », la jouissance gratuite d'un appartement appartenant au mari. Il a renvoyé les parties devant le tribunal pour les mesures provisoires. Par jugement du 5 juin 2014, le tribunal a refusé de se dessaisir au profit du juge conciliateur, puis, par jugement du 11 juin 2015, s'est déclaré incompétent au titre de l'article 4 du Code civil dans l'instance en séparation de corps. Entre-temps, le tribunal de l'arrondissement Ostankino de Moscou avait prononcé le divorce des époux par jugement du 13 mars 2015, décision devenue définitive. Par jugement contradictoire du 10 mars 2016, le Tribunal de première instance a déclaré l'épouse recevable pour la période du 25 avril au 6 décembre 2013, irrecevable pour la période postérieure, puis l'a déboutée de sa demande de contribution. L'épouse a relevé appel. Le mari a conclu à la confirmation intégrale du jugement. ## Question de droit La Cour devait déterminer deux points. Le premier portait sur le terme de l'obligation de contribuer aux charges du mariage : l'ordonnance de non-conciliation autorisant la résidence séparée des époux met-elle fin à cette obligation, et le jugement d'incompétence rendu dans l'instance en séparation de corps permet-il de la faire revivre ? Le second concernait les conditions de la preuve : sur quels éléments le créancier de la contribution doit-il établir ses prétentions, et la fortune du conjoint suffit-elle à fonder la demande en l'absence de justification de ses propres ressources et charges ? ## Solution et dispositif **Sur le terme de l'obligation.** La Cour pose le principe selon lequel « l'obligation de contribution aux charges du mariage prend fin, soit à la dissolution du mariage, soit en cas de divorce ou de séparation de corps, au moment où le magistrat conciliateur autorise la résidence séparée des époux et fixe, le cas échéant, une p
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