jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 29 septembre 2017, La Société A c/ La Société B et Maître y Z
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 29 septembre 2017, n° 16348 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 29 septembre 2017, n° 16348 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2017/09-29-16348)) ## Faits et procédure La société anonyme monégasque B, déclarée en faillite par le Tribunal d'arrondissement de Luxembourg, statuant en matière commerciale, le 23 décembre 2013, a fait l'objet d'une tierce-opposition rejetée par jugement du même tribunal, siégeant en matière civile, le 26 mai 2014. Le curateur de la faillite luxembourgeoise, agissant également en qualité de représentant de la masse des créanciers, a assigné la société B devant le Tribunal de première instance de Monaco afin que soient déclarés exécutoires en Principauté les deux jugements luxembourgeois. Deux sociétés, dont la société luxembourgeoise A et la société des Îles Vierges Britanniques C, sont intervenues volontairement. Par jugement du 1er décembre 2016, le Tribunal de première instance a déclaré ces interventions recevables, a déclaré exécutoires les deux jugements luxembourgeois et a ordonné l'exécution provisoire. La société A a relevé appel. Elle soutenait, à titre principal, que la demande d'exequatur était irrecevable faute de production de certificat de non-opposition et de non-appel, au sens de l'article 475 du Code de procédure civile. À titre subsidiaire, elle contestait la réciprocité, en invoquant l'irrégularité des certificats de coutume produits, la différence d'approche de la compétence juridictionnelle et l'absence de contrôle de la fraude à la loi par le juge monégasque. À titre infiniment subsidiaire, elle contestait la régularité formelle des jugements, la compétence du tribunal luxembourgeois (en se fondant sur une clause compromissoire) et le caractère passé en force de chose jugée. Par arrêt avant dire droit du 25 avril 2017, la Cour a confirmé la recevabilité des interventions, a reçu les appels, puis a ordonné la réouverture des débats afin que la société B produise un certificat du greffe luxembourgeois relatif à la décision du 23 décembre 2013. Le Procureur général a conclu à la confirmation. ## Question de droit La Cour devait déterminer si l'exequatur d'un jugement luxembourgeois peut être accordé en Principauté de Monaco en l'absence de convention d'entraide judiciaire, sur le fondement de l'article 473 du Code de procédure civile, lorsque la réciprocité est admise par la loi du pays d'origine. Elle devait en particulier répondre à trois interrogations : 1. le
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