jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 7 février 2017, La SA A c/ Monsieur J-p. S. et Monsieur le Procureur Général
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 07 février 2017, n° 15725 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 07 février 2017, n° 15725 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2017/02-07-15725)) ## Faits et procédure Par acte sous seing privé du 29 août 2003, la SCI G a consenti à la SAM « C », devenue SAM B, un bail commercial portant sur un local situé dans l'immeuble « X4 » à Monaco. Par jugement du 19 mai 2011, le Tribunal de Première Instance a prononcé la cessation des paiements de la SAM B et désigné M. J-p. S. en qualité de syndic. Celui-ci a mis en œuvre la cession des actifs, notamment le fonds de commerce comprenant le droit au bail. La SA A a présenté, le 7 décembre 2011, une offre de reprise du fonds moyennant 250 000 euros, puis, le 9 décembre 2011, une offre distincte portant sur le droit au bail (220 000 euros), les outils et machines (5 000 euros) et les formules et savoir-faire (25 000 euros). Par ordonnance du 17 janvier 2012, le juge-commissaire a autorisé la cession du droit au bail à la SA A au prix de 220 000 euros. La SA A n'a pas donné suite. Une seconde ordonnance du 21 mars 2012 a autorisé la cession du même droit au bail à un autre repreneur, M. DE., au prix de 92 082,44 euros. Le syndic a assigné la SA A devant le Tribunal de Première Instance, à titre principal, en résolution de la convention sur le fondement de l'article 1039 du Code civil, et à titre subsidiaire, en indemnisation sur le fondement de l'article 997 du même code, pour une somme de 388 439,70 euros. Par jugement du 14 avril 2016, le tribunal a déclaré irrecevable la demande en résolution, déclaré recevable la demande indemnitaire fondée sur l'article 997, retenu la responsabilité de la SA A et la condamnée à payer 220 000 euros de dommages-intérêts. La SA A a relevé appel. Le syndic a formé appel incident. Le Ministère public a conclu à la confirmation. La Cour d'appel a confirmé le jugement en toutes ses dispositions. ## Question de droit Trois questions étaient soumises à la Cour : 1. **La recevabilité de l'appel incident** : le syndic, qui a obtenu la condamnation qu'il sollicitait, conserve-t-il un intérêt à contester le rejet de sa demande principale en résolution ? 2. **L'effet de la seconde ordonnance** : l'ordonnance du 21 mars 2012, autorisant une nouvelle cession du droit au bail, a-t-elle rendu caduque l'ordonnance du 17 janvier 2012 et privé le syndic de l'intérêt à agir en résolution, voire anéanti la convention conclue avec la SA A ? 3. **La responsabilité et l'évaluation du préjudice** : la non-régularisation de la cession, imputable à l'acquéreur, engage-t-elle sa responsabilité sur le fondement de l'article 997 du Code civil, et le préjudice est-il égal au prix convenu ? ## Solution et dispositif **Sur l'appel incident**, la Cour retient que le syndic « dispose d'un intérêt actuel à agir pour contester le rejet de sa demande en résolution judiciaire
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