jurisprudence · v1.0.0
Cour d'appel, 12 décembre 2017, Monsieur j. BE. c/ Monsieur a. GA.
Résumé
# Cour d'Appel de Monaco, 12 décembre 2017, n° 16547 > Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 12 décembre 2017, n° 16547 ([Lire sur source officielle](https://legimonaco.mc/jurisprudence/cour-appel/2017/12-12-16547)) ## Faits et procédure Un directeur, j. BE., est engagé le 1er octobre 1998 par la SAM A. En 2006, l'employeur le rétrograde en directeur commercial, puis le licencie pour faute grave par lettre du 16 mars 2006. La lettre lui reproche notamment le détournement de matériel roulant, des achats personnels financés par l'entreprise, la présentation de factures de travaux personnels et un « poste exorbitant de frais injustifiés ». Le 19 septembre 2006, la société se constitue partie civile des chefs d'escroquerie et d'abus de confiance. Une ordonnance de non-lieu est rendue le 15 mars 2010, confirmée par arrêt de la Cour d'appel du 25 février 2013. Saisi le 28 mai 2008 par le salarié, le Tribunal du travail sursoit à statuer le 11 mars 2010 dans l'attente de l'issue de la procédure pénale. Par jugement du 7 mai 2015, il déclare le licenciement « abusif et sans cause », alloue diverses indemnités (préavis, congés payés, congédiement, licenciement) et 50 000 euros de dommages-intérêts pour licenciement abusif. Le salarié interjette appel partiel le 10 juillet 2015, en sollicitant 300 000 euros de dommages-intérêts. La SAM A sollicite à plusieurs reprises un renvoi en l'état, fondé sur sa situation financière. Par jugement du 19 janvier 2017, le Tribunal de première instance prononce la liquidation des biens de la société et désigne André GARINO comme syndic. Ce dernier intervient volontairement à l'instance et forme un appel incident, en concluant notamment à l'irrecevabilité de la demande excédant celle présentée devant le bureau de conciliation. ## Question de droit La Cour d'appel devait trancher trois questions : 1. Le licenciement pour faute grave du salarié présentait-il un caractère abusif, et sur quel fondement probatoire ? 2. La liquidation des biens de l'employeur, intervenue en cours d'instance, faisait-elle obstacle à sa condamnation pécuniaire ? 3. La demande de dommages-intérêts portée en appel à hauteur de 300 000 euros était-elle recevable, eu égard à l'objet de la tentative obligatoire de conciliation ? ## Solution et dispositif **Sur le caractère abusif du licenciement.** La Cour rappelle la définition classique : « constitue un licenciement abusif, le licenciement
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