jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 8 mai 2017, La SARL A c/ a-m. LE. épouse FI.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 08 mai 2017, n° 16031 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 08 mai 2017, n° 16031 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2017/05-08-16031)) ## Faits et procédure Une salariée, directrice d'une agence immobilière monégasque, est poursuivie pour abus de confiance à la suite de l'encaissement, sur son compte personnel, d'un chèque de banque de 156.676 euros. Ce titre, libellé à son ordre à sa demande, correspondait à la commission d'agence due à la société à responsabilité limitée A dans le cadre de la vente d'un appartement de quatre pièces. Le chèque avait été remis par l'acquéreur, qui s'était engagé, par une « Reconnaissance d'honoraires » du 4 avril 2013, à payer une commission de 2 % + TVA à l'agence. La prévenue soutenait qu'elle agissait comme courtier indépendant, et non en qualité de salariée, et que sa commission s'élevait à 80 % des honoraires. La société plaignante, dont la gérante avait repris la direction après le décès de la fondatrice, soutenait au contraire que la prévenue était liée par un contrat de travail et ne pouvait prétendre qu'à 20 % des honoraires. La procédure a connu plusieurs étapes. Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 6 novembre 2014. Le juge d'instruction a rendu une ordonnance de non-lieu le 13 janvier 2016. Sur appel de la société, la chambre du conseil de la Cour d'appel l'a infirmée le 19 avril 2016 et a renvoyé la prévenue devant le tribunal correctionnel. Celui-ci l'a déclarée coupable, l'a condamnée à huit mois d'emprisonnement avec sursis et à 15.000 euros de dommages-intérêts (jugement du 29 novembre 2016). La prévenue, la partie civile et le ministère public ont relevé appel. Le ministère public, par appel incident, concluait à la relaxe. La Cour d'appel, statuant correctionnellement, a confirmé la culpabilité, réformé la peine et réduit l'indemnisation. ## Question de droit La question posée était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si la remise à une salariée, à sa demande, d'une somme correspondant à des honoraires dus à son employeur, encaissée sur un compte personnel, réunit les éléments constitutifs de l'abus de confiance au sens de l'article 337 du Code pénal.
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